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 Ecrits d'Emily

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Emily
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Mer 8 Déc - 21:26

Lunatica, tu n’es pas la même,
On ne peut savoir si tu déteste ou aime
Tes lèvres sourient, mais tes yeux pleurent
Belle joie ou profond malheur ?
Ma Lunatica,
Douce et cruelle à la fois
Tes yeux inexpressifs
Sur ton teint maladif
E t cette fragilité qui s’accroit…
Chère Lunatica,
Qui donc comprendra ?...

Spoiler:
 

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Emily
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Mar 25 Jan - 19:14

[Parenthèse poètique (ça m'arrive des fois)]

.

Ne t'en vas jamais
A présent c'est si beau
Tu éclaires mes joyaux
Hier ils pleuraient...
Avant toi, c'était gris
Nul oiseau ne chantait
Avant, c'était la pluie
Et le sang s'écoulait...

Les lettres que tu écris
Je les aime, je les lis,
Elles font de ce monde un si beau paradis
Tout en moi déraisonne
Amour, je te pardonne
Il y a dans mon âme des poèmes qui résonnent...
Mon coeur est le votre
Et pour personne d'autre.
.

Eux.

Fin limier téméraire,
Un inspecteur hors pair,
Le meilleur, le justicier,
L'ami dont j'ai toujours révé.

Mais hélas, son frère
Ose prétendre tout le contraire
Oh, tout ce sang qu'il fait couler!
Nul ne pourra l'arréter.

VVoilà donc, à présent
À mes yeux le plus charmant,
Le plus habile des voleurs,
Kamikaze de mon coeur.
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Mer 9 Mar - 17:59

Coucher de soleil...

Spoiler:
 

Complainte (Sur l'air de Mononoké Hime)

Lorsque tu n'es pas là
Je regrette, c'est plus fort que moi...
Je sens larmes couler toutes seules
Former sur mes joues un linceul...

Et mes rêves qui me poignardent,
Lentement je baisse la garde...
Mais les mots, mes amis, viennent à mon secours
Pour que je te prouve mon amour

Mes poêmes ne sont que des complaintes,
De longs cris pour exprimer ma douleur...
Entend cette plainte,
La Lune a si peur
Car l'angoisse torture mon coeur...
Car l'angoisse torture mon coeur...

Après des temps désespérée...
Je t'ai enfin trouvé
Tu m'as apporté lumière et bonheur
Et tu as chassé mes pleurs...

Sans toi ma vie n'a plus de sens
Tu as exilé ma souffrance...
Et pour cela je t'offre mon amour
A jamais et pour toujours...

Tu es dans mon coeur, comme dans mon âme
Une présence, tout le temps omniprésente
Je te réclame
Ton amour me hante.
Je le garderai auprès de moi...
Je le garderai auprès de moi...
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MessageSujet: Quand je regarde par la fenêtre   Dim 11 Nov - 11:05

QUAND JE REGARDE PAR LA FENÊTRE

Quand je regarde par la fenêtre,
Je vois un ciel que je connais.
Les oiseaux dansent leur ballet,
Les feuilles frémissent quand l’orage tonne
Douillet crépuscule d’automne.

Quand je regarde par la fenêtre,
Je pose ma main sur le verre
Je vois mes ongles devenir givre
J’attends, j’attends le tendre hiver
Car le froid me rend plus libre.

Quand je regarde par la fenêtre,
Je vois la Lune lentement s’élever
Elle qui m’appelle et me rappelle
Qu’avant je n’étais rien sans elle
Et qu’avant j’avais su l’aimer.

Quand je regarde par la fenêtre,
Je sais que mon âme est fragile
Je ne suis qu’un insecte malhabile
Attiré par l’astre lunaire
Que je renie le cœur amer.

Quand je regarde par la fenêtre,
C’est la rancœur qui me condamne
Pas de regret, juste un constat,
Ces souvenirs brûlent dans une flamme
Qui plus jamais ne s’éteindra.

Quand je regarde par la fenêtre,
Ce que je fais de moins en moins
Je sens cette chose indescriptible
Ce sentiment presque immobile,
Et dans mon cœur, un vide sans fin.



"Par la fenêtre" (version différente du poême précédent)

Air : http://www.youtube.com/watch?v=iQMg5sxNWgU



PAR LA FENÊTRE


Un soir, un instant par mégarde,
Une distraction, je baisse la garde,
Et à ce moment je regarde
Par la fenêtre, par la fenêtre.

Ils ressurgissent, les souvenirs
Je les avais pourtant vu mourir
Mais je les entends revenir,
Par la fenêtre, par la fenêtre.

Les sentiments sont mouvementés,
Et mon humeur est bousculée,
Mais j’ai tant besoin de m’exprimer,
Par la fenêtre.

Je n’ai pas changé d’opinion,
Mais relu avec attention
L’histoire de cette relation
Par la fenêtre.

Bien sur, il y a eu du bonheur !
Et ces mois ont ravit mon cœur !
Mais tout a fuit comme un voleur,
Par la fenêtre, par la fenêtre !

Nous avons été sacrifiés
Au nom de la réalité…
J’ai réussi à me détourner
De la fenêtre, de la fenêtre…

Quand je regarde la Lune,
Elle ne m’apporte que rancune,
Je me souviens, des heures, chacune
Que j’ai passé à la fenêtre.

Et tant pis s’il faut l’avouer,
Même si on se l’est bien caché
Mais l’amour n'est qu'un pâle reflet
Vécu à travers la fenêtre.

Mais tout cela c’est du passé
Bien entendu c’est terminé,
Il y a longtemps que j’ai quitté
Cette fenêtre, cette fenêtre.

Mais lors de ces moments si rares,
L’atmosphère soudain, devient noire
Et je sens un coup de poignard
Par la fenêtre ! Par la fenêtre !

Ancrée à jamais dans mon être, cette fenêtre, cette fenêtre !

Mais lors de ces moments si rares,
L’atmosphère soudain, devient noire
Et je sens un coup de poignard
Par la fenêtre… Par la fenêtre.
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Sam 27 Avr - 23:20

One, Two, Three, Four, Five, Six, Seven, Eight...

And just Nine is mine...

Spoiler:
 



Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Dim 2 Juin - 14:56

PROLOGUE


Spoiler:
 



ACTE 1

CHAPITRE 1

Spoiler:
 

CHAPITRE 2

Spoiler:
 

CHAPITRE 3

Spoiler:
 

CHAPITRE 4

Spoiler:
 

CHAPITRE 5


Spoiler:
 


Dernière édition par Emily le Mar 18 Juin - 18:36, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Dim 16 Juin - 21:21

IMAGES


Bloody Land




"...Je grogne, lui montre les dents et le poignard étincelant de sang pour le dissuader d’avancer, mais l’animal aux bois majestueux ne fait pas attention à moi et continue son chemin, s’arrêtant au niveau du cadavre d’Heartless. Sur mes gardes, je ne le quitte pas des yeux, mais le cerf se désintéresse finalement de moi, se penche sur le corps sans vie et commence à donner de grands coups de mâchoires dedans, arrachant la chair et l’avalant rapidement..."



MUSIQUES

[left]Alice Madness Return, Moorgate Station
http://www.youtube.com/watch?v=Uf0hRQcM_4Q
 
Alice Madness Return, Vale of tears (Acte 1, Chapitre 2)
http://www.youtube.com/watch?v=yIt8ti_LDkY
 
Muse, Feeling Good (Acte 1, Chapitre 6)
http://www.youtube.com/watch?v=jzGzGvlKZn4
 
Emmanuel Moire, Beau Malheur
http://www.youtube.com/watch?v=VMow0HYHi0E
 
Alice Madness Return, Madness (Acte 1, Chapitre 3)
http://www.youtube.com/watch?v=rf3jqOv-WmY
 
Adèle, Skyfall
http://www.youtube.com/watch?v=DeumyOzKqgI
 
Marilyn Manson, Sweet Dreams (Acte 2, Chapitre 2)
http://www.youtube.com/watch?v=QUvVdTlA23w
 
Le Château Ambulant, Theme
http://www.youtube.com/watch?v=iLsRi2l24Fs
 
Anastasia, Once upon a december
http://www.youtube.com/watch?v=r1zamKoUREI

Benjamin Biolay, Ton heritage
http://www.youtube.com/watch?v=34geB57gzLs

Muse, Unitended (Acte 2, Chapitre 3)
http://www.youtube.com/watch?v=CJDAmXHHfuM

Hans Zimmer, Sherlock Holmes : A Game of Shadows, To the Opera
http://www.youtube.com/watch?v=GEPP9G4gaSQ

Le Labyrinthe de Pan, The fairy and the Labyrinth (Acte 3, Chapitre 2)
http://www.youtube.com/watch?v=VTds6WTkoJ4&list=PL4A4AC3EF9357FEBA


Dernière édition par Emily le Jeu 18 Juil - 20:00, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Mar 18 Juin - 18:38

CHAPITRE 6



Spoiler:
 
 
Alors que nous parcourons bon nombre de corridors, le Prince de Glace s'arrête devant une porte et me fait signe d'y entrer. La salle est une sorte de chambre contenant une immense penderie, pleine à craquer de vêtements. Deux domestiques présentes dans la pièce s'affairent à trouver quelque chose pour remplacer mes habits déchirés. 
La tenue qu’on me présente est une version simplifiée de l’uniforme de la garde royale : un haut blanc sans manche, un pantalon bleu marine, de grandes bottes blanches aux lacets argent ainsi qu’une longue cape de fourrure. Pour préserver mes paumes abîmées on me  donne également une paire de grandes mitaines blanches et le haut de mon bras droit est pansé par un tissu blanc. J’ai gardé mon bouton de rose et la statuette en bois, qui sont de nouveau dans mes poches.
Quand je me regarde dans le miroir, je ne me reconnais pas : cet accoutrement me donne l’air d’une guerrière déterminée, mais d’immenses cernes mangent mon visage, d’une pâleur cadavérique, et mes cheveux anormalement clairs sont en bataille.
Une fois habillée, je rejoins le Prince de Glace dans la pièce principale. Il m’y attend et un domestique se tient à côté de lui avec une épée et un bouclier :
 
-" Et bien l’uniforme te va à ravir ! A présent viens prendre le reste de ton équipement, dit-il en me désignant les armes.
 
-Eh, je n’ai pas l’intention d’embrocher votre frère. Vous n’allez quand même pas me faire porter ça ?
 
- Ma chère, c’est dans le Royaume de Sang que tu vas.
 
- Et alors ? Je ne suis pas un soldat, ni une héroïne de guerre. Je ne sais absolument pas me servir de ces trucs là. En plus ça pèse une tonne, ça ne fera que me ralentir ! Dis-je en soulevant péniblement l’épée.
 
-Tu n’as pas conscience des horreurs qui t’attendent la bas : tu vas avoir besoin de te défendre !
 
-Ca ne m’effraie pas. Et si vous tenez tant à ma sécurité, envoyez moi une escorte !
 
- Mes soldats sont inefficaces hors de mon Royaume. C’est ce froid extraordinaire qui les rend puissants et protecteurs. Se ne sont que des défenseurs, je ne peux pas les envoyer sur le territoire de mon frère. Tu dois y aller seule.
 
- Très bien, mais ce sera sans ces armes. De toute façon je n’ai pas l’intention de me battre.
 
- Ce que tu peux être bornée, soupire le Prince, très bien. A présent suis moi.
 
J’accompagne donc le monarque à travers différentes pièces du palais, toutes plus belles et majestueuses les unes que les autres. A travers les fenêtres j’aperçoit le ciel : les nuages sont moins épais, on peut même voir du bleu azur à certains endroits. Enfin, nous arrivons dans ce qui semble être une grange immense : je constate que se sont les écuries du palais. Les robes de tous les chevaux sont claires et d’une pureté éclatante. Le Prince de Glace me conduit devant un enclos dans lequel se tient un cheval blanc comme la neige.
 
-Je pense qu’une monture pourra t’être utile pour le voyage, avec lui tu iras plus vite jusqu’au palais de Moon.
 
- Délicate attention, Full, je vous remercie.
 
Alors que je m’affaire à harnacher correctement l’équidé qui m’a été confié, le souverain du Royaume de Glace, qui était parti inspecter tous les pensionnaires de l’écurie, revient vers moi. Il marche silencieusement à côté de moi lorsque j’amène le cheval à la sortie des écuries. Une fois sortis du bâtiment, nous nous retrouvons sur une grande place dans la cour du château, depuis laquelle on surplombe une grande partie de la ville du Royaume de Glace. Au loin le ciel semble se teinter de rouge sang, sans doute une illusion d’optique. Après un moment de contemplation, le monarque se retourne vers moi et me regarde d’un air grave :
 
-Tu sais, je te suis vraiment reconnaissant de bien vouloir effectuer cette tâche pour moi, c’est très gentil de ta part.
 
- Mais de rien, ce n’est pas comme si on m’y avait obligée, lâchais-je d’un ton à la fois sarcastique et espiègle.
 
- D’accord, d’accord, je t’ai forcé la main. Mais c’est pour notre bien à tous, comprends-tu ?
 
- Oui, c’est parfaitement clair, répondis-je tout en enfourchant ma monture.
 
-Je te recommande quand même beaucoup de prudence, j’ai l’impression que tu sous-estimes gravement les dangers qui t’attendent là bas. Je ne veux pas qu’il t’arrive malheur. Je tiens également à m’excuser pour l’accueil que tu as reçu en arrivant ici, j’ai sans doute été un peu dur, je reconnais que ce climat arctique a trop gelé mon cœur. J’espère sincèrement que tu me pardonneras.
 
J’écoute soigneusement ces paroles, attentionnées, fraternelles, qui font remonter en moi des souvenirs bien lointains. Je fixe l’horizon pourpre et menaçant qui se dessine au loin, et d’un ton rêveur et malicieux, répond la seule phrase que je me sens capable de prononcer :

- Vous savez, Full, la première fois que je vous ai aperçu, dans votre salle du trône… Il m’a bien semblé que vous dormiez. »
 
Et sans attendre la réaction du Prince de Glace, je talonne mon cheval, qui après une brève ruade s’élance dans la neige vers les grilles grandes ouvertes du palais.
 
Je traverse un grand nombre de rues enneigées à toute allure, la vitesse que me procure ma monture est grisante ! Beaucoup d’habitants s’écartent avec crainte sur mon passage : à cause de mon nouvel accoutrement ils doivent voir en moi l’un des dévoués soldats du despote qui les oppresse. Mais je m’en fiche. Je ne suis focalisée que sur ce qui m’attend dans le prochain Royaume et je ne quitte pas des yeux le ciel d’un rouge pur, comme si les étoiles avaient saigné toute la nuit. Je file, je file à toute allure et rien ne m’arrêtera ! Qu’il est bon de sentir cette sensation de puissance et de liberté totale après tant de souffrances et d’oppression !
Un sur trois.
 
J’arrive alors devant une immense muraille, férocement gardée. Elle semble infinie, faite des pierres les plus dures et les plus résistantes qu’on ait pu trouver. Alors que je m’approche de l’unique et énorme porte de ce rempart démesuré, celle-ci commence à grincer et les deux immenses battants pivotent, m’ouvrant la magistrale porte de sortie du Royaume de Glace. Je ne fait même pas ralentir ma monture et m’engouffre dans cette ouverture sans me retourner. Le froid est beaucoup moins mordant à présent. Doucement, je fait redescendre mon cheval au pas. Je suis prête pour le Royaume de Sang.
Et je me sens bien.
 



ACTE 2


CHAPITRE 1

Spoiler:
 
Alors que je m’avance dans ces décombres, il me semble entendre des bruits suspects tout autour de moi. Interpellée, je regarde partout espérant trouver la source de ce son, quand soudain un grognement distinct se fait entendre. Je m’apprête à talonner ma monture pour m’enfuir, lorsque, en haut d’une tourelle à moitié détruite, j’aperçois une silhouette que je connais : La Bête. Ses rouages tournent à toute allure et de la vapeur s’échappe de son crâne. D’un bon agile et impressionnant, le félin mécanique saute à terre et s’approche de mon cheval, sa tête lui arrivant au garrot. Ses yeux écarlates et ses crocs argents brillent comme jamais. D’un air impérial, cette créature que la nature a voulu artificielle commence à grogner dans un fracas mécanique :
 
« - Eh bien, Camille, quel plaisir de te revoir… Tes cheveux étaient plus foncés lors de notre dernière rencontre.
 
- Et lors de notre dernière rencontre, tu m’appelais Emily.
 
-Emily, Camille, Ludmila, Alice… Du moment qu’on sait à qui on s’adresse, les noms n’ont plus tellement d’importances, non ?
 
- Pour moi si, c’est important, dis-je en ordonnant à ma monture de recommencer à avancer.
 
- Bref passons, tu veux bien. Ton séjour chez le Prince de Glace s’est bien passé ? Demanda La Bête tout en me suivant.
 
- Tu n’as même pas idée…
 
- Ne te plains pas trop. Ce que tu viens de vivre n’était qu’un avant-goût comparé à ce qui t’attend maintenant. D’ailleurs, je remarque tu n’as aucune arme sur toi, alors que tu t’apprêtes à entrer dans un champs de bataille plus qu’impitoyable. Soit tu es complètement inconsciente, soit tu es suicidaire.
 
En entendant ces nouvelles mises en garde tout en voyant la forêt sanglante se rapprocher, ma belle assurance commence à diminuer. Je commence à regretter les armes proposées par le Prince de Glace, puis je me revois soulevant l’épée avec difficulté : non, ça n’aurait rien changé du tout à mes chances de sortir indemne de cet endroit.
La Bête s’ébroue dans une secousse de rouages avant de reprendre :
 
- Comme je me doutais un peu que tu ne prendrais pas de précautions, je me suis permis de t’amener ceci.
 
Alors que l’automate finit sa phrase, je vois un bras mécanique émergeant de sous ses côtes me présenter un poignard dans son fourreau, de taille moyenne, léger et finement ouvragé.
 
- Prends-le, m’ordonne La Bête, et fais moi le plaisir de le garder près de toi. Je ne pense pas qu’il soit superflu.
 
Je prends l’arme dans les mains et la regarde intensément. Une lame pour blesser, pour mutiler, pour tuer. Une lame que j’observe avec autant de fascination que de dégoût. Sans attendre plus longtemps, je remets la dague dans son étui, l’accroche autour de ma taille et silencieusement, je prie la Lune pour ne pas avoir à m’en servir.
La présence de la bestiole de métal est rassurante, mais je sais qu’elle ne restera pas longtemps à mes côtés, hélas.
 
-Maintenant, je vais te parler un peu du Prince de sang et de son Royaume. Comme tu le sais sans doute, cet endroit n’existait pas avant ton départ. C’est peu après qu’il a commencé à se développer, en plein cœur de ce monde, empiétant sur les deux Royaumes voisins. Une énorme forêt se trouve sur ces terres, une forêt noire, effrayante, traîtresse. Tout dans ces lieux n’est qu’hostilité et cruauté pure : la terre se nourrit du sang qui coule, les arbres de la chaire des cadavres qui tombent à leur pied, quant à ses habitants…
 
- Quoi ? Dis moi s’il te plait ce à quoi je dois m’attendre, demandais-je d’un ton impatient et inquiet.
 
- La plupart des ‘’humains’’ vivant dans ses lieux sont d’anciens criminels détenus autrefois dans le Royaume de Glace, car la plus grande prison de ce pays s’est très vite retrouvée dans la zone contaminée par le Royaume de Sang. Les racines noires qui émergeaient de la forêt maudite se sont emparées de ce bâtiment, ont brisé les portes, tordu les barreaux des cellules, permettant ainsi à la plupart des détenus de s’enfuir. Heureusement, cette progression demeurait assez lente, ce qui permit au Prince de Glace de rapatrier les habitants proches en lieux surs et de faire ériger une imposante muraille pour empêcher les criminels d’entrer dans sa ville. Ils se sont donc retrouvés libres dans le Royaume de Sang. Les plus sanguinaires, fidèles à leur nature, commencèrent à tuer les plus faibles d’entre eux, les simples voleurs, les innocents condamnés par erreur, abreuvant ainsi la forêt de la mort qu’elle chérissait tant. Les survivants de ce carnage ne sont que les meurtriers les plus féroces et les plus cruels. Ils errent dans la forêt, traquant leurs proies et attendant patiemment de que le Prince de Glace leur envoie de nouvelles victimes, les citoyens qu’il croit corrompus.
 
- D’accord… Il y a-t-il autre chose ?
 
- Il y a aussi des animaux dans cette forêt. Enfin, ce sont plus des monstres que de simples bêtes, tous carnivores, affamés et insatiables. Bien qu’ils ne possèdent pas la cruauté des humains, ils tuent tout même tout ce qui bouge pour soulager leur appétit dévorant. Et  bien sur, il y a le Prince de Sang. Dire de lui qu’il est fou serait un doux euphémisme. Créé à partir de haine pure et de tout un concentré de sentiment noir, il n’a jamais connu ni compassion, ni pitié. Il vit pour tuer et s’en amuse cruellement, comme un enfant s’amuse à écraser les vers ou à arracher les ailes des papillons. Il n’a aucune limite. Il joue dans cet immense terrain de jeu qu’on lui a donné, il joue le jeu cruel de la mort dans lequel il est le maître. Personne n’est aussi imprévisible que lui, ce le rend particulièrement puissant et effrayant. Peur, Pleurs, Douleur, Horreur, voilà ce qui attend tout ceux qui croisent son chemin.
 
Lorsque le discours de La Bête s’achève, je suis courbée sur mon cheval, la tête dans les mains, en proie à une migraine terrible. Le soulagement que j’aurai connu en quittant les terres du Royaume de Glace n’aura été que de courte durée ! De nouvelles images indescriptibles mais violentes se bousculent dans mon crâne et une terrible angoisse se loge dans mon ventre. Je voudrais faire demi-tour, ne jamais être venue ici, mais je ne peux pas. J’ai peur de ce qui m’attend, j’ai peur de ce que je vais faire, j’ai peur de ce que je vais voir ou devoir endurer.
Je me reprends, et relève la tête et aperçois La Bête qui me regarde silencieusement.
 
- Mais ne t’en fais pas, grogne-t-elle doucement, nous sommes dans ton esprit après tout, je suis sure que tu devrais t’en sortir.
 
- Sincèrement, je n’ai pas du tout l’impression d’être dans un endroit que je suis sensée contrôler !
 
- Personne ne contrôle son imagination, encore moins ses rêves.
 
Sur ces paroles, la panthère mécanique s’éloigne de quelques pas, me laissant continuer seule vers l’impressionnante et terrifiante forêt. Avant de se détourner complètement, elle pousse un nouveau grognement et déclare :
 
- N’oublie pas la Lune, surtout.
 
Et La Bête se met finalement à galoper dans un bruit clinquant pour disparaître dans la brume naissante. Encore une fois, elle me laisse seule, seule face à l’Enfer. Un enfer qui me parait plus menaçant, plus dangereux et plus rouge que jamais. L’enfer du Royaume de Sang.


CHAPITRE 2

Spoiler:
 
Mais il n’en est rien. Alors que je m’avance, l’aura terrible du lieu s’infiltre dans les pores de ma peau, contamine mon sang et brûle mes os. Mon regard se pose sur des crânes, des fémurs et même des cages thoraciques dénués de chair, entreposés au pied des arbres, piégés par les racines. Sur certaines branches d’un arbre sont accrochés des oiseaux pendus : corbeau, rouge-gorge ou roitelet, tous on le bec ouvert vers le ciel et les yeux exorbités. Sur l’arbre voisin, se sont des écureuils et des lapins qui ont subit le même sort. Ces visions me font frémir, me forçant à imaginer les esprits torturés et sadiques responsables de ces atrocités.
Entre ces différentes visions d’horreur, je remarque sur ma droite un passage dégagé de ronce qui semble facile à emprunter. Je décide de faire avancer mon cheval dans cette direction pour accéder à l’intérieur de la forêt. En approchant, je remarque que ce passage est entouré de deux énormes arbustes, menaçants, dominants, écrasants. Des plantes à la fois impressionnantes, belles et redoutables.
Des rosiers rouges.
J’arrête ma monture un instant afin de les observer. Leurs fleurs sont sublimes, d’un rouge bien trop pur pour être innocent et aux pétales délicats. Leurs branches noires et épineuses, semblent assez souples. « Il est hors de question que je les touche, celles là. » pensais-je en gardant un goût amer du souvenir que m’avaient laissée les roses blanches du Royaume de Glace. D’un coup de talon, je demande à mon cheval de s’avancer dans le passage de roses, et nous pénétrons dans la forêt. La luminosité baisse soudainement, étouffée par le feuillage dense des arbres autour de nous.
Alors que nous sommes presque arrivé à la sortie du chemin entouré par les rosiers, mon cheval pousse un hennissement brutal et commence à se ruer, me secouant violemment. Manquant de tomber, je m’accroche frénétiquement aux rennes et me retourne pour voir ce qui ne va pas. Et ce que j’aperçois me glace le sang ! Les branches des rosiers ont commencé à s’animer, elles ondulent et frémissent comme des serpents en colère ! L’une d’elle s’est entourée à la patte arrière gauche du cheval tandis qu’une autre s’attaque à la droite. Ce chemin était un piège ! Avant que je puisse réagir, une dernière ruade de mon destrier me jette à terre, hors de portée du buisson tueur. Le choc de la chute me coupe le souffle, mais je me relève bien vite, consciente du danger. Les hennissements du cheval sont de plus en plus désespérés. Affolée, je dégaine vite mon poignard et fonce vers le rosier démoniaque. Je donne des coups hasardeux dans les branches qui tombent en versant un liquide carmin. Mais hélas, elles repoussent trop vite et trop nombreuses pour que je puisse être efficace. Je vois le cheval blanc couché sur le sol, se débattant vainement, les branches épineuses se serrant sur lui comme les anneaux d’un boa creusant de longs sillons rouges sur sa robe blanche. Je continue de tailler les branchages, refusant d’abandonner ! Mais hélas mes efforts sont inutiles. Les hennissements se sont tus. Le corps du cheval a presque entièrement disparut sous la mer de branches noires qui s’abreuvent à présent de son sang.
Complètement horrifiée, je recule sans comprendre ce que je viens de voir. La scène s’est déroulée tellement vite. L’odeur de la mort et du sang récent abordent mes narines et me donnent la nausée. Je suis tremblante et je respire difficilement. Je mets un moment avant de me décider à m’éloigner vraiment de l’endroit maudit, où cet animal est mort, par ma faute. Je n’aurais jamais du venir ici, jamais !
 
Et je m’élance dans le cœur la forêt sombre, sans volonté ni but, à part celui de fuir le plus loin possible de ce rosier, je suis meurtrie, écœurée par son acte ! Les bois sont sombres, peuplés d’arbres noueux aux branches torturées et aux feuilles pourpres. Je cours dans les flaques de sang, piétine des os qui craquent. Je croise des formes plus ou moins humaines pendues ou crucifiées aux arbres, mutilées ou aux orbites creuses, une flèche entre les deux yeux ou un sabre dans le cœur. Toutes ces horreurs me terrorisent au plus haut point et commencent à m’essouffler. Je pense que je vais devenir folle.
N’en pouvant plus, je m’arrête pour reprendre ma respiration, haletante. Je ferme les yeux un instant, croyant pouvoir échapper à l’atmosphère morbide du lieu, mais mon esprit prend le relais et m’affiche des images du passé, images troublantes, dérangeantes, de plus en plus précises… Je vois des couteaux, aussi affûtés que des rasoirs, qui fusent vers moi et j’entends un cri perçant !
Je rouvre brusquement les yeux pour chasser ses images qui partent en fumée, mais l’écho du cri, lui demeure. Ce n’était pas un cri sauvage ou menaçant, mais un cri de détresse humain et plutôt féminin. Interpellée, je choisis de me diriger dans la direction du bruit, qui semble être très proche. Les cris sont de plus en plus terrifiés et deviennent implorants, et ils sont accompagnés d’un rire… D’un rire cruel et intraitable. Cachée derrière un buisson, j’aperçois enfin la source de ces bruits : une fille qui ne semble guère plus âgée que moi est prise entre les griffes d’une créature à l’apparence d’un homme noyé. Je n’ai pas le temps d’analyser plus clairement la scène, ni de détourner le regard, avant de voir la main du monstre plonger dans la poitrine de sa victime et de lui arracher le cœur d’un geste brusque, dans un bruit atroce d’os et d’organes éclatés ! Je retiens de justesse un cri de stupeur et manque de faire un malaise. Je ne réalise pas ce que je viens de voir, il l’a tuée. Tuée de sang froid et par pure cruauté. Tuée parce qu’il en avait envie. Cette injustice de loi du plus fort me retourne les entrailles. En plus d’être choquée et complètement terrorisée, je suis aussi révoltée par la scène à laquelle je viens d’assister. Cet être cruel mériterait le même sort.
Tremblante, j’ose regarder de nouveau dans la direction de l’assassin. Le cadavre le la fille gît sur le sol, un trou béant et sanglant au milieu de la poitrine. L’homme lui est immobile, il ne bouge plus. Je me demande ce qu’il attend, lorsque je vois son regard planté dans ma direction : il m’a vu ! Dans ses yeux brille une étincelle mauvaise, et son nez commence à humer l’air à la façon d’un carnivore. Effrayée et désespérée je sors ma dague de son fourreau et cache ma main armée derrière ma cape. Une course poursuite ne me laisserait aucune chance, tout comme un affrontement direct. Ma seule issue est la ruse. Je commence à reculer doucement tandis que le tueur avance vers moi au même rythme. Je suis tellement apeurée que mon instinct de survie me fait passer dans un état second afin d’atténuer mon stress. Plus rien ne compte pour moi à part la mort de cet individu.
Le meurtrier se rapproche, ses vêtements sont couverts de sang, sa démarche est sure comme celle d’un félin en chasse. Il est anormalement grand et maigre. Ses mains sont grandes et puissantes, inhumaines, et ses doigts sont ornés d’ongles aussi tranchant que des scalpels. Ses cheveux dégoulinants sont plaqués contre son visage et son cou, ses dents brillent légèrement et ses yeux sont avides. Je devine ce qu’il pense : il est ravi de se retrouver si facilement face à une proie éprise de terreur, trop pétrifiée pour essayer de s’enfuir, faible, fragile et impuissante. Comment pourrait-il s’en méfier ?
Il n’est maintenant plus qu’à quelques centimètres. Il ne semble pas faire attention à ma main droite dissimulée sous ma cape. Sur de lui, il se penche sur moi, effleure ma gorge de l’un de ses ongles et me murmure d’une voix implacable et rauque :
 
« - Je suis Heartless… Et je vais prendre ton cœur.
 
Son haleine infecte sent la mort, la chair pourrie et le sang séché à plein nez. Tremblante de frayeur, je ressers mes doigts sur le manche de ma dague. La vision du meurtre atroce de la jeune fille repasse en boucle dans ma tête, je réentends les cris, je revois le sang. Et de nouveau le dégoût, la fureur et le désir de vengeance m’envahissent.
 
- Je n’en suis pas sure…  »
 
Et d’un mouvement maladroit, mais brusque, je relève ma main droite et enfonce le glaive entre ses côtes. La colère m’accompagne et à ce moment précis, je trouve que mon geste est juste. Œil pour œil et dent pour dent, et je me sauve la vie en prime. La créature réagit en poussant un hurlement sauvage et se cambre violemment. Et ma lame glisse dans la chair, suis la courbe des os de la cage thoracique, déchire le pectoral puis sans doute un poumon et, lorsque je l’enfonce jusqu’à la garde, crève le cœur. Le sang gicle et m’éclabousse jusqu’au visage tandis que Heartless se jette en arrière, le glaive toujours planté dans la poitrine. Il se tord dans tous les sens, poussant des râles de colère et de douleur ! J’en profite pour m’éloigner et essuyer le sang que j’avais dans les yeux et qui m’aveuglait. Soudain, le tueur cesse de bouger, tombe sur les genoux, et dans un dernier grognement sourd s’écrase sur le sol, répandant à son tour son fluide vital sur cette terre maudite.
 
Je reste plusieurs minutes debout, incapable de bouger, fixant d’un air inexpressif le cadavre qui gît à mes pieds, à quelques mètres seulement de sa dernière victime. Quand je me persuade qu’il ne se relèvera plus, je décide de me rapprocher du corps sans vie. Je me penche sur lui : ses yeux sont figés dans un regard cruel et sa bouche dans un sourire fou. Le sang coule toujours doucement depuis sa blessure dans laquelle mon arme est restée. D’un geste mécanique, je m’empare du manche de mon poignard et retire mon arme de se corps pourris, tremblante d’émotions qui m’étaient jusque là inconnues.
L’adrénaline retombant, je commence à m’effondrer en larmes. Je me laisse tomber le long d’un arbre, le glaive serré contre ma poitrine, sanglotant entre deux gémissements. Soudain, un craquement de branches se fait entendre. En alerte, je me redresse et guette les environs, l’arme au poing. Je vois une forme imposante émerger du bosquet en face de moi : il s’agit d’un cerf ! Ou du moins, un animal qui lui ressemble beaucoup. Le quadrupède possède effectivement la plupart des caractéristiques du cerf, excepté le fait qu’il est plus gros et que son ventre est creux, comme la plupart des félins. Je grogne, lui montre les dents et le poignard étincelant de sang pour le dissuader d’avancer, mais l’animal aux bois majestueux ne fait pas attention à moi et continue son chemin, s’arrêtant au niveau du cadavre d’Heartless. Sur mes gardes, je ne le quitte pas des yeux, mais le cerf se désintéresse finalement de moi, se penche sur le corps sans vie et commence à donner de grands coups de mâchoires dedans, arrachant la chair et l’avalant rapidement.
Etonnée, mais soulagée que le cerf ne soit pas mon ennemi, je me décrispe légèrement. Je me rassois dans le creux de l’arbre, pleurant doucement, perdue dans mes pensées, accompagnée par l’immonde bruit de mastication de la bête se remplissant l’estomac.


CHAPITRE 3

Spoiler:
 
Cet endroit draine tout espoir et je me sens seule, si seule dans cet instant de détresse profonde.
Après de nouvelles heures passées sans bouger, j’arrive à saturation et décide finalement de me lever et de me remettre à marcher. Je passe à côté du cadavre de Heartless, ou plutôt de se qu’il en reste, et de sa victime sans les regarder. Je veux juste passer à autre chose, et oublier tout ça. Oublier ! Comme si c’était possible !
 
Je marche tout droit, sans savoir où je vais. Je ne fais même plus attention aux détails macabres qui ornent ma route. Je devine le crépuscule approchant, car la forêt commence à perdre la légère luminosité qui l’habitait. Plus rien ne me choque, ni m’effraie dans cet endroit maudit, et je marche dans cet enfer, me sentant presque à ma place parmi les monstres et bête qui y règnent.
Tout est confus dans mon esprit. Les flash-back reviennent sans arrêt, me harcelant sans cesse, mais je ne les chasse pas. J’essais de les comprendre : ils m’effraient et m’attendrissent à la fois… Un homme torturé, qui n’a d’autres raisons pour vivre que de tuer. Un homme qui m’a menacé mais qui m’a écouté parler. Un homme qui disait des choses affreuses mais en même temps de nombreuses vérités. Quelqu’un dont le point vu sur le monde était si différent qu’il en devenait extrêmement fascinant…
 
Alors que je marche toujours droit devant dans une sorte de triste torpeur, j’arrive dans une clairière de terre délaissée par les arbres. L’endroit est calme et silencieux et le crépuscule atténue le rouge violent que portait la forêt pendant la journée. Une accalmie dans cet endroit de terreur et de désespoir. Je lève la tête vers le ciel et aperçois, dans une percée de nuage sanglant, la Lune. L’astre céleste vient de commencer son ascension pour son voyage de la nuit et sa forme croissante lui donne l’air d’un sourire étincelant dans le ciel orangé. Cette Lune en qui j’avais placée toute ma foi et mon estime. La voir me rassure mais renforce aussi ma colère, elle me semble tellement injuste ! Epuisée, je me laisse tomber à genoux dans la clairière et commence à crier en direction du ciel :
 
« - LUNE ! N’en as tu donc pas marre de te moquer de moi ? Regarde ! Regarde ce que je suis devenue ! J’étais ton adoratrice, et maintenant je ne suis plus qu’une meurtrière couverte du sang d’un autre ! Pourquoi t’acharnes-tu ainsi sur moi ? Qu’ai-je donc fait de si horrible ?... Pourquoi m’as-tu abandonnée ? Pourquoi ?... »
 
Les larmes coulent encore. Je jette le poignard sur la terre et penche la tête dans mes mains. Le vent fait doucement murmurer les arbres et des oiseaux s’envolent vers le soleil couchant. Je voudrais crier encore et encore pour condamner cette trahison qui me brûle le cœur, mais je ne prends pas le risque d’attirer d’éventuels prédateurs jusqu’ici et choisis de me taire.
Je sens la fatigue monter en moi et m’envahir lentement. Les émotions ressenties ces dernières heures ont épuisée toutes mes forces et ma tristesse est assommante. Je ramasse mon couteau et m’allonge sur la terre, attentive au moindre bruit. Mais je me sens tellement mal que plus grand-chose n’a d’importance pour moi, je me fiche de courir le risque de m’endormir ici, sous la lumière de la Lune, et d’être réveillée par le grognement avide d’une bête sauvage ou d’un humain cruel. Je ne veux qu’un instant de répit, m’évader d’ici dans un sommeil profond et sans rêve.
 
La Lune veille, sur une petite maison dans laquelle je me trouve en compagnie d’un criminel, le seul que j’ai appris à respecter parmi tous ces vauriens. Je n’ai pas peur, je me sens intouchable. Je le taquine tandis qu’il me répond avec véhémence, comme deux enfants qui se chamaillent. Je revois des cadavres qui m’offusquent et me remémores des paroles qui me touchent en plein cœur. Je ressens la cruauté enfantine, presque fascinante, qui émane de ce personnage tellement exceptionnel…
 
C’est un hurlement de loup lointain qui me réveille en sursaut ! Oubliant ma tristesse, mon instinct de survie reprend le contrôle de mon corps et je me lève d’un coup, le glaive en main, observant avec méfiance chaque arbre aux alentours. J’ignore combien de temps j’ai dormi, mais il fait à présent nuit noire dans la forêt, les nuages cachent toujours les étoiles. Inspectant la clairière où je m’étais assoupie, j’aperçois une masse sombre couchée à une dizaine de mètres de moi. Intriguée, je la regarde : je suis sure et certaine qu’elle n’était pas là quand je me suis endormie. Je m’approche, aucun son n’émane de cette chose qui semble être sans vie. Avec surprise, je constate qu’il s’agit d’une sorte de bête, hybride entre le loup et l’ours, qui gît sur la terre, un couteau profondément enfoncé dans la nuque. Je frissonne, me demandant comment cet animal a-t-il pu se retrouver ici ! Il n’a pas pu recevoir la blessure puis venir agoniser ici, car la manière dont le couteau est planté laisse supposer que la bête est morte sur le coup. Je sais ce que ça veut dire : quelqu’un m’a sauvé la vie, car sans son intervention j’aurai sans doute été dévorée par cet animal.
Surprise, je ne crois tout de même pas trop à cette théorie, car nous sommes dans un lieu où la pitié et la compassion n’existent pas, je l’ai bien compris.
 
Etant parfaitement réveillée, je décide de quitter la clairière où je suis bien trop exposée pour me réfugier dans la forêt. De nuit, tout est aussi silencieux et inquiétant que le jour, mais l’obscurité dissimule à mes yeux les choses sordides qui peuplent cet endroit : ce Royaume est tellement effrayant que la peur du noir n’est rien à côté. Mes yeux s’adaptent petit à petit aux ténèbres pour me permettre de voir où je vais, mais il fait encore trop sombre pour que je distingue les horreurs fixes qui se tiennent tout autour de moi. Tant mieux, je préfère deviner ces horreurs plutôt que les voir clairement ! Et je m’enlise de plus en plus dans ces bois angoissant, espérant trouver rapidement le palais du Prince de Sang.



CHAPITRE 4

Spoiler:
 



CHAPITRE 5

Spoiler:
 
Je suis paniquée et j’ignore combien de temps nous allons continuer à marcher. La forêt est toujours la même, un vrai labyrinthe !
 
-Tu dois te demander comment nous faisons pour nous orienter, hein ! Me lance Simili d’un ton moqueur, C’est si simple, regarde !
 
Il s’arrête devant un arbre et pointe sa torche dessus afin de mieux l’éclairer. Mon cœur remonte dans ma gorge : sur l’arbre sont cloués des doigts, plus ou moins décomposés, qui forment l’inscription « Château dans 500 m » suivit d’une main complète pointant une direction. Simili se délecte de mon effroi et sourit cruellement :
 
- Quand le Prince de Sang aura fini de s’occuper de toi, je me ferai un plaisir de découper tes jolis petits doigts pour les rajouter à cette collection !
 
Je déglutis et respire péniblement tellement ma peur et mon angoisse sont grandes. Je n’en peux plus ! Je voudrais m’enfuir, courir le plus loin possible de cet endroit maudit ! M’évader, verrouiller la porte et ne plus jamais y retourner ! Pourquoi, mais pourquoi suis-je revenue ici ??! Ce monde, en plus d’être terrifiant au plus haut point, réveille en moi des souffrances anciennes qui déchirent mon cœur et broient mon âme. Par pitié, tranchez moi la gorge, que je me réveille et qu’on en finisse ! Laissez moi partir, je veux que tout cela cesse !! Je ne sens même plus mes douleurs physiques tant la douleur morale est grande ! Mes ailes, autrefois si belles, ont été déchirées et brûlées. J’ai l’impression que mon cœur n’est plus qu’une plaie douloureuse et amère qui envahit tout mon être… Je suis… Je suis… Je ne sais même plus ce que je suis ! Je sais juste que je me trouve dans un état on ne peut plus pitoyable, complètement rongée de l’intérieur. Je voudrais crier mon mal à la face de ce monde, mais je suis tellement faible et seule que je n’en ai pas la force.
 
Enfin, après un moment de marche nous apercevons le palais du Prince de Sang. Magnifique et ténébreux comme son Royaume… Perdu en plein milieu de la forêt, c’est un immense château torturé, composé d’une dizaine de tours, tordues dans tous les sens, comme les innombrables têtes d’une hydre. Des pierres noires comme le charbon ou pourpres ont servi à bâtir l’édifice, le long desquelles s’accrochent de gigantesques rosiers grimpants, les mêmes que ceux que j’avais croisé à l’entrée de la forêt. Sur le parvis du palais s’étend une mare de sang pur, qu’il faut traverser à l’aide d’un petit pont en fer grinçant pour arriver devant deux énormes portes écarlates. Lorsque nous arrivons devant, les deux battants s’ouvrent dans un grincement sinistre.
Le sombre bâtiment n’est éclairé que par quelques chandeliers fixés aux murs, mais qui suffisent néanmoins à faire ressortir toute l’atrocité du lieu. Des tableaux gigantesques représentant des figures cauchemardesques couvrent les murs. Des chaînes couvertes de sang séché pendent du plafond, et les branches des démoniaques rosiers rouges s’infiltrent entre les pierres, se répandant dans le palais. L’endroit est lugubre et parait à l’abandon.
Après quelques minutes à arpenter ces couloirs sinistres, nous arrivons enfin dans a salle du trône. C’est une salle gigantesque et mieux éclairée que le reste du château. Des tapisseries représentant des scènes de meurtres sont accrochées un peu partout sur les murs. Par les quelques fenêtres à barreaux présentes dans la pièce on peut apercevoir le ciel d’un noir d’encre. Au centre se trouve le trône : il est énorme, fait de tissus rouges et noirs et des dizaines de couteaux y sont plantés sur les cotés. Tout autour, des dagues et toutes sortes d’autres objets tranchants pendent également du plafond, suspendus par de fines chaînes en acier. Mais contrairement à ce à quoi je m’attendais, le siège royal est vide. Le Prince de Sang ne semble pas être dans la pièce.
 
- Moo… Commence Simili, mais vite interrompu par son complice qui lui donne un vif coup de coude dans les côtes, …Je veux dire Prince de Sang, nous avons attrapé ce que tu cherchais !
 
Aucune réponse ne vient mais un rire mécanique se fait entendre, résonnant dans toute la pièce. Soudain, une forme tombe brusquement du plafond, à quelques mètres de nous et se réceptionne parfaitement sur ses pieds. Lorsqu’il se relève, je le reconnais immédiatement : c’est le Prince de Sang. Il ressemble tant à son frère, en un peu plus jeune, et avec un visage beaucoup moins sérieux ! Ses habits sont éclaboussés d’un sang aussi rouge que ses cheveux et aux moins trois couteaux affûtés comme des rasoirs sont accrochés à sa ceinture. D’un air faussement étonné, il me dévisage un instant avant de déclarer d’une voix onctueuse : 


- Je ne vois ici qu’une vilaine fille qui a fait quelque chose d’affreux… Où est donc passée ma douce et innocente Emily ?
 
Je soupire, exténuée par la douleur et les émotions macabres que j’ai ressenties pendant le trajet. D’un air faible et las, je réponds :
 
- C’est pourtant bien moi. Vous ne me reconnaissez pas ?
 
- Je t’en prie, ma mignonne, prend donc la peine de te regarder dans une glace, je ne suis pas sur que tu te reconnaisses toi-même ! Lance-t-il d’un ton moqueur tout en rejoignant son trône.
 
Tout en prononçant cette phrase, il fait un signe à Simili qui s’approche de l’une des tapisseries présentent sur le mur et la fait pivoter, faisant apparaître un imposant miroir. Le Prince de Sang dit vrai. Ce que je vois dans mon reflet est loin de ce à quoi j’ai toujours pu ressembler : Je suis maculée de sang des pieds à la tête, sur mes joues et sur mes cheveux ! Je suis également couverte d’hématomes, cadeaux de la fureur de Simili. Mais ce qui me choque le plus, c’est l’expression de mon visage, à la fois abattue et désespérée. Dans ce miroir, j’ai également l’occasion d’apercevoir le visage de l’homme qui me maintient les bras depuis tout à l’heure : il est immense et vêtu de noir de la tête au pied, sa peau et ses cheveux sont extrêmement sombres.
Le monarque s’assoit sur son siège orné de lames et commence à jouer avec l’un de ses couteaux. Son regard mauvais est à présent planté sur La Flèche et Simili, à qui il s’adresse d’une voix grinçante :
 
-Très bien, vous venez de me prouver que vous n’êtes pas que des incompétents en me rendant ce service, c’est pourquoi dans mon immense clémence, je vais vous laisser partir de ce château vivant. Considérez cela comme votre récompense. Allez-y, vous pouvez partir !
 
Frustrés d’être congédiés ainsi et se sentant dupés, les deux criminels se mettent à grogner et commencent à sortir leurs armes. Mais deux couteaux jaillissent à une vitesse incroyable : le premier se fiche dans le mur, à quelques centimètres de l’oreille gauche de la Flèche, tandis que le seconde se plante en plein milieu de la main droite de Simili !
 
-  DEHORS !!! Hurle le souverain avec véhémence !
 
Et sans hésiter, les deux vauriens se ruent en dehors de la pièce, comme des hyènes idiotes et affolées. La porte claque et les bruits de leurs pas s’éloignent. Seul l’Obscure n’a pas bougé et le Prince de Sang le regarde à présent avec un sourire enfantin :
 
- J’aurai besoin d’être seul avec la demoiselle, tu veux bien nous laisser un instant ? Tu n’as qu’à m’attendre devant le château et quand j’aurai fini, on jouera à chat perché ! D’accord ?
 
Le géant recule en souriant, me rendant enfin ma liberté de mouvement, et après avoir adressé un signe amical au souverain, sort tranquillement de la salle du trône.
Nous ne sommes plus que tout les deux dans la pièce et il y règne un silence de mort. Le Prince de Sang et moi nous dévisageons mutuellement, comme de vieux ennemis qui ne s’étaient pas vu depuis longtemps…
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Emily
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MessageSujet: Ecrits d'Emily   Lun 24 Juin - 2:11

CHAPITRE 6

Spoiler:
 
 
- Et bien, mon lapin, c’est vraiment plaisant de te revoir ! Et ça à l’air réciproque en plus ! Déclare-t-il tout en avançant vers moi, un sourire crispé affiché sur les lèvres. J’imagine que c’est ça être  "content" !
 
Je le regarde d’un air méfiant. Le voyant se rapprocher, je place ma main droite sur le manche de ma dague par réflexe. En voyant mon geste, le souverain s’arrête et éclate d’un rire rouillé !
 
-Ahahah ! Je ne sais pas si ton geste est plutôt absurde ou drôle ! Lance-t-il en se remettant marcher vers moi, Ne sois pas stupide et donne moi ça, avant que tu ne fasse une nouvelle bêtise avec.
 
Moon est à présent tout près de moi, la main tendue attendant que je lui remette mon glaive. Ses yeux fixés sur moi sont d’un rouge flamboyant. Ma main est crispée sur le manche de mon arme. Voyant que j’hésite, le Prince de Sang s’impatiente et commence à taper du pied. Je cède :
 
- D’accord, d’accord, le voilà !
 
Et je tends mon propre couteau au psychopathe devant moi. C’est à se demander qui est le plus fou des deux ! Le souverain l’attrape vivement et l’admire sous tous les angles avec attention. Son regard se reflète dans l’acier de la lame, il a l’air aussi fasciné qu’un gamin qui découvre ses cadeaux de Noël.
 
- Où t’es tu donc procuré cette petite merveille ?
 
-Vous ne le saurez pas, je protège mes sources, dis-je, sur la défensive.
 
- Ah, attention Emily, lâche Moon tout en pointant le glaive vers moi, au cas où tu ne l’aurais pas remarqué je ne suis plus dépendant de mes frères ! Ce qui signifie également que tu n’es plus aussi invulnérable que la dernière fois… Alors tâche de ne pas trop m’énerver !
 
En entendant ces mots, un vague frisson d’inquiétude me parcourt, mais curieusement, je reste relativement calme. J’ai conscience d’être devant le seigneur de ce Royaume impitoyable et sanglant, quelqu’un de cent fois plus cruel que Simili, quelqu’un qui tue comme il respire, mais pourtant, à mes yeux il a plus l’air d’un jeune enfant insouciant et farceur.
Devant mon expression confuse, il sourit et jette ma dague derrière son dos, qui va se ficher parfaitement au centre de son trône en déclarant :
 
- Mais bon, passons. Que penses tu de cet endroit ? Il est formidable, n’est ce pas ?
 
-Effectivement, c’est le mot. Formidable… En tout cas ça doit vous changer de la prison de chez Full.
 
Un couteau fuse en me frôlant l’oreille, me faisant sursauter de peur. Décidément, il n’a pas perdu ses bonnes habitudes !
 
- Tu n’as aucune idée de comment c’était là bas ! Rugit-il, me menaçant d’un autre couteau.
 
- Ah vous croyez ? Regardez ça ! Rétorquais-je en lui lançant la statuette que j’avais gardée sur moi jusqu’ici.
 
Moon l’attrape au vol, puis l’inspecte un moment. Quand il relève la tête, un nouveau sourire forcé orne son visage, un sourire qui terrifierait n’importe qui.
 
- Et après Full ose dire de moi que je suis cruel… Quelle ironie !
 
- Vous n’êtes pas tout à fait un saint non plus, il faut dire ce qui est, répliquais-je.
 
Je voudrais tellement lui en vouloir. Lui en vouloir comme j’ai pu en vouloir à ses frères après leur trahison. Mais malgré le danger permanent en sa compagnie, je ne peux m’empêcher d’entrer dans son jeu d’enfant capricieux. J’avais oublié à quel point il était spécial !
 
- Oui, c’est vrai… Dit-il sur une voix effrayante, Mais tiens, ça me fait penser que moi aussi j’ai quelque chose à te rendre !
 
Et à son tour, il met la main dans sa poche, en sort quelque chose et me le lance. Je rattrape et ouvre ma main pour savoir de quoi il s’agit. Je reste sans voix : c’est un pendentif en chaîne noire délicate ornée d’une pierre rouge. Ce collier me rappelle tellement de souvenirs, trop de souvenirs, ravivant ma migraine coutumière. Je peine à le garder dans la main.
 
- Je… Je l’avais perdu…
 
- Et je l’ai retrouvé ! Maintenant, sois gentille et remet-le à sa place, autour ton frêle petit cou.
 
- Non.
 
Non. Ca suffit. La douleur vive dans mon crâne me rappelle tout ce que j’ai enduré pour arriver ici, et un simple pendentif ne me le fera pas oublier. Je me reprends un peu, il n’est pas question que je me laisse amadouer. Même si je n’aime trop décevoir Moon, je ne porterai pas ses couleurs sanglantes autour du cou.
Le Prince de Sang me regarde bizarrement, comme s’il n’avait pas compris ma réponse :
 
- Comment ça « Non » ?... Demande-t-il d’une voix dangereusement calme.
 
- Non, Moon, je ne porterai pas ce bijou, expliquais-je fermement.
 
Le visage du Prince de Sang s’assombrit brusquement, et ses lèvres s’étirent en un mauvais sourire. Inquiète de sa réaction, je recule de quelques pas et guette les mouvements de ses mains en espérant qu’il ne lance pas de couteaux.
 
-  Mais ma chère, on ne refuse pas un cadeau. Et puisque tu es si entêtée…
 
Moon s’avance doucement, l’air intraitable. Il est très effrayant, mais je refuse de céder à son chantage d’enfant gâté aussi facilement. Soudain, le sol commence à trembler légèrement sous mes pieds et certaines dalles commencent à bouger. Des branches épineuses commencent à émerger de la terre, faisant exploser les plaques de pierre qui les recouvraient. Vives, elles s’emparent de mes bras du poignet jusqu’au coude. Surprise, je lâche le collier qui va rouler à quelques mètres devant moi, s’arrêtant au pied du dangereux souverain.
 
-  …Tu vas avoir le droit de goûter à mes roses exceptionnelles ! Ne sont elles pas magnifiquement blessantes ? Ricane-t-il d’un ton féroce.
 
- Oh mais je ne les connais que trop bien ! J’étais à peine arrivé dans votre Royaume qu’elles ont sauvagement tué le cheval que m’avait offert Full ! Sifflais-je en espérant que les branches n’allaient pas se resserrer plus pour me saigner.
 
- Sache que tout ce qui entre dans mon Royaume est à moi, et c’est comme ça ! Que ce soit un objet, un animal ou un humain !
 
Tout en parlant, Moon se baisse pour ramasser le collier que j’avais fait tombé l’observe un moment et s’avance vers moi en déclarant sévèrement :
 
- Alors maintenant, puisque tu ne veux pas le faire toute seule, je vais t’accrocher ce pendentif moi-même.
 
D’un pas rapide et agile, il se glisse dans mon dos et noue le bijou derrière ma nuque. Le contact de la pierre rouge sur ma peau me brûle, comme si mon corps refusait de porter ce poids, riche en nostalgie et en souvenirs cruels. Je pousse un râle de douleur que Moon ignore royalement.
 
-  Tu n’es qu’une petite ingrate, moi qui voulais simplement te… Te remercier pour ce Royaume que tu m’avais donné, déclare-t-il à voix basse.
 
Cette phrase me fait brusquement réaliser ce pourquoi j’étais là ! Toutes les épreuves endurées dans le Royaume de Sang m’avaient fait perdre de vue mon objectif premier : connaître les origines de sa création afin de pouvoir le maîtriser. D’un air innocent, je regarde Moon qui revient devant moi, et demande :
 
- Que voulez vous dire par là ? Vous insinuez que je suis responsable de l’arrivée du Royaume de Sang ici ? Je ne vous crois pas !
 
- Je ne l’insinue pas, je l’affirme ! Tu es belle et bien la principale responsable de la naissance ce petit bijou de cruauté et de monstruosité, mon agneau ! C’est d’ailleurs une histoire très drôle ! Veux-tu l’entendre ? S’écrit le Prince avec un enthousiasme débordant.
 
Le fixant avec suspicion, je hoche la tête, à moitié inquiète et impatiente d’entendre le récit du criminel.
 
- Tout cela à commencé il y a deux ans, quand mes deux hypocrites de frères, que tu appréciais tellement, on lamentablement chutés de ton cœur après leur trahison, j’ai été placé sur un piédestal ! Tu avoueras tout de même, que de part ma nature déjà amorale et cruelle, c’est moi qui t’ai le moins déçue. A l’apogée de ta souffrance, je valais bien plus que ces deux rigolos réunis !
 
Je l’écoute avec attention, analysant chacune de ses phrases. Je commence à comprendre où il veut en venir… Moon s’approche de moi et m’attrape le menton, me relevant le visage vers le sien et me murmure d’une voix suave :
 
- Alors maintenant, petite chérie, regarde moi dans les yeux, et ose me dire que durant ces dernières années je n’ai pas été celui de nous trois pour lequel tu as eu le plus d’estime !
 
Sans attendre ma réponse, il me lâche et reprend son récit en sautillant partout :
 
- Inconsciemment, tu m’as libéré, tu as jugé que je méritais ma part du Royaume, non seulement parce que ton esprit endommagé a appris à apprécier mon âme incomplète et tordue, mais aussi pour punir mes frangins de leur lâcheté et de la peine qu’ils t’ont fait. Comme c’est adorablement mignon et touchant ! J’aurai trouvé ça juste stupide et mièvre si cela ne m’avait pas permis l’obtention de mon Royaume. Et quel Royaume, mademoiselle, quel Royaume ! Toute la sublime noirceur de ton esprit est concentrée ici. Ta haine et tes morbides pensées ont forgé mon palais, que je trouve particulièrement à mon goût. Tu as un fort potentiel de destruction, tu sais. Si tu étais un peu moins bornée de morale, de compassion et de tous ces bons sentiments inutiles, nous aurions pu être d’excellents compagnons de jeu !


CHAPITRE 7

Spoiler:
 


CHAPITRE 8

Spoiler:
 

CHAPITRE 9

Spoiler:
 


CHAPITRE 10


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Sam 13 Juil - 9:45

ACTE 3


CHAPITRE 1

Spoiler:
 

CHAPITRE 2

Spoiler:
 

CHAPITRE 3

Spoiler:
 

CHAPITRE 4

Spoiler:
 




Divagation 1:
 


Divagation 2:
 


Dernière édition par Emily le Sam 14 Sep - 12:55, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Mar 16 Juil - 23:10

L’Appel de la Lune
Poème à 10 vers.

C’est si fort, si beau, si éphémère
Le présent de la nature,
Jeu d’ombres et de lumière
Du crépuscule jusqu’à l’aube claire.
Chat ou rat, tous sont d’un sombre gris
Et s’inclinent devant la seule qui resplendit.
De toute ton âme et de tout ton cœur
Là-bas, les yeux vers les hauteurs
Souris, oui, souris à la nuit.
.




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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Jeu 18 Juil - 5:34

[R.1 ; P.1 ; M.26] pourrai  [R.2 ; P.5 ; M.28] [R.3 ; P.2 ; M.4] [R.4 ; P.4 ; M.7] [R.1 ; P.5 ; M.1] toujours

[R.3 ; P.1 ; M.47] machine [R.2 ; P.4 ; M.8] [R.3 ; P.5 ; M.61] [R.2 ; P.4 ; M.52] [R.3 ; P.1 ; M.35] ronronne

[R.4 ; P.2 ; M.66] enfin trouvé [R.2 ; P.3 ; M.4] adversaire [R.3 ; P.1 ; M.5,6,7,8] !

Esprit [R.1 ; P.5 ; M.33] esprit, [R.4 ; P.1 ; M.2] [R.2 ; P.4 ; M.42] est ouvert.


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Jeu 18 Juil - 12:03

C'était long et ardu, mais finalement, je suis satisfait d'avoir réussi à retrouver ces mots perdus dans leur forêt noire.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Lun 5 Aoû - 21:26



Le morceau de piano:
 
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Sam 7 Sep - 23:30

Il est tard, j'ai de la fièvre et j'ai besoin de vider mon sac sur une partie de ma vie. Pardonnez moi de le faire ici, mais je n'ai nul part ailleurs où aller. Donc ça va parler de moi, je vous conseille de passer votre chemin si vous n'êtes pas intéressés.
Merci de votre compréhension =)


Black Sheep:
 
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Dim 8 Sep - 10:21

Olalalala comme je te comprends ! J'ai l'impression que moi aussi j'aurais pu écrire quelque chose comme ça... hélas, j'en suis encore au lycée, encore 2 ans à tirer...triste.
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Jeu 27 Fév - 0:14

A la lumière de la Lune

A la lumière de la Lune, je pense à toi tous les soirs.
Les souvenirs me transpercent comme des lames de Glace
La réalité des faits me pousse à craindre le noir
Et à redouter le moment où les rêves font surface.


A la lumière de la Lune, Ludmila crie tous les soirs.
Hystérique et psychotique, rongée par le désespoir
Submergée par les cauchemars qui ont le goût du Sang
Sous les yeux de Miguel, qui jamais ne comprend …


A la lumière de la Lune, Emily pleure tous les soirs.
Espérant en vain un miracle, mais restant à attendre
N’importe quoi, un bref message, ou juste ton ombre Cendre
Seule face aux ruines, avec ses sentiments dérisoires.
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Dim 2 Mar - 14:28

Des fois, je me demande ce que je fais là, je me demande pourquoi. Pourquoi je suis partie, et pourquoi je suis revenue ici. Et la réponse, c’est que…

Je t'adore:
 
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Dim 20 Avr - 22:54

---

La fille qui dessine des roses, elle a les larmes cendrées.
Son corps refuse de grandir, elle se sent piégée.
Piégée d’un monde auquel elle n’appartiendra jamais.

La fille qui dessine des sirènes nage dans une mer de déveine.
Elle qui aimait la différence et l’étrangeté de porcelaine,
Donnerait maintenant cher pour ressembler aux humaines.

La fille qui dessine des violons, elle a l’âme qui s’évade.
Pour tenter de palier à son esprit malade.
Elle ne veut plus souffrir et cherche l’escapade.

La fille qui dessine d’autres filles souffrant avec le sourire.
N’arrive même plus à essayer de se mentir.
Je me demande si un jour, elle pourra de nouveau rire…

La fille qui te dessine, elle voudrait juste t’avouer
Combien son être se répare lorsqu’elle vient te parler.
Combien son âme souffrante est grandement apaisée.
Combien elle se sent forte quand tes mots viennent l’enlacer.
Combien elle te remercie d’être à ses côtés.
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Lun 21 Avr - 13:49

Comme L adore Kira
Qui est le mystère de sa vie
Et qui, fatalement, le perdra
Car toute intrigue a un prix.


ah death note ! que de poésie ! que tu écrit bien....
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Lun 23 Juin - 22:57

Le Prince de Brume

Il y a dans la vallée un petit village,
Il y a, sous le village, un grand étang
Recouvert par la brume, bassin aux cent mirages
Que tout le monde croit maudit depuis la nuit des temps.

Et moi, à l’étang noir, j’y vais toujours pieds nus,
J’y vais depuis longtemps, j’en suis toujours revenue
J’y vais surtout le soir, quand viens poindre la Lune,
J’y vais lorsqu’il est tard, pour voir le prince de Brume.

J’attends sur la berge, là ou le vent souffle fort,
J’attends sans me plaindre, sans regrets ni remords
Avec les merles et les corbeaux comme calme compagnie
Jusqu’à ce que j’entende, doucement, dans l’eau, un bruit.

C’est la barque du prince brumeux, émergeant du brouillard.
Lorsque je l’aperçois, tout mon être se réveille
C’est comme si, quelques secondes avant de le voir
Je n’étais qu’une figure de cire, plongée dans un cruel sommeil

J’accours alors l’accueillir, sur son embarcadère,
Espérant qu’il va bien, qu’il ne manque de rien
Prenant soin de son âme qui, avec le temps, m’est devenue si chère
Le guidant sur la rive en lui tenant la main.

Là, assis dans l’herbe, nous pouvons parler, parler tranquillement ici bas.
Il me raconte son monde, au-delà du mur de brume,
Toutes ces terres mystérieuses que je ne connais pas
Et qui pourtant, je le sais, m’appellent à servir leurs coutumes.

Et malgré la beauté des mots et des images qui s’en dégagent
Parfois j’ai le cœur qui brûle
De me rendre compte que lorsqu’il part comme un mirage
C’est mon âme toute entière qui hurle.

Et mes larmes sont le plus beau des colliers
Que je ne pourrais jamais t’offrir.
C’est à la fois beau et malheureux
D’être triste quand tu n’es pas là.

Je voudrais saigner de l’injustice
Pour la voir fuir de loin de moi,
Je voudrais pleurer de l’amertume
Pour la voir couler de mes yeux.

Mais le désespoir sais rendre les armes lorsqu'il le faut,
Et lorsque je te vois remonter sur ton bateau,
Je ne fais que penser à la prochaine fois
Où il reviendra accoster près de moi.
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Mer 23 Juil - 20:19

La Fille au Monstre:
 
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Jeu 24 Juil - 11:43

...C'est....beau. Juste magnifique ! ( PS: tes ex camarades de classe sont les plus gros abrutis que le monde ai porté è.é )

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Une petite poupée dans un monde d'adulte
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Mar 5 Aoû - 23:17

Une histoire que j'ai brusquement eu envie d'écrire, à la suite de plusieurs rêves mélangés et plutôt marquants. Je prévois peut être une suite, comme l'indique le titre!

Les prairies maudites - première partie -:
 
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MessageSujet: Re: Ecrits d'Emily   Dim 14 Sep - 22:31

Les prairies maudites - Kathia & Wolfgan (I):
 
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