Forum de jeux de rôles inspiré par l'univers de Tim Burton
 
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 Welcome in my mad word !

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Yume

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MessageSujet: Welcome in my mad word !   Sam 1 Mar - 10:11

je m'ennuyais....J'ai regardé les écrits d'Emily et j'ai beaucoup apprécié son idée de "retourner dans son monde après...", mais au début je me disais que refaire quelque chose dans le même contexte serait un peu "plagiat". Je lui en ai parlé et elle m'a ( si je ne m'abuse ) encouragé à faire l'expérience, disant que c'était enrichissant. ( pas les mots exacts, mais j'ai cru comprendre ça...) Donc, je vais commencer quelque chose dans le contexte mais rappelez vous d'une chose: celle ci, c'est mon histoire. Par ailleurs, tout, absolument tout ce qui est écrit je l'ai en moi, je l'ai imaginer, je l'ai vécu. Maintenant, en espérant que vous apprécierez.

 Prologue:
Je tape mon stylo sur la table, fixant l'horloge. Pourquoi les dernières minutes de cours sont elles si longues ? Habituellement, je n'aurai pas à m'ennuyer, trop occupée à faire taire mon voisin qui chante: "mon petit poney" ou "j'aime les licornes" pour me déconcentrer, mais là, étant parti hier pour les douces plages de Miami, je me retrouve seule, au rang du fond. Je m’ennuie tellement ! Plus que deux minutes ! Courage ! Pour passer le temps j'écoute d'une seule oreille notre professeur d'histoire géo, ma foi une femme fort sympathique, mais... Je me demande à quoi vont nous servir toutes ces choses que les adultes s'entêtent à nous bourrer la tête.... Les pauvres, leurs efforts sont vains, après le contrôle nous oublions tout après une semaine environ. Si ils l'avaient compris, pourquoi continuer ? 


Driiiing !


Oh son béni par les dieux ! Je range mes affaires en toute vitesse, et attend mes amies à la porte avant de me diriger vers la sortie. Nous papotons avec entrain, ce sont les vacances ! Celles que tout le monde attend avec impatience ! Si éphémères, pourtant....Pour toutes ces heures assis sur des chaises tels des zombis ils ne nous accordent que deux semaines de répit ? Et ils veulent nous les raccourcir ? Alors, ça jamais de la vie ! Suika me fait un signe de la main. Elle doit rester encore une heure en permanence dans cette prison avant d'être enfin libre comme moi, je la plains... Je marche, en réfléchissant à ces jours qui passent, tous semblables et différent à la fois... J'aime ce train train tranquille et quotidien, je ne m'en lasse pas. De plus, quelques imprévus surgissent parfois, comme par exemple, le jour où j'ai giflé Hugo, qui, en soit l'avait bien mériter. J'aimerai avoir 12 ans toute ma vie, je regrette déjà que mes 13 années soient aussi proche... Enfin, le portail bleu ! Je sors, je renaîs ! Libre comme l'air à présent, je prend à droite, pour rentrer à la maison. Suika aurai pu m'accompagner, dommage. Mais, ce n'est pas si grave, on se parlera sur Burtonmania. Sacrilège ! Damnation ! Je vois Hugo du coin de l'oeil qui court en ma direction ! Je presse le pas. Après tout, ce n'est peut-être pas moi qu'il va voir, c'est surement une erreur


-Yume ! Eh Yume, attend moi !


Oh, non... Pourquoi moi ? Et qu'est ce qu'il me veut, d'abord ? Ne pas se retourner, surtout... Ne pas se retourner... Arg ! Il a réussi à me rattraper ! Ça va être long très long... De plus, il excelle dans le don de me saouler, ça lui suffit pas l'école ? Je serre les poings et j’accélère encore plus mais il a l'air de tenir la cadence, dommage...


-Ouf, j'ai réussi à te rattraper ! J'ai vu que t'habitais à côté de chez moi, on pourrai rentrer ensemble !


Rentrer ensemble ? Non mais ça va pas ! Comme si j'avais envie de rentrer avec lui ! Je ne comprend pas pourquoi il continue à nous coller, Suika et moi, nous sommes franches, et il se fait recaler a longueur de journée, pourquoi résister ?


-Non, merci, c'est sympa de le proposer, mais je peux rentrer toute seule ! j'essaye de lui répondre le plus sèchement possible, il faut bien qu'il comprenne que je ne veux pas.


-Allez, je t'accompagne, ce sera plus marrant ! Je voulais te dire, pour la classe écriture je vois pas pourquoi on dit que j'ai pas le niveau.....


Il m'énerve !! J'aurai pu le gifler, sans être punie cette fois, nous sommes en dehors de l'école, mais non j’accélère juste encore plus. Il arrive à me suivre mais avec pas mal de difficultés. Espérons !


-Mais ne va pas si vite ! Attend moi !


-Je rentre chez moi, toute seule. Ne m'accompagne pas. Au revoir !


-Ah, je voulais juste te dire, il y a Kentin qui m'a dit...


Raaaah ! Il est bouché ou il le fait exprès ! En plus ce que lui a dit Kentin je m'en fiche comme sa première couche ! Si je ne fais rien, il ne va pas me lâcher la grappe ! Je me m'arrête et me retourne vers lui.


-Hugo ! Comme tu m'as l'air d'être sourd, ou, pas assez intelligent pour comprendre, je vais me reformuler: Si je t'ai gifler, il y a bien une bonne raison non ?  Cette raison je vais te la dire. Je croyais que tu aurais compris, mais visiblement, non. C'est pour que tu me foutes la paix. Tu n'as donc pas compris que Suika et moi, on est pas tes amis ? On en a marre de toi ! Arrêtes de nous coller ! A quoi tu ressembles comme ça  ? Ça a trop durer ! Après, si tu ne comprends pas que t'as pas d'amis... Bonne soirée ! 


Après avoir fait disparaître son sourire, je lui tourne les talons et je reprend ma marche. Je culpabilise un peu: je n'en ai pas fait un peu trop ? Suika dirai: pas trop ? Plutôt pas assez ! J'arrive devant chez moi. Hugo a réussit a m'enlever ma bonne humeur, c'est malin ! Je rentre, je suis seule. Aujourd'hui exceptionnellement, je finis à 15 h: je reste seule une heure environ. La maison pour moi toute seule ! Je me dirige vers la salle de bain, je me plante devant le miroir. Est ce vraiment moi ? Je suis très fière de la personne que je suis devenue. Je ne suis plus la fille trop gentille et serviable que tout le monde manipulait, celle que l'on considérait comme "bouée de secours". Cette fille là est morte et j'espère qu'elle est bien enterrée ! 


- Je ne suis pas de cet avis...

Je me retourne par reflexe. Onix ! Il m'a fait peur. Onix, est là derrière moi, toujours habillé en majordome, ses cheveux ébènes parfaitement coiffés, et ses yeux gris foncés toujours aussi profond. Il ressemble beaucoup à Sebastian dans Black Buttler, je trouve. Sauf qu'il n'est pas un démon. Onix est, comme certains l’appellent, une entité. Ma seule et unique. Certains disent qu'il fait le bien, d'autres qu'il fait le mal. Mon avis ? Il est ma lumière dans mes ténèbres, ma raison, mais pas ma conscience. Il ne raisonne pas comme moi, il est droit sérieux mais très gentil dans le fond.

-Merci de penser cela de moi, j'en suis très honoré.

Il prend une brosse et soigneusement il me coiffe, comme à son habitude. Il continue de me parler:

-Je pense plutôt qu'elle n'est pas morte, mais contrôlée pour être gentil juste comme il faut. Je pense que le problème, mademoiselle c'est que vous l'étouffer trop parfois. Parfois, vous n'êtes pas assez gentille. Et puis vous verrez bien. Les habitants du cœur vous attendent.

Je me retourne vers lui. Je peux comprendre l'histoire de la gentillesse mais l'histoire du cœur, en revanche... Me cache t'il encore quelque chose ?

- Onix ! Tu as toujours été gentil avec moi mais tu es tellement mystérieux ! Je ne peux jamais rien savoir ! Pourquoi me caches tu encore des choses ?

Il me répond, avec un petit sourire:

-Allons dans le salon. Je vous expliquerai tout ensuite.

Je m’exécute, curieuse. Quelle est cette histoire ? Qu'est ce que le cœur ? Qui peut bien m'attendre ? Je m'assoie sur le canapé, à côté d'Onix. Il me demande d'une voix calme et posée.

-Traversez le miroir...

-Un miroir ne se traverse pas ! Je vais faire pleins de traces ! Tu veux me faire tuer par papa, ou quoi ?

Sans un mot, il se lève et touche le grand miroir central. Dès que son doigt toucha la glace, elle se troubla, telle de l'eau. Je ne savais pas que je pourrai voir ça un jour. Je ne peux pas m’empêcher d'ouvrir la bouche.

-Maintenant traversez le miroir...

-Ça suffit ! Je veux comprendre ! Qu'est ce que le cœur ? Explique moi ! Je ne veux pas faire des choses en en ignorant le sens !

-Le cœur, pour résumer c'est vous. Votre esprit, votre  imagination.

-Tu veux dire que pour entrer dans moi il faut utiliser le miroir du salon ?

-Ne me coupez pas. Le cœur c'est le monde que vous vous êtes créer. Celui de votre enfance. Vous en avez surement quelques souvenirs. Mais vous avez changé. Vous vous êtes endurcie. Vous avez souffert, aussi. Et il a changé. Le cœur a changé. Surement pas en bien, croyez moi. Et l'heure et venue. L'heure et venue que vous répariez vos erreurs.

J’acquiesce mais je n'ai pas tout compris. Réparer mes erreurs ? Mais ça n'a pas l'air dangereux, c'est en moi, je peux contrôler. Tout va bien.

-Vous comprendrez bien vite de vous inquiétez pas. Pour le contrôle, détrompez vous. On pers vite le contrôle, surtout avec une imagination comme la vôtre. Et vos pensées actuelles ne sont pas roses....

Je déglutis. Pas si sûr finalement. Je hais qu'il lise dans mes pensées, mais je ne lui en veux pas, il n'y est pour rien.

-Qu'est ce que je peux faire ?

-Survivre, mademoiselle, survivre.

Une situation me traversa l'esprit et me mis la boule au ventre. Serai je seule ? Seule contre un ennemi que je ne connais pas ? 

-Tu...tu m'accompagneras ?

- Ça ne dépend que de vous.

Je m'approche du miroir, Onix sur mes talons.

-Dernière question: qu'est ce qui m'attend derrière ? Et pourrai revenir ?

- Cela fait deux questions. Je vais tout de même y répondre. Vous pourrez revenir une fois votre quête terminée, quant à derrière....seule vous le sait.

Lentement, j'avance ma main tremblotante vers le miroir. Je la sens derrière. J'avance et....Je traverse le miroir.

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Emily
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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Dim 2 Mar - 14:34

J'ai beaucoup aimé cette lecture !
Alors non, tu n'as pas du tout mal interprété mes paroles, c'est parfait. N'ai pas peur, jamais je ne t'accuserai de plagiat (je me suis moi-même BEAUCOUP inspirée du principe d'un célèbre jeu vidéo pour écrire mon histoire) et puis tout le monde est libre d'écrire ce qu'il veut, surtout si ça lui fait plaisir! =)
J'ai juste très hâte à présent de lire la suite de ton histoire et de découvrir comment fonctionne ton monde à toi!
Voilà, bon courage au pays de ton imagination Wink
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Yume

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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Mer 5 Mar - 19:36

Chapitre 1:

Je me retourne. A présent, je suis dans une immense forêt, un miroir planté là, sans aucune raison. Que fait un miroir au beau milieu d'une forêt ? Ce n'est pas ma priorité. C'est surement par ce miroir que j'ai traversé. Je touche la surface du miroir et....rien ne se passe. Quoi ? C'est quoi le délire ? Je peux pas le re-traverser ? Une grande panique me saisis, je tape comme une malade sur la vitre pendant 4 minutes environ puis je me résigne. Je veux pas péter le miroir, après je pourrai plus rentrer... Ah oui, maintenant je me souviens ! Onix m'a dit que je ne pourrai revenir que lorsque j'aurai rétabli l'ordre et gnagnaga.... Super ! D'ailleurs il faut que je vérifie une chose....









-Onix ? 









Aucune réponse. Je renouvelle mon appel, encore et encore mais rien. Le silence. Je commence légèrement à flipper...









-Bon, Onix c'est pas drôle, là !









Rien. Je dois me rendre à l'évidence: je suis seule. Seule contre tous, seule contre personne, seule contre tout, seule contre rien. Je ne sais pas pourquoi mais j'éclate ne sanglots, c'est plus fort que moi. Toute cette carapace, cette armure que je me suis forgée au fur et a mesure de mes combats viens de s'écrouler. Après cet instant de faiblesse, j'essuie mes larmes d'un revers de manche et me regarde plus en détails dans la glace.









Ce n'est pas moi. Enfin si, je me reconnais bien mais ça ne peux pas être moi.

Tout d'abord: je n'ai pas mes lunettes. Non, ce n'est pas le plus important. Tout d'abord j'ai au moins grandi de 3 ans, j'ai l'air d'une adolescente d'au moins 15 ans.  Ensuite, comme je l'ai dis, je n'ai pas mes lunettes. Sinon, c'est mon avec mon jean, mon t-shirt et mes converses.









Boooon ! C'est pas tout ça mais il faut que je sorte de cette forêt. Je tourne les talons au miroir et je me dirige vers ce que je pense être vers la sortie. Plus j'avance, plus ça devient sombre. Je me serai pas légèrement trompée de chemin ? De toutes façons, c'est trop tard, je peux plus reculer. J'avance....C'est tellement long....J'ai mal aux pieds..... Depuis combien de temps je marche ? J'en sais rien mais ça parait tellement long.... Onix, pourquoi ça ? Pourquoi ça maintenant...Je me prend des branches mortes dans la figure.









J'entend un bruit, un bruit inquiétant. Ce n'est que mon imagination, qu'est ce que je suis parano parfois... Minute, je suis dans mon imagination, donc ça ne veut pas dire que c'est inquiétant. Je me retourne. Je vois les branches mortes et les ronces se glisser lentement vers moi, tels des serpents. Oh.....ça sent pas bon ça...Dans les films, généralement ces trucs vous prennent les chevilles et vous entraînent dans les profondeurs de la terre. J'ai oublier de demander à ma chère entité si on mourrai, on meurt vraiment ?





Je me met à courir. Je veux pas mourir ! Au secours ! Je sens toujours les branches dans ma figure. J'ai mal. Je m'écorche la joue. Ok....je suppose que ça répond à ma question. Je continue de courir, je trébuche. Les ronces de l'enfer se rapprochent vers moi. Onix avait raison, ce monde est... démoniaque. Il n'a pas changé en bon.  Ignorant les larmes qui me montent aux yeux, je me relève, je cours. La lumière ! Je suis presque sauvée ! Atteindre la lumière....





Je débouche dans un joli champs fleuri. Si le démon a atteins cette forêt, ce champs à été épargné, car je sens son atmosphère niaise et candide. Un détail retiens mon attention: ce champs n'est constitué que de jonquilles. Exténuée, je me laisse tomber parmi les fleurs. Je pourrai m'endormir ici.... Soudain, sans prévenir, comme ça une petite voix, presque inaudible me dit:


-Excusez moi mademoiselle, mais vous m'écrasez !


Oups ! J'écrase une gamine, je me relève en m'excusant et je vois que j'ai écraser.....un jonquille ?




Elle se relève ( non, elle n'est pas enracinée dans le sol), frotte sa tige avec ses feuilles qui lui servent de bras et me regarde. Elle n'a pas de visage, je ne peux voir son expression. C'est presque....glauque. Elle s'écrie, de sa toute petite voix:




-Yume ! Les filles venez voir, Yume est revenue !




Vous voyez la scène où les zombies sortent de terre ? Là, c'est pareil sauf que c'est des jonquilles. Moins effrayant vous dites ? Eh bah non, c'est vraiment flippant quand on à ça en face de soi. Tout le champs se lève et se regroupent autour de moi. Elles s'extasient de moi, comme si j'étais un mignon petit caniche ou un gosse qui a grandi:


-Oui, c'est elle ! 


-Comme elle a grandi ! 


-Aussi mignonne que la dernière fois !


-Je vous avez dit qu'elle reviendrai !


-Amenons la à Tristan !


-Oui, bonne idée !


Elles formèrent un joyeuse farandole, et me tirent dans une ronde jusqu’à une petite maison en bois, un peu vieillotte, en contraste avec le vert du feuillage. Surement chez le "Tristan". Elles me poussent devant la porte, me disant toutes sortes d'aux revoirs, me laissant là, seule, comme une gourde. J'ouvre la porte, soulevant un nuage de poussière.

(désolée, c'est un peu court, je le prévoyais plus long mais sinon le chapitre d'après sera vraiment court !)
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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Jeu 6 Mar - 17:46

Si on t'as endurci, c'est pas pour que ce soit le bazar le plus complet dans ton monde !
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Yume

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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Sam 15 Mar - 12:22

Chapitre 2:


Je tousse. Ma parole, c'est presque aussi désagréable que l’asphyxie au déo dans le vestiaire ! Le m'avance. Pour l'instant je ne vois personne. Enfin pas d'humain. Des millions de cages au plafond, acec des oiseau bariolés qui chantent à l'intérieur. Des horloges aux murs aussi. Cette maison a beau être très très bizarre, elle m'est familière.


 Bon, je tente de me frayer un chemin parmi les cages sans attiser la colère des volatiles. Un petit détail: il n'y a que des oiseaux majestueux que je ne connais pas, pas un seul pigeon ! Il me semble voir un petit espace pour vivre là-bas... 


Ouf ! C'est bon ! C'est beau mais ça sent pas la rose ces bêtes là ! Une voix ? Tiens, il y a quelqu'un de dos, peut-être que c'est la fameux "Tristan" ? En tout cas, ce garçon parle avec douceur à un magnifique oiseau bleu avec de belles plumes à la queue. 


Je m'approche ( ce qui est normal, en soit ) et, je me prend une cage en pleine face. Bravo, Yume comme tu es douée ! Le canari géant qui y logeait semble pas super ravi et me brise les tympans de ses cris. 


"Tristan" se retourne et..... Wah, il est pas mal ! Il semble avoir mon âge en physique (oui, j'ai 12 ans mais j'ai un corps d'une fille de 15 ans...), des cheveux chatains clairs, des yeux verts... en tout cas, il calme l'oiseau dans une langue inconnue, et.... Quoi ? Il parle pas ma langue ? Ça m'avance bien tout ça... Il me sourit:


-Yume ! Comme je suis heureux de te revoir ! 


Quooooi ??? Il parle ma langue ? Je comprend rien... "revoir" ? Mais ! Je viens de le rencontrer ! Si je l'avais rencontré, je m'en souviendrai, j'ai pas l'hysymer ! Et puis, un beau garçon qui vit avec des milliers d'oiseaux et qui parle le martien, ça s'oublie pas comme ça ! 


-Euh..... Excuses moi mais on s'est déjà vu quelque part ? 


Il pert aussitôt son sourire. Oups, je crois que je l'ai vexé... Bravo moi, bravo ! Je multiplie les gaffes aujourd'hui !


-Oh, tu ne te souviens pas de moi... C'est triste.... Mais pourtant à prévoir. Tu me sembles bien grande... Mes calculs me disaient que tu aurais 12 ans... Tu fais plutôt la quinzaine... Mon âge maintenant.


Là, je suis paumée... Mais bon, il est un peu flippant. Je le connais pas, j'en suis sûre ! Pas question de me laisser avoir ! La meilleure défense c'est l'attaque ! Me défendre de quoi ? On sait jamais ! 


-Eh bah ouais tu t'es trompé ! Bon, je suppose qu'on est chez toi, là... C'est pas dérangeant de vivre avec tout ces piafs ? Je me demande comment tu fais pour dormir...


Sa mine se durcit. C'est pas bon ça... Mais qu'il est susceptible, aussi !


-Je ne te reconnais pas, Yume. Je refusais de les croire, mais tu es devenue méchante, tu as changé.
-Euh...Je dirai que le terme exact est: j'ai cessé de faire ce qu'il te plait. Et puis ne parle pas comme si on se connaissait, tu es bien familier avec une fille que tu viens de rencontrer...
-C'est parce que tu ne t'en souviens pas, petite sotte !


Et maintenant il me crie dessus... Super ! Onix, au secours... 


-Petite sotte... On dirai Absolem. 


Et oui, je suis fan d'Alice au pays des merveilles ! Je parie qu'il connaît pas Absolem et après il va être paumé. Au moins, il arrêtera de me crier dessus. Et bah non ! Ou et bah si... Sa mine de colère se transforme en visage blessé, meurtri, comme si je venais de le poignarder. Je veux pas tuer quelqu'un moi !


-Tu....tu te souviens d'Absolem et pas de moi ?
-Quoi ? Mais j'ai jamais rencontré Absolem ! Tu veux dire qu'il est ici ? Et tout le monde aussi ? Et le chapelier aussi ? Je le connaissait juste grâce à la télévision mais...
-La quoi ?
-Laisses tomber... Onix avait raison c'est vraiment le foutoir ici...


Il sourit. Vraiment lunatique ce mec... Il s'en va ? Eh, me laisses pas toute seule ! Il revient avec des tas de trucs dans les mains. 


-J'avais presque oublié ta raison ici. Je suppose que tu voudrais savoir ce que tu dois faire, non ?
-Ça serait plutôt pas mal...


Il déroule une carte animée, les images bougent !


-Oh ! C'est un peu comme l'oraculum ou bien Harry Potter ou....
-Oui c'est de la même matière que l'oraculum, du papier du destin. Pour ton....Harris je sais pas quoi, j'ai aucune idée de ce que c'est, ne me sort pas des trucs comme ça, je me sens vraiment inculte !


Il est  zarb' mais sympa finalement ! J'ai vraiment été désagréable avec lui, le pauvre.... Mais je me souviens toujours pas de lui... Si je l'ai rencontré. Ah, mais c'est une carte ! elle est.....géante. Il me dit que c'est toutes les zones affectées par mon changement... Super... Je suis pas prête de rentrer !


-Tu vas traverser la forêt aux chimères...
-Quoi ? Encore une forêt ?
-Chut, laisses moi parler. A l'autre bout, quelqu'un va t'attendre. Il te dira exactement quoi faire.
-Ok ! Je pars quand ?
-Tout de suite serai le mieux !
-Quoi ? C'est une blague ? Tu me detestes au point de me renvoyer directement ?
-Non, mais il vaut mieux que tu partes maintenant, on va fouiller ici et... Certaines personnes ne sont pas enchantées de ton retour.


Ok... En gros, les "super-méchants" ont profité de mon absence pour terroriser le pauvre petit peuple sans défense et moi la "super-gentille" avec mes joyeux amis de la forêt doivent les battre... Plus cliché, tu meures. Je sors de la maison, Tristan sur mes talons. Je vais partir, et là, il me retiens par le bras. Il va pas me demander en mariage, quand même ?  (Cette phrase est ironique ! )


-Attends ! 
-Quoi ? Tu veux que je parte ou que je reste ? Faut savoir !
-Tiens, prend ça ! Tes vêtements ne m'inspirent pas confiance, ils seront trop encombrants dans la forêt.
-Bah quoi ? Il est très bien mon jean !


Une robe victorienne noire avec des rubans violets. La robe de mes rêves. Mais pour la situation, ça craint.Je lève le sourcil:


-Quoi ? Attends....Tu me dis que mon jean est encombrant et tu me file une robe dont les rubans vont bien s'emmêler dans les branches et qui me ralentira parce que je devrais la soulever. Tu veux me tuer ou quoi  ?


Finalement, je la met (uniquement pour lui faire plaisir, évidemment !) il me confie une ombrelle soit disant "pour me défendre".


-T'as pas une poêle à frire ?
-Pourquoi ?
-Comme arme ! Je vais frapper les méchants avec !


Il sourit encore, sérieux, il a vraiment l'air au comble du bonheur. Il va m'en chercher une en bon état puis il me dit:


-Finalement,  la Yume que je connaissait n'est peut-être pas morte. Soit prudente !
-Ouais, ouais ! Ciao !


Et je me dirige vers la forêt indiquée sur la carte.
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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Sam 15 Mar - 13:11

On sait enfin qui est Tristan !
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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Mer 25 Juin - 12:08

Chapitre 3:


Je m'enfonce dans cette forêt. Tout redevient sombre. Super... Je n'y vois quasiment rien... A tout les coups je vais me prendre un arbre. C'est là ou l'expression "Yume, attention au poteau !" Prend tout son sens. Ouf ! J'y vois déjà plus clair. J'adoooore cette robe ! Elle est trop belle ! Stop Yume calme toi, c'est pas du tout le moment de penser à ta robe ! En plus elle me gène... Tiens mais au fait c'est un chemin ! Tout les arbres sont sur le côté et en font une route. Mais c'est trop glauque ! Genre ils vont se refermer sur moi et... Un pas...Deux pas.... Malgré ma peur, je marche, je marche.... Cette robe est vraiment pas pratique... On est encore loin ?

Je suis stressée. J'ai peur. Je ne veux pas être seule. Pourquoi cet idiot de Tristan m'a pas accompagné ? Zut ! Je voudrais être avec quelqu'un. N'importe qui. Même ce boulet d'Hugo ferai l'affaire... Et voilà mon ventre qui gargouille....Super.... J'ai faimmmm ! Je vais mourir ! Au secours ! Mais attends Yume...Attends.... C'est TON imagination. Donc tu peux faire apparaître un gâteau. Hmm....Je ne me souviens plus comment on fait !

Je m'arrête. J'aurai pas du. J'ai la frousse. Ok. Les mains sur la tête tu te concentres. Tu visualises le gâteau... L'odeur.... Le goût....Comme dans les films de science fiction... Je pense que je n'aurai pas du dire cette dernière phrase parce que RIEN ne c'est passé. Je vous jure. Nada. Crotte ! Mais a quoi ça sert mon imagination si je peux rien faire !

Je continue de marcher sans pouvoir m’empêcher de râler. Je rumine: Ah mais c'est pas possible ! J'ai maaaaal aux pieds ! Tu parles d'une héroïne ! Mais tout d'un coup, je vois un truc. Une ombre. C'est quoi ça ! C'est noir....C'est gros....Je transpire....Et ça me saute dessus ! AAAAAAH !

-AAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! Il va me bouffer ! AAAAAAH !

Je frappe la chose avec mon ombrelle. Je ne pense à rien. Ah si. Frapper survivre. Mort.

-Aïe ! Arrête ! Tu veux me tuer ou quoi ? Aïe !


WHAT ?!? Une ombre qui parle ! Bon. J'arrête ou pas de le frapper et de crier ? Ou pas ? Finalement, je décide de le faire. Je sais pas pourquoi. Il peut me bouffer et tout... Mais non. Et là devinez ce que je vois ??? Un guépard ! Noir avec des taches rouges qui me regarde. ET QUI PARLE !

-Un guépard qui parle !
-Je ne suis pas un guépard mais un ocelot.
-Ah....

J'ai voulu rajouter "c'est pareil" mais non. Je vexe tout le monde ici. Il vaut mieux me taire.

-Qu'est ce que tu fais là ?

-Tristan m'a envoyé pour te guider dans la forêt.

Tristan ! Ah bah au fait, il pense minimum a moi pour pas que je meure. Ou il lui a demandé de me faire peur ? Donc. C'est pas un méchant, c'est cool. Mais c'est guépard Ocelot. Et il parle. Il parle !

-Tu parles !

-Bah oui....
-Mais les chats ça parle pas !
-Euh....Où tu as vu ça toi ?

Ok je me tais. Mais c'est cool les chats qui parlent ! J'ai mal aux pieds et j'ai faim ! Mais au moins je vais pas mourir. On continue de marcher.

-Je peux monter sur ton dos ?

-Rêve.

Sérieux ? J'avais un Ryuku dans mon monde ! Et c'est un chat qui parle ! Trop fort. On s'arrête un moment. Pour souffler. Je m'allonge sur le sol recouvert de feuille mortes. Je devrais dormir mais à la place, je me pose des tas de questions, ma panique étant partie.
1. L'Ocelot est une chimère ?
2. Pourquoi Onix ne m'a pas suivi ?
3. Pourquoi moi ?
4. Où dois je aller ?
5. A qui dois je faire confiance, puis ce que certains me veulent du mal ?

Mes questions restent sans réponse. On continue de marcher. Je commence a m'habituer a porter cette robe. C'est plutôt calme. Mais comme on dit: Le calme avant la tempête....Ou pas.... Rah ! Tout est tellement embrouillé dans ma tête. Je pars dans un rire nerveux. L'ocelot me fixe. J'éclate en sanglots. J'ai tellement peur... Je voudrais juste être chez moi.... Si je rentre vivante, je serai plus gentille. C'est vraiment ça, mon moi intérieur ?

-Ne t'inquiètes pas. Tu vas finir pas t'y habituer. Et tu vas changer ça, n'est ce pas ?


Gnagna...Facile à dire ! Mais j'avoue que sa voix douce me réconforte un peu. Un tout petit peu. Un tout petit petit petit peu. Mais qu'est ce qui m'arrive je pleure tout le temps ici ! Ca va pas du tout. J’essuie mes larmes. Le silence.

-Comment faites pour vivre ici ?
-L'habitude. Il hésita un peu avant de me dire. Pour dire vrai, je ne me souviens pas du monde d'avant.

Dommage.J'aurai voulu savoir. Marcher. Encore et encore dans cette forêt. Une mélodie. Qu'est ce que c'est. Elle est tellement belle... Quelque chose de beau ici...C'est impossible...Je rêve...Elle vient de par là ! Je marche vers cette douce mélodie, on dirai de la harpe !

-N'y va pas ! C'est ...

Je rêve ou ce chat me donne des ordres ? Je vais ou je veux ! Quand je veux ! Et je fais ce que je veux ! Et là, je veux aller voir la mélodie et ce n'est pas lui qui va m'empécher de quoi que ce soit !

-Je vais où je veux !

Je l'ai coupé froidement, sèche. C'est moi commande ici. Je marche vers la musique...Un cercle d'arbre. Et de la lumière. Une dame Galadriel joue de la harpe. Si c'est Galadriel dans le seigneur des anneaux ! Des longs cheveux d'or, un regard doux... Pourquoi Ocelot ne veut il pas que je la voit ?

-Je t'attendais....

Elle a levé les yeux vers moi. Qu'elle est belle ! Elle à même arrêté de jouer pour moi ! Elle m'attendait ? C'est peut-être la figure maternelle que j'avais à l'époque. Son aura bienveillante émane d'elle. Elle me tend la main. Je la prend. Oua mais c'est niais ! Mais tellement bien !

-Assieds toi.

Je m’exécute, sans réfléchir. Depuis quand suis aussi docile ? Elle se remet à jouer. Pourquoi Ocelot m'a s’il demandé de ne pas la voir ?Mes pensées malgré la musique sont tournées vers lui. Si ça se trouve, il est méchant ! Tristan ne m'a pas dit qu'on m'accompagnerai. Mais un Ryuku, un méchant ! Je ne sais qui croire.

-J'ai des choses à te dire. C'est important.




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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Mer 25 Juin - 13:06

Eh ! D'où tu te permets de me mettre dedans ?!
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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Mer 25 Juin - 13:15

C'est pas toi ! Il te ressemble niveau caractère mais il n'a rien a voir avec toi ! Il existait avant que je te connaisse, alors...

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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Mer 25 Juin - 13:18

Encore heureux ! Et me compare pas à lui, alors...
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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Mer 25 Juin - 13:20

Mais vu que je me souviens pas de lui, ( comme de Tristan ) et qu'il te ressemble je fais la comparaison. D'ailleurs, c'est normal puisque mon monde me manque.

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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Mar 26 Aoû - 14:37

texte. Un peu personnel. Si vous en avez rien a faire de ce qui se passe dans mon cerveau, vous ferez mieux de passer.:
 

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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Lun 10 Nov - 10:48

Le roi Corbeau faisait les trois-cent pas dans la salle de réception, vide et sombre, comme à son habitude. Il sentait la lune mauve approcher à grands pas, et il attendait la venue de Seth, son homme de confiance, si on pouvait dire comme cela. Il n'avait d'affection pour personne, son cœur était glacé. Enfin, si on considérait qu'il en possédait un. Il avait juste plus d'estime pour ce pion ci, qui connaissait ses attentes et agissait vite et proprement, sans poser la moindre question. Son manteau de velours noir glissait sur le damier sale, pendant qu'il claquait le bec d'impatience.

Il commençait à remettre en doute l'efficacité de son sbire, quand celui ci ouvrit sans douceur les grandes portes poussiéreuses et entra dans la pièce. Seth s'avança de sa marche rapide jusqu'à son souverain, puis une fois devant lui, il sortit de sous sa cape noire un rouleau de parchemin. Le monarque retourna ses petits yeux noirs vers son serviteur. Un humain... Il sentit cette vague de mépris l'envahir une fois encore. Mais après tout, il était moins laid que les autres de son espèce, ce détail ne lui avait pas échappé. Sa chevelure indomptée était d'ébène, seule couleur qui ne lui brûlait pas les rétines, et ses yeux étaient aussi rouge que le ciel. Il n'avait – à la grande satisfaction du roi- aucune lueur dans les yeux, ni la moindre expression pour décorer son beau visage. C'était un homme de l'ordre, qui pouvait tuer le fautif sans états d'âme. Il n'avait même pas tressailli quand lors d'un combat contre un groupe rebelle, on lui avait fait cette cicatrice sous l'oeil droit. Et il inspirait crainte et terreur auprès de la population.

Le corbeau se désintéressa de lui pour le rouleau de papier. Impossible de deviner les résultats de l'année, quoiqu'ils pouvaient être, le visage du messager restait froid. Il fit quelques pas autour de lui, puis demanda de sa voix croassante :

« -Alors... ? »

Seth dénoua le ruban noir qui le maintenait en place, le déroula et lut :

« -Cette année, nous aurons 349 garçons et 626 filles. »

Le roi poussa un cri strident, plein de rage. Sa déception était palpable dans toute la pièce. Pourtant, son fidèle serviteur garda un calme naturel, même à face à la tension et la réaction excessivement inquiétante de son maître. Le roi finit par se calmer et grincer (si c'était possible pour un corbeau) :

« -Plus de filles que de garçons... Ce n'est pas bon... »
« -Vous aurez un plus large choix, le jour venu. Et les garçons cette année sont plus robustes que ceux des années précédentes. »fit Seth.
« -Tu as raison. »

Et sur ces mots, l'immense corbeau éclata d'un rire cruel et caverneux, qui résonna dans tout le château. Et toute personne qui pouvait l'entendre, saurait qu'il ne disait rien de bon.

Le ciel était rouge. C'était la seule couleur vive que l’État tolérait dans le royaume. Pourtant, cette couleur ne lui donnait qu'une ambiance lugubre et meurtrière. Selena regardait par sa fenêtre, elle se demandait pourquoi il n'était pas bleu, ni blanc. Ou alors vert. Mais c'était toujours mieux que ce noir. Sa garde robe n'était composée que de robes, capes ou de voiles noir. En vérité, elle détestait cette couleur parasite, si triste et sombre. Elle rêvait de s'habiller en bleu, en orange, en vert, en rouge, ou en blanc, ses couleurs favorites. Elle voulait être vive, se démarquer, attirer l'oeil, provoquer, égayer de couleurs les rues si tristes aux bâtiments de pierres jaunes comme le sable du désert, qui était toujours, comme endormi sur le sol. Mais c'était interdit formellement par le Roi Corbeau, seul le noir était toléré. Y désobéir déshonorerait sa famille, et l'exposerait à une grave sentence.

Et elle avait encore moins le droit de parler de ses désirs. Toute forme de rêve était bannie, considérée comme dangereuse. Le peuple subissait, sans but ni conviction, mis à part celui de survivre, tel un troupeau. Parler de « rêves » serait la classer dans la catégorie des rebelles et des dangers publics, ce qui la condamnerai.

De plus, ses quatorze ans approchaient à grands pas, pour son plus grand malheur. Dans trois mois, elle perdrait le peu de liberté dont elle disposait actuellement. Fini, les petites virées à l'improviste et le libre arbitre. Elle devra porter la tenue intégrale, c'est à dire être voilée au visage, et se marier. Elle serait sélectionnée et choisie en fonctions de ses « atouts », son mari sera donc aléatoire. Il y avait des chances qu'elle tombe sur un de ces vieux veufs de la haute-ville, d'environ quatre-vingt ans. Qui eux, auraient tout pouvoir sur elle. Cette perspective si proche, la rendait malheureuse.

Pour dire vrai, elle avait le choix. Mais quel choix ! Lors, de la lune mauve, soit elle devra choisir de se soumettre à un homme inconnu, perdant toute liberté, ou choisir L'exil.
Reniée de sa famille, ses amis et être bannie de ce royaume, sans possibilité du retour. Sans provisions, seule dans le désert, sans connaître les autres lieux où aller, si elle survivait plus d'une semaine.

Oui, le peuple ignorait tout d'en dehors des limites. Il n'y avait aucun moyen de savoir ce qui se passait derrière ces barbelés et ses disciples du Corbeau qui veillaient à ce qu'aucun débordement n'ai lieu. Et puis, quel peuple heureux et chatoyant voudrait d'une exilée du pays du tyrannique Roi Corbeau ?

Selena avait beau s'obstiner à croire qu'elle n'était pas rebelle, elle l'était pourtant déjà. Elle s'infiltrait dans la basse ville,quand elle le pouvait, suivait les disciples du Corbeau et chapardait quelques objets du convoi destinés à finir dans un brasier, les sauvant du carnage. Le Roi Corbeau avait instauré une nouvelle loi, dictant de brûler toute trace d'anciennes civilisations ou de joie passée. Personne ne savait pourquoi le monarque avait toutes ses choses en horreur, mais tous laissaient ses disciples fouiller leurs maisons chaque semaine. L'ironie ? Des habitants découvraient qu'ils avaient des objets passés, derrière une armoire ou sous un meuble, quand les disciples les trouvaient. Mais jamais ils ne pourraient en profiter.

Elle avait donc ainsi volé trois livres, un violon et son archet, et une bague. La jeune fille les cachait sous son lit noir, ou quand les disciples passaient chez elle, dans la haute-ville, ou qu'elle voulait les emmener avec elle, elle avait cousu à ses capes noires des immenses poches intérieures, une pour les livres et l'autre pour l'instrument. Le seul inconvénient, était que c'était très lourd à porter, et ça risquait de s'alourdir au fur et à mesure de ses petites escapades. Elle risquait fortement d'augmenter ses vols, puisque bientôt, elle devrait avoir l'autorisation de son mari pour sortir, et des couvres feu. Elle voulait récolter le maximum avant le jour J.

Étrangement, elle ne regrettait pas de voler ainsi. Au contraire. Elle avait apprit des choses extraordinaires, qui la faisait rêver. Son premier livre était un ouvrage de la flore ancienne. A son grand étonnement, il existait des plantes appelées « fleurs » colorées, des arbres au feuillage vert éclatant, et d'autres choses encore. Les seules plantes que ce royaume possédait étaient des grands arbres noirs, de la sève aux feuilles, aux allures tordues, donnant des cauchemars aux enfants. Pourtant, les rares arbres que ce royaume possédait, produisaient une immense quantité « d’oxygène » et faisait vivre toute la population. Étrange.

Selena avait été éblouie par ces merveilles, maintenant disparues, pleines de couleurs. Elle était étrangement attirée par « la Rose » plus que les autres fleurs. Il en existait des rouges, des rosées, des jaunes, sans compter tout les croisements entres ces couleurs, comme le orange en exemple. Elle avait dévoré cette encyclopédie en une nuit, et la relisait chaque soir, espérant imprimer ces images en tête pour toujours.

Le second était un roman, ouvrage de littérature, racontant la péripétie d'un jeune garçon parcourant le monde entier. Ça permettait à Selena de voyager, elle qui n'aurait jamais le droit de franchir les limites. Quant au dernier, un livre regroupant quelques espèces de la faune passée. Malheureusement, celui ci n'était pas complet, certaines pages y avaient été arrachées avec rage. Quel dommage...

Elle continuait à regarder au loin, par son immense fenêtre, qui était, comme toutes les autres de la haute-ville, sans vitre. Le soleil allait bientôt de coucher. Si elle voulait avoir une chance de se promener un peu, il fallait qu'elle parte maintenant. Elle enfila son manteau sombre (elle avait laissé ses trésors sous son lit), monta debout sur le rebord de sa fenêtre grande comme deux portes, et se lança en tyrolienne.

Le Roi Corbeau était très intelligent, un génie, mais avait tendance à prendre les humains un peu trop pour des oiseaux. Enfin, c'était ce que tout le monde pensait intérieurement. Il avait instauré une circulation par les airs dans la haute-ville, en tyrolienne, pour cette espèce n'ayant même pas le privilège de voler. Le réseau partait de chaque fenêtre et permettait d'aller sur une des places des environs, soit d'accéder à la basse ville,qui elle était la plus pauvre et la plus en bas, ne pouvant pas profiter de cette invention ingénieuse et très pratique.

La jeune fille filait à toute allure dans les airs. Elle croisa Jean, le facteur. Elle le trouvait adorable, et elle pensait que c'était injuste de le faire travailler à 6 ans, surtout pour quelque chose d'aussi dur et de sportif. Elle vira d'un coup à droite. Et descendit en pente : direction la basse-ville ! Cette fois ci, elle n'y allait pas pour chaparder, mais pour quitter la forteresse et profiter des maigres alentours avant les limites, ce désert, pour y réfléchir.

Elle sauta agilement sur ses pieds et regarda sa tyrolienne repartir vers la fenêtre de sa chambre. Elle se mit en marche, d'un pas rapide, se frayant un chemin parmi la foule qui allait au sens contraire du sien. Elle se sentait un peu plus oppressée ici, tout le monde la fixait dans la rue. Pourquoi ? Parce qu'elle venait de la haute-ville et ça se voyait. Ils éprouvaient à la fois un mépris et une profonde jalousie pour ce peuple proche des cieux. Sa provenance était visible déjà par la qualité de sa cape et de sa robe. Ceux de la haute-ville avaient les moyens de se payer du tissus en poils de Charmas plus soyeux.

Les Charmas étaient -d'après une comparaison de Selena avec son livre sur les animaux anciens- une créature semblable au mouton ou au bouc, en trois fois plus gros au pelage noir frisé, qui malgré ça, n'était pas de la laine. Leurs cornes étaient énormes, solides et recourbées, mais malgré celles-ci, ils restaient des animaux au caractère calme et adorable, et surtout obéissant. Le roi corbeau les tolérait car c'était eux qui fournissaient tous tissus, ou qui nourrissaient par sa viande la population, il y en avait des milliers dans cette ville, guidés par des bergers, souvent très jeunes.

Et le deuxième trait qui pouvait la distinguer des autres : Sa « qualité ». Comme dit précédemment, les femmes étaient sélectionnées pour les maris, surtout en fonction de leur beauté, et un peu de leur culture. Les plus belles finissent femmes de la haute-ville et les moins gâtées par la nature dans la basse. Selena avait hérité de la beauté de sa mère. Elle avait une longue et soyeuse chevelure brune, presque noire, des yeux aussi verts que le feuillage des arbres de son livre, d'une peau de lait, de légères taches de rousseur et d'un petit nez retroussé. Son appartenance à la haute-ville était plus que flagrante.

Elle ne put que baisser les yeux et continuer d'avancer. Il lui fallait traverser la basse-ville entière pour atteindre les portes de la forteresse. Au bout de quelques minutes, elle sentit la foule se raidir, comme se figer, la tension grimpait à chaque seconde, même s'ils essayaient tant bien que mal de ne pas la faire paraître.

Les disciples du Corbeau arrivaient. Pour leur ronde, ils passaient par là, forcement. Selena commença elle aussi à paniquer intérieurement. Elle aurait du le prévoir, mais elle ne l'avait pas fait. Elle se sentit faiblir, et elle continua de fixer le sol en marchant. C'était un groupe de 12, le groupe de 12. C'était les disciples les plus brillants et puissants, assez jeunes. Seth menait la marche, impassible. Tous, le craignait, et Selena n'y faisait pas exception. Elle priait pour qu'ils ne la remarquent pas.

Mais c'était peine perdue. Elle était de la haute-ville, et était la seule à se diriger vers la sortie aussi tard. Ils n'eurent pas besoin de se regarder, ils étaient tous d'accord sur ce point et se dirigèrent d'un même pas, se planter devant elle. Elle sentit qu'ils la toisaient comme si elle était un insecte des plus misérable et des plus parasite. Elle déglutit.

« -Je n'ai rien à me reprocher, je n'ai rien à me reprocher... » répéta t-elle en boucle dans sa tête pour se rassurer.

C'était faux bien sûr, toutes ces fautes l'écrasaient et sa peur la faisait imaginer qu'ils savaient tout. Qu'ils la tueraient sur le champs. Elle se mit doucement à trembler.
« -Nom et numéro de maison . » fit le 4ème.

Personne ne connaissait son nom mais on le surnommait « Le Contrôleur ». Selena ouvrit la bouche pour répondre, quand un autre la coupa, ce qui lui fit relever les yeux :

« -Mais pas besoin ! Les gars, regardez qui voilà ! C'est notre petite Selena ! » S'écria le second.

Le second se prénommait Cody, il était, celui le plus puissant avant Seth. Il avait à peine quinze ans et connaissait Selena avant de se faire recruter à ses quatorze ans par les disciples du Corbeau. Ils étaient voisins à l'époque, et ils se disaient bonjour chaque matin. Cody adorait discuter avec elle, et elle le trouvait à l'époque, très sympathique, bien que bavard.

Mais c'était avant. Il avait à présent une lueur folle et cruelle dans le regard, passant de temps à autre sa langue sur ses lèvres. Il avait un goût très prononcé pour les bains de sang inutiles d'innocents et, sans qu'on en connaisse le raison, il adorait embêter Selena en particulier. Elle, était juste effrayée. Cody était pour elle aussi dangereux que Seth, mais avec en plus, un intérêt injustifié qui pourrait montrer qu'elle est sa prochaine innocente victime. Bien que sa chevelure blonde et ses yeux océan faisaient de lui un beau garçon, la population -et surtout elle- ne voyait en lui qu'un monstre .

« -Bonjour, Selena.. ! » fit il, insistant sur son prénom, en s'approchant dangereusement d'elle.

Voilà, il recommençait. Il se plaisait à la mettre à l'épreuve. La moindre réponse de travers, et il aurait le droit de la tuer pour son insolence. Peut-être était ce qu'il cherchait, en fin de compte. La tuer. Pourquoi... ? Elle ne cherchait même plus la réponse. En l’occurrence, elle ne devait pas lui manquer de respect, donc, lui retourner la formule. Son corps tremblait maintenant sans retenue, elle baissait les yeux et finit par dire, la voix chevrotante :

« -B-Bonjour... »

Il claqua la langue. Ce n'était visiblement pas la réponse qu'il voulait. Il se rapprocha encore plus, au point qu'elle sente son souffle sur son visage. Selena commençait à voir trouble, les yeux baissés et brouillés par les larmes de terreur qui risquaient de s'écouler à tout moment. Mais elle se retenait. Pas question de lui faire ce plaisir.

« -Bonjour qui ?? » Insista t-il, avec une voix impatiente.

C'est ça qu'il voulait. Depuis le début. Il voulait qu'elle se plante. L'appeler « monsieur » la ferait nier toute relation qu'ils avaient entretenu auparavant, ce qui pourrait le vexer, et l'appeler comme autrefois montrerai une certaine familiarité, qu'il pourrait considérer comme insolent de sa part, maintenant qu'il était un disciple haut placé. Il ricana, elle, accéléra encore sa respiration. Il y eu deux minutes de silence.

« -B-Bonjour Cody. » fit elle en un souffle.
Il éclata d'un rire de hyène, et elle lâcha une plainte à peine audible. Etait ce bon ou mauvais pour elle... ? Elle ne savait pas. Puis Seth, lança un regard,-bien qu'inexpressif et froid- à Cody,qui s'arrêta d'un seul coup de rire, comme penaud et légèrement effrayé.

« -Si on peut plus rire.. » marmonna Cody en baissant la tête.
« -Que faites vous si tard dans la basse-ville, Miss....Selena ? » demanda Seth dune voix doucereuse en fixant la jeune fille.
« -Je...J'allais sortir de la ville pour....pour répéter mon serment de la lune mauve... ! » sortit Selena, surprise d'avoir pu inventer un mensonge en si peu de temps.

Seth continua de la fixer silencieusement quelques minutes. La foule des alentours comme figée dans le temps, suivait la scène, en haleine. Partagée entre la curiosité et la peur, elle attendait la réaction du disciple. Il avait le pouvoir, en un mot ou un geste, de la condamner. Il ne la croyait pas, c'était certain mais son excuse était suffisante. Et à ses yeux, elle n'avait rien d'une future rebelle, et elle se soumettrait, comme les autres. De toute façon, elle ne savait même pas se battre. Elle ne pourrait rien faire dehors et ses confrères étaient assez compétents pour la surveiller. Et c'était une femme.

« -Rappelle toi qu'il y aura des gardes à l'extérieur. Il t'auront à l’œil. »

Puis, il tourna les talons suivi de son groupe. Il sembla à Selena que Cody marmonnait quelque chose, mais c'était sans importance. Les disciples eurent bientôt disparu de la place, comme envolés. Les habitants de la basse-ville, restaient figés, fixant à présent la jeune fille. Ne sachant pas trop quoi faire, elle fit quelques pas, baissant la tête, pour finalement partir en courant vers les portes. La population se réveilla progressivement de sa torpeur et la vie reprit son cours.

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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Lun 10 Nov - 14:00

Chapitre 3: Régle n°1:
 

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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Sam 15 Nov - 22:04

Suite de l'histoire de Selena:

Selena dépassa les sentinelles de la porte en courant et ne s'arrêta que quelques mètres plus loin, dans le désert même. Il s'assit par terre en tailleur, et ferma les yeux pour ne pas que le sable s'infiltre dans ceux ci. Elle essayait de se calmer, mais en vain. Elle était en vie, elle était en vie... Elle n'en revenait pas. Seth était d'humeur clémente, aujourd'hui. Elle savait qu'elle n'aurait pas toujours cette chance. Il faudrait se montrer plus prudente, dorénavant. Elle avait beau avoir échappé aux griffes de Cody et des autres, il fallait paraître exemplaire pour ne pas éveiller des soupçons, car désormais, ils garderaient un œil sur elle.

Elle se laissa tomber allongée dans l'immense étendue de sable. Sa respiration se calmait peu à peu. Sa décision était prise : elle devrait réduire ses vols et pas question de faire sa gamine capricieuse, elle se marierai. Au moins, comme ça, ils la laisseraient tranquille. Cet événement lui permit de se fixer et de remettre ses pendules à l'heure. Elle rouvrit les yeux. Il faisait déjà nuit.

Elle se releva lentement, en regardant les disciples qui la fixaient d'un air plus que méfiant. Il était temps de rentrer. Elle épousseta  sa cape pour décoller les grains de sables qui s'étaient accrochés à celle ce ci, et elle retourna dans l'enceinte, dans les tréfonds de la basse-ville. Sa tyrolienne repartie dans sa chambre, il lui fallait remonter tout à pied. Elle soupira et s'enfonça dans les ruelles sombres et étroites, très peu recommandables pour dire vrai. Cette perspective ne l'enchantait guère, mais elle n'avait pas trop le choix : les seuls escaliers de la basse-ville avaient été positionnés pour que les disciples se déplacent en toute discrétion, et dans des lieux, où la population n'aimerait pas s'aventurer.

Elle soupira en commençant à gravir les marches mal entretenues. Les gens habitant ici étaient si pauvres que payer les réparations de cet escalier ne serait jamais envisageable. Les plus riches de cette sous-ville arrivaient à peine à vivre convenablement, les classes moyennes vivaient au jour le jour, et les autres...Ils ne vivaient pas, mais mouraient de faim dans les rues. Et bien sûr, jamais le Roi Corbeau ne céderait la moindre pièce de son trésor pour des humains, des moins que rien. Le fossé de niveau de vie entre la haute et la basse-ville était plus qu'énorme, elles étaient pourtant si près l'une de l'autre...

Selena étouffa un juron en trébuchant dans une brèche dans l'escalier. Elle se releva et continua de monter les marches à l'aveugle, la nuit était noire à présent, et le lieu si étroit n'arrangeait rien. Elle savait qu'il ne lui manquait presque plus rien avant d'atteindre la haute-ville, ce qui lui redonna un peu de courage. Allez ! Elle allait bientôt rentrer chez elle.... Le lieu fut éclairé par une forte lueur, au loin. La jeune fille, curieuse se dirigea vers celle ci. Qui pouvait être éveillée à une heure aussi tardive ? La lumière venait d'une autre rue, en intersection avec ce drôle d'escalier.

Curieuse, elle se rapprocha et épia l'étrange scène, se déroulant au centre de la place qui débouchait sur la ruelle. Un brasier immense,crépitant, grandissait alimenté par des livres et toute sortes d'objets très étranges. Selena étouffa un cri. Voilà donc où menait ce convoi ! Elle volait pendant la traversée uniquement, elle n'avait jamais osé suivre celui ci au bout du voyage, c'était bien trop risqué. Désormais, elle savait... Les disciples se relayaient pour tour à tour, mener les objets de la charrette à leur...fin.

Elle pourrait se faufiler et prendre quelques objets discrètement, mais... Non ! Elle devait arrêter les vols, surtout que l'incident de ce fin d'après midi était encore frais. Si elle se faisait prendre, elle n'aurait pas la chance de survivre. Et puis, ça n'en valait pas la peine.... En tout cas, elle essayait de s'en persuader. Pourtant, elle continuait de fixer la montagne d'objets avec avidité. En elle, se menait une bataille intérieure entre sa raison et son envie. Selena fut vaincue, quand le contrôleur saisit une pile d'objets, et laissa apparaître un ouvrage très spécial avec un vieux dessin de violon à moitié effacé.

Au diable le danger ! Après tout, elle commençait à se faire de l'expérience en terme de discrétion et de vol. Et elle ne prendrait que lui. Elle prend et elle repart juste après. Voilà. Elle rabattit sa capuche sur sa tête et attendit que tout les membres aient le dos tourné. Le moment venu, elle se glissa telle une ombre derrière la charrette et attrapa son trésor. Elle se demandait si celui ci allait lui apprendre à se servir de son magnifique violon. Elle le feuilletterai plus tard. Elle releva légèrement la tête voir si personne ne pouvait la voir. Personne. Parfait.

Elle commença à courir pour retourner aux escaliers. Seth se retourna. Leurs regards se croisèrent. Ils restent une seconde ou deux ainsi, qui semblaient durer une éternité. Ils se jaugeaient l'un autre, sans colère, étonnement ou peur. Selena revint vite à la réalité, animée par une énergie nouvelle. L'instinct de survie. Il allait la tuer. Ou prévenir les autres. Sans réfléchir, elle se remit à courir, plus vite qu'elle n'avait jamais pu courir, sans se retourner, elle grimpa les marches à toute vitesses, sans se soucier des irrégularités. Elle courait, courait. Elle atteint la haute-ville, mais ne s'arrêta pas de courir. De plus en plus vite. Elle respirait si vite... Sa maison entra dans son champ de vision. Elle se précipita sur la porte, entra, et la referma en une demie seconde à clef.

Elle se laissa glisser, encore haletante, le long de la porte. Elle tremblait. Mais pourquoi ? Pourquoi avait elle fait cela ? Elle savait mais elle ne s'était pas écoutée... Elle se déplaça à quatre pattes jusqu'à la si petite fenêtre, et jeta un regard à l'extérieur. Il n'était pas là, et elle en vie (pour encore combien de temps ?). Mais....L'avait il suivie ?

Seth restait là, de glace, regardant la silhouette noire s'enfuir. Il devait la suivre et l’exécuter. Normalement. Ce soir, c'était différent. Un désir depuis longtemps éteint se ralluma dans son esprit. Il avait envie de jouer. Pourquoi tuer tout de suite alors qu'il pouvait....S'amuser ? Seth n'était pas d'un naturel joueur, mais cette fois... Il pourrait l’exécuter plus tard. De plus, il trouvait ça, pitoyablement drôle de risquer sa vie pour....un simple livre. Ça ne valait rien. Il savait qu'un hors la loi vivait dans la ville. Il le traquerait. Ce hors la loi aux yeux verts. Il ne sourit pas, mais ses yeux habituellement vides s'emplirent d'une lueur malsaine.

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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Sam 17 Jan - 12:22

"-Non John, c'est non."

Allongé sur le canapé, je manipulais mon crâne, le tournais dans les mains afin de l'observer sous toutes ses différentes coutures. Depuis déjà 5 minutes, j'écoutais d'une oreille distraite, mon ex-colocataire, tenter de me raisonner. Depuis le temps, il devrait savoir qu'on ne raisonne jamais un Holmes. Enfin, je pensais que cela me distrairait un peu, mais j'avais placé trop d'espoir en John Watson: la conversation tournait en rond et était mortellement ennuyeuse, rien à en tirer. John se leva de son fauteuil, peinant à garder son calme:

"-Sherlock… Dois je te rappeler dans quel état je t'ai par hasard retrouvé, il y a quelques mois…? Dans un entrepôt abandonné, au milieu de ces toxicomanes…?"
"-C'était pour une mission…" grognai je

Pourtant il savait. Magnussen n'était pas un cas des plus simples, j'avais besoin du maximum de ma capacité cérébrale. La drogue, mes patchs, me stimulaient et me transportaient, rendant la tâche moins longue et extrêmement facile. J'étais certes, parti un peu loin, mais je ne montrais pas le moindre signe de dépendance. Je n'étais de plus, parti qu'une nuit, dû à la présence de ma copine temporaire dans l'appartement. Bon, il était vrai que les paroles de Mycroft m'avaient plongé dans le doute. Je pensais que John allait me délaisser, après son mariage. Il est la seule personne à laquelle je suis véritablement attaché -bien qu'il soit idiot-. J'ai beau posséder un sens de la déduction aiguisé, je suis un sociopathe de très haut niveau, peu accoutumé aux situations sentimentales.

"-Une mission…. Laisse moi rire… Quelle mission ? Non, Sherlock ça ne marche plus avec moi."

J'aurais essayé.
John ne me quittait pas des yeux. Je serrai alors mon crâne contre mon torse et me retournais dans le canapé, histoire de ne montrer que mon dos.  Mon meilleur ami soupira. Un silence s'installa (ce qui n'était pas plus mal). Je finis par lui marmonner:

"-Je n'ai pas besoin d'un colocataire."

Et je n'en voulais pas d'autre que John. C'était soit John, soit personne. Dans ce cas là: personne. Je ne supportai pas l'idée qu'un ennuyeux inconnu utilise la chambre de John, s'assied dans son fauteuil, éparpille ses petites affaires personnelles dans l'appartement, fasse le ménage… Ou pire ! Il est très probable qu'il tente "de sympathiser" avec moi, ou essaye de faire ma connaissance. Non, vraiment, il n'était pas question que quelqu'un d'autre vienne vivre sous ce toit. Ma "solitude" -comme les autres l'appelaient- comblée par mes petites enquêtes avec John, ça me convenait très bien. Je pensais qu'avec le temps passé ensemble, il avait compris au moins ça…. Mais non, monsieur tente de jouer les bons samaritains. Qu'est ce qu'il pouvait m'énerver quand il était comme ça… Je l'entendis se déplacer de sa marche boiteuse, jusqu'à moi.

"-Sherlock, regarde moi." fit-il d'un ton dur, changeant de l'habituel.

Sans réelle conviction, je me retournai vers lui. Ses yeux brillaient de larmes. Je fus un peu troublé: je ne pensais pas qu'il se mettrait dans de tels états pour si peu. Décidément, les sentiments humains ne cesseront de me surprendre.

"-Je m'inquiète pour toi, tu sais. Maintenant, je ne peux pas te surveiller autant qu'avant, il y a Mary et le bébé… Ca me rassurait vraiment si quelqu'un d'autre pouvait veiller sur toi… Tu comprends ?"
"-John…"
"-De toutes façons, tu n'as pas le choix ! J'ai l'accord de Madame Hudson. Si tu ne veux pas, tant pis, je m'en occuperai moi-même."

Je soupirai et réfléchis: Comment pourrai-je éviter cette situation tout en m'assurant que John soit satisfait (et qu'il me fiche la paix, surtout) ? La réponse me parut si évidente, que je mis un peu moins d'une seconde avant de répondre:

"-Tu as gagné. Mais laisse moi faire l'annonce."
"-Ca ne sent pas bon…. Depuis quand Sherlock Holmes se plie t-il si facilement ? …Très bien, mais si l'annonce ne me plait pas, je serai en droit de la changer après trois mois."
"-Six."
"-Sherlock !"
"-C'est six, ou rien."

Il soupira, vaincu. J'avais gagné un délai de six mois de tranquillité. Pour la suite, j'avais déjà tout prévu, mais je suppose que mes patchs me confirmeront. John avait de la volonté, mais ça ne suffira jamais pour égaler mon intellect. Et il ne se doute même pas de la suite des événements, l'idiot… Je me redressai, lui adressai un sourire victorieux et lui demanda:

"-Bien ! Maintenant que cette affaire est réglée, que dirais tu d'un thé ?"

                                                                                 ***
Cela faisait déjà quelques heures que John était parti, me laissant à mon ennui habituel. Après avoir harcelé Lestrade de SMS, j'appris qu'aucun délit n'avait été commis depuis notre dernière enquête. Quand le monde va parfaitement bien, je m'ennuie… Après avoir prié qu'un malfaiteur réveille enfin ses neurones, je pris mon PC et postai:

"Sociopathe de très haut niveau tolérerait la présence d'un individu dans la chambre à l'étage, si celui-ci consentirait à payer la moitié du loyer."

Je refermai mon ordinateur, et saisis mon violon: ça, c'était fait…
                                                                                         
                                                                                ***
Après un dernier accord, je posai mon violon sur la table. J'avais entendu des pas dans l'escalier.  Ce n'était pas un client… C'était John, au son que produisait les marches et à la vitesse à laquelle il montait. Habituellement, les clients étaient embarrassés ou intimidés, ils avaient le pas plus ou moins hésitant. John pas du tout, il semblait même très pressé. Sans doutes avait il une importante nouvelle à m'annoncer. Je souris et me dirigeai vers la porte, après notre discussion ennuyeuse sur "mon futur colocataire" il y a de cela trois mois, nous ne nous étions revu qu'à deux reprises pour des enquêtes, la dernière datait d'il y a trois semaines. Sa venue était généralement  une bonne nouvelle pour moi, pourtant… Cette fois là, je ne la sentais pas vraiment, comme si….quelque chose d'horrible allait s'abattre sur moi. Soit il se passait vraiment quelque chose, soit une heure de sommeil n'était plus suffisante.

"- John ! Il y a une nouvelle affaire….? Ou peut-être viens tu pour m'annoncer le prénom du bébé….! Tu as raison, c'est toujours mieux en face à face !"
"-Pas exactement, non…."

Le sourire qui peignait ses lèvres n'avait en rien l'air d'être bénéfique. Toujours se fier aux premières impressions. Toujours. Je gardais le silence, me préparant au choc que j'allais sûrement recevoir.

"-J'ai trouvé ton futur colocataire !" fanfaronna t-il
"-Quoi ?"

…. C'était plus dur que ce que je pensais. J'avais l'impression de m'être reçu un coup de poing dans le ventre. Ce n'était pas possible ! Comment moi, l'expert de la déduction, avais je pu échouer…? Non, non…. Surtout comment John Watson a-t-il pu faire preuve d'intelligence et de ruse ? Comment ? Dites moi, comment ? Il avait prévu son coup… Je n'avais jamais vu sa fourberie…Fourbe… Tout en ignorant le fait que je bouillais à présent comme une cocotte minute, il continua:

"-Enfin, plutôt "elle". Elle devrait arriver dans deux jours si tout va bien."

Il ricana, d'un air fier.

"-Tu te demandes comment j'ai fait, hein ? Et bien c'est simple, j'en ai parlé à Mary qui m'a rappelé qu'elle avait une cousine, qui avait reçu une promotion et qui venait travailler à Londres. Elle cherchait désespérément un appartement, alors on a sauté sur l'occasion, tu penses !"
"-J'avais deviné, merci. Je me souviens de la soirée où elle nous en a parlé. Et il était évident que tu allais tout dire à ta femme… J'ai fait le lien, ce n'est pas bien compliqué." répondis-je d'un ton sec
"-Oh moins, comme ça, on verra les deux en même temps quand on viendra."

J'avais été bête, si bête….Tellement bête… Je réfléchissais à toute vitesse…Si seulement, j'avais mes patchs, ça irait plus vite… C'était une cousine de Mary…. Mary -qui n'était même pas son vrai nom d'ailleurs- était une russe ex-tueuse à gage travaillant pour le gouvernement… Il y avait des chances très minimes, mais existantes qu'elle ne soit pas si ennuyeuse que cela…

"-Cette cousine….Elle est…?"
"-….Au courant de rien." continua Watson. "Elles ne se sont rencontrées qu'après la re-convertion de Mary. Je compte sur ton silence."

Je me dirigeais à pas lourds vers le canapé et m'y laissais tomber.

"-John…. Une fille ordinaire… ! Tu veux que je vive avec ça ? " je souris nerveusement. " J'ai eu déjà du mal a supporter Janine une semaine. Être agréable…! John…. Il n'en est pas question."
"-Trop tard."

                                                                                                                                                   ***
Midi s'annoncerait dans dix minutes. Ce temps passé, je dirais adieu à ma vie paisible de solitude. Au nom de la bonne conscience de John, j'allais dorénavant devoir supporter l'odeur pestilentielle du vernis à ongles, les émissions de télé réalité ou je ne sais autre torture de ce genre. Une fille…. La bonne blague. Synonyme parfait de superficiel.  Mary et Irène étaient les deux spécimens pour lesquels je n'éprouvais pas une totale aversion, n'étant pas totalement idiotes, ni pot de glue comme Molly. Parfois, je me demandais encore pourquoi j'avais choisi John comme assistant. Cela crevait pourtant les yeux, non, que je ne supportais pas ces dindons piaillant à longueur de journée ! Si cela continuait, j'allais finir par être tenté de le remplacer. Je faisais les cent pas dans l'appartement en désordre. Mes patchs, mes patchs, je voulais mes patchs. J'entendis le bruit d'un moteur s'arrêter. Midi moins cinq. Elle était en avance. Je ne pris pas la peine de regarder par la fenêtre. Je profitais plutôt des quelques secondes restantes pour regrouper hors de portée les objets qui m'étaient précieux: a tout les coups, j'allais tomber sur une maladroite. La porte s'ouvrit en bas. Son pas sur les marches grinçantes de l'escalier m'indiquait une petite corpulence, très peu de bagages, et une jambe plus longue que l'autre. Je m'allongeais sur le canapé, dans ma robe de chambre bleue. La dernière marche, les premiers pas.

"-Ouah, c'est grand ici !"

Voix qui montre un comportement décontracté et désinvolte. Nouveaux pas.

"-Y a quelqu'un ?"

Je me redressais et lui jetai un coup d'œil désintéressé. Analyse du sujet: 24 ans, excellente dentition, 1 m 63.  Elle ressemble à une universitaire à peine sortie du campus: vieux sweat, écouteurs dissimulés sous sa chevelure, prouvant une indifférence totale. Travail qui ne lui prend pas tout son temps. Veuille tard sur son ordinateur, sort rarement de sa chambre. Tant mieux. Collectionne les petits copains. Essaye de se mettre au sport. Cuisine rarement, commande Thaïlandais, d'après l'odeur. Qualifiée de jolie, cause de traits assez délicats, grands yeux, chevelure blonde vénitienne et épaisse. Amatrice de vieux rock. Analyse terminée.
Je la surnommais immédiatement "Le parasite". C'était exactement ce qu'elle était: un sale parasite. Je ne voulais pas d'elle ici. Il fallait qu'elle parte. Et le plus tôt serait le mieux. C'était une fille, ce ne serait pas bien difficile. Une semaine et demie, elle ne tiendra pas plus.

"- Lily. Enchantée."

Non, tu n'es pas enchantée. Surprise, par contre. John et Mary ont du légèrement te mentir sur mon compte. Pauvre Parasite, tu ne sais surement pas que tu as affaire à un sociopathe… Je ne fis pas l'effort de la courtoisie, inutile.

"-Sherlock." grognai je

Ce qui m'étonnais chez Parasite, c'est l'unique besace qu'elle transportait. Ce n'était pas le genre du sujet d'avoir si peu de bagages, trois valises de vêtements au minimum. Fracas dans l'escalier. Watson apparut dans l'encadrement de la porte, essoufflé, trois valises dans les bras. Je souris, moqueur. Pauvre John… Tu servais donc de sous fifre à Parasite. Mais bon, avec ta vie de couple, tu dois être habitué à faire les petites besognes des femmes. Tu es un dominé de nature, une des raisons pour lesquelles je t'ai choisi.

"-Johnny-John ! Merci pour les valises ! Tu peux les poser là !"

Johnny-John…..Johnny-John… J'espère que je n'hériterai pas moi aussi d'un surnom aussi ridicule. "Johnny-John" posa les valises aux pieds de Parasite, qui ne tenait pas en place. Elle ressentait le stupide besoin de marcher dans l'appartement pour se persuader qu'elle est ici chez elle. Ce qui n'était absolument pas le cas. Je me recouchais la laissant finir son petit tour. Je considérais toutes les possibilités de situations qui la ferait partir. Juste a faire un rapide tri pour faire un classement des plus efficaces. Parasite souleva ses valises et nous demanda, à John et à moi:

"-Euh, et….Où est ce que je dors ?"

Je me redressais brusquement. Non, il n'était pas question qu'elle… Je coulai un discret regard suppliant à John, qui l'ignora.

"-Dans mon ancienne chambre, évidemment ! C'est à l'étage. Tu veux que je t'aide pour tes valises ?"
"-Non merci, ça va. Bon, je vais m'installer !"

Sur ces mots, Parasite disparut dans l'escalier. Je me levai d'un bond, et me mettais face à John. Vu la manière dont il bombait légèrement son torse, il était très fier de lui. Malheureusement pour moi, je l'avais trop bien habitué à mon courroux.

"-John…. S'il te plait…. Tu ne te rends pas compte !  Pas dans ta chambre…. Elle va y mettre son insupportable odeur de poulet coco et de parfum ! "
"-Et où tu veux qu'elle dorme, Sherlock ? Dans le grenier ? Pas question. Et ce n'est plus MA chambre maintenant. Ne me regarde pas comme ça, ça ne changera rien. Allez, vois le côté positif des choses ! Cohabiter avec une fille, c'est "une expérience" non ?"

Il me tapota l'épaule et s'en alla, me laissant lâchement avec Parasite, sous prétexte que sa femme l'attendait pour déjeuner. En parlant de déjeuner, par chance, Parasite avait déjà consommé le sien, je n'eus donc pas à subir sa présence de l'après midi. Pas de nouvelle enquête, selon Lestrade. Aucun prétexte pour fausser compagnie à cette petite peste que je détestais déjà. Alors je restais allongé dans le canapé, à parler à mon crâne et à m'inquiéter des bruits à l'étage. Je m'imaginais les pires changements de décoration de mauvais goût. Si je retrouvais du rose, je l'assassinerai dans son sommeil. Quoique non… C'était la cousine de Mary, mieux valait éviter pour ma sécurité. Vers seize heures, les bruits cessèrent. Parasite descendit, sans m'adresser un regard, se présenter à madame Hudson. Je dus attendre quarante minutes pour qu'elle remonte dans sa chambre. Les femmes étaient si bavardes, c'en était affligeant. Par mesures de précautions, je descendis chez notre logeuse voir comment elle percevait Parasite. Mieux valait savoir qui était mes ennemis.

"-Lily ? Quelle enfant charmante, vraiment…."

Elle continua un discours que je ne voulus écouter: Malédiction ! Parasite avait ensorcelé Mme Hudson. Et je savais que je ne devais rien attendre de John et Mary. Les seules personnes susceptibles de me comprendre étaient celles dont je ne voulais entendre parler: Irène et Mycroft. J'étais donc seul contre tous. Peu importe. Elle partira. Je remontai. J'entendais l'eau de la baignoire couler. Elle n'a pas attendu très longtemps avant de prendre ses aises, celle là. J'ouvris le frigo, que je trouvais vide, si on mettait à part la tête et le doigt humains que Molly avait bien voulu me prêter pour  mes expériences. De toutes façons, je ne sais pas cuisiner, c'était John qui le faisait. J'ouvris donc mon ordinateur et lus l'article du blog de John. Il parlait de Parasite et de ma réticence à l'idée de partager l'appartement avec elle. Et comme d'habitude, ses hypothèses se révélaient inexactes.  Ensuite, pour combler mon ennui, je fis quelques recherches. Il était 20 heures quand Parasite descendit une nouvelle fois de sa chambre. Elle me salua rapidement, par unique politesse et se dirigea vers le frigidaire. Je souris. Pourtant, à mi chemin elle s'arrêta, se retourna vers moi.

"-Ah oui, c'est vrai ! Johnny-John m'a prévenue que le frigo était vide et il est trop tard pour aller faire les courses."

Menteuse, ce n'est qu'un prétexte. Tu n'as juste pas envie et pas l'habitude de faire la cuisine. Elle sortit son portable de la poche de son sweat de nuit et continua:

"-Je…."
"-Riz sauté aux crabes. Sans sauce." la coupai je en posant mon crâne sur un accoudoir du canapé.

Elle me fixa alors, médusée, ses yeux agrandis par la surprise. Elle essaya de lire en moi, en vain. Parasite devra dorénavant savoir que personne ne lit en Sherlock Holmes, encore moi une personne ordinaire comme elle. Ce serait une humiliation, si elle y parvenait.

"-Euh… Ok….! " finit-elle par répondre.

Elle chercha dans sa liste de contact qui semblait infinie, elle gardait donc tout les numéros de ses ex. Soit c'était utile, soit complétement stupide. J'optais pour la deuxième option. Elle finit par appuyer sur "Miam-Time" (drôle de nom pour un contact) et appeler. Elle passa commande, puis m'annonça que la nourriture arriverai d'ici une vingtaine de minutes. Elle descendit son pc, et s'installa dans le fauteuil de John. Pendant vingt trois minutes, nous ne nous décrochâmes le moindre regard, ni le moindre mot, chacun occupé derrière son écran. Puis le livreur sonna et elle alla ouvrir en bas. D'après le temps qu'elle y passa, elle devait connaître le livreur et discuter avec lui. Qu'est ce que je disais ? Tellement bavarde… Elle revint enfin avec le dîner. Je me redressais. Elle me tendit le sac en plastique contenant mon riz. Elle s'installa à mes côtés sur le canapé. Nous picorâmes alors en silence nos plats respectifs avec nos couverts en plastique. Elle mangeait moins que moi, étrange. Elle jeta nos emballages et nos couverts et remonta dans la chambre de John sans un mot. Les heures passèrent, d'un ennui. Je maudissais Parasite, sa présence m'empêchait de jouer du violon. D'habitude, cela me détendait et m'aidait à m'endormir. Mais privé de ce rituel nocturne, je restais en éveil, toujours dans ce canapé à écouter les doigts de Parasite taper sur son claiver. L'ennui me consumait. Mon pire ennemi après Moriarty. Je finis par saisir mon portable:

John, je m'ennuie. SH

Sherlock, tu es conscient qu'il est 2 heures du matin ? JW

Oui, mais tu m'as bien répondu. SH

J'ai l'habitude de tes crises d'ennui nocturnes maintenant. Tu as failli réveiller Mary. JW

Ce n'est pas de ma faute si je m'ennuie. Les enquêtes me manquent, et Parasite est complétement inintéressante. SH

"Parasite" ? Tu veux dire Lily ? JW

Appelle la comme tu veux, "Johhny-John". SH

Arg. Ca reste entre nous, hein. JW

Mme Hudson m'a demandé de tes nouvelles, d'ailleurs. Elle voulait savoir si notre "séparation" ne t'avait pas trop affecté. SH

Nous n'étions pas un couple…. JW

Exact. Je lui ai dit que tu préférais les hommes comme Lestrade. SH

JE NE SUIS PAS GAY. J'ai épousé Mary, je te signale ! JW

Gay refoulé, John, gay refoulé, ça crève les yeux. SH

Je te préviens Sherlock, tu fais encore une fois allusion à ça, j'éteins mon téléphone. JW

Tu fais ça parce que tu sais que j'ai raison ! Il n'y a aucun mal à ça, tu sais. J'accepte ta différence moi. SH

Bonne nuit Sherlock. JW

John ? SH

John…? SH

Je posais mon portable à terre. Zut, je n'aurais pas du autant insister… Mais le taquiner était irrésistible, c'était un de mes passes temps préférés. Mais là, j'étais revenu à la case départ. Je fermai mes paupières, me laissant bercer par les frappes irrégulières de Parasite. Je me le promets, bientôt, elle partirait…. Bientôt…. Le sommeil me submergea.

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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Mer 18 Mar - 8:18

Selena, récemment renommé "La complainte de Marttyr" chapitre 3 "Le temps des secrets" (partie 1)

Après un petit moment à se remettre de ses émotions, elle descendit dans la cuisine: sa course poursuite l'avait assoiffée. Les idées, les questions, fourmillaient de partout, au point de lui en faire mal à la tête. Pourquoi brulait-on ces livres ? Comment le roi corbeau avait-il eu accès au trône, finalement ? Personne ne lui avait jamais raconté… Les récents événements avaient réveillés quelque chose chez elle, une soif de savoir inexpliquée, différente de celle qu'elle avait en tant que simple voleuse où elle était simplement curieuse du passé. Sa propre civilisation n'avait elle-même pas de raison, pas d'histoire, c'en était déconcertant. Elle manqua de lâcher son verre en terre cuite quand elle remarqua la présence derrière elle. Un frisson lui parcourut l'échine. Elle se retourna brusquement pour faire face à…. Sa mère. Elle soupira de soulagement. Celle-ci se trouvait en haut des petits escaliers, comme figée. Selena la trouvait différente de d'habitude.

"-Ah maman, tu m'as fait peur. Qu'est ce que tu fais debout à cette heure ci ?"

Pour toute réponse, sa mère se jeta dans ses bras et l'étreignit. Selena se crispa légèrement, surprise par ce geste. Les étreintes n'étaient habituellement réservées qu'aux jeunes enfants, effrayés par les ombres des arbres ressemblant à des monstres sanguinaires, avant qu'ils n'apprennent que ceux-ci existaient véritablement, seulement sous une autre forme…. Les disciples… A un âge passé, toutes ces marques d'affection disparaissaient. Pas par obligation mais la société était comme cela. La relation mère et enfants ne se résumait plus qu'à un respect mutuel. Selena sut alors que tout de suite que quelque chose n'allait pas. De plus, elle remarqua que sa mère était secouée de légers spasmes. Ne sachant, quoi faire, elle caressa la chevelure ébène grisonnante de sa génitrice d'une main hésitante et attendit que celle-ci se calme un peu.

"-Maman… Est-ce que tout va bien ?"
"J'avais cru qu'ils t'avaient pris, je…."
"-Mais qui ça maman ?"
"-Les disciples… Amélia m'avait dit qu'elle t'avait vue avec eux et…. Qu'ils te cherchaient des ennuis… Et tu ne rentrais toujours pas…."
"-Tout va bien maman…. Mais….tu as bien dit Amélia…??? La Amélia ? La marchande de chaussures bon marché de la Basse-Ville ?"

Sonia (vous devinerez tous que c'était le nom de la mère) se mordit la lèvre inférieure. Paniquée, elle en avait trop dit, beaucoup trop dit. Il y avait un temps pour tout, là venait celui des explications. Elle inspira. Expira. Se détacha de sa fille et plongea son regard dans ses yeux verts. Elle ne pouvait pas revenir en arrière, elle le savait. S'ouvrir après des années de secret n'était cependant pas une chose facile, encore plus si on risquait de perdre un être aimé. Selena le comprenait mieux que quiconque et attendait patiemment qu'elle soit prête. Sonia finit par lui designer la chaise rangée sous la table au coin de la cuisine. Selena s'y assit. Sa mère ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Selena ne se décourageait pas pour autant, mais les questions se faisaient de plus en plus nombreuses: Était ce si grave que cela ? Mais sa patience fut récompensée quand son interlocutrice commença, d'une voix un peu chevrotante:

"-Par où commencer…? Par le commencement, je suppose. Eh bien…. Enfant, comme certaines autres, je ne faisais pas partie de la Haute-Ville. Amélia était ma meilleure amie… Nous avons passé notre enfance ensemble, nous volions en ville la plupart du temps pour subvenir a nos besoins. Être orphelines, ça rapproche. Puis, nous avons atteint nos 14 ans et été contraintes de passer notre serment de la lune mauve. Avec mon physique plutôt avantageux, j'ai pu monter en épousant ton père… Malheureusement, Amélia n'a pas eu cette chance. Nous ne devions pas nous revoir mais…. L'amitié…. Elle me sert également d'informatrice. Elle est mes yeux et mes oreilles dans la Basse-Ville. Pour qu'elle puisse garder un œil sur toi et tes…petites affaires si tu vois ce que je veux dire."

Selena baissa les yeux. Bien que la dernière partie l'alarmait légèrement, elle était surtout choquée. Elle n'en avait jamais autant su sur sa mère. Elle savait que celle-ci était orpheline mais… Cela se limitait à cela. Elle comprenait à présent pourquoi elle n'en avait jamais parlé à quelqu'un, encore moins à elle ! Monter dans la Haute-Ville était une chose assez fréquente, mais y garder ses anciennes fréquentations…. Ce n'était pas puni par la loi, mais ce geste, c'était se punir nous même à un rejet social. Toutes nos connaissances, nos "amis" nous reniaient et faisaient tout pour nous nuire. Les rares personnes ayant osés révéler leurs fréquentations au grand jour avaient subit l'existence pénible, invivable de la solitude et de tout le venin craché sur leurs dos. Certains cas allaient même très loin, il arrivait que les maris chassent leurs femmes de la maison. Et Selena connaissant son père, ne serait pas surprise s'il le faisait.  Selena  la trouvait juste admirable et courageuse d'oser faire cela, sachant que l'on peut être découverte à tout moment. Elle lui prit les mains avec douceur.

"-Tu n'as pas à t'en faire, maman. Je ne dirais rien."
"-Merci beaucoup ma chérie. Tu sais, il faudrait que tu fasses plus attention. On pourrait finir par te voir."

Aussitôt, le visage de Seth s'imposa dans l'esprit de Selena, de manière si brutale qu'elle eut un léger mouvement de recul. Avec toute cette histoire, elle l'avait presque oublié. Ce n'était pourtant pas le moment. En cachant son malaise naissant, elle annonça à sa mère que sa balade et toutes ces révélations l'avaient éreintée. Après lui avoir souhaité bonne nuit, elle se dirigea vers sa chambre à l'étage. Pourtant, quand elle commença à gravir les marches de briques couleur sable, Sonia la retint:

"-Selena….?"

L'intéressée se retourna.

"-Oui maman…?"

Celle-ci hésita un instant, puis d'une voix bien moins certaine, les yeux fixant le sol, elle répondit:

"-Ce….ce n'est rien. Laisse."

Un peu confuse, Selena rejoignit sa chambre, rangea sa trouvaille sous son lit, puis se glissa dans ses draps noirs. Il lui fut presque facile de trouver le sommeil… Quand elle se réveilla, le soleil était déjà haut dans le ciel. Son esprit était un peu moins embrumé que la veille après cette nuit de sommeil réparatrice. Elle se sentait prête à affronter ses problèmes de la veille, ce qui lui annonçait une journée bien remplie. Mais tout d'abord, elle devait déjeuner. Ayant jeuné hier soir, elle mourrait de faim et elle savait qu'il était plus judicieux d'avoir l'estomac plein avant de s'atteler à une tâche difficile. Sans prendre la peine de se coiffer, elle descendit de l'escalier au petit trot. Elle entendit des voix en bas, ce qui l'étonna: rares étaient les visiteurs, les seules personnes fréquentant la bâtisse n'étaient que sa mère et elle-même. Laissant ses réflexes de voleuse prendre le dessus, elle se cacha dans un angle mort de l'escalier pour écouter la conversation. N'étant malheureusement pas assez proche, elle n'en perçut que des bribes.

"-….Crois pas….Elle….Devrait….Au courant….?" Elle y reconnut aisément la voix de sa mère. Maintenant fallait t'il savoir qui était en interlocuteur.

"-…Pas la perturber….Puis….Pas possible…qu'elle soit…. "

Amélia. Amélia était ici. Mais comment….? On l'aurait vue passer par la rue… Il y eut une petite série de messes trop basses pour que Selena puisse les comprendre, avant que Sonia ne déclare un peu plus fort, assez pour que Selena puisse en entendre tout le contenu.

"-Il ne faut pas qu'elle te trouve ici ! Elle ne devrait pas tarder à se réveiller…. Passe par la porte de derrière."

La…..Porte…De derrière ? Le calme de son esprit n'était que temporaire, son temps de répit avait pris fin. Selena avait passé toute son enfance, la plus grande partie de sa vie, entre les murs de cette maison et jamais, elle ne se serait doutée l'existence d'une porte de derrière, cachée. Elle se sentit légèrement trahie, par sa mère, par sa maison. En cet instant, elle n'avait qu'une seule question en tête: combien de secrets lui cachaient encore ce royaume, ce roi, sa maison, sa mère ?  Elle passa une main dans sa chevelure ébène, l'esprit embrouillé: elle n'avait plus qu'une envie. S'enfermer dans sa chambre, loin du reste du monde. "C'est la crise d'adolescence" disaient certains marchands de la Basse-Ville dans ces cas là. Personne n'avait idée du sens du mot "adolescence", mais il paraîssait que cette expression datait de la nuit des temps. Elle entendit les pas des deux femmes s'éloigner, pourtant, elle ne bougea pas. Quelques minutes passèrent et sa mère revint à nouveau dans la cuisine. Elle reprit sa respiration, tâchant de reprendre son masque neutre habituel et au bout de deux minutes, acheva sa descente de l'escalier, un sourire d'une joie parfaitement illusoire aux lèvres.

Son petit-déjeuner se passa dans le silence. Elle contempla son omori sans grande faim. Pourtant, c'était de loin l'aliment le plus appétissant de ces terres. Le plus officieux aussi. Il y a de là quelques années, lors d'une des nombreuses disettes, on avait déterré cette racine noire et sèche. Avec désespoir, on l'avait goûté et avec la plus grande des surprises, on lui avait découvert un goût sucré. Il y en avait en abondance, et il n'en manquait jamais. Cependant, cet aliment n'était ni répertorié, ni validé par le roi Corbeau, alors, on le vendait sous la cape. Ce commerce n'était pas des plus discrets, les disciples étaient au courant, mais ne disaient rien, sûrement par nostalgie. Quoiqu'on puisse dire, chacun d'eux avait été un jour le petit enfant innocent qui le dévorait avec un étincelant sourire. Mais d'humeur si sombre, Selena n'en croqua pas un morceau. Elle attendit que sa mère vaque à ses diverses occupations pour quitter la table, la mort dans l'âme, et rejoindre sa chambre.

Après avoir contemplé le ciel ensanglanté, comme chaque jour, elle se jeta sur son lit et entreprit de feuilleter son nouveau trésor, pour se changer les idées. Mais ce fut vain. A son grand désarroi, il ne s'agissait en aucun cas d'un mode d'emploi pour utiliser son violon. Sur toutes les pages, sans exception, des petites tâches noires sur et entre des grandes lignes. Placées comme au hasard, n'importe ou. La jeune fille fut partagée entre sa frustration et sa curiosité. Qu'est ce que cela voulait bien pouvoir dire ? Cela devait forcément  avoir un sens ! Serai ce un langage secret, codé ? Elle passa ainsi deux longues heures, immobiles, ses fins sourcils froncés, a retourner l'ouvrage dans tout les sens, a envisager toutes les possibilités possibles de lettres dissimulées, jusqu'à ce que l'on frappe quatre grands coups secs à sa porte, l'obligeant à interrompre ses recherches.  Elle saisit mécaniquement son ouvrage d'apprentissage de la cérémonie de la lune mauve, qu'elle ne feuilletait qu'uniquement par obligation, sachant que c'était une excellente excuse pour faire fuir les visiteurs quand elle recherchait la solitude.

Elle descendit de nouveau les marches du grand escalier, sans prendre la peine de regarder par la fenêtre. Elle se moquait bien de qui pouvait être cet individu qui arrivait à l'improviste. Peut-être n'aurait-elle pas dû. Elle ouvrit la porte d'un coup, agacée, prête à réciter son dialecte monotone priant de repasser plus tard dans la journée, quand, avec effroi elle l'identifia.  Seth. Un cri naquit au fond de sa gorge mais y resta coincé. Ses jambes paraissaient tout à coup très instables et c'est avec un effort surhumain qu'elle garda son calme. Elle était terrifiée. Elle le savait, il était là pour elle ! Son instinct lui criait de lui refermer la porte au nez, de prendre sa tyrolienne et de partir le plus loin de lui, mais ce geste paraitrait trop suspect et elle était de toutes façons trop paralysée pour bouger. Le chef de brigade des disciples des corbeaux esquissa un petit sourire cruel sur son visage habituellement dénué d'émotions.

"-Oh eh bien, Miss Selena, vous passez vos journées à réviser, il semblerait." susurra-t-il d'un voix glaciale et sarcastique "Si seulement toutes les jeunes filles prenaient exemple sur vous…."

Un frisson parcourra l'échine de l'adolescente et celle-ci se mordit l'intérieur de sa lèvre inférieure jusqu'au sang. Cette excuse, elle l'avait déjà utilisée la veille ! Il était alors inutile d'espérer d'être crue. Sa vision se troubla de larmes, mais elle resta droite, tremblante certes, mais fière et bégaya malgré sa langue pâteuse:

"-Que…Que puis je pour vous ?"

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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Sam 11 Juil - 16:08

Dans le noir... (Partie I):
 

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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Jeu 30 Juil - 23:07

La complainte de Marthyrr-Chapitre 3, le temps des secrets (entier et modifié):
 

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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Dim 23 Aoû - 21:49

Nouveau projet: Happy End's Mission

[Bon. A.K parti, mon inspiration n'est plus ce qu'elle était. C'est malin. Cependant une idée m'est venue  à l'esprit. Je précise que certains détails ont pu être amplifiés pour plus de facilité scénaristique. Dites moi ce que vous en pensez ! Edit: si vous ne l'avez pas compris, c'est une sorte de...parodie de l'extrème, auto dérision, amusement sans prise de tête. C'est a prendre au second degrés parfois ! ]

Ca fait neuf ans neuf putain d'années que je n'ai pas eu un seul mot de ta part. Et pourtant ça fait neuf ans que je n'ai pas pu t'oublier. Et Dieu seul sait combien ça me pourrit la vie. Par exemple, alors que je suis confortablement installée dans les bras de mon petit copain actuel, Thomas, durant un câlin des plus agréables, je pense a toi. Nostalgie de merde, sentiments de merde, souvenirs de merde....

-Tout va bien Marie ? Tu as l'air stressée. C'est ton travail ?

D'un mouvement flegmatique, je tourne ma tête posée sur ses genoux vers lui. Ses prunelles brillent d'une inquiétude sincère.

-Nan, c'est rien chaton. Je suis juste...Fatiguée.

Quelle excuse originale dis donc. Ceci dit, c'est vrai que je suis crevée. Je n'ai pas arrêté de toute la journée. En même temps, pour me payer mes études en école de cinéma, il fallait bien que je travaille a mi-temps. Et il a fallut que le seul job disponible était trier les rendez vous des patrons dans un bureau, enfermée. Ce sont des véritables tortionnaires. Je me vengerai un jour. Thomas esquisse un sourire amoureux et dépose un baiser sur mon front.

-Ménage toi. Ton perfectionnisme et tes heures sup ne vont pas rendre ta paye meilleure, mon cœur.

J'ai un élan de compassion pour ce pauvre garçon. Il est tellement adorable, tellement attentionné, toutes mes amies en sont vertes de jalousie, et pourtant je n'ai, même pas après deux ans de vie commune, un soupçon de sentiment amoureux à son égard. Pourtant je l'apprécie, mais chaque marque d'affection, chaque baiser me rend mal à l'aise. Dans un couple, c'est "Lov and Sex on the beach" il me donne l'amour, je lui donne du sexe. Alors pour l'instant, notre couple marche plutôt bien. Bien sûr je feins de partager ses sentiments, mais il doit savoir au fond de lui qu'il y a du faux là dedans, non ? J'ai besoin d'amour et j'ai obtenu ce que je voulais. Plus d'amour qu'il n'en faut. Qu'on me traite de monstre, mais c'est le sort que je subis, maudite à n'aimer qu'une seule personne dans sa vie, et qui a fait un très mauvais investissement. Damnit.

Oui, bon, j'avoue, il n'était pas nécessaire de lui mentir. Qui pourrait gober que je fais des heures sup ? Je déteste mon travail, plutôt crever qu'en faire plus ! J'occupe deux heures de ce temps libre plongée dans des recherches...personnelles dont je ne veux pas qu'il en connaisse l'existence. Le retrouver n'était pas chose aisée. En neuf ans, il avait déménagé trois fois. Et il n'avait pas tenu sa promesse, il n'était pas revenu en France. Si Thomas avait su, il aurait pu se fâcher. Non, il se serait fâché c'est sûr. Mais bien que dans un couple, on est sensés tout se dire, je lui mentais quotidiennement avec une grande facilité, bien qu'avec une once de regrets. Mais j'étais tellement détachée de lui que je n'étais plus a ça prêt. J'étais avec Thomas parce que c'était facile. Tout comme lui était parti vers Katherine parce que c'était plus facile. Cette pensée me fait frissonner de jalousie. Je me demande s'ils sont toujours en contact...

-Tu vois, tu ne vas pas si bien que ça ! Tu frisonnes ! Tu as du attraper froid, c'est sûr. Demain, tu restes au lit !
-Mais, je....
-Pas de mais ! Je ne veux pas que ma bien aimée soit tellement prise de la gorge que je ne puisse plus l'embrasser !

Pour ponctuer sa phrase, il posa ses lèvres sur les miennes, avant de me repousser doucement sur le côté pour se lever.

-Ne bouge pas, je vais chercher le thermomètre !

Là, je me sens vraiment, vraiment, vraiment coupable. Mais même avec toute ma volonté, je ne peux pas l'aimer comme il pense que je le fais. C'est de sa faute aussi ! S'il n'était pas si gentil, je ne me sentirai pas aussi mal ! ...Non. Je ne peux pas lui jeter la première pierre. Je suis pire que lui, quand j'aime. Après un soupir, je me saisis du coussin gris et j'enfonce ma tête dedans. J'entends Thomas revenir dans le salon et rire en me voyant ainsi. Il s'assoit à mes côtés et me retourne sur le dos pour prendre ma température et je me laisse faire. En effet, a ma grande surprise, 39 de fièvre. Thomas est donc aux petits soins pour moi toute la soirée, c'est très agréable bien que cet arrière goût de culpabilité est toujours très persistant. Nous finissons notre soirée devant une comédie romantique intitulée "Le mariage de mon meilleur ami" que j'avais déjà vue une fois, le soir où.... n'y pensons plus. Je suis en larmes durant tout le film. Quelle injustice ! Pourquoi ne peut elle pas récupérer l'homme de sa vie de cette godiche ? Les comédies romantiques, c'est censé bien terminer ! Thomas s'efforce de me consoler et nous finissons par nous endormir a deux sur le canapé.

A mon réveil, il était déjà parti. Son boulot l'obligeait à se lever tôt. Je me levai avec flemme, les cheveux emmêlés et mes lunettes sales sur mon nez. Je me dirige machinalement vers le frigo en quête de quelque chose a grignoter. Dessus, je retrouve un post-it de mon petit ami me recommandant de me reposer aujourd'hui. Un nouvel élan de culpabilité. Je me fais une tartine que je mange a moitié. C'est décidé, aujourd'hui je ne fais rien. Je me remets immédiatement dans le canapé, mon ordinateur sur mes genoux. Cela faisait décidément trop longtemps que je ne m'étais pas accordé un temps de détente rien qu'à moi. J'ouvris ma boîte mail histoire d'effacer les pubs et de voir si rien d'important n'avait été reçu. Et là, je le vois. Un mail. Mais de lui. Neuf ans sans un mot ! Enfin ! Changement de plan. Aujourd'hui je fais tout. Je me lève d'un bond, excitée comme une puce, et me dirige vers la salle de bain. Je me lave me coiffe, mets mes lentilles, je m'habille avec un certain soin. Puis, je saisis mon téléphone.

-Allo chérie ? Qu'est ce qui se passe ? Tu as un problème ? Tu as vomi, tu....?
-Je te largue ! C'est fini ! Je me casse ! Allez salut !

Je raccroche. C'est cruel. Je m'en veux. Mais il fallait bien le faire un jour ! Ma fin heureuse est un pas plus près. TELLEMENT PLUS PRES ! Je suis hystérique. Je me jette sur mon pc, et ouvre enfin ce mail.

"Yo,
Je sais que ça fait des années que j'ai pas donné de nouvelles et que tu dois m'en vouloir, mais maintenant que nous sommes adultes, je veux bien retenter, si tu es d'accord, bien entendu. Je viens de me fiancer avec Katherine, notre mariage est prévu pour l'année prochaine. J'espère t'y voir ! Sur place nous pourrons discuter et voir ce que nous devenons l'un l'autre. Je suis vraiment désolé si je t'ai blessé dans le passé, j'étais un peu immature, et ce n'était certainement pas la bonne manière de régler ça. J'ai hâte que l'on puisse se revoir, et Katherine l'est surement plus que moi. Tu avais raison. La bonne manière de me pardonner est de rattraper mes erreurs. Désolé de m'en être rendu compte seulement neuf ans plus tard.

AK"


Tout mon bonheur retombe immédiatement pour laisser place a une rage et un désespoir que je ne n'avais pas rencontrés depuis.... tellement longtemps. C'était impossible ! Après neuf ans de silence, il me recontacte pour m'annoncer qu'il va se marier avec la fille la plus capable d'attiser la jalousie, et en plus de ça, il m'invite à son mariage ! Il n'a donc pas pensé que rien n'avait évolué depuis son départ ! Je me mets immédiatement à pleurer. Quelle injustice ! On se croirait dans le film d'hier soir...

Illumination ! C'est exactement ça ! Dans ce cas, il fallait que je... Mais j'avais un an, et... Je me dirige vers la chambre a coucher en alignant des pensées aussi incomplètes les unes que les autres. Je suis en train de prendre la décision la plus folle de ma vie, que je vais certainement regretter, mais aucun autre choix ne semble s'offrir a moi dans l'instant présent. Je monte sur l'escabeau, prends ma valise et commence a vider mes armoires. Mon portable sonne. Je raccroche a Thomas, pas le choix. Je ne peux pas revenir sur ma décision. A la place, je décide de composer le numéro d'une personne de confiance, pour lui exposer la situation. J'attends quelques secondes et une voix familière décroche a l'autre bout du fil.

"-Allo ? ...Friedrich, lâche les cheveux de ta sœur s'il te plait ! Yume ? Comment vas tu ? Ca faisait longtemps !"

Après l'avoir saluée, je lui explique donc mon problème de long en large: le mail, Thomas, le mariage.

"-Tu as bien fait d'appeler. Je sais que tu as envie de foncer, mais ce n'est pas la bonne solution."
"-Je sais, Camille."
"-Je suis rassurée. Je pensais que tu allais y aller et..."
"-J'y vais. Je te tiendrai au courant. Elle est cuite."

Je raccroche après cette magnifique référence au film que j'avais vu la veille. Je passe dans le salon, et saisis les pots contenant mes économies pour mes études de scénariste. Un goût amer s'installe dans ma bouche. J'étais prête à renoncer a mon rêve, mon emploi, ma vie tranquille.... Il fallait faire des sacrifices. J'embarque mon pc sous le bras et place le tout dans la valise que je referme. Tout cela n'était rien comparé à mon objectif numéro 1. Direction ? La Thaïlande. Objectif ? Avoir ma fin heureuse. Et ma fin heureuse, elle ne sera certainement pas sans lui.

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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Dim 10 Jan - 20:46

Le retour de nos pères:
 

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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Mar 5 Avr - 23:01

La paire

Dans le monde, depuis la nuit des temps
C'est bien connu: Toute chose marche par deux.
Chaque être, chaque pierre,
Tout ce qui est marche par paire.

Paire unie, paire brisée, paire impossible ou paire inavouée
Quelque part, comme des chaussures
Personne ne peut marcher seul.

Pourtant, naïve, j'essaye.
Ma paire s'est envolée, loin
En dehors de ma portée
Sous cette fatalité, j'ai longtemps succombé
Avant de fièrement me relever

J'affronterai seule.
Je n'ai jamais été son numéro deux
Elle était pourtant le mien
Quelle importance à présent ?

Jamais avec de la volonté, je n'ai pu retrouver
Cette volupté
Cette explosion de sens
Où même l'objectivité s'est effacée
Elle m'a fait découvrir la vie et ses plaisirs
Pour ensuite en un mot tout détruire.

Ravage, bulldozer
Dans le silence, une larme tombe
Amour, fatalité
Mais espoir malgré tout,
J'arpente seule,
Pour qu'un jour tu me reviennes


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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Ven 29 Avr - 20:20

A la Claire Fontaine...

Tandis que l'estomac de Selena se nouait plus à chaque seconde, son vénéré père, Ulrich ne disait mot et se contentait de continuer à avancer. Depuis ses dernières paroles inquiétantes, l'aîné avait saisi le poignet de sa fille et ne semblait pas prêt de le lâcher. Ensemble, ils se faufilaient tel un grand serpent, à travers la foule, sans jamais faiblir le pas. L'adolescente peinait à suivre l'allure, trop tourmentée: Quelle mouche l'avait piqué, pour qu'il veuille lui parler seul à seule ? Ses bêtises avec Seth et ce livre ne pouvaient être parvenus jusqu'à ses oreilles en si peu de temps. De plus, la brune avait aux yeux de l'intendant, autant d'importance qu'une poussière sur sa cape. Nuisible à sa réputation parfaite, mais insignifiante. Non qu'il avait une certaine rancœur envers elle, elle devait lui être particulièrement sympathique, seulement... L'affection n'était pas un avantage, et il n'avait ni de temps ni de place pour un tel loisir. Même au logis, elle ne doutait pas un instant qu'il ne prendrait le temps de se ménager. Le connaissant, elle savait qu'un emploi du temps net, précis et sans bavures était planifié, bien au chaud dans sa boîte crânienne. Ulrich était un être organisé dans tout point de sa vie, parfois même à en faire peur.

Malgré leur rythme rapide, elle sentait peser sur eux les regards aussi fascinés que craintifs des passants. Sa seule envie, à présent ? Se terrer dans un trou et ne plus en sortir. Elle détestait attirer l'attention, et à son grand damne, c'était chose fréquente ces derniers temps. Si seulement, rien qu'un instant, elle pouvait se fondre de nouveau dans la masse... A scruter les environs à la manière d'une étrangère curieuse, elle avait identifié les lieux malgré la vitesse, et savait à présent où ils allaient. Le marché. Elle n'en fut que davantage déboussolée: Pourquoi un tel lieu ? Son père n'y mettait jamais les pieds ! La foule le rendait toujours nerveux. Il ne s'y rendrait pas par hasard. Selena sut alors qu'il avait une idée derrière la tête. Mais laquelle ? Impossible à deviner.

Quand Ulrich s'arrêta enfin, le panorama du marché s'étendait en contrebas. Les habitants commençaient à peine à repeupler les allées formées par les étals divers. De là où ils se trouvaient, les bruns pouvaient parfaitement embrasser la vue, et distinguer les quelques personnes présentes. Selena observait l'autorité suprême du coin de l'œil. Impassible, les bras croisés, figé. Qu'attendait-il d'elle ? Elle sursauta quand ses yeux de serpent rencontrèrent les siens. La jeune fille détourna le regard, pour se concentrer sur le marché. Il devait avoir un élément à y remarquer, sinon, ils ne seraient pas ici... Elle scruta la foule et les bibelots sans originalité, perplexe. Au fil de son observation scrupuleuse, la brume de l'incompréhension se dissipa et laissa place à l'évidence.

Sa mère....elle ne la voyait nul part ! Si peu de temps n'aurait pas suffit à Sonia pour acheter toutes les provisions pour le repas de ce soir et ce marché était le seul de toute la Haute-Ville... Dans ce cas, où était-elle ? Dans les instants qui suivirent, l'adolescente inquiète continua de parcourir le marché des yeux, espérant la voir, mais elle se fit rapidement une raison: Sa mère n'était pas là où elle prétendait se rendre. Encore des secrets... De nouveau, elle posa les yeux sur son père. Le regard dans le lointain, il abordait l'esquisse d'un sourire satisfait. Aucun doute possible, l'intendant voulait qu'elle remarque cette absence. Il ne laissait rien au hasard. Une moue se dessina sur les lèvres pulpeuses de la brune: Même son père -qui n'était jamais là- en savait plus qu'elle sur les cachotteries de sa mère. Le sentiment d'ignorance et d'impuissance, mêlés à une évidente solitude avaient fait naître dans son ventre la crispation d'une colère sourde.

Elle serra les poings. Tout allait de travers, ces derniers temps... Selena n'était certes pas une enfant modèle, mais elle était certaine de ne pas mériter tout ce qui lui arrivait. La vie était dure, elle le savait. Ces événements ne faisaient que lui rappeler amèrement. Il ne fallait pas qu'elle flanche. La tête haute, jusqu'au bout. Pas le droit à l'erreur, surtout pas maintenant. Son père à ses côtés, elle devait être parfaite. Elle ferma les yeux et prit une brève inspiration, avant de se tourner vers Ulrich, toujours tourné vers l'horizon. Elle posa une main timide sur son avant-bras et demanda clairement:

"-De quoi vouliez vous me parler, père ?"

L'homme pivota de trois quarts et posa son regard inexpressif sur sa fille. Il sembla vouloir glisser une remarque piquante mais se ravisa. Ce n'était pas plus mal. Il ne répondit pas, mais saisit son bras -plus docilement cette fois ci- et le passa sous le sien. Après encore quelques secondes de silence, il se remit en marche, toujours sans dire un mot. Accompagné de sa progéniture, il descendit la pente sablonneuse et prit au hasard, une allée bondée du marché dans laquelle marcher. Malgré sa droiture, Selena sentait le bras de son père tendu. Avec le temps, l'adolescente avait pu relativiser et de son grand malaise ne restait qu'un nœud terré dans son estomac. S'il était fou de rage contre elle, il ne l'aurait pas emmenée dans un endroit public. La discussion semblait plus importante que dangereuse.

Sa crainte l'emportait souvent sur sa raison: bien que glacial, son géniteur restait un être courtois, qui montrait plus les crocs qu'il ne mordait. Tandis que la petite famille cheminait sans but, les cris et rire des passants se transformaient en chuchotis craintifs. Brusquement, Ulrich s'arrêta et se détacha de sa fille, pour lui faire face. De nouveau, il la toisa, des pieds à la tête. Selena retint son souffle. L'homme détourna pourtant un instant son regard, pour s'intéresser au comptoir en bois de l'échoppe où -pour le malheur du vendeur bien en chair- il s'était arrêté. L'intendant caressa la surface de son pouce et de son index, qu'il porta ensuite à son œil inquisiteur. Tout en claquant la langue de mécontentement, il frotta ses deux doigts poussiéreux, l'un contre l'autre. Sans lui lancer un regard, il s'adressa au vendeur:

"-Vous devriez penser à nettoyer votre comptoir. J'ai horreur de la poussière."

Tandis que le pauvre homme déglutissait, Selena se questionna: Cet instant d'inattention était-il volontaire ? Était ce une opportunité de fuir ? Quoiqu'il pouvait avoir été, elle agissait trop tard. Son répit était terminé. Les yeux de vipères de son père, d'un air plus solennel que jamais, se retournèrent vers elle. La brune se sentit transpercée une immense épine. Ce fut à son tour de déglutir. "Pourtant, il ne devait pas avoir matière à s'inquiéter..." Elle s'efforçait de se le répéter, sans y croire.

"-Selena."

Elle frissonna. Il l'appelait par son prénom. Terminés les "ma fille", "mon enfant" impersonnels. Il s'adressait à elle en tant qu'individu. Du moins, elle aimait le croire. Un mot aussi encourageant qu'effrayant. Ce qu'il devait lui annoncer importait énormément pour lui, s'il l'appelait par le nom qu'il avait choisi pour elle.

"-Le temps passe vite. Tu es n'es plus une enfant, c'est pourquoi je trouve bon, de..."

Son cœur manqua un battement. Elle ne l'entendait déjà plus. Son regard était porté au bout de l'allée, derrière les étoffes. Était-ce un songe ? Une vision ? Il lui semblait qu'une ombre familière se dessinait derrière le tissu.

"-Ma fille ! Entends tu ce que je te dis ?"

"-Je...Oh ! "

Elle sursauta et ne put se retenir de pousser un cri quand elle vit Seth émerger de sa cachette. Le disciple fit quelques pas sans la voir, puis leurs regards se croisèrent. Son air froid fondit aussitôt, un sourire cruel se profila sur le coin de ses lèvres fines. Tout était figé. Tout était horreur. Pourquoi était-il ici ? Le suivait t-elle ? Il voulait faire de sa vie un enfer, jusqu'au bout, elle n'en doutait pas. Pourtant, elle avait eu le sentiment qu'il voulait la ménager, pour ce premier jour de cauchemar. Alors, le hasard pouvait aussi se mettre à la haïr, lui aussi. Que croire ? Après tout quelle importance ? Son père était froissé, il fallait calmer son courroux. Pourtant, elle ne parvenait pas à quitter le monstre des yeux, tandis qu'il s'était soudainement mis à marcher en leur direction. Que mijotait il encore ?

Ulrich s'était tourné vers la source de son inattention, et même son influence supérieure ne l'empêcha pas de se raidir. Il s'était instantanément tu, et un silence craintif s'était installé alors que le jeune disciple marchait tranquillement pour les rejoindre. La cruauté de son sourire était à présent dissimulé par une attitude affable. Affabilité qui ne trompait plus personne depuis longtemps. Répondre par une politesse excessive, hypocrisie de la crainte. C'est ce que l'intendant fit, dès que son cadet arriva à sa hauteur. Pendant, qu'il se confondait en courtoisie inhabituelle -ne laissant pourtant rien paraître-, le sournois se nourrissait de sa peur.

"-Eh bien Monsieur Seth ! Bien le bonjour ! Belle journée n'est ce pas ? Que nous vaut donc ce plaisir ?"

Le jeune homme se permit le caprice de ne pas répondre et de l'ignorer: son regard était accaparé par le minois paniqué de la jolie brune. Quand elle osa croiser son regard, il prit une mine faussement surprise, et ria mécaniquement. Un rire qui sonnait copié, sans la moindre once de naturel. Excellent acteur, cependant dénué crédibilité. Selena sentit son père frissonner à l'unisson avec elle, à l'entente de ce son absurde et malsain. Un si charmant sourire, pourtant si faux. A le voir, qui pouvait se douter qu'un dangereux sadique en était la source ? Quel gâchis.

"-Eh bien, Miss Selena... Il apparaît que nous ne cessons de nous rencontrer. Serait-ce un signe du destin ?"

Abasourdi, désarmé, Ulrich qui pour une rare fois perdait tous ses moyens, laissa transparaître sa détresse. Ses yeux habituellement mi-clos s'étaient a présent écarquillés, et même sa cape ne pouvait dissimuler les tremblements nerveux qui agitaient son corps. L'intendant omniscient était dépassé par les évènements. Son regard inquiet alternait entre sa fille et la source de son trouble. Il déglutit silencieusement, et demanda, non sans que sa voix tremble :

"-..M-ma fille vous cause t-elle quelque ennui.. ? Je p-pourrai arranger cela..."

Face aux propos et sans doute à l'attitude de l'homme puissant, Seth éclata de rire de nouveau, réellement amusé cette fois. Était ce de bonne augure ? Certainement pas.

"-Comment cela ? Votre fille... Me mettre des bâtons dans les roues ? Pas du tout ! Je dirai même..."

Il fit une pause, et prit la main droite de l'intéressée, figée de terreur, qui assistait à cette piètre mascarade, impuissante.

"-...Que sa présence m'est délicieuse."

À ces mots, il effectua un rapide et froid baisemain à l'enfant, avant de relâcher sa poigne sans délicatesse. Un frisson fiévreux avait traversé Selena. Toxique ! Ce monstre était toxique ! Une sangsue, qui ne la relâcherait pas, tant qu'elle n'aurait pas payé le prix de ses actes. Ce baiser était une promesse. Une promesse de mort.

Sa tête lui tournait, tout devenait flou. Ce jour était trop chargé en émotions, bien trop pour une simple enfant de treize ans... Elle sentait l'inconscience lui tendre les bras. Pourtant, elle restait ainsi, debout et stoïque, attendant que tout s'arrête.

"-Hum, je serai bien volontiers restés plus longtemps, mais le devoir m'appelle. Nous nous reverrons bientôt, je l'espère."

Sans un regard de plus, le disciple tourna les talons et disparut paisiblement derrière les étoffes, laissant derrière lui ses deux premières victimes de la journée. Qui ne seraient certainement pas les dernières, à ne pas en douter. Pendant un instant, le silence reprit ses droits. Pas même un souffle ne se faisait entendre, comme si le jeune homme avait tout emporté avec lui. Père et fille se regardèrent, désemparés. Ulrich reprit ses esprits le premier: il soupira brièvement et posa une main encore tendue sur son épaule. Selena reprenait ses esprits. Le calme après la tempête. Après un énième silence, son géniteur reprit la parole.

"-Ma fille, tout ceci est...absolument formidable !! "

Son interlocutrice hoqueta de surprise.

"-Comment ?! "

"-Je venais te parler de mon futur gendre, des sélections et des manœuvres stratégiques à entreprendre pour avoir le parti le plus confortable possible mais... Tu avais déjà tout prévu ! Tu as dépassé toutes mes espérances ! Le chef des disciples, le favori du roi ! Si tu continues de maintenir son attention ainsi, tu finiras presque Reine ! Il n'y a plus grande fierté ! Comment as tu fait...? Oh, non cela n'a aucune importance ! Tu es ma fille et comme ton père, tu es un être exceptionnel ! Il est certes dangereux, mais soit obéissante et sage comme tu l'es toujours et tout se passera bien ! Oh, Selena..."

Et sans crier gare, il l'étreignit. Sa fille, sonnée, laissa son corps engourdi tomber contre le torse puissant de son père, en silence. Que pouvait elle dire ? Que pouvait elle faire ? Lui révéler les récents événements ne feraient que la mettre plus dans l'embarras. Seth gagnait, une fois encore. Laisser dire. Acquiescer mollement.

"-Nous sommes en avance sur ce qui était prévu. Très en avance même. Hum, tu sais quoi...? Je te laisse une demie heure de répit, tu l'as bien mérité. Je vais chercher ta mère. Rejoins nous à la maison. Pourquoi n'irais tu pas visiter ton amie aux boucles blondes ? Tu pourrais y trouver un intérêt. De mon côté, je n'ai pas de temps à perdre. Amuse toi bien ! "

Sur ces mots, il tourna les talons et disparut au pas de course. Si elle avait été dans son état normal, la brune aurait certainement pensé sérieusement à le suivre. Découvrir l'un des nombreux secrets de sa mère, c'était inespéré ! Pourtant... Elle le regarda partir sans broncher.

Elle n'en pouvait plus. Où qu'elle aille, ses erreurs passées venaient toujours la tourmenter. Elle avait besoin de calme, de tranquillité, de se vider l'esprit sans avoir la moindre crainte d'être dérangée. Elle se retourna. Pour cela, elle savait exactement où aller..

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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Lun 6 Juin - 22:03

"Tu sais dans la vie, on a jamais ce que l'on veut"
Ultimatum menaçant envers ceux qui se plaignent

Moi je sais que pourtant, tout cela est possible
Et pourquoi pas y croire ?

Mesurer ses envies
Arrêter en futilités
Ne garder que l'essentiel
Quérir le bonheur n'a rien de sorcier
Un espoir suffit
Et pourtant
Sans toi, le monde est gris

Personne ne m'avait confirmée
Suivant de loin mes déboires

Futiles plaintes
Adolescente en quête d'attention
Irrités, les adultes balayent du revers de la main
Sans que je puisse les contredire

Après tout, ils ont raison
Tu n'es qu'une chimère que je ne peux atteindre
Ton visage est dans mes rêves le plus réel
Et puis tant pis !
Ne puis-je faire que t'attendre ?
Tu n'iras pas plus loin
Il faut prendre son mal en patience
On ne sait faire que ça, dans ma caboche, espérer l'impossible
Ne crois pas que la distance puisse changer quoique ce soit à cela

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MessageSujet: Re: Welcome in my mad word !   Dim 19 Juin - 23:19

Etoile- Acte I-Prélude:
 

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