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 Il était une fois, dans les rues de Londres. (Pv FMW)

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Emily
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MessageSujet: Il était une fois, dans les rues de Londres. (Pv FMW)   Sam 20 Juil - 18:04

Ah, Paris, Ville Lumière, cramponne toi à ton titre autant que tu veux, mais jamais tu ne vaudras Londres. En effet, après avoir passé quelques temps dans la capitale française, j’avais décidé de retourner dans cette ville qui me tenait tant à cœur. Londres, aux rues pavées d’histoire, de souvenirs et de mélancolie, ville à l’atmosphère d’argent quand vient le crépuscule. Ville des Merveilles, aussi sombres soient elles, Londres rappelle en moi une beauté profonde et oubliée. Lorsque je marche dans ses rues, je ne regarde jamais droit devant moi, préférant laisser mon regard vagabonder vers le ciel et les toits, cherchant la Lune, et autre chose encore.

Ce soir, j’avais revêtue en plus de ma robe de mariée un long manteau brun aux boutons d’argent, pour me protéger de l’air frais, mais aussi surtout pour échapper au regard des hommes pervers, que je ne connaissais que trop bien. Ceux qui vous appellent "poupée" et qui vous dévisagent de la tête aux pieds, s’arrêtant sur les courbes avec un sourire plein de sous-entendus obscènes. Je sens comme une intense envie de vomir lorsque l’un d’eux m’approche, tente deux ou trois phrases de drague minables puis essaye de poser sur moi ses pattes griffues. Souvent, un coup de pied bien placé suffit à remettre les idées en place, mais avec les plus déterminés il faut prendre la fuite, et vite ! Depuis une expérience traumatisante du genre, qui avait failli virer au drame, je m’arrange pour rester dans des quartiers illuminés et surveillés. J'avais donc choisi depuis peu de troquer mes éternels escarpins contre une paire de bottines sombres plus aisées pour la course et arrangé ma robe pour faire en sorte qu'elle ne traîne pas par terre et me trahisse. Je cache également mes longs cheveux sous une casquette du style gavroche, ce qui de loin me donne une silhouette plus masculine que féminine, parfaite pour ne pas attirer l’attention. Je dois plus ressembler à un gamin des rues qu’à une jeune mariée, et pour arpenter des rues la nuit, c’est tout de même plus recommandable. Je garde en plus dans la poche de mon manteau un couteau à la lame rétractable, ultime ressort en cas d’extrême urgence. Le monde est cruel et n’a aucune limite, je sais.

Passant devant ce qui semble être la terrasse d’un restaurant animé, je m’arrête brusquement et décide d’observer. J’aime bien faire ça. Je regarde, j’écoute, je me fixe sur des détails insignifiants. J’observe la vie des gens. Ces gens que méprise un peu, mais que j’envie grandement. Il y a des rires, des voix qui montent, les couverts produisent des bruits clinquants. Une serveuse apporte des choppes de bières à une table où plusieurs hommes s’esclaffent ; une mère gronde son enfant qui ne tient pas en place, préférant courir vers les corbeaux ; un homme seul à une table regarde nerveusement sa montre à gousset, tout en pianotant des doigts sur la nappe. Les gens ont tous différentes façons de marcher, de se tenir, de s’exprimer ! C’est fascinant. Tout ce petit monde bourdonne joyeusement dans ce début de nuit ordinaire.

Moi aussi, parfois, j’aimerai être normale, même si jamais je ne l’avouerai clairement. Mais je ne suis qu’un fantôme empreint d’une malédiction à la fois belle et cruelle. Maudite, peut-être même victime d’une erreur du destin… Tel est mon fléau.
Je regarde avec plus de mélancolie une table à laquelle est assise toute une famille : l’homme et la femme regardent d’un air tendre leur progéniture se taquiner, tous impatients de découvrir le bon repas qu’ils vont déguster ensemble. Une famille, ma famille… Chose qui me sera à jamais interdite.

Refoulant quelques larmes qui menaçaient de couler, je me détourne rapidement tout en me sermonnant pour avoir laissé mon esprit vagabonder dans les zones sombres de mes pensées. Lentement mais surement, la mélancolie laisse place à une certaine insouciance, un léger détachement qui relâche mon cœur me rend plus libre. Si je ne suis pas faite pour cette vie là, qu’à cela ne tienne ! Il existe d’autres raisons d’être vivant, je suppose. Et presque inconsciemment, je contourne le restaurant et arrive près des arrières cuisines, dans des petites rues beaucoup moins fréquentées. Le charme inquiétant de ces ruelles me fascine pendant quelques minutes : les réverbères sont tous tordus, ne diffusant qu’une faible lueur, créant de grands espaces d’ombres et de noirceur dans lesquels disparaissent les pavés. La gueule du loup dans toute sa splendeur. Mais ce qui m’intéresse le plus, c’est la présence de l’astre lunaire à son apogée, surplombant ville de façon impériale !

J’avance un peu dans cette rue sombre et mon regard atterri sur une fenêtre délicatement éclairée par la lumière d’un lampadaire. Le verre illuminé reflète mon image, que je regarde distraitement. C’est alors que je vois une ombre se déplacer dans le reflet : quelqu’un me suit. Tous les sens en alerte, je me retourne et aperçois une silhouette sombre à environ une dizaine de mètres de moi. Et mince... Je ne l’avais pas vu venir celui-là ! Comprenant que je ne pourrai pas faire marche arrière, je m’avance d’un pas rapide dans le labyrinthe de rues tordues et menaçantes pour semer l’individu. Mon pas se transforme en course, et bientôt je me retrouve perdue dans ce dédale sombre et inquiétant. Attentive au moindre bruit, collée au mur, j’accorde à ma respiration quelques minutes de répit. Il n’y a pas un chat et je n’entends aucun bruit de pas. Si je n'étais pas consciente du danger qui régnait à chaque intersection, je trouverai ce lieu empreint d'un charme gothique particulièrement séduisant.
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MessageSujet: Re: Il était une fois, dans les rues de Londres. (Pv FMW)   Lun 29 Juil - 22:32

Je suis malade. Si, si, je vous jure, gravement malade. Tout le monde me le dit - surtout mes frangins -, mais c'est la première fois que je le réalise. Je crois que cela s'appelle la "prise de conscience". Tous les médecins que je consulte me hurlent aux oreilles, en dépit de mes arguments aiguisés. Je ne comprends pas un seul mot de ce qu'ils veulent me raconter. Bon, bien sûr, il y a les habituelles bêtises, du classique "à l'aide" au fantaisiste "tue ma femme, mes gosses, mais épargne-moi, par pitié", sans oublier mon préféré: "Je suis un homme riche, vraiment très riche! Mettez-vous à mon service et je ferais de vous un homme comblé! Je vous couvrirais d'or et de diamants, je réaliserais tous vos désirs, j'étancherais votre soif de sang!". Quoi? Ce n'était pas un docteur? Ah ben si, il m'a dit qu'il avait un doctorat. Ou alors, j'avais mal entendu. Après tout, il gargouillait comme un escargot aphone, la gorge ouverte par une vilaine (oh la vilaine! ♥) plaie. Il était sacrément drôle, celui-là, mais jamais il ne se serait arrêté de parler si je n'avais pas eu l'idée de le faire taire avec cette vilaine (oh la vilaine! ♥) plaie (oh le vilain! ♥).

Graaaaavement malaaaade... Curieusement, cela me dit quelque-chose. Une chanson, peut-être? Non, du café, s'il vous plaît. Merci bien. Avec un sucre. Tout esseulé. Qui ira se pendre dans ses idées noires. Je n'ai jamais aimé les pendus. Ils mettent fin à leurs vies sans attendre que je vienne les visiter, ce qui est fou. Ce sont des mauvais joueurs, voilà tout. Je suis là pour eux, et non, ils me préfèrent un malheureux bout de corde. Une corde! Sérieusement, qu'est-ce qu'elle a de plus que moi? De jolies courbes? Un teint moins pâle? Un toucher plus sec? Pffff, elle ne sait même pas causer comme je le fais! Est-ce qu'une corde vous raconte le temps qu'il fait dehors pendant qu'elle vous étrangle ou vous brise la nuque? Non! Moony est là pour ça. Par pitié, si vous devez choisir entre moi et la corde, choisissez-moi. Un pendu est tellement triste, à pendouiller tout seul dans son coin. Faisons-cela à deux, c'est plus drôle ♥

Revenons à nos moutons, mais ne les comptons pas, il ne faudrait pas que je m'endorme - même si je ne dors pour ainsi dire jamais, il ne faudrait pas que je commence, parce qu'après, on ne plus s'arrêter, c'est addictif - et puis, une fois la barrière franchie, ils disparaissent. Un troupeau de moutons qui disparaît, c'est à pleurer. Des larmes de sang et des gouttes de pluies. Alalala, je perd le fil, je perd le fil. Il faut le couper. Coupons ce fil, vous le voulez bien?

Coupé! Alors, je suis malade. Depuis la semaine dernière, je suis frappé par un mal obscur. Je n'arrive tout simplement pas à imaginer comment vivre avec ça. Voilà, docteur, depuis la semaine dernière, je suis incapable de froncer des sourcils. J'ai essayé, pendant des lustres, et pourtant, ils ne bougent plus. C'est un phénomène incompréhensible. Il n'y a pas de raison pour qu'ils soient figés, n'est-ce pas? C'est forcément parce que je suis malade. Très malade. Mes frères refusent de m'écouter, ils disent que leurs sourcils marchent parfaitement bien, à eux, et que je suis encore dans un de mes délires apocalyptico-tarés, mais je sais ce que je sens. Mes sourcils ne vont pas bien, pas bien du tout. Il me faut un autre docteur. Je dois les convaincre que je suis parfaitement sain d'esprit (non, sans blagues!). Enfin, je veux dire, les convaincre que malgré la profondeur de ma folie noire, je suis encore capable de distinguer des sourcils en bon état de sourcils défectueux.

Je m'élance donc sur les toits, tel mon ziozio de frangin Walk sait si bien le faire, dans l'espoir que l'on me confonde avec lui, comme cela, je pourrais encore m'amuser à semer la zizanie dans sa vie personnelle. Ah non, c'est vrai, je suis à la recherche d'un médecin. J'oublie très vite les choses. Mnésie, que ça s'appelle. Full dit que c'est un symptôme propre aux criminels. Ils oublient qu'ils sont des citoyens, qu'ils sont doux comme des agneaux, et qu'il existe des règles. Ils oublient même qu'ils ont la mnésie. Je ne pense pas qu'il ait raison. La mnésie, c'est trop beau pour être vrai. Sinon, Walk, il serait tout content. Enfin, je crois. Et puis, les criminels savent qu'ils oublient, et ils s'en amusent. Alors à mon avis, ce doit être plus compliqué que ça, la mnésie.

A quoi reconnaît-on un médecin? La blouse blanche, les outils, le comportement diurne? Au fond, c'est comme être cuisinier (cuisinier, un si beau métier ♥). Ah, je tiens ma piste! Cuisiniers, Médecins, ils sont tous copains. Je me dirige donc vers le restaurant le plus proche, me fiant à l'odeur, telle un animal. Je tiens plus de l'animal que de l'homme tourmenté, c'est un fait. Mais je suis toujours autant étonné par mon remarquable odorat. A croire que je suis né avec une truffe. Quelle drôle idée! Tordante! Londres est froide et obscure, pareille au cadavre d'un brûlé à la morgue. Avouez que crever dans un incendie est plus palpitant que de finir au bout d'une corde - oui, ce soir, j'ai une fixation sur ma haine pour les cordes -. Arrivé à destination, je baisse les yeux pour contempler la rue minuscule où quelques rats forment un orchestre, non loin des arrières-cuisines. Pas un petit médecin en vue. Ni de cuistot, d'ailleurs, quel dommage. Oh!

J'ai parlé un peu trop vite. Une silhouette se profile au coin d'une rue, puis s'avance à la lumière des réverbères. Un docteur! Un docteur! J'en ai de la chance! Voilà, j'ai eu raison de venir ici. Malgré tout ce que l'on peut dire à mon sujet, je suis bon aux devinettes! Au pire, j'aurais pu faire passer une annonce. "Cherche docteur, affectueux et bavard, de préférence, facile à découper et réceptif à toutes formes de tortures". Mais c'est mille fois plus génial de venir en cueillir un sur le terrain! Mon médecin était vêtu d'un long manteau et d'une casquette cachant ses traits. C'était assurément un mâle. Dommage, un médecin femelle, cela aurait été plus amusant! Je me glissais au sol souplement, m'approchant lentement avec la tendresse du spectre de la mort. Je n'étais pas pressé, j'avais tout mon temps. Une consultation ne se fait pas en quelques minutes, de toute manière! Mon mal doit être extrêmement grave. Soudain, alors que j'observais amoureusement celui avec lequel je danserais bientôt - une danse de pierre et d'acier -, le médecin détala à toute allure. Mais ce n'est pas croyable! J'ai l'air de vouloir jouer au chat et à la souris?... Bien sûr que oui ♥

Malheureusement, cela se révèle très vite d'un ennui profond. Il espère quoi, que je me cogne contre un mur imaginaire alors que je bondis sur les toits? Oui, j'avais tout de suite eu la brillante idée de grimper à nouveau comme l'écureuil maléfique que je suis. Je m'étais dit que ce serait plus palpitant. Mais ma souris ne sait apparemment que se perdre. Je le vois s'enfoncer sans hésiter dans le fameux labyrinthe hanté par les âmes sombres. Que c'est ennuyant! Tellement que j'ai une furieuse envie de m'éviscérer moi-même, mais je me retiens. Je m'aime follement, moi. Sans moi, je serais tristounet. Si seulement je pouvais ressentir quoi que ce soit! Quand on ne ressent rien, c'est dur dur. Je continue de poursuivre mon médecin, décidément très convaincu qu'il va s'en sortir comme ça. Il finit par s'arrêter de s'enfuir, se collant à un mur, l'oeil alerte, oubliant de regarder en haut. Mon corps diaboliquement diabolique se dresse devant la lune imposante surplombant la ville. Il est aveugle, mon bon docteur? J'espère pas. J'ai envie qu'il voit mon beau visage avant de plonger dans les eaux impérieuses de la mort. Hé hé, on ne plaisante pas avec une célébrité telle que moi. Le seul homme au monde à ne pas savoir froncer des sourcils. Encore faut-il que je sois un homme, là est tout le problème.

Au final, je décide de me présenter à ma proie, qui doit déjà savoir que toute fuite est inutile. Mais si il veut continuer à jouer, et bien, qu'il le fasse! Ou pas. J'en ai assez de m'ennuyer. Je veux du fun! Des boyaux! Du sang! Des réponses! Dit, docteur, dites-moi, c'est grave? Par pitié, faites que celui-là soit le bon. J’atterrissais devant mon nouvel ami, le sourire aux lèvres, impatient, très impatient, trop impatient.

-"Un médecin! Oh, un médecin! Comme c'est chouette, j'en cherchais justement un! La vie est bien faites, n'est-ce pas? Dites, docteur, j'ai un gros problème, et j'espérais obtenir votre aide! Cela ne vous gêne pas?"

Je lui offre mon visage le plus innocent, glissant la main jusqu'à mon couteau favori - c'est celui qui tranche le mieux, qui parle le plus fort et qui n'oublie jamais de me renvoyer mon reflet quand je trucide des gens - et trépignant d'avance. Je veux mon remède, mon remède pour sourcils défectueux!
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MessageSujet: Re: Il était une fois, dans les rues de Londres. (Pv FMW)   Mar 30 Juil - 9:32

Il n’y a plus aucun bruit. La ruelle est tellement silencieuse que ça en devient suspect. Je regarde pourtant à ma gauche, puis à ma droite avec insistance, mais rien. Pas un chat, ni un rat. Je suis seule. Alors que je commence à me sentir enfin en sécurité, une silhouette surgit des hauteurs pour atterrir devant moi. Je ne peux retenir un cri de surprise beaucoup trop féminin pour être crédible. Il était là haut, et je n’ai rien vu venir ! Ah ! J’ai horreur de ce genre de frayeur qui vous fait sursauter et qui vous paralyse tellement elle est intense. Alors que je me remets de la petite crise cardiaque qu’a occasionnée l’apparition brutale de cet individu, ce dernier commence à déclarer :

-Un médecin! Oh, un médecin! Comme c'est chouette, j'en cherchais justement un !

Il continue son discours, que j’écoute à peine car je suis bien trop occupée à le dévisager, tout en reprenant ma respiration. Et rapidement, la peur laisse place à la stupeur. Je reconnaîtrai cette stature et ces cheveux entre mille ! Lui ! C’est lui ! C’est Walk ! Comment ?? Pourquoi ??? D’un seul coup, j’oublie toute prudence, toute méfiance. Le choc émotionnel est tel que je suis à deux doigts d’un craquage nerveux et je me frotte plusieurs fois les yeux pour être sure qu’il ne s’agit pas d’une hallucination ! Incapable de retenir les centaines de questions qui viennent se bousculer précipitamment dans ma tête, je prends vivement la parole :

-Vous ! C’est vous ! Commençais-je en me détachant du mur et en avançant vers le jeune homme, ne ressentant plus aucune peur, juste une surprise inespérée quoiqu'un peu amère et une irrépressible envie d’avoir des explications. Vous êtes parti sans laisser la moindre trace ! Oh, je vous ai attendu longtemps, mais vous n’êtes jamais revenu ! Comment osez-vous vous adresser à moi de nouv…

Je m’interromps moi-même car je me rends compte que ce que je dis n’a finalement aucun sens. Déjà parce que actuellement, je ne ressemble pas à la Emily qu’il connaissait, mais à une inconsciente plus ou moins bien déguisée en voyou. Mais tout de même, dans l’emportement de ce discours, des mèches claires ont commencé à s’échapper de ma casquette et ma voix ne trompe personne.
De plus, maintenant que mes yeux s’habituent de plus en plus à l’obscurité faiblement accompagnée par la lumière des réverbères, je vois mieux le visage de mon interlocuteur. Un visage plutôt effrayant, orné d’un sourire tendu. Pas celui que je gardais en mémoire en tout cas ! Cette vision a pour effet de me calmer un peu et rappelle en moi une vieille mise en garde. Je cherche dans mon esprit le souvenir de ma rencontre avec Walk et des phrases que nous avions échangées, mais mon cerveau mièvre et autrefois amouraché a pris soin de ne garder que les passages romantiques, qui sonnent maintenant comme de vieilles reliques oubliées dans un coin de ma tête.

Réfléchis. Cherche dans les limbes de ta mémoire ! Que je me souvienne, il y avait un trouble de la personnalité là-dessous... Ah oui ! Ils étaient trois ! Trois âmes, trois frères. Alors il y avait Walk, Full et… C’était quoi déjà le nom du troisième déjà ? Un truc en "M", je crois.  Mad ? Muse ? Non… ça ne vient pas. Mémoire, mémoire, je te déteste. Mais vraiment, je te hais. En même temps c’est normal, quand ça fait déjà un petit paquet d’années qu’on "vit" et qu’on explore le monde, il y a forcément des petites choses qui nous échappent avec le temps ! Mais ce ne sont jamais les bons souvenirs qui partent les premiers, hélas !

Quoiqu’il en soit, plus les secondes passent, plus il me semble évident que ce n’est pas Walk qui se tient devant moi, mais plutôt l’un de ses "frangins". Et je n’aime pas du tout la façon dont il me regarde : il a un air exagérément innocent déformé par un sourire carnassier. Si je me souviens bien, le premier frère, Full était plutôt une sorte de représentant de la loi, donc ça ne devait pas tellement être son genre d’apparaître comme ça, devant les gens en pleine nuit ! Il doit donc s’agir de l’autre frère au prénom oublié, excellant dans le rôle de fou du village, sans doute…

-Je… Je crois bien que je me suis trompée de personne. Lâchais-je avec une mimique à la fois amusée et gênée. C’est regrettable, n’est ce pas ?

Hmm, non. Ca n’a pas l’air si regrettable que ça pour lui. Tant mieux ! Il ne doit pas être du genre à en vouloir à quelqu’un pour une simple méprise. Aucune expression de colère ou de méchanceté ne se lit sur son visage, vu l’inclinaison de ses sourcils. Par contre il y a toujours cet éclat inquiétant dans ses yeux, sauvage. Mal à l’aise à force d’être ainsi dévisagée, j’entreprends de continuer la conversation pour chasser le silence menaçant qui commençait à s’installer. Il voulait quoi déjà, à la base ? Un docteur, je crois bien. Cet homme m’a pourtant l’air en forme, au moins physiquement parlant. En tout cas, je n’ai rien d’un professionnel de la santé, bien que je possède quelques connaissances en anatomie (discipline plutôt facile à étudier lorsqu’on est un squelette/écorché la moitié du temps !) :

-Vous voulez trouver un docteur ? A cette heure là, c’est peine perdue ! Prenez votre mal en patience et revenez demain matin, quand il fera jour et que les médecins plus ou moins compétents exerceront.

Les pauvres hypocondriaques, la vie n’est pas facile pour eux, ils ont toujours l’impression que quelque chose ne va pas dans leur tête ! Ca me fait même un peu de peine. Néanmoins, consciente d’être en compagnie de quelqu’un qui m’a pourchassée dans des ruelles sombre pendant la nuit, même juste pour me dire qu’il avait besoin d’un docteur, je reste sur mes gardes, ne bouge pas trop, prend soin de ne pas faire de gestes brusques et surtout, je garde un sourire courtois, bien qu’un peu envahit par l’angoisse, sur les lèvres.
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MessageSujet: Re: Il était une fois, dans les rues de Londres. (Pv FMW)   Dim 10 Nov - 19:23

A chaque fois que j'apparais devant une victime, cette dernière adopte immédiatement un comportement-type. Oui, vous ne rêvez pas, c'est le même principe que pour les z'animaux. Une planche en bois miaule si on la piétine, un lampadaire s'envole dès qu'on pose la main sur son encolure, bref, le tableau est simple, un mouvement équivaut à un effet. J'ai nommé - et j'en suis fier - ce phénomène ''le phénomène M'', comme Molécule. Parce que cela fait très scientifique! Alléluia!! Moony, tu as trouvé ta voie, scientifique des comportements victimistes! Ah ah, et dire qu'on pensait que je ne savais que trucider des gens et faire couler cette délectable jouissance qu'est le sang. Mais, contre toutes les attentes du grand méchant loup, ce phénomène est loin d'être utile. J'ai à peine le temps de lancer ma réplique que tout le monde se met à courir en hurlant. Bien sûr, les comportements varient d'une proie à l'autre. Celui-ci va se jeter par la fenêtre, celui-là appellera à l'aide... C'est d'un ennui, vraiment vraiment vraiment ennuyeux. Parfois, il y en a bien un ou deux qui se démarquent du troupeau, mais au fond, ils sont tous pareils.

L'humanité est un ramassis de cailloux ternes, où brillent quelques gemmes solitaires. Mais ces gemmes ne valent guère mieux. Les émeraudes se gorgent de vertu en zappant qu'elles adorent faire du mal à ceux qui font le mal, les rubis se perdent dans une soif qu'étanche une mort bien trop pieuse, les diamants sont si résistants qu'ils en deviennent balourds, les saphirs s'effraient à esquiver les dangers tout au long d'une vie dépourvue de sens, et j'en passe. L'humain est un rat qui ne s'assume pas. Un corbeau s'enfilant des pneus sur les ailes avant de prendre son envol. Il n'est pas GALET, il ne sera jamais GALET, c'est tristement GALET. En un mot, galet. Homme, prends ton baluchon et apprends à bondir sur les vagues, sans peur, fonçant droit vers ta noyade! Un scénario qui ne se produira jamais. Voilà pourquoi des entités telle que votre seigneur maléfique ici présent sont là, prêtes à balayer la cour de récré. Chaque nuit, je prends des vies, j'ôte une pleine poignée de cailloux dans l'espoir qu'un galet apparaîtra. Mais non, chaque nuit, je suis déçu - raaaaaah - et même très déçu. C'est pas du jeu!!!

Revenons à nos mout - STOOOOP. J'ai failli me dire deux fois la même chose. Monologuer est un art, et donc il faut un minimum de délicatesse et de maîtrise. Impardonnable erreur que de se répéter. Bien que je sois terriblement malade. On pardonne absolument tout à un malade, non? Principe fondateur de la pitié, mes chers enfants. Alors revenons simplement à nos lapins roses, si vous me permettez ce néologisme (voyons, tout le monde sait qu'un lapin ne peut pas être autre chose que rose). En face de moi, mon docteur, que j'avais enfin trouvé après tant de peine, eut le plus singulier des phénomènes M au monde. Et j'exagère à peine.

-Vous ! C’est vous ! Vous êtes parti sans laisser la moindre trace ! Oh, je vous ai attendu longtemps, mais vous n’êtes jamais revenu !

Mon cervelet bloqua au mot ''revenu''. Mon docteur, au cri si féminin qu'il m'apparaissait désormais soudainement et surnaturellement comme doté de caractéristiques mâles mixées à celles d'une femelle, réagissait d'une manière tout à fait intéressante. Il me connaissait! Et il me donnait un petit nom - ''Vous''! -. C'est d'un romantique. J'ai presque envie de pleurer. Surtout qu'il fait un excellent usage du mot ''revenu''. Si bien que je ne peux m'empêcher de bondir vers lui en ouvrant les bras, oubliant la présence de mon charmant couteau:

-Ton boomerang chéri est là, docteur !!

Je me fige dans mon mouvement, saisi d'un fulgurant et très puissant moment d'intense réflexion. Mèches claires. Voix de fille. Curieux phénomène M de reconnaissance de mon visage. Résidus d'une attente plus parfumée qu'un champs de roses en décomposition. Mais oui!! Mon docteur n'en est pas un, tout est clair! Ben oui, prenez moi pour un crétin. Vous pensez que je ne ferais pas la différence entre... euh... qui que cette créature soit, et un docteur compétent? C'est mal connaître la talentueuse (surtout tueuse) ballerine que je suis. Nom d'un mouchoir enrhumé! Que faire? Seul un vrai docteur peut s'occuper de mes sourcils. Que vais-je devenir? Et mes sourcils? Figés à jamais... Quel destin injuste!! Ils ne méritent pas un tel sort. Ils sont tous ce que j'ai. Mes amis, mes camarades, mes amours. Sans eux, je suis aussi intimidant qu'un chat noir. Rendez-moi mes cœurs qui froncent! Ne me prenez pas mon âme si vive, si douce, si... sourcilière!

Alors que je me lamente en souriant à ma proie, cette dernière semble également en pleine contemplation de ses pensées. Je n'ose pas la déranger, mais mon couteau s'impatiente. Il a hâte de mordre sa chair. Alors, c'est décidé. J'en fais des petits cubes, puis je repars à la recherche d'un docteur digne de ce nom. En plus, ce docteur-qui-n'en-est-pas-un m'a vexé. C'est pas gentil de m'avoir fait croire que j'étais le boomerang de sa vie. J'ai beau ne rien ressentir, ce n'est pas pour autant qu'il faut me bousculer ainsi. Je suis fragile! Full me le dit souvent, d'ailleurs. Que je suis fragile mentalement, instable, et profondément dérangé. Il a tout à fait raison. Je suis comme une adolescente effarouchée! Donc, je vais me venger avec plaisir ♥

J'avançais d'un pas, m'apprêtant à demander l'humble permission de lui ouvrir la gorge, quand l'imposteur se réveilla. Il avait à présent la tête de Judas présentant des cacahuètes à Jésus. Tiens, en parlant de cacahuètes, j'en veux affreusement. J'adore le bruit que ma mâchoire fait quand ces minuscules proies meurent sous mes dents!

-Je… Je crois bien que je me suis trompée de personne. C’est regrettable, n’est ce pas ?

Je me retiens de répondre au tac-au-tac ''Regrettable, en effet''. Ben oui, celui qui a fait erreur sur la personne, ce n'est pas lui, mais moi. Lui, il a une excuse. Après tout, on est trois à se partager la même baraque mouvante, alors, à moins d'un ravalement de façade entre deux changements de contrôle, on peut aisément nous confondre. Ce faux docteur aux éléments très féminins doit être une connaissance de Walk. Il a le chic pour s'attirer les bonnes faveurs de la gente féminine. M'en voudra-t-il si j'abat malencontreusement cette ancienne compagne? Sans doute. Raison de plus pour le faire. On se marre davantage quand le chaos règne, c'est certain. Alors amusons-nous! Le meurtre d'un être cher est exquis. Ce serait un crime que de ne pas en profiter. Le plus grand des crimes. J'ai hâte de voir la réaction de mon grand frère, face au corps mutilé d'un souvenir.

Encore un caillou, terne et immobile, traînant le poids de son passé. Walk, Full, l'humanité, les pains au chocolat, tous des cailloux. Jamais cela ne changera et jamais le galet bondira devant moi. Autant que je m'y fasse. C'est désespérant, mais je n'ai pas de sentiments, après tout, alors à quoi bon m'en soucier. Jeter ce caillou-là d'abord. Je fais un pas de plus, tandis que quelques phrases inintéressantes franchissent ses lèvres de faux docteur. Mon couteau a la tremblote. Il s'excite. Ou alors, est-ce ma main qui s'excite? Et donc par extension, moi? Mystère et tranche de pains! ♥

-Bien, ma quête est donc loin d'être terminée, alors! Moi qui me faisait une fausse joie de recevoir ma médecine... Je vais devoir m'occuper de toi, avant de repartir sur les chemins sucrés de ma destinée. Mais d'abord, petit questionnaire d'avant ta mort prochaine, mon mignon! Si tu n'es pas un docteur, qui es-tu?

Après tout, il vaut mieux que je prenne mon temps. C'est une des politesses primordiales, lorsque l'on est à table et que l'on dépèce son repas à l'aide de magnifiques assistants d'acier. Il ne faudrait surtout pas faire honte à mes grands frères, n'est-ce pas? Et puis, ma proie est courtoise, elle aussi. Son sourire ne l'a pas quitté, elle doit être impatiente de sentir ma lame contre sa peau! Elle ne s'enfuit pas non plus. Double respect! Les paons ne méritent pas le même traitement que la volaille. Page 234 de mon carnet. J'étends mes bras pour me dégourdir les épaules, de peur qu'elles ne subissent le gel maudit qui frappent mes sourcils.

-Tuer est une affaire d'intimité. Si l'on ne se connait pas un peu mieux, on risque d'avoir tous les deux une expérience désagréable!


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MessageSujet: Re: Il était une fois, dans les rues de Londres. (Pv FMW)   Lun 11 Nov - 0:41

Mon « boomerang chéri »… C’est clair que celui-là je pense que je ne l’aurai jamais revu s’il ne m’était pas revenu en pleine tête il y a tout juste… Cinq minutes.
…Non, Emily, arrête donc un peu de te mentir, tu n’es pas revenue à Londres pour la Reine et ses beaux yeux. C’est vrai, si ce n’était pas lui qui m’avait trouvé ce soir, c’est moi qui l’aurais fait plus tard. Il faut dire que Paris ça va bien un moment : c’est joli à Noël, Notre-dame est majestueuse, mais ça s’arrête là. Pendant deux ans je me suis bornée rester dans cette capitale illuminée, alors que la plupart de mon être exigeait un retour d’urgence à la fascinante et macabre ville qu’est Londres.

C’est vraiment troublant de se retrouver face au sosie de Walk, qui s’avance de plus en plus vers moi avec un air peu rassurant. Il n’est maintenant plus qu’à quelques centimètres et depuis que je lui ai déclaré que je ne pouvais rien pour son étrange problème de sourcils, je ne sais pas à quoi m’attendre comme réaction et reste immobile, le souffle court. Finalement, ce curieux personnage déclare brusquement :

-Bien, ma quête est donc loin d'être terminée, alors! Moi qui me faisait une fausse joie de recevoir ma médecine... Je vais devoir m'occuper de toi, avant de repartir sur les chemins sucrés de ma destinée. Mais d'abord, petit questionnaire d'avant ta mort prochaine, mon mignon! Si tu n'es pas un docteur, qui es-tu?

Attendez, il menace de me tuer, là. Ou du moins d’essayer. Oui, je suis déjà morte, donc je ne pense pas pouvoir mourir une deuxième fois, cela dit, je dois avouer ne jamais avoir tenté l’expérience. Mais tout de même, cela ne change rien au fait que cet individu a de bien néfastes desseins à mon égard.
Que faire ? Fuir ? Appeler à l’aide ? Supplier ?
A ces trois options, je répond non. Non, fuir ne servirait à rien étant donné qu’après ma pauvre tentative pour le semer dans les sombres ruelles, il m’a rattrapé sans aucun problème. Non, non, je ne suis pas une demoiselle en détresse, je ne vais pas crier à l’aide, j’ai déjà donné et je sais que les humains sont de nature très lâche. Et je ne pense pas qu’un sombre justicier arpente les rues en ce moment. Enfin, Non, non, non. La supplication ne fait pas partie de mes techniques de défenses, je ne m’y abaisserai pas, surtout que je me doute que ça n’aurait aucun effet sur des individus comme lui.
Non vraiment, je suis contrariée. Contrariée et appeurée. Je n’ai pas envie d’être une nouvelle fois transpercée d’acier, j’en garde un amer et douloureux souvenir. Alors que l’homme prononce une nouvelle menace enrobée de miel, mon regard se pose sur le métal étincelant appartenant au couteau qu’il tient dans l’une de ses mains. Cette vision me fait frémir et, malgré le fait que ma vie ne soit pas en jeu, me rappelle combien la situation est critique.

Néanmoins, je suis dévorée de curiosité quant à la réaction que cet individu dangereux aura lorsqu’il découvrira qu’il ne pourra jamais me tuer, pour la simple et bonne raison que le travail a déjà été fait par quelqu’un d’autre. J’aime ce genre d’expérience ! Depuis mon retour parmi les vivants, je passe mes journées enfermées dans mon antre, sous les combles d’immeubles anciens, et je m’ennuie ! Vu que je ne sors presque jamais pour ne pas montrer aux humains ma nature de défunte, je m’occupe comme je le peux avec des gribouillis, des compositions musicales sur un piano mal accordé, la lecture de romans plus ou moins bons, j’écume également les journaux, m’intéressant de près aux récents exploits du grand détective Sherlock Holmes et m’instruit de découvertes relativement captivantes.
Récemment je m’intéressais tout particulièrement aux reptiles, qu’ils s’agissent d’inoffensifs lézards ou de dangereux serpents. Et mon serpent en face de moi siffle très sournoisement sans pour autant mordre. Mais ils font tous ça. En fait, c’est parce qu’ils ont une très mauvaise vue : ils attendent que leur proie se trahisse dans un mouvement de terreur pour fondre sur elle et être sur de ne pas la louper. Peut être pourrais-je m’en sortir en restant calme. Si je panique, je ne ferai qu’entrer dans son jeu. L’idéal serai de pouvoir le faire patienter jusqu’au matin, mais je doute que cet homme soit du genre patient, vu la façon dont il tremble déjà.

Pourtant ce serait vraiment amusant de voir sa réaction lorsqu’il m’apercevra à moitié décomposée, jouant avec mes globes oculaires ! Trouvera-t-il ça drôle ou fascinant ? Ou sera-t-il au contraire frustré de ne pouvoir m’infliger le moindre mal ? Voilà des questions qui m’intriguent beaucoup. Il faut absolument que je gagne du temps.

Stratégie numéro 1 : la flatterie. En règle générale, les humains adoooorent parler de leur personne ! Les gens ont tous des domaines dans lesquels ils sont performants et ils aiment aborder le sujet pour se mettre en avant. Si en plus vous montrez un quelconque intérêt envers ce qu’ils racontent, ils se trouvent passionnants ! Et il y a même de fortes chances pour qu’ils éprouvent de la sympathie pour vous ! Ce brave assassin ne voudrait quand même pas mettre un terme à une discussion dont il serait le héros, si ? Tout en répondant à la question qu’il m’avait posée, j’essaye donc de tourner la conversation dans un angle moins propice au massacre imminent.

-Je m’appelle Emily. Avec un Y à la fin. Et vous, c’est quoi votre nom ? Et puis que me voulez vous ? Êtes vous une sorte de tueur en série ? Si c’est le cas je ne pense pas que vous ayez beaucoup de victimes à votre actif, vous m’avez plutôt l’air d’un petit nouveau dans le métier. Vous savez vraiment ce que vous êtes en train de faire?

Ahaah ! Je parie que personne ne lui avait dit ça ! Bien sur, je ne pense pas un traître mot de ce que je viens de dire, car ce criminel, qui en plus est le « frère » d’un être très proche, m’intimide beaucoup et m’a l’air très expérimenté. Mais si je veux le faire réagir, il faut bien que je le provoque un peu. C’est un pari risqué que je fais là, car au lieu d’énumérer ces exploits oralement, il pourrait très bien me démontrer un échantillon de ses capacités en passant à l’action tout de suite, mais qu’importe, il faut tenter ! Avec mon statut de morte vivante, je peux quand même me permettre un peu plus d’assurance et de courage que le commun des mortels, bien qu’en ce moment je sois aussi vulnérable que n’importe lequel d’entre eux. Je m’adosse au mur, m’efforçant de garder une attitude neutre, tentant de refouler l’angoisse qui devenait de plus en plus présente en entretenant la lueur de défi que je sens naître au creux de mes entrailles. Pourquoi serait-il le seul à s’amuser ce soir ?

Allez, mon cher assassin, vexe-toi un peu et raconte moi les horreurs que tu as semées ! Essaye de m’effrayer ! Parlons un moment, toi et moi, sous le clair de Lune. Raconte moi tes exploits qui vont me faire pâlir et m’intéresser au plus haut point ! Ne joue pas avec tes lames tout de suite, ce serait dommage de manquer une si belle occasion d’être le roi de cette nuit embrumée !
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MessageSujet: Re: Il était une fois, dans les rues de Londres. (Pv FMW)   Jeu 26 Juin - 21:15

Il est rare de voir l'une de mes proies se conduire aussi bien avant un repas! Franchement, je l'applaudirais si je n'étais pas occupé à tester le tranchant de mon adorable lame sur un rat passant par là. La bête couina pitoyablement, mais ce n'était pas suffisant pour me donner l'exaltation d'un mise à mort spectaculaire. Allez, quoi! Je veux du SANG, des CRIS, de la FIESTA!! Écharper une ancienne conquête de mon frangin, par exemple! Je veux la mettre en pièces, je veux que ses cordes vocales palpitent à l'air libre, je veux qu'elle expire dans de joyeux soubresauts. D'accord, je vais être poli, pour une fois: je désirerais humblement qu'elle trépasse sous mes coups d'expert, cette composteuse - euh... imposteuse -! Pitié, j'espère que l'attente ne sera pas trop longue. Je n'ai pas l'habitude de voir un humain gigoter en face de moi. Surtout si il gigote sans être pour autant gravement blessé. Mais être sage comme une pelote de laine est important, lorsque l'on rencontre quelqu'un qui ne détale pas au loin! Être sage est étonnamment efficace pour dépecer une victime en prenant son temps <3
... ou plutôt, en apprenant à se connaître <3
... ou plus précisément, en discutant de l'utilité d'installer des fontaines d'hémoglobines sur la lune <3

-Je m’appelle Emily. Avec un Y à la fin.

Mais, mais, mais c'est formidablement formidable! Elle me donne calmement son nom! Je crois bien que dans toute l'histoire de mes massacres à sens unique, c'est une première. Cet insecte s'annonce très intéressant. Peut-être va-t-elle figurer dans mon carnet? Je n'aurais qu'à lui arracher un bout d'oreille, le faire sécher et l'inclure dans la section des records. Non seulement ça me ferait un chouette souvenir, mais en plus, je pourrais faire rager Walk en lui montrant mon trophée! L'idée est adoptée à l'unanimité par le conseil des Sept Mois: Moi, Moi, Moi, Moi, Moi, Moi et enfin Barnabé. Adjugé vendu, mes amours! Je penche la tête de coté, dans l'espoir d'apercevoir ses oreilles, dissimulée sous son chapeau. Je les devine fines et délicates. C'est parfait! Emily "avec un Y à la fin", tu es à moi, rien qu'à moi.
Je tremblote de plus en plus fort. Mon couteau me hurle de débuter les opérations! Il désire que je lui montre l'abdomen d'Emily, lacéré comme les tréfonds de ma conscience - je vous assure que j'en possède une, en papier mâché -. Mais encore une fois, je fus surpris par l'imposteuse et sa langue plus vive que je ne le pensais. La seconde se terminait à peine qu'elle reprit, d'une voix assurée d'écureuil:

- Et vous, c’est quoi votre nom ? Et puis que me voulez vous ? Êtes vous une sorte de tueur en série ? Si c’est le cas je ne pense pas que vous ayez beaucoup de victimes à votre actif, vous m’avez plutôt l’air d’un petit nouveau dans le métier. Vous savez vraiment ce que vous êtes en train de faire?

Je fronçais des sourcils face à tant de questions, et si peu de terreur. Elle ne voyait pas que je tremblais littéralement d'excitation à l'idée de tronçonner sa jolie chair, apparemment. Un tel comportement illogique est... tout bonnement rafraîchissant. Je suis sincèrement admiratif. Innover, c'est fun. Depuis le meurtrier/justicier vendeur de pizza, les rebondissements étaient rares. Trop rares. Enfin un peu de suspense! Emily n'était donc pas l'un de ces moutons dociles. Elle avait la flamme de la folie sur les lèvres!! Je n'avais plus qu'à découvrir si ce feu brûlait également dans son regard. Très bien, je sais reconnaître un défi lorsqu'un autre prédateur m'en lance un. Tu es sûrement à mi-chemin entre le chasseur et le chassé, mon enfant, mais je ne peux refuser la proposition. Jouons! Et que le meilleur gagne, le perdant n'aura plus qu'à abreuver les ruelles de son sang encore chaud.

Tout d'abord, réparons de ce pas un malencontreux malentendu. Je ne suis pas un amateur! Je ne l'ai même jamais été, selon mon mignon moi. Le couteau naît pour faire très mal, le lapin naît pour se faire manger, et moi, je suis né pour tuer. Tout équipé! Je peux retourner ma victime comme un gant, et la faire souffrir d'une multitude folle de façons. De même, je pourrais citer des centaines de façons d'enlever la vie. Mais ce n'est pas bien de se vanter <3 AHAHAHAHA, c'est moi le meilleur ! Moony est le plus grand des saigneurs du mal !!! Vive le meurtrier le plus passionnant parmi les palpitants!

- En parlant de palpitant, je m'exclame tout d'un coup, ton coeur est sans doute une belle pièce de collection. De quelle couleur est-il?... Oh, je ne suis pas du tout désolé, mais il semble que je n'ai pas encore répondu à tes questions. Mon problème de sourcils me perturbe, Emily sans Y. Tu dois avoir une petite idée des malheurs que j'endure! Sans sourcils, la vie ne mérite plus d'être saccagée. Sans sourcils, j'ai envie d'épargner les souris qui se prennent dans mes filets - mais rassure-toi, je ne le fais pas, donc attends-toi à goûter à l'acier de mon ami ici présent -. Sans sourcils, la magie n'est plus! Les toits ne chantent plus, le ciel n'est plus rouge bonbon et les cordes... euh... les cordes restent toujours des rivales ingrates. Nom d'un lutin égorgé, ce que je déteste les cordes. Si je pouvais détester, bien sûr. Oh, mes pauvres sourcils....

Je marque une pause pour ménager le suspense de mes sourcils, tout en fronçant machinalement ces derniers. Si ils étaient figés, ce serait une tragédie. Que dis-je, ce serait la fin d'un monde! Celui des visages renfrognés, suspicieux et colériques. Un visage, c'est très utile. Il n'y a pas mieux pour simuler les faibles émotions qui se terrent parmi les vivants!! Par exemple, quand je veux montrer aux gens que patauger dans ses entrailles, c'est cool, je montre un visage consterné! Et quand je suis frustré de voir une victime rendre l'âme trop vite, joyeuse comme pas deux, j'affiche un sourire démoniaque. Je confirme, c'est très utile <3

-Trêve de croassement, petite Emily. Je suis Moon, mais tu peux me surnommer affectueusement Moony, parce que tu es choux et que bientôt, ta tête ensanglantée se balancera au bout de mon bras, comme une... LUNE!! Pour tout te dire, je ne suis dans le métier - meurtrier, un si beau métier <3 - que depuis cinquante-douze ans. Ce n'est pas beaucoup, tu ne crois pas ? Surtout que je ne sais pas compter! Tu as failli tomber dans mon piège, avoue-le!!!

Éclatant de rire, je la pointais du doigt en agitant mon ami le couteau. Ma main se sentait d'humeur légère. Elle décrivit un arc de cercle délirant, frôlant Emily du Y. D'un regard, je l'intimais à se tenir tranquille. Tout doux, tout doux. Notre invité n'a pas fini de m'impressionner. Elle doit encore me régaler de ses réactions surprenantes et délicieuses! J'ai faim!!! Ou pas, puisque je ne peux ressentir ce pathétique sentiment. A force de me le dire, cela rentrera peut-être dans ma cabane.

-Comme je ne sais pas compter, un petit oubli de la part de mon tueur tuteur, je ne peux pas te donner le nombre exact de mes proies, mon lapin. A part... Beaucoup ? Mais oui, beaucoup, c'est un mot passe-partout, c'est ce que Walk m'a dit la dernière fois que j'ai tenté de l'impressionner en comptant mes canines! Alors voilà: beaucoup! Beaucoup + Emily, très bientôt.

Soudain, mon bras dérailla en même temps que ma voix. Ma lame voltigea, tranchant net sa casquette ridicule. Elle commençait à me lasser. La casquette, je veux dire. Mais Emily sans Y ne tardera pas à la rejoindre sur le chemin de la déchirure! Décochant sourire sur sourire, je m'approche davantage de ma fausse docteur, quasiment collé à son corps si fragile. Je ne la quitte pas des yeux. Es-tu mouton ou prédateur ? Montre à Moony que tu sais compter tes canines, toi aussi.

- Tu veux que je te montre réellement ce que je sais faire, petit morceau de viande ?
dis-je enfin, très calmement.
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Emily
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MessageSujet: Re: Il était une fois, dans les rues de Londres. (Pv FMW)   Dim 29 Juin - 15:05

Je suis curieuse de voir la réaction de l’individu, après ma gentille petite provocation. Oh je n’ai pas été très méchante, ni insolente, j’ai juste été prise d’un léger reflexe dû à un certain instinct de survie – à moitié efficace chez moi depuis un certain temps, d’ailleurs ! -.
Interpellée par une tache sombre au niveau des pieds de mon interlocuteur, je remarque vivement qu'il s'agit du cadavre d'un rongeur -qui n'était pas là il y a quelques instant, j'en suis certaine!-. Prudente, je décide donc de relever les yeux vers l'auteur de ce massacre, attendant ses réponses à mes questions. En alerte, je suis prête à décamper une nouvelle fois si ce dernier décide de faire un mouvement un peu trop brusque.

-En parlant de palpitant, ton coeur est sans doute une belle pièce de collection. De quelle couleur est-il?... Oh, je ne suis pas du tout désolé, mais il semble que je n'ai pas encore répondu à tes questions. Mon problème de sourcils me perturbe, Emily sans Y. Tu dois avoir une petite idée des malheurs que j'endure! Sans sourcils, la vie ne mérite plus d'être saccagée. Sans sourcils, j'ai envie d'épargner les souris qui se prennent dans mes filets - mais rassure-toi, je ne le fais pas, donc attends-toi à goûter à l'acier de mon ami ici présent -...

Je savais bien qu’il serait bavard ! Mon interlocuteur se prend donc bel et bien au jeu, commençant à parler, ou plutôt à disserter sur la tristesse d’une vie sans sourcils opérationnels. Mais, attendez une minute... Il fronce les sourcils. Ah ! Je l’ai vu ! Il a froncé les sourcils ! Je l’ai guéri, c’est merveilleux ! Peut-être suis-je médecin malgré moi ? Ou alors cet homme est un menteur, ou encore un malade imaginaire, parce qu’apparemment, ses sourcils sont en parfait état de marche. Alors que je suis sur le point d’ouvrir la bouche pour lui faire remarquer que ses maux ne sont en fait plus qu’un lointain souvenir, il m’interrompt pour reprendre de plus belle :

-Trêve de croassement, petite Emily. Je suis Moon, mais tu peux me surnommer affectueusement Moony, parce que tu es choux et que bientôt, ta tête ensanglantée se balancera au bout de mon bras, comme une... LUNE!! Pour tout te dire, je ne suis dans le métier - meurtrier, un si beau métier <3 - que depuis cinquante-douze ans. Ce n'est pas beaucoup, tu ne crois pas ? Surtout que je ne sais pas compter! Tu as failli tomber dans mon piège, avoue-le!!!

Moon, car c’est donc son nom – je le savais bien que c’était quelque chose dans le genre –, me fait sursauter à chaque menace et haussement de ton de sa phrase. La situation commence à devenir extrêmement tendue. Intimidée, je reste collée au mur, les yeux fixés sur le couteau qui virevolte devant moi.  
Je suis perturbée. Réellement. Je ne sais plus quoi penser, car le paradoxe qui m’habite en ce moment est immense. Deux parts de moi s’affrontent dans mon esprit, et il est extrêmement difficile de trouver un compromis entre les deux.
Tout d’abord, il y a la situation présente d’une dangerosité indéniable. Moon - ou Moony - s’énerve, et je sens qu’il ne va pas tarder à devenir violent pour de bon, faisant usage de son arme. Mais d’un autre côté, le sentiment de danger est grandement évincé par le trouble que me cause la réapparition de Walk devant moi. Oui, même si ce n’est pas vraiment lui qui se trouve sous mes yeux, je sais qu’il est là, qu’il n’est pas loin. Et je crois deviner, dans le regard fou et sauvage de cet assassin, un éclat de la tendresse du gentleman que j’ai connu. Si mon esprit était une installation électrique, ce phénomène de délire aurait immédiatement créé un court-circuit.

-Comme je ne sais pas compter, un petit oubli de la part de mon tueur tuteur, je ne peux pas te donner le nombre exact de mes proies, mon lapin. A part... Beaucoup ? Mais oui, beaucoup, c'est un mot passe-partout, c'est ce que Walk m'a dit la dernière fois que j'ai tenté de l'impressionner en comptant mes canines!...

Walk. Mais oui, Walk est là, tout proche ! Je suis certaine qu’il me voit, et que jamais il ne pourrait laisser son psychopathe de frangin me tailler en pièce. Walk ne tolèrerait pas que l’on me fasse du mal ! Il est vrai que je m’y connais peu en matière de changement de personnalités, mais à cause du lien que j’ai tissé avec son frère, Moon éprouvera sans doute des difficultés à me bles…

Trop éprise par l’engouement d’avoir entendu de nouveau le nom de celui que je chérissais, je ne vois pas le coup arriver, accompagné par l’éclat luisant d’une lame de couteau et d’un bruit de déchirement. Un courant d’air glacé et coupant frôle ma joue gauche, et, lorsque que je porte ma main à mon visage pour vérifier que je ne suis pas blessée, c’est avec soulagement que je constate que seules des mèches de cheveux recouvrent mes pommettes, et non d’odieuses traces de sang. Je suis indemne ! Ce qui n’est pas le cas de ma pauvre casquette, qui tombe tristement sur le sol, arrachée en deux parties. Mon côté niais et idéaliste est à présent calmé, réduit au silence par ce premier acte réellement agressif.

Choquée, je n’ai même pas le temps de relever la tête que Moon est déjà tout proche. Trop proche. Bon sang, au bout de seulement quelques minutes de discussion, c’est gênant ! Même son frère n’était pas aussi entreprenant lors de notre première rencontre ! Mais apparemment, la galanterie et la patience ne sont pas les points forts de mon nouvel « ami ». Alors que je relève les yeux vers lui, dégageant mes cheveux, qui, trop contents d’avoir été libérés se répandent avec allégresse sur mon visage, je tombe littéralement nez à nez avec le sourire le plus terrorisant du monde, digne de l’un des plus grands prédateurs de toute l’Histoire.

-Tu veux que je te montre réellement ce que je sais faire, petit morceau de viande ?

Non ! Non, absolument pas, merci ! Je reviens sur mes paroles. A vrai dire, je n’ai jamais précisé que je voulais que tu me montres ce que tu savais faire. Que tu me le racontes, ça c’est une autre histoire, plus facile et moins dangereuse.
J’entreprends de me calmer un peu. Moon doit être content de voir que son petit effet de panique a fait mouche, car je suis en effet terrorisée. Mais il faut dire que je n’ai pas l’habitude. C’est vrai je suis déjà morte, j’ai même été tuée, mais cela ne s’est pas du tout passé de la même façon. Lors de mon premier assassinat, j’ai été tellement surprise et prise en traître que je n’ai même pas eu le temps de paniquer, cela n’a été l’affaire que de quelques secondes, presque aussi brève qu’une respiration. Mais ce soir, j’ai été chassée, menacée puis attaquée sans même être blessée pendant de longues minutes! Il joue avec moi, c’est certain, et j’espère au moins qu’il s’amuse bien !

Secondes après secondes, ma peur laisse place à la vexation : je ne suis pas un jouet, ni un morceau de viande, non mais ! Il faut bien que je lui fasse comprendre cela ! Lentement, car je ne veux pas lui donner la satisfaction de paniquer, je pose mes mains sur ses clavicules, exerçant une pression afin de lui faire comprendre que j’ai besoin d’un minimum d’espace vital. Je pourrais commencer à crier, à le frapper mais je doute que le résultat soit concluant. Non, cela lui donnerait juste un prétexte pour rentrer dans le vif de l’action sans tarder et commencer à me lacérer. Et puis, il est hors de question que je fasse le moindre mal à Walk.
Ignorant toujours le couteau à quelques centimètres de ma tête, je commence donc à répondre à sa question en essayant d’être le plus calme possible :

-Non… Non, voyons. En vérité, je ne doute pas un seul instant de votre dextérité à réduire en charpie tout ce qui vous tombe sous la main, Moo…Ny.

Malgré mon incroyable moment de bravoure, je sens que je commence tout de même à trembler. Retirant donc immédiatement mes mains de ses épaules – j’ai tout de même réussi à gagner quelques centimètres de libre -, je me mets à tordre machinalement une mèche de cheveux avant de la placer derrière mon oreille, afin d’avoir un champ de vision parfaitement dégagé. C’est important, si l’opportunité d’une fuite est à envisager, de ne pas avoir les cheveux dans les yeux. Désireuse de ne pas impatienter mon interlocuteur, je continue donc :

-Je trouve seulement cela étrange que, malgré votre incroyable savoir-faire, je n’ai jamais entendu parler de vous auparavant, ici, à Londres. Enfin, Walk m’avait bien entendu avoué votre existence, mais je crois bien que sous-estimais grandement votre… Magistrale cruauté.

J’esquisse un tout petit sourire, dans la mesure du possible. Mes mots sont assez faibles, baignant dans une sorte de courtoisie de la dernière chance. Mais pour l’instant, je ne me sens pas capable de me montrer plus ferme avec Moon, je suis trop apeurée. Laisse-moi le temps de rassembler mon courage et de compter mes canines tranquillement…
J’observe autour de moi, finissant par regarder par terre. Sous mes pieds se trouvent quelques pavés libres. Avec une certaine rapidité, je pourrais en saisir un pour assommer mon agresseur avec… Mais c’est tout simplement hors de question ! Jamais je ne risquerai d’abîmer cet homme, criminel ou non. Ce qu’il faudrait, c’est un détournement d’attention. Je suis sûre que ce malade n’aime pas que tuer, il y a forcément autre chose qui l’amuse… Mais oui, c’est cela ! Amusons-nous !

-V-vous tuez parce que vous vous ennuyez, n’est-ce pas ? Je vous comprends. La vie, le soleil, les humains, c’est assez monotone, en effet… Mais vous ne pouvez pas me tuer tout de suite, non. Vous l’avez dit vous-même, on… On ne se connaît pas assez !

Je marque une pause, reprenant ma respiration et tentant de contrôler ma prononciation, afin d’avoir une voix quelque peu assurée. Je tente même un petit sourire enfantin :

-Et si on jouait un petit peu tous les deux, avant de passer aux choses sérieuses ? N’est-ce pas une bonne idée ? Je vous assure que je suis très douée pour jouer !
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MessageSujet: Re: Il était une fois, dans les rues de Londres. (Pv FMW)   Jeu 19 Fév - 20:20

Il était un foie, dans une contrée très très très pas lointaine, une petite cuillère qui s'appelait Rose. Son père, jaloux de son prénom si joli, la fit chasser de son château en sucre - en interdisant à quiconque dans le royaume de lui donner de la confiture à la framboise -. Outrée, blessée, affamée, la petite cuillère n'hésita pas une seule seconde : elle chanta une comptine. Du coup, toute la nature commença lentement à dépérir. Tout finissait par se dessécher, comme des lézards grillés au soleil, et par tomber en poussière. Les lapins s'effondraient, les oiseaux dégringolaient, les insectes brûlaient... Chaque note apportait son lot de malheurs et d'horreurs. Et Rose continuait sa mélodie. Puis, lorsque son père vint la voir, agonisant, les veines prêtes à éclater, pour s'excuser auprès d'elle, que fit la petite Rose ? Elle planta ses ongles dans les yeux vert bouteille de son papa, lui arracha son nez si mesquin, et brailla jusqu'à s'en casser la voix. Le royaume tout entier se brisa alors, tout le monde se fit écrabouiller et Rose tomba dans un gouffre si profond que ceux qui y chutaient étaient littéralement polis par les vents ! Cela faisait de magnifiques tas d'os à l'arrivée.
Donc, morale de l'histoire, la confiture à la framboise, c'est important. Donnez-en à vos voisins, avant que l'on ne vienne vous croquer la tête ♥

Hein ? Où en étais-je, moi ? Ah oui !! Petit morceau de viande - Emily du Y pour les intimes - était face à moi, nez à couteau, épaule à clavicule. Ma très subtile proposition de défi semble l'avoir enthousiasmée, la brave fille. Elle en tremble d'excitation, tout comme moi ! La fébrilité éprouvée à l'approche d'un combat mortel et insipide, il n'y a que cela de vrai. N'est-ce pas ? Tout le reste, c'est FAUX. Archi-faux. Des mensonges, partout !! Ils rampent sous les masques et grignotent les draps, juste au coin de l’œil. Des boyaux puants, des trucs sanguinolents et des pleurnicheries d'enfants, tout cela emballé dans une peau bon marché, mais au final, lorsque le couteau frappe et déchire ce sac d'entrailles, la vérité se fait aussi claire que le sang qui éclabousse les pavés : Ce n'est pas parce qu'un ahuri a créé la terre ferme et allumé une ampoule que l'humanité doit vivre. Ces pantins désillusionnés n'ont pas été confectionnés dans le but de vivre, mais d'expérimenter une mort grandiose ! C'est cela, l'excitation de l'agonie ! Des luttes d'hommes à scies circulaires, de marteaux broyeurs à crânes fragiles, de balles perforantes à dos de lâches ! C'est ça, la vraie vérité véritable, mes lapins ♥

Quoi qu'il en soit, cette Emily ne me décevait pas. Mon petit coeur palpitait doucement - Badaboum ! - à chaque petit tressaillement de son visage, à chaque papillonnement de paupière. Ce dernier point me fait d'ailleurs penser à mes sourcils décédés : devrais-je passer les voir, un de ces jours ? J'irais saccager leur tombe et piquer un somme avec eux dans leur cercueil, histoire de bien rigoler ! J'inviterais tous les cadavres du coin à une grande farandole, et on tirera au lance-pierre sur les corbeaux, ce sera chouette. J'ai toujours eu un talent innée pour briser le cou des ziozios - en fait, de tout ce qui vole et qui ne vole pas -. Hey, pourquoi ne pas arracher les sourcils d'Emily pour remplacer les miens ? Nan. Ce serait souiller leur mémoire ! Eux, ils ne m'ont jamais laissés tomber pour quelqu'un d'autre. Je devrais pas ainsi les tromper. Si ils me surprenaient avec un autre, ce serait tragique... Je serais la risée de toute la ville, et ils demanderaient le divorce. Tous les efforts que nous avons employés pour notre mariage partiraient alors en fumée ! Tchouuuu ! Loin dans le vent ! Comme si on brûlait des morceaux de ma vie, des moments heureux ! Non, je ne peux pas leur faire cet affront, tu as raison, Barnabé. Tu es toujours si tendre avec moiii ♥

Soudain, je ressens une pression contre moi, des doigts qui me touchent affectueusement. Comment refuser une aussi franche bourrade ? Voyons, ne soyons pas sans humour. Un petit ricanement plus tard, je recule légèrement, pour permettre à ma proie d'avoir une belle vue sur le ciel. La lune est là, couvée par la nuit noire. Oh, et il y a des étoiles ! Elles m'encouragent à hacher quelqu'un ! Elles veulent entendre les cris de mes victimes !! J'en suis certain. Tellement certain que je me dévisse quasiment la nuque dans le but d'englober de mes yeux cette assemblée assoiffée de carnages. N'ayez crainte, petites lumières. Emily est prête ! Emily m'affronte ! Emily la grecque du Y ne demande qu'à foncer sur moi et jouer les Roses - N'allez pas croire que le conte que je vous ai magnifiquement balancé à la figure n'aie aucun sens, bien au contraire, il est encore plus sensé qu'un cobra suicidaire -. Alors, que la bataille comm....

-Non… Non, voyons. En vérité, je ne doute pas un seul instant de votre dextérité à réduire en charpie tout ce qui vous tombe sous la main, Moo…Ny. Je trouve seulement cela étrange que, malgré votre incroyable savoir-faire, je n’ai jamais entendu parler de vous auparavant, ici, à Londres. Enfin, Walk m’avait bien entendu avoué votre existence, mais je crois bien que sous-estimais grandement votre… Magistrale cruauté.

Mais par l'agneau du diable, ma nouvelle copine est vraiment au-dessus de sa catégorie. Le troupeau entier serait déjà passé par-dessus la falaise, direction le précipice, alors que cette brebis ne lâche pas un pouce de terrain face au loup. Je pourrais grogner pendant des heures à sa porte, elle continuerait à tondre tranquillement sa barbichette. Pas mal. J'applaudirais si je n'étais pas occupé à repérer les mignons endroits, sur le corps d'Emily, où le sang ne manquerait pas de gicler avec panache si l'acier venait mordre. Allez, un peu de bon sens, Moony. Elle est polie, et elle t'appelle par ton petit nom !

- Voyez-vous, docteur, je suis si efficace dans mon art que j'assassine la moindre rumeur sur moi ! Je tue les conversations comme des mouches, souffle les allusions comme des bougies et... Oui, oui, ne me regardez pas avec cet air perplexe, on dirait un ananas. Vous avez devant vous un véritable saigneur du mal ! Mais, petite Emily, Tu... TUER ! Oups, lapsus professionnel. Tu devrais faire plus attention lorsque tu mentionne ma cruauté d'une si laide manière. Je pourrais me vexer, ma mignonne ♥

Chuuut, les étoiles. Quoi ? Vous voulez ma photo ? Je sais, je sais. Mon superbe couteau veut aussi la lacérer, la réduire en tranches pas plus fines qu'un murmure, mais j'en ai décidé autrement pour la seconde suivante. Elle m'amuse plus lorsqu'elle bouge. Donc j'attends un peu avant de la cuisiner. L'hémoglobine ne vas pas refroidir, je vous le promet. AH, NON !!! Les enfants, pas de caprice. Bien. Ne me prenez pas pour l'ami Jack. Je suis plus civilisé - TUEEEEEEEER, héhéhé -.

Elle m'offre un sourire timide. Je lui réponds en ouvrant grand la bouche et en serrant les dents, dans l'espoir d'en fissurer quelques-unes. Cela embêterait bien les deux frangins ! Ils prennent tellement soin de leurs sourires que cela en devient pathétique. On dirait des ratés d'alligators. Soudain, Emily me raconte quelque-chose de très intéressant. Je tourne brusquement la tête de coté, espérant la voir, avant de me rappeler qu'elle était déjà en face de moi. Je fais donc un tour complet sur moi-même, et hop, la revoilà ! J'ai bien entendu le mot "Jouer" ??? Mais oui, je l'ai entendu !!! Je sautille bien haut pour faire comprendre au monde que la gravité, je m'en contrefiche !

- Mais c'est une excellente idée !!! Bon, tout ce que tu as dit avant n'était pas politiquement correct - je tue parce que je tue, point à la ligne, ouvrez les guillemets, majuscule, je dicte : "Barnabé se promène dans un champs de cadavres, il ramasse une tête, et la projette au loin, home ruuuuuuuun", fermez les guillemets, mettez une parenthèse, une autre parenthèse et point final. Je ramasse les copies, attention ! -. Oui !!! Même quadruple oui !!! Je veux bien jouer, Emimimignonne.

Maintenant, je suis surexcité. Je ne fais que bondir partout d'un air maléfiquement réjouit, m'éloignant un peu de ma proie pour hululer. Après avoir jonglé avec mon couteau plusieurs fois, je fais mine de réfléchir pour laisser s'installer le suspense. En fait, je sais déjà à quoi l'on va jouer ! C'est mon jeu favori !!! Celui auquel je gagne tout le temps !!!! TOUJOURS !!! Et je suis sûr qu'Emily va bien l'aimer aussi. Sinon, je la casse en deux et j'arrache ses jolis cheveux, nah. Et je m'en fiche que ce soit une fille ! Elle doit jouer dans les règles. Parce que je sais très bien qu'elle cherche une diversion, je ne suis pas un abruti, non plus. Elle veut détourner mon attention, comme cela, elle se tuera elle-même et me volera mon fun ! Pffff, je n'accepterais jamais qu'une voleuse me pique la première place. Alors je la surveille gentiment, tendrement, à l’affût comme la souris pourchasse le félin. Je m'approche d'elle en me dandinant, tout satisfait.

-"Ecoute bien, petite Emily, "dis-je, l'air supérieur - parce que je suis supérieur, voyons -. "On va jouer à Viens-me-chercher ! C'est moi qui fait le prédateur ! Je compte, et tu files !! Je suis sûr que tu connais déjà les règles, alors commençons sans plus attendre, ma charmante doctoresse."

Et sans porter plus attention à son minois bien trop vivant à mon goût, je lui tourne le dos et plaque mes mains suintantes contre mes yeux. Allez, calme-toi, Moony. Tu vas jouer !! Cela faisait longtemps. Trop longtemps. Jouons !! Jouons !! Jouons !!!

-UUUUUN !!! DEUUUUUU, TROAAAAAA....
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MessageSujet: Re: Il était une fois, dans les rues de Londres. (Pv FMW)   Jeu 26 Fév - 22:33

Apparemment, Moon est enthousiasmé par ma proposition. Le voilà qui se met à sauter partout, à sautiller, à crier de joie ! J’en reste muette de surprise. La Lune brillante dans ce ciel si vaste et sombre trouve peut-être ce spectacle amusant. Quant à moi, je ne sais pas trop quoi en penser, toujours tiraillée par des sentiments contraires. D’un côté, je suis littéralement effrayée, convaincue que je ne m’en sortirai jamais et que je vais probablement passer un sale moment si je n’arrive pas à m’échapper, et de l’autre… Je l’ai enfin retrouvé. Enfin, en quelques sortes.

Maintenant qu’il saute de joie, le psychopathe que j’ai en face de moi me semble moins menaçant, tout à coup, même très enfantin, la nuance entre amusant et effrayant est décidément très mince ! Au fait, je vous ai dit que je haïssais les criminels ? Je ne change pas d’avis, ceci est ma règle. Mais gardez à l’esprit qu’il existe des exceptions même aux règles les plus tenaces. Moon est l’exception.

-"Ecoute bien, petite Emily, on va jouer à Viens-me-chercher ! C'est moi qui fait le prédateur ! Je compte, et tu files !! Je suis sûr que tu connais déjà les règles, alors commençons sans plus attendre, ma charmante doctoresse. UUUUUN !!! DEUUUUUU, TROAAAAAA…

Allons dans les bois !
Sans rire, il veut encore me chasser ! Il ne se lasse pas facilement, on dirait. Je suis presque tentée de bouder cette traque, mais après tout, ce serait idiot. C’est moi qui ai proposé de jouer, je ne vais pas rester plantée là. Je recule  à petits pas, regrettant à moitié de m’éloigner cet homme que j’ai tant cherché pendant si longtemps. Je suis presque rassurée d’être certaine qu’il me retrouvera… Mais qu’est-ce que je raconte ?! Emily, ma grande, il faut courir maintenant ! Je me donne une légère claque, histoire de me remettre les idées en place, avant de détaler. Dans la rue, le long d’un appartement en ruine,  j’avise un escalier en fer que j’emprunte, sans me soucier des bruits de mes pas clinquants sur le métal. Je monte trois étages avant d’arriver  devant une fenêtre non condamnée. Je jette un coup d’œil en bas : Moony compte toujours, je vois ses jolies mèches vertes qui s’agitent, je le sens trépigner d’impatience.

J’enjambe le rebord de la fenêtre et fais un rapide état des lieux dans lequel je me trouve. C’est un appartement délabré, recouvert de poussière et parsemé de meuble encombrant en état déplorable. Je m’avance dans la pièce à la recherche de ce dont j’ai désespérément besoin. J’ouvre toutes les portes et les placards, fouille tous les recoins et met l’endroit encore plus à sac. Lorsque que j’arrive dans ce qui devait être autrefois la cuisine, je tombe sur un tiroir rempli de couteaux. Ce n’est absolument pas cela que je cherchais ! Excédée, je m’approche de la fenêtre, les mains pleines de ses ustensiles tranchants, et je regarde en bas : Moon n’est plus là ! Je n’ai plus beaucoup de temps ! Je jette tous les couteaux par la fenêtre, qui tombent dans un délicieux cliquetis sur les marches et le trottoir. Puis je me rue dans la dernière pièce que je n’avais pas encore visitée : la salle de bain ! Enfin, je trouve mon bonheur ! Je me saisis d’un seau à moitié rempli d’eau et d’un savon en état encore à peu près correct posé sur l’évier. Retournant dans la pièce principale je jette l’eau sur le parquet, juste sous la fenêtre, puis je m’agenouille et commence à frotter le savon sur le sol.

J’entends des bruits de pas s’approcher. Je suis fébrile, mes dents claquent et je sens mes os s’entrechoquer entre deux tremblements. Mais ce n’est pas de la peur, non. C’est autre chose de plus… Grisant. Toujours assise, je me plaque contre le mur, juste à gauche de la fenêtre. Le sol est devenu une véritable patinoire, à présent.
Et maintenant, j’attends. Je fais des efforts pour maîtriser ma respiration, et ne pas trop trahir ma présence – même si je sais que c’est surement perdu d’avance -, mais là n’est pas l’intérêt du jeu ! Le jeu c’était « Viens-me-chercher ». Et ben c’est ça, viens me chercher ! Allez, viens ! Et je t’assure que tu ne seras pas déçu.

Alors que je vois Moon commencer à enjamber la fenêtre, je me crispe et recule un peu afin de prendre plus d’élan. Puis le voilà qui dérape sur le sol, perdant l’équilibre. C’est cet instant-là, alors qu’il a les yeux rivés sur le parquet, que je choisi pour bondir sur lui ! J’attrape son couteau avant de tomber avec lui sur l’eau savonneuse. Il a l’air surpris. Je profite de son instant de confusion pour planter son arme dans le col de sa chemise, le clouant faiblement au plancher. Si je voulais vraiment être efficace, c’est dans sa gorge que j’aurai dû le planter, mais c’est à un tel point hors de question.

Je me relève rapidement, alors que je m’étais surprise à me perdre dans la contemplation de son visage pendant quelques secondes. Faisant quelques pas autour de mon adversaire – à une distance raisonnable – je lui lance :

- Alors ? Toujours aussi amusant comme jeu, hein, Moony ? Est-ce que si le chasseur devient le chassé, cela veut dire que j’ai gagné ?

Un calme sourire sur les lèvres, je m’avance en direction de la fenêtre, gardant toujours un œil sur l’homme à terre.
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MessageSujet: Re: Il était une fois, dans les rues de Londres. (Pv FMW)   Sam 7 Mar - 20:45

Soyons sérieux, mes lapins. Je suis un joueur de très haut niveau, si si ! Nombre de mes jeux se sont soldés par ma victoire écrasante - dans tous les sens du terme, dédicace spéciale au type que j'ai écrabouillé avec un superbe marteau, pas plus tard que la semaine dernière, lorsqu'il a voulu me défier à "plates coutures" ! ♥ -. Mais Emily ne doit pas être mauvaise non plus ! Et si c'était une joueuse professionnelle, elle aussi ? De la ligue des docteurs fous ! C'est logique, tout concorde ! C'est pour cela qu'elle se promenait, telle une brebis innocente, dans les rues grouillantes de rats. Elle doit être fortiche, c'est chouette. Je n'avais pas eu d'adversaire digne de mes cabrioles depuis des lustres ! Mon copain l'Ombre me maaaanque ! C'est un peu comme une deuxième paire de sourcils... Sans lui, je me sens vide... VIDE.... !! Tellement vide que ma conscience fait des ricochets contre LA PAROI LYMPHATIQUE DE MON CORTEX VENTRAL !!!! ECHOOOOOOOOO ECHOOOOOO !! Cela en est si déprimant que je perds mon excitation précédemment acquise. L'Ombre était un copain très fort aux jeux, qui imitait merveilleusement bien la perruche et l'hippopotame, qui était imbattable au un, deux, trois, soleil (♥) et qui surtout se révélait impossible à éventrer. Il pouvait retourner comme un gant n'importe lequel des gringalets fétides qui foulent cette bonne vieille terre - sans même utiliser un verre d'eau pour se désaltérer -. Lui et moi, nous étions inséparables. Et puis, un jour, il a été appelé par son patron pour effectuer une mission très très spéciale, et je ne l'ai plus jamais revu. Je pense souvent à lui, et je l'imagine me grogner dessus avec sa frimousse d'alligator, comme si c'était hier. Ah, ben si, en fait. C'était bien hier qu'il est parti, héhé !

Quoi ? Ah oui !!! Je dois compter, j'avais complètement oublié. Je ne me souviens même plus d'où je m'étais rendu, sur l'échelle des chiffres coquins. J'en choisi un au hasard, haussant les épaules et fermant toujours obstinément les yeux - tricher est interdit, j'espère qu'Emily n'ignore pas ce tabou, sinon, mon couteau ira orner son front d'un joyeux sourire - :

-"SIXSIIIII L'IMPERATRICE, DIIIIXCTIONNAIIIIRE, CHEVAAAL DE TROAAA..."

J'hurle à pleins poumons pour couvrir les bruits que pourrait faire mon adversaire. Je ne tiens pas à fausser le jeu : il y a des règles, et il faut s'y tenir. Je sens peu à peu l'enthousiasme revenir au petit trot, et une larme coule sur ma joue. L'émotion, mes chers clampins. D'accord, je n'en ai théoriquement pas, mais je fais avec ce que je peux ! Vous pourriez boire du jus de concombre sans bouche, vous ? Bien sûr que non. Alors ayez un peu de compassion, j'ai au moins la décence de massacrer mon auditoire une fois de temps en temps. Histoire de montrer que je suis dépourvu d'émotions, vous comprenez. Alors chutez-vous, le jeu va commencer. Lentement, j'ouvre les yeux, découvrant une rue déserte, éclairée par mes fidèles amies des cieux, là-haut, si haut que je ne peux pas y planter mes griffes. Un soupir plus tard, je retiens ma respiration.

Pas un bruit ne doit s'échapper de mon corps encombrant. Comment font mes deux frangins pour supporter un amas de chair aussi rouillé ? Heureusement que j'arrive à me débrouiller avec et à déployer des techniques aussi secrètes que sanguinaires ♥
Mon nez et ma bouche ne travaillent plus, ni même mon coeur - pauvre petite chose, elle est si inutile, c'est exaspérant -. Oh, n'allez pas me croire que je puisse survivre sans lui, il continue tout de même à badaboumer, mais beaucoup plus doucement, comme si il pénétrait dans un monde de polochons et de duvets. Chaque parcelle de ma peau se calfeutre. Je suis prêt pour le grand jeu ! La subtilité d'être subtile, c'est que c'est... incroyablement subtil. Dans un silence de mort, j'examine le sol mouillé par l'humidité nocturne, retraçant ma proie-prédateur. Elle s'est avancée en direction d'un immeuble délabré et tristounet, affublé de son pote l'escalier en fer. Original, susurre l'ironie qui m'empoisonne le cervelet. Emily du Y n'est pas aussi futée que je l'imaginais, finalement ! Elle opte pour la solution de la tortue : rentrer les jambes et les bras dans sa carapace, sans fermer la porte d'entrée. Stupide animal ! Le lapin est décidément la meilleure bestiole qui puisse mériter ma ferveur de fan en délire.

J'explore rapidement le premier étage, avant de retourner sur mes pas et de regarder suspicieusement l'escalier en fer. Mon instinct me tire par la peau des joues, et une odeur délicate flotte dans l'air. Elle est par là, c'est certain. Maintenant que je connaît son emplacement, je peux la terrifier et gagner ce jeu ! Ce n'est pas aussi excitant que je l'espérais, mais le plaisir du joueur est là. Du sang se mets à couler de mon nez et des tâches noires papillonnent devant mes yeux, comme autant de faucheuses. C'est prévisible, ce corps est de la pure camelote ! Je reprends une goulée d'air et laisse mon coeur pomper à nouveau comme il veut, puis je grimpe l'escalier en bondissant, frustré. L'effet de surprise sera pour une autre fois, mes enfants, on ne peut pas tout avoir, comme je le disais si bien (je suis un grand homme, moâ ♥) !

Je m'engouffre sans tarder par la fenêtre que j'estime être la coupable - et oui, elle est complice d'un meurtre, celui très proche d'Emimirage ! -. Mais, soudain, alors que je m'apprête à rugir, mes pieds glissent sur le parquet. Je n'ai guère le temps de réagir. Quelques secondes plus tard, je suis au sol et ma proie me saute dessus avec avidité, m'arrachant mon amie d'acier et la brandissant dans ma direction. Elle finit par me clouer au parquet comme un vulgaire insecte. Nous nous jaugeons du regard, d'adversaire à adversaire, et je ne cache pas ma surprise, totalement interdit. J'en perds mes mots.

...

...

...

Elle connaît les règles !!!! MAIS C'EST FORMIDABLEMENT FORMIDABLE !!! J'étais convaincu qu'elle n'était pas si débutante que cela, et j'avais eu raison. C'est qui le plus fort ? Moony ! Parce qu'il avait raison !! Heiiiin ! C'est qui le plus rusé ? Moony !! C'est aussi beau qu'un oeuf écrasé ! C'était une action magnifique. Un jet de sang fier et furieux, giclant de manière incontrôlée. J'éclate de rire en me roulant par terre, retirant mon couteau. Je suis littéralement secoué de ricanements, telle une hyène défectueuse. Par les cornes du diable ! Emily savait donc que le but de "Viens me chercher" était simple : il suffisait d'abattre son poursuivant. Et c'était ingénieux, la manière dont elle s'y était prise, la vilaine ! J'ai eu tort de la prendre pour une faiblarde. Elle sait griffer et mordre, la petite lionne ♥

- Alors ? Toujours aussi amusant comme jeu, hein, Moony ? Est-ce que si le chasseur devient le chassé, cela veut dire que j’ai gagné ?

Elle s'est éloignée. Dommage, je voulais la câliner à lui en briser les os. Elle méritait bien cela, pour m'avoir superbement vaincu dans cette partie éphémère. Je suis bon perdant, hé hé ! Patinant sur le sol glissant, je me relève tant bien que mal, en essayant de retenir mon fou rire. Cette fille n'était pas une proie ordinaire. Où donc le misérable Walk, toujours à s'apitoyer, avait-il pu la pêcher ? Elle était éblouissante de carnage. La casser tout de suite ne serait pas profitable, il est si rare de trouver une marionnette avec un tel défaut de fabrication.

-"Je m'amuse comme un petit fou ! Tu as gagnée, ne fait pas l'innocente, tu n'es pas une novice dans le domaine, petite brebis. On joue à un autre jeu ? C'est toi qui décide, cette fois !! Allez, quoi !!! " fis-je de ma voix la plus attendrissante, m'approchant d'elle, déséquilibré.

Je m'arrête soudain, frappé par une immense évidence : je ne sais absolument rien de ma nouvelle copine !! Elle prétendait être docteur, et puis voilà que c'est une joueuse de haut niveau... Ma vie est-elle un mensonge ? Je dois en avoir le coeur net ! Arrêtez de me cacher la vérité, je ne me laisserais pas berné par vos belles paroles. Allez, qui est celui qui a voulu me faire une plaisanterie ? Mon existence serait-elle une blague, en fin de compte ? Elle est très drôle, mais bon, il faut admettre que c'est un sens de l'humour assez tordu. Je penche la tête de côté, perplexe.

-"Mais ajoutons une condition, pour pimenter notre plat appétissant. Le gagnant de ce prochain jeu aura le droit de poser autant de questions qu'il le veut au perdant, et celui-ci devra répondre ! Sans mentir ! Parce qu'entre amis intimes, on n'a aucun secret, n'est-ce pas ? ♥ "
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MessageSujet: Re: Il était une fois, dans les rues de Londres. (Pv FMW)   Dim 15 Mar - 18:03

Ce soir, la Lune chante. Je ne sais pas pourquoi, mais je peux clairement entendre le doux tintement de sa voix de cristal. Elle est heureuse. Heureuse de quoi, me diriez-vous ? De sa prestance, de sa hauteur ? Grâce à cela, les étoiles et elle sont les seules choses que l’on peut être sûr de pouvoir tous observer, qu’importe le pays ou le continent, elles ne connaissent pas nos frontières. Insolentes de beauté, intouchables, elles ne peuvent être qu’enviées. C’est donc cela, le bonheur ? Mhmmm… Après tout, ce dernier et si subjectif.

Je me détourne de la fenêtre accompagnée par le rire de Moon, que j’observe se relever, hilare, frénétiquement secoué par ses gloussements. Il n’a pas l’air de prendre mal ma dernière fourberie, j’en suis rassurée ! Il se rapproche de moi, dérapant légèrement, le couteau dans la main. A cet instant, je crains qu’il se blesse lui-même plutôt qu’il m’agresse avec. Il a un étrange air d’oisillon ayant quitté le nid bien trop tôt par soif de sang, et qui ne s’est toujours pas habitué au monde qui l’entoure. Avec un enthousiasme authentique, il s’exclame :

- Je m'amuse comme un petit fou ! Tu as gagnée, ne fait pas l'innocente, tu n'es pas une novice dans le domaine, petite brebis. On joue à un autre jeu ? C'est toi qui décide, cette fois !! Allez, quoi !!! Il s’interrompt un instant avant de continuer, Mais ajoutons une condition, pour pimenter notre plat appétissant. Le gagnant de ce prochain jeu aura le droit de poser autant de questions qu'il le veut au perdant, et celui-ci devra répondre ! Sans mentir ! Parce qu'entre amis intimes, on n'a aucun secret, n'est-ce pas ? ♥

Des questions ? J’apprécie énormément les questions, et surtout qu’une multitude de ces adorables petites choses me brûlent les lèvres à propos de mon nouveau compagnon en ce moment même. Par simple exemple, à quoi as-tu occupé ton temps ces dernières années, hum ? Et cette fois-ci, j’ai le choix du divertissement. Alors, Moony, à quoi va-t-on jouer cette fois ? Je tente de faire fonctionner mon cerveau à vive allure, commençant à faire les cent pas :

- D’accord, j’accepte ! Je sais, nous n’avons qu’à faire une partie de « un, deux, trois… Lune ! ». C’est comme le « un, deux, trois, soleil ! » sauf que... Euh… Je rame comme je le peux pour essayer de justifier mon titre, … Il y a plein d’obstacles, et celui qui avance doit le faire sur un pied avec un œil fermé !

Voilà, c’est parfait ! J’achève de vendre mon idée avec un sourire enfantin. Mon adversaire ne semble guère réticent, et même plutôt ravi, ce qui est de bon augure ! Je trottine alors vers le mur le plus proche – loin de l’endroit recouvert par l’eau savonneuse, je me refuse d’user de deux fois du même stratagème pour gagner, voyons ! En plus mon cher ami n’est plus dupe.

- Allez, Moony, au poulailler ! Demandais-je d’un ton ferme et souriant tout en lui désignant le mur opposé.

La distance qui me sépare de lui n’excède pas une quinzaine de mètres, mais le parcours est jonché de débris et de meubles renversés, comme autant de pièges contre l’immobilité. Après avoir vérifié qu’il se soit correctement positionné, je me retourne calmement contre le mur, et commence à compter, appuyant chacun de mes mots d’une tape sur le béton :

- Un, deux, trois… Lune !

Je me retourne soudainement : Moon est à présent avancé de quelques mètres, d’une immobilité parfaite – et sur un pied avec un œil fermé, s’il vous plait ! Je pourrais presque applaudir, mais je ne veux pas courir le risque de troubler sa concentration. Après m’être assurée de son immobilité totale, et même bluffante pour la plupart du genre humain, je retourne à nouveau contre le mur pour y déclamer mes quatre mots.

Lorsque je fais volte-face pour la seconde fois, il est facilement à mi-parcours. Cela me fait frissonner : il avance décidément réellement vite. Trop vite, peut-être, s’en est stressant. Je reste un instant fixée sur le champ de chaises et de tables à moitié détruites qu’il vient de traverser en moins de cinq secondes (sur un pied et un œil fermé, rappelons-le !). Cet homme est décidemment une prouesse d’agilité, de souplesse et de rapidité, un acrobate hors-pair. En même temps, si son corps doit assumer trois vies aussi trépidantes et risquées, cela ne m’étonne pas. Mais je me demande tout de même où et comment il a pu apprendre tout cela ! Encore une question à ajouter à ma longue liste. Je me remets donc à compter, cette fois ci un peu plus rapidement.

Quand je me retourne cette troisième fois, il n’y plus qu’à trois ou quatre mètres. Je sursaute légèrement ! En effet, vu sa proximité à présent évidente, je peux constater que son immobilité est quasi-totale. Est-ce possible d’être aussi figé ? Je décide de m’avancer un peu et de l’observer de plus près, espérant peut être trouver la faille qui me permettra de le renvoyer au point de départ. Je commence donc à l’inspecter sérieusement, me rapprochant de plus en plus près. Je ne ressens pas de peur, car j’ai l’intime conviction que Moon ne m’attaquera pas : ce sera contre-productif à l’égard du jeu. Comment pourrais-t-il gagner si son adversaire n’est plus ? Je plante mon regard sur son visage impassible, fixe, légèrement souriant. Une vraie statue de cire, respire-t-il encore ? Je pourrais presque passer la main dans ses cheveux, mais cela pourrait être considéré comme de la triche, alors je m’abstiens. Je décris un tour complet autour de lui, le temps de quelques secondes qui paraissent durer une éternité. Cette brusque sensation de déjà vu lors du premier instant de notre rencontre me saisit à nouveau, et un flot de souvenirs refoulés reviennent me heurter. Mais je me reprends et retourne auprès du mur pour compter. Tourner le dos à Moony alors qu’il est si proche demande un effort et un courage surhumain. J’ai bien peur que, même en comptant à une allure démesurée, cela ne suffise pas à le faire s’arrêter une ultime fois ! Je respire fort, tout en m’efforçant de ne pas penser au fait qu’il possède un couteau sur lui. Après tout, s’il a des questions à me poser, il doit savoir qu’il vaut mieux que je sois en un seul morceau pour y répondre !

- Un-deux-trois-Lune !!!!...
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MessageSujet: Re: Il était une fois, dans les rues de Londres. (Pv FMW)   Lun 31 Aoû - 22:06

Croyez-le ou non, les secrets n'apportent jamais rien de bon - oh, une rime ! ♥ -. Ces petites choses sont capricieuses, elles ne restent jamais des secrets bien longtemps. C'est un peu comme si, du jour au lendemain, je décidais de devenir une danseuse étoile, vous voyez ? Ce serait tout à fait logique, héhé. En un sens, les secrets ont raison d'abandonner leur vocation, mais dans la foulée, ils provoquent joyeusement la fin du monde. Ils scient le cœur plus sûrement quel outil, parole d'expert sur la question. Donc en général je m'arrange toujours pour connaître tous les vilains secrets de mes amis intimes, quelques minutes avant de briser en mille morceaux leurs assiettes - et tout ce qui est cher à leurs yeux -. Une fois vidé de leurs entrailles et de leurs petites cachotteries, ils se sentent plus légers ! De véritables ziozios !! Vous les verrez peut-être pendre à quelques fenêtres huppées, avec un peu de chance ! Ou claquer au vent tels des étendards, lors d'un festival !! Je suis en effet le fournisseur officiel des adorateurs de Safran !... Euh... Saumon ? Sat... Sat... Satellite ! C'est ça !!! Qu'ils sont adorables à trimballer tous ces couteaux pointus !! Et leurs sacrifices ! Du grand art. On a pas fait mieux depuis l'invention de l'ouvre-boîte ♥ Si seulement je savais qui est ce fameux Satellite...!

Sinon, pour en revenir à mes secrets frétillants, sachez que je n'en ai pas. Contrairement aux nombreux insectes qui tournent en rond sur cette terre, je ne me cache pas - sauf si il s'agit d'un jeu, mais oh, je vous arrête tout de suite, je suis un professionnel, mwa, et puis ce sont les règles qui le disent, allez vous plaindre à celui qui a inventé le jeu ! (et si c'est moi, et bien... achetez un cookie) -. Je m'approche d'autrui comme je suis : l'incarnation de sombres maux, la concentration inégalée de la noirceur, le prince des ténèbres et des blagues vaseuses, l'agneau ensanglanté !! Les dissimulations n'ont pas lieu d'être avec moi. Si je vous manipule, vous le saurez. Si j'apprécie de tourmenter votre petit cervelet, vous le saurez. Si je vous éventre, vous le saurez - et pas qu'un peu ! -. Tenez, je suis persuadé que mon amie la fausse doctoresse regorge de secrets tous plus terribles les uns que les autres.

Et pourquoi ? PARCE QUE !!! Non, je plaisante, je plaisante. A moitié. Mais comprenez-moi ! Elle n'est pas ce qu'elle prétends être depuis le début. Je dois savoir. Je VEUX savoir. Et lorsque j'aurais secoué ma n'Emilie comme un sac de radis pour lui arracher ce que je suis en droit de collecter, je pourrais commencer à tourner la manivelle. Intéressante. Elle m'intéresse et je ne le cache pas, vous voyez ? Elle n'a pas ce petit quelque-chose qui fait que tuer est devenu plus ou moins... générique. Avec Emily du Y, les règles changent, le jeu devient plus tordu que jamais, parce que je sais que sous cette épaisse couche d'innocence, de moutonnerie et d'attachement digne de mon frangin le Walk emplumé, il y a un loup féroce qui rôde dans les sous-bois. Il grogne de temps à autres, mais il n'est toujours pas sorti ! Je dois ouvrir sa cage, n'est ce pas ? Découvrir un petit peu plus ses crocs ! Que l'horloge tourne follement !!! Que l'ennui s'envole au loin !!! Déchirons ensemble ce voile de secrets, ma mignonne.

- Je sais, nous n’avons qu’à faire une partie de « un, deux, trois… Lune ! ». C’est comme le « un, deux, trois, soleil ! » sauf que... Euh… Il y a plein d’obstacles, et celui qui avance doit le faire sur un pied avec un œil fermé !

Je me sens de plus en plus calme, en dépit de l'excitation causée par la perspective d'un nouveau jeu. Rares sont les jeux dont j'ignore l'existence, ils se comptent sur les doigts d'un moignon ! Moony connaît tout sur tout. Même quand j'en sais rien, j'en sais quelque-chose ! Donc... Mais oui, Un, deux, trois... LUNE !!! Je m'y connais. J'y jouais quand j'étais un petit têtard, si si. Même que mon compagnon de jeu est MORT !!! Donc vous pouvez pas vérifier si je dis vrai, nah ! Donc forcément, la vérité, c'est moi qui l'ai. Bien serrée dans mon poing de fer ♥

Aussitôt, en bon joueur du cercle très fermé des cinglés olympiques, je me positionne dans l'abri à volailles et je jette un regard plein de tendresse envers mon adversaire. C'est impossible que je perde, elle le sait très bien ! Moony ne perd jamais deux fois de suite, c'est impensable, imPEsable, indétectable, intersidéral. J'approuve, j'approuve. Merci beaucoup ! C'est très gentil ! Mais je vous en prie, je ne fais que mon travail. Quoi qu'il en soit, si je me fais encore humilier, je sens que je vais piquer une crise. Mais une grosse crise ! De larmes. De sang. Cela va couler partout, je vous préviens.

Un sourire aux lèvres, m'efforçant de donner des crampes à ma mâchoire de crocodile, je m'étire un peu et je vérifie que chaque nerf, chaque muscle m'obéit au doigt et au couteau. Cela ne devrait qu'être une formalité. Avancer sur un pied ? Aucun problème. J'ai déjà poursuivi des unijambistes pour les dépouiller de leur jambe restante. Ce ne doit pas être bien plus difficile, petit moineau. L'œil fermé ? Une demi-vision sur un demi-monde. Je n'aurais qu'à demi me diriger et tout devrait aller comme sous des rouleaux compresseurs ! Quant aux obstacles, ce ne serait pas drôle si ils ne traînaient pas dans mes pattes, les coquins. Je me ferais une joie d'imiter les rats, ils n'ont pas leur pareille pour esquiver les icebergs ! Voilà, le Titanic aurait dû être un rat géant au lieu d'un Pâques-Beau ! Ces humains, il faut tout leur dire, c'est franchement déprimant.

Soudain, un son se fait entendre. Le début d'une phrase. Je ne perds pas de temps à monologuer et je file aussitôt, à une vitesse réduite. D'abord, tester ma position. Je me fige dès que, dans un coup de vent inouïe, l'agneau se retourne. Elle vient m'examiner, mais je tiens. Chut, corps mollasson. Fait ce que te dit tonton Moon, pour une fois, et tu auras le droit au meurtre le plus délicieux de l'histoire ! Cesse de faire le paresseux. Ce n'est pas si compliqué de se changer en pierre, non ? Les statues y arrivent, elles ! Donc pourquoi un tueur enthousiaste ne pourrait pas lui aussi acquérir cette merveilleuse qualité qu'ont également les cadavres ? Ne plus bouger ! Le rêve de tous les taxidermistes ! WAH ! Je ne sais même pas comment j'ai fais pour prononcer ce mot ! - taxidermiste ? -

Plus le jeu continue, plus j'aiguise mon aérodynamisme. Zouuuuu, je file tel l'avion en papier !! Une chaise ? Une cabriole ! Un meuble et je ne suis plus là ! Mais où suis-je ? Moon est parti par ici !! Il slalome entre deux bureaux, tourbillonne en esquivant les stylos éparpillés au sol. Tu ne m'auras pas, le presse-papier ! Oh, la phrase se termine, elle bondit, Emily plante ses yeux sur toi, Moon ! PLUS BOUGER. Pas un mot. CHUT J'AI DIT ! Tais-toi. Elle peut sentir ta peur... Héhé, si tu en avais une, bien sûr. Elle s'en va ! Tu es sûr ? Mais puisque je te le dis ! Calmement, retrouver la mobilité. Réveiller le sang pour qu'il circule à nouveau. Se mouvoir comme un serpent, sentir l'air, sauter et sauter encore ! Ne pas ralentir une seule seconde. Elle accélère. Elle sait qu'elle va perdre. Emily ne se laissera pas vaincre aussi facilement ! Son loup n'est plus très loin ! Il galope autant que je cours. STOP. Ne lui donne pas l'occasion de te renvoyer là-bas, dans ce repère à poulets. Non, Moon, il ne faut pas que tu y retournes !!! Ne la laisse pas nous rejeter au loin comme une pomme dans laquelle on viendrait de découvrir une armée de mignons asticots !!! Ton sourire est gelé ? Bien. Refuse à ton corps la liberté qui lui est chère. Pas un geste. Haut les mains. Tu es en état d'arrestation, Liberté ! Un dernier mot ?

A mooooort !! Et elle est repartie contre le mur ! Il faut en finir !!! Il ne reste plus grand chose à faire, à part filer droit, filer vite, filer sans demander son chemin. Mon adversaire ne s'attends pas à ce que je la surprenne. Je dois l'avoir. Il faut lui trancher la gorge, elle ne pourra plus faire volte-face vers moi ! La nuque serait plus appropriée, mais je trouverais cela théâtral de viser la gorge : elle se retourne et TCHAK, coucou ! Que de bonheur. Ce serait jouissif, non ? Le sourire qui s'ouvre dans la chair, le couteau murmurant une comptine... Mais alors, Emily rejoindrait toutes ces loques misérables dans l'au-delà ? Elle ne doit pas avoir une fin aussi... ennuyeuse et aisée. Je me ressaisit. Pas question de la perdre de cette manière. Où est passé ton sens du jeu, Moony ? La manipulation, l'extorsion de secrets, lui briser les sentiments puis ensuite la carotide ? Je ne te reconnais plus. Il ne faut pas que le jeu te fasse oublier que tu es une hyène cruelle et sombre déterminée à faire de cette intéressante proie-prédateur ton nouveau jouet en bois !!! Le monde déplorerait le départ de ta célèbre méchanceté. Fais un croche-patte à un furet, cela ira mieux.

Je m'arrête instinctivement, ne tombant pas dans le piège des derniers mètres. C'était tentant d'en finir maintenant, mais je devais patienter le tour suivant. Je me fige dans le temps qui coule. Je me mets entre parenthèses. Je souffle délicatement la bougie. Plus un bruit. Plus un geste. Pas d'air. Je ne suis qu'un cailloux au fonds de la rivière. Imperturbablement immobile. Et sacrément lourdaud. Mon Emily me tourne autour - la vilaine ♥ - mais je suis trop fort pour elle. Elle sera bien forcée de reconnaître ma supériorité ! La voilà qui retourne me présenter son joli dos. A peine dit-elle sa phrase que je détale. Ma fusée atteint la lune !! Un petit pas pour l'humanité mais un GRAND pas de grand méchant loup pour Moon !!!

Je saisis ma cible et la câline, la ceinturant de mes bras de bourreaux, ma bouche très proche de son oreille.

- Je t'ai eu. Moony est le vainqueur cette fois, mon lapin, je souffle tout doucement. Tu te rappelles nos superbes conditions, j'en suis certain !

Encore sous l'effet du calme et de la tranquillité qu'il m'a fallut rassembler à grands coups de cravaches, je détache chacun de mes mots en savourant le sucre que l'on y devine. Je contemple ce derrière de tête que je pourrais ouvrir en deux. Ce cou si fragile. J'admet que, d'accoutumé, un tel contact avec ma victime ne se fait qu'à travers la mort, la souffrance et les bruits de cartilages. Je refoule à peine mon envie d'altérer ces courbes, ce corps façonné par la nature. En quoi mériterait-il plus que les autres de ne pas périr sous mes coups ? D'accord, elle est intéressante, et au fond j'aime bien jouer avec elle, mais... Elle est si proche. Il serait facile de la détruire. Cela ne changerait rien à mon monde, à mon sourire ravageur qui ferait verdir de jalousie n'importe quel tube de dentifrice et à mon avis sur l'utilisation du violet dans la peinture post-moderne. Juste une vie... J'entendrais son cri. Je ne connais pas encore le cri que fait une Emily lorsqu'elle a mal !! Je suis si curieux. Ce ne sera qu'une expérience comme une autre.

Mais... Quoi ? Mes doigts ne m'obéissent pas. Ils rampent en arrière, comme effrayés. J'écarte les bras et relâche mon Emily, sans cesser de sourire. Mais c'est génial. Je ne veux pas la tuer. Non, non, c'est perturbant. Mais cool. Mais perturbant. Je ne peux pas la tordre comme un chiffon mouillé, c'est un fait. J'entends des remous, loin derrière ce truc inutile que l'on appelle naïvement une conscience. Ah oui ? Je n'ai pas fini de jouer. Je compte profiter encore un peu de ma nouvelle marionnette. J'espère que tu m'en voudras, Walk ♥

- Première question ! Est-ce que ton palpitant badaboume lorsque je fais... CECI ?

Je bondis vers elle. SURPRISE !!! Mon couteau voltige mais rate de très loin le visage plein de chair de mon agneau. Je fais un tour risible sur moi-même et j'éclate de rire. Ah ah, on dirait qu'on ne peut même pas prendre par surprise ce fichu réflexe. C'est aussi agaçant que déconcertant. L'auteur de cette blague va subir mille tourments, c'est certain. Je déteste que l'on trifouille mon système nerveux. Je lève un sourcil et essaie de garder un air assuré, comme si cet échec était prévu. Oui oui, il était prévu. Vous n'avez rien vu !!!

- Ensuite, je veux que tu me raconte tout sur toi. Absolument tout. Ne rien omettre est la règle ! Sinon, tu triche. Et tu es mauvaise perdante ! Ce serait très, mais alors très vilain. Je veux connaître tous tes secrets. Essaie de me considérer comme ta meilleure copine, héhé ♥

Je papillonne des cils pour l'amadouer. Vide ton sac et donne-moi tout tes secrets ! Allez, soit une gentille fille !
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MessageSujet: Re: Il était une fois, dans les rues de Londres. (Pv FMW)   Ven 4 Sep - 23:05

J’ai été bête. Bête et imprudente, une nouvelle fois. Quelle idée de proposer ce genre de jeu à Moon ! J’aurai dû me douter qu’aucune victoire n’était possible pour moi. Il est complètement dans son élément. S’il cherchait le moment propice pour commencer le massacre, c’était maintenant !
Alors que je m’attends à un coup brutal, l’inimaginable arrive, me submergeant tel une vague gigantesque. Les bras du criminel surgissent et m’enlacent aussi soudainement que férocement, me coupant brièvement la respiration. Ce retournement de situation me laisse sans voix. Je me crispe instantanément, le temps de saisir ce qu’il se passe.

- Je t'ai eu. Moony est le vainqueur cette fois, mon lapin. Tu te rappelles nos superbes conditions, j'en suis certain !

Honnêtement, ce n’est pas de cela que je me rappelle. C’est cette voix, ce murmure. Je t’ai cherché partout. Pourquoi faut-il que ce soit toi ? Que t’ai-je donc fait pour mériter cela ?...
Cette étreinte est plus cruelle et douloureuse que n’importe quel coup de poignard. Mon cœur est devenu un piano dont quelqu’un martèle les graves avec une violence inouïe. Leur cacophonie raisonne dans tout mon esprit, de plus en plus fort, enflammant mes tympans. Ça brûle ! Toxique ! Moon est toxique ! Son odeur familière s’insinue dans mon cerveau, mêlant les rêves et les cauchemars avec mes souvenirs. Je sens sa présence abreuver les racines d’un rosier desséché, mort dans l’attente de soins qui n’ont jamais été prodigués. Mais voilà que le buisson renait devant mon regard, je le vois émerger du mur en face de moi. Ses fleurs se développent à une vitesse hallucinante, d’un blanc pur et insolent. Et au milieu de la plus belle et la plus pure des roses, émerge un œil, rouge. Effrayée par cette vision je ferme les yeux. Le temps parait s’être arrêté. Je voudrais hurler. Pas de peur, ni de colère, seulement par intense nécessité. Mais je reste muette, la bouche entre-ouverte, claquant des dents et le regard perdu. Le rosier a disparu, et la seule trace de cette intense et violente divagation est une modeste larme, roulant sur ma joue gauche.

Mes oreilles sifflent toujours, et mon champs de vision rétrécie quelque peu. Légèrement, l’étreinte de Moon se relâche. Je suis assez déstabilisée, moi qui pensais mes dernières secondes de vie de cette nuit arrivées. Libre de mes mouvements, je titube sans aller bien loin. Ma tête me fait mal. Je suis trop bouleversée pour être craintive, je me sens presque irritée, pour être exacte. J’essaye de reprendre mes esprits, de me calmer un peu. Alors que le bourdonnement dans mes oreilles s’évanouit progressivement, je distingue la voix de Moony qui s’élève dans les airs.

- …tant badaboume lorsque je fais... CECI ?

Je ne peux retenir un cri de frayeur : cet homme fonce vers moi, couteau en main. Mon premier réflexe après mon glapissement est de me protéger faiblement en levant les bras, me recroquevillant sur moi-même. Mais je ne sens rien, la lame de Moon ne m’a même pas effleurée. L’imbécile, il voulait juste me faire peur ! Je me demande combien de temps ce petit va encore l’amuser, espérons qu’il soit inlassable ! Pour l’instant, ce n’est qu’un jeu. Oui, un jeu.
Le frisson de peur qui m’avait envahie s’évapore et me laisse amère. Je commence à en avoir assez qu’il se moque de moi ainsi. C’est vrai qu’il vient de remporter le jeu que nous avons partagé, mais pas question qu’il en profite pour me rabaisser, je ne me laisserai pas faire ! Après tout, nous en sommes à un partout ! Je me relève, essuyant vivement la larme sur le coin de ma joue. Je ne suis pas une mauvaise joueuse, je vais honorer ma parole. Mais s’il va trop loin, je saurai le lui faire comprendre.

- Ensuite, je veux que tu me raconte tout sur toi. Absolument tout. Ne rien omettre est la règle ! Sinon, tu triche. Et tu es mauvaise perdante ! Ce serait très, mais alors très vilain. Je veux connaître tous tes secrets. Essaie de me considérer comme ta meilleure copine, héhé ♥

Désolé, mais ton comportement tiens plus du psychiatre avide de se régaler du contenu de mon cerveau que de la meilleure amie. Je ferai donc selon ma première impression ! Avisant un vieux fauteuil aux ressorts apparents, je m’éloigne de Moon et m’allonge dessus sans aucune hésitation. D’habitude, une vraie séance chez le psychiatre se déroule plutôt les yeux dans les yeux, mais mon nouveau docteur m’a beaucoup trop énervé pour que je lui fasse cet honneur. Tiens, c’est amusant d’ailleurs ! On dirait que les rôles se sont échangés. Je suis désormais la patiente tandis qu’il devient mon « médecin » - même si je doute réellement que cette thérapie me mène sur la bonne voie.

Les bras croisés sur mon ventre, je me mets à réfléchir à ce que je vais bien pouvoir raconter. Il a bien dit absolument tout. C’est très vague. Autant aller à l’essentiel, faire une version courte de ma vie anormalement longue, parler de ce que j’aime, et ce que je n’aime pas. Réfléchir aussi à ce qu’il convient de garder au silence, même si cela enfreint les règles du jeu. Je n’évoquerai donc pas la vérité de ma nature de défunte. J’imagine que je suis encore en vie cette nuit uniquement parce qu’il ne veut pas me gaspiller. S’il savait que je me réparais tous les matins, je serai la parfaite candidate pour un supplice pire que celui de Prométhée. Je me demande également si je devais évoquer l’épisode psychotique qui s’était déroulé quelques instants plus tôt. J’imagine qu’au moins, il ne lui viendra pas à l’idée de me prendre pour une folle. Je commence donc mon monologue, fixant le plafond délabré :

- Très bien. Je suis Emily et j’ai grandi dans un pays assez loin d’ici. Je n’ai plus de famille, et que très peu d’amis, je ne suis pas particulièrement sociable. J’aime beaucoup la forêt ou les grandes prairies, mais j’aime aussi la nuit et la Lune. Je ne crains pas les insectes, le vide, ni même la mort. J’ai peur d’entendre des agneaux pleurer et que les étoiles arrêtent de chanter. Quand j’avais 15 ans, j’ai failli mettre le feu à une partie de mon manoir. C’était un accident, bien entendu ! Je ne brûle pas les gens par plaisir, moi. J’aime la pluie, j’aime son odeur lorsqu’elle tombe dans l’herbe, de l’herbe verte comme… comme… Je…

Je m’embrouille. Alors que je laissais couler les mots de ma bouche comme le long d’un ruisseau, un mouvement sur le plafond a attiré mon attention. De minuscules débris semblent se détacher et tomber sur mon visage, comme si quelque chose poussait derrière… Comme si quelque chose voulait émerger du mur. Je reste quelques secondes muette, avant d’apercevoir une tige végétale émerger du béton. Le rosier, il est revenu ! Il faut que je me calme. Cela appartient au monde de mon esprit. Je ferme les yeux pour l’ignorer et reprend :

- Quand j’avais… Je ne sais plus quel âge, je me suis sauvé de chez moi. J’étais insouciante et naïve, je pensais que tout m’étais possible. Et je suis tombée de haut... Ce n’est pas la première fois que je me fais agresser par quelqu’un comme vous.

Je lâche cette phrase d’un ton sec et tranchant. Mes yeux sont toujours clos. Je me demande où est Moon en ce moment, ou à combien de centimètres de ma gorge se trouve son couteau. Soudain, malgré ma cécité passagère, son visage se glisse insidieusement sous mes paupières. Ou plutôt le visage de Walk. Son sourire apaisant, ses paroles réconfortantes, sa douceur… J’ouvre les yeux. Le rosier pend au plafond, tel un lustre végétal. Les fleurs sont toutes tournées vers le sol, pimpantes. Mais la sève de certaines n’est autre que du sang qui coule, coule le long de leur tige et les teins peu à peu. L’une d’elle est presque devenue entièrement rouge, ce n’est qu’une question de temps avant qu’il en soit de même pour les autres. Un nouvel œil émerge d’une rose. Je ne supporte pas son regard et ferme de nouveau les yeux :

- J’ai connu votre frère Walk, vous devez vous en douter. Nous avons échappé à une fusillade, c’était assez drôle ! C’est quelqu’un de très sympathique. D’ailleurs, je suis contente de voir que vous vous portez plutôt bien, cela veut surement dire que lui aussi. Il est… Il…

Je n’arrive plus à m’exprimer. J’ai essayé. J’ai essayé de faire comme si son frère me laissait indifférente, mais je ne peux pas. Je préfère garder le silence plutôt que d’offrir à Moon ma principale faiblesse psychologique sur un plateau d’argent. Il ne me l’extorquera pas. Sur mon canapé, les yeux toujours fermés, je sens les pétales des fleurs de mon esprit tomber sur mon visage.
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