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 L'enfer, le silence (PV Ryuku)

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Emily
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MessageSujet: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Mar 4 Mar - 22:51

Le vide, le désert, le néant.
Comment suis-je arrivée ici ?

Le désespoir, sans doute. Ce désespoir qui en pousse plus d’un aux portes de cet endroit maudit. Bel endroit pour une maudite…

J’ai suivi un lapin –ou peut être était-ce un renard, je ne m’en souviens plus- dans son terrier, et pas après pas, je me suis retrouvée là. Un univers sombre comme le plumage des corbeaux, là où les rayons du soleil ne me brûleront pas, un univers sombre, peuplé de ruines et de morceaux d’arbres calcinés, et un sol de terre brûlées sur lequel traîne ma robe déchirée.

Le silence qui règne en ces lieux me fait penser à mon monde de Cendre. Je n’ai ni chaud, ni froid. Malgré mon apparence vivante, je ne ressens absolument rien. Cette impression de damnation est terrible. Il faut que je me reprenne, tout cela est purement psychologique.
Certaine de ma théorie, je frappe rageusement ma main sur une branche morte à l’écorce acérée, qui me griffe la paume. Quelques gouttes de sang perlent et s’écrasent sur le sol. Qu’est ce qu’il ne faut pas faire pour se sentir vivant je vous le demande ?...
Néanmoins, ce léger accès de folie me secoue légèrement et a pour effet de crever de la bulle de dépression qui était en train de se former autour de moi. Je me sens moins abattue, je me sens éprise d’un nouvel espoir. Je ne dois pas rester ici trop longtemps.

Alors que j’étais sur le point de faire demi-tour, une silhouette se dessine dans les ténèbres. Pas assez effrayée pour reculer, je m’avance un peu vers elle en la fixant. Mes yeux qui commencent à s’habituer à la pénombre distinguent de mieux en mieux ses contours : il s’agit là d’une figure frêle, mais plutôt masculine. Je pensais être la seule assez désemparée pour me retrouver ici, mais il semblerait que d’autres âmes soient également assez folles pour se risquer en ces lieux ! Je ne suis plus qu’à quelques mètres de l’individu. Piquée par la curiosité, je me lance :

-« Excusez moi, je… Je crois que je me suis égarée dans cet endroit dont je ne sais absolument rien. Êtes-vous ici depuis longtemps ? Vous pourriez peut être m’apporter quelques éclaircissements ?... »
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Mar 4 Mar - 23:51

Aucun rayon ne perçait les nuages, mais on distinguait encore assez nettement les formes.
Pas de soleil, ni de vent. Il ne faisait ni chaud, ni froid.
Le sol était poussiéreux, le lieu ne semblait être habité d'aucune âme, ou d'aucun esprit.

À la recherche de celui que j'étais, je me suis retrouvé ici, en cet endroit qu'on pourrait nommer le "néant". Comment ? En tombant dans un terrier de je ne sais quel animal. Comique, n'est-ce pas ? Pourtant ces terres du néant et portrait parfait de la dépression et du désespoir me conviennent bien. Il change de ce monde bruyant, futile et routinier duquel je viens.

Je m'assois et aiguise ma lame contre une roche. Un bruissement de tissu attire mon attention, puis j'entends un craquement. Après quelques pas, j'aperçois enfin la source des bruits. Un fin sourire étire mes lèvres sans que je ne m'en rende compte. C'était une jeune femme portant une robe de mariée, elle avait une allure quelque peu particulière. Ce n'était pas pour me déplaire, elle piquait même ma curiosité.

"Peut-être un peu de compagnie ? Ce monde aurait encore quelques surprises à me dévoiler ?" pensais-je

Elle s'avança vers moi et me demanda :
- Excusez-moi, je... Je crois que je me suis égarée dans cette endroit dont je ne sais absolument rien. Êtes-vous ici depuis longtemps ? Vous pourriez peut-être m'apporter quelques éclaircissements ?...
- Non, désolé. Je viens d'arriver, tout comme vous, répondit-je.

Elle paraissait gênée et tordait les mains d'...anxiété ? Il était rare que je me pose autant de questions d'un coup sur une personne. Je remarquais aussi une légère égratignure à l'une de ses mains.
- Étant donné que vous et moi ne connaissons rien à ce lieu, que diriez-vous de le découvrir à deux ? questionnais-je en prenant sa main blessée et l'entourant d'un mouchoir sorti de ma poche.
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Emily
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Mer 5 Mar - 15:30

Je sais que je ne devrais pas parler aux gens que je ne connais pas, aux inconnus, comme on les appelle. La dernière fois que cela m’est arrivée, lorsque je me suis rendue compte de mon erreur, j’en ai pleuré. Pleuré des larmes de sang. Mais le problème, c’est que je ne sais rien faire de raisonnable ou de sensé, et que je m’obstine à n’en faire qu’à ma tête, ignorant les risques au profit de quelques minutes intéressantes. C’est ainsi, que voulez-vous ! Je n'apprendrai jamais.
Le vent ne souffle toujours pas dans ce paysage désolé, et l’obscurité n’a pas faiblit. Mon nouvel interlocuteur, assis à côté d’un rocher, me souris avant de se lever et de s’approcher. C’est un jeune homme brun très mince, tout de noir vêtu.

-Non, désolé. Je viens d'arriver, tout comme vous. Étant donné que vous et moi ne connaissons rien à ce lieu, que diriez-vous de le découvrir à deux ?

Tout en déclarant ces mots, le garçon attrape ma main meurtrie pour la panser à l’aide d’un mouchoir. J’esquisse un mouvement de réticence avant de finalement le laisser faire. Ma blessure n’était plus douloureuse, mais le sang qui s’en échappait et qui avait déjà taché ma robe avait dû attirer son attention. Une fois le bandage de fortune terminé, je regarde mon curieux guérisseur avec un air reconnaissant. Mais je me sens faible. L’ambiance pesante de ce lieu rend mon tempérament inconstant, oscillant entre un courage instable et un abattement qui me ronge sans relâche, forgé par d’innombrables remords. Je n’ai plus la notion du temps et je ne pourrais dire si cela fait plusieurs heures ou plusieurs jours que j’ère en ces lieux. Fatiguée, je me laisse tomber sur le sol, m’asseyant sur la terre avant de prendre la parole :

-Merci beaucoup. Bien sûr, cela me rassure de savoir que je ne serais plus seule pour arpenter ce désert ! Je m’appelle Emily, et vous, quel est votre nom ?

Mon interlocuteur me semble très gentil. Le fait qu’il ait immédiatement pris soin de ma main me fait penser que je dois avoir en face de moi quelqu’un de bienveillant, et cela efface les quelques réserves que j’avais à son sujet. Je souris à mon tour, impatiente d’en savoir un peu plus sur mon nouvel ami !
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Mer 5 Mar - 23:48

Elle me remercie du regard. Seulement, une lueur de faiblesse persistait dans ses yeux. Pourquoi ? Pour moi, ce lieu était le paradis, calme et vide. Mais en y réfléchissant, il est aussi inquiétant et pesant même. Elle s'assoit à même le sol, elle doit être épuisée.

-Merci beaucoup. Bien sûr, cela me rassure de savoir que je ne serais plus seule pour arpenter ce désert ! Je m’appelle Emily, et vous, quel est votre nom ? me demanda-t-elle dans un sourire.

Mon nom... Aux oubliettes ! J'en ai pris tellement par le passé que je ne le connais même plus. Je regardais sur mon bras droit parcouru de lignes d'encre rouge, le nom le plus récent fut Ryuku. Pas de nom de famille. Nom d'emprunt ou de prochaine victime ? En fait, aucune importance.

- Mon nom est Ryuku, répondis-je.

L'encre avait presque totalement disparu, il y avait plus de place pour écrire. Je sortis un stylo et inscrivis le nom d' Emily juste sous mon nouveau nom. Réussirai-t-elle à me rassasier des mystères de ces mondes -du mien ainsi que de celui dans lequel nous nous trouvons ? Le silence se fit. Je dus certainement attendre plusieurs minutes à trouver comment la découvrir au mieux. Je finis par choisir la manipulation. Quel plaisir de voir à la fin de l'expérience, les larmes rouler sur les joues et d'entendre le coeur se briser ! Elle devait avoir repris un peu de force à présent.

- On commence l'exploration ? demandai-je en tendant la main afin de l'aider à se relever.
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Ven 7 Mar - 20:58

Je pense à trop de choses à la fois… Comment ? Pourquoi ? Combien ? Toutes ses questions que je me pose sur mes problèmes existentiels laissent peu de place à mon cerveau pour respirer. J’ai un peu mal à la tête, mais je ne suis pas à une douleur près. Et puis, tout cela commence à devenir de plus en plus supportable.
Je suis encore complétement perdue dans mes pensées lorsque j’entends la voix du garçon s’élancer dans les airs et prononcer un nom : Ryuku. Je n’ai jamais entendu ce prénom nulle part ailleurs. Cette preuve d’originalité me fait sourire, en plus c’est assez joli.
Quelques minutes s’écoulent en silence pendant que mon âme se décharge un peu de la fatigue et du découragement que m’avait procuré ce lieu. Le fait que je ne sois plus seule me soulage également. Bien que je ne sois pas franchement sociable, un peu de compagnie ne fait parfois pas de mal, surtout dans un lieu aussi pesant et inquiétant que celui-ci.

-On commence l’exploration ?

Ryuku me tend la main et je constate une multitude de graffitis écrits jusqu’en haut de son bras, à la manière d’un tatouage. J’aimerai savoir de quoi il s’agit exactement, mais l’obscurité des lieux m’en empêche. Ce n’est pas grave, j’aurai tout le loisir de lui demander plus tard !
Je me relève grâce à son aide en souriant. Alors oui, explorons ! Je regarde les environs : absolument tout se ressemble, sur cette terre désertée. Je n’ai aucune idée d’où aller, ni quelle direction prendre. Le néant est partout, alors choisir entre le néant de l’Est ou le néant de l’Ouest n’est pas forcément une chose aisée. Je tends l’oreille : peut-être qu’à défaut de voir, j’entendrai quelque chose d’intéressant. Après quelques secondes de silence et de concentration, il me semble entendre un léger bruit d’eau, peut-être le ruissellement d’une source, venir de la gauche. Oui, c’est par là que je veux aller ! J’ai envie de voir autres choses  que la terre et les cailloux de cette terre désolée. Je fais donc un pas vers l’Ouest en déclarant :

-Tout à fait ! Et si cela ne vous dérange pas, j’aimerai beaucoup que nous allions par là. Il me semble avoir entendu quelque chose d’intéressant.

Sans véritablement attendre sa réponse, je continue de marcher dans la direction qui m’attire. Je tourne tout même la tête dans sa direction pour être sure qu’il me suit et lance d’un ton enjouée :

-Au fait, Ryuku, comment êtes-vous arrivé ici ? Vous êtes-vous tout simplement perdu ou bien êtes-vous ici à cause de quelque chose de plus complexe ?

Cette question est amusante de ma part, car moi-même je n’avais vraiment aucune idées précise de comment j’avais pu atterrir dans cet endroit damné !
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Sam 8 Mar - 23:56

Elle attrape ma main et fixe un instant mon bras. Elle doit certainement se demander ce qui y est écrit. D'habitude, je cache mes bras mais comme il fait noir, je n'en ai pas besoin. Elle se relève finalement, un sourire aux lèvres. Emily regarde un peu partout autour d'elle certainement pour savoir où aller, je préfère lui laisser le choix. Je perçois cependant un bruit d'eau par la gauche mais j'attends tout de même sa décision. Elle commence à se diriger vers l'Ouest en déclarant :

-Tout à fait ! Et si cela ne vous dérange pas, j’aimerai beaucoup que nous allions par là. Il me semble avoir entendu quelque chose d’intéressant.
- Pas le moins du monde. Un bruit d'eau, peut-être ? souriais-je.

Je remarquai cependant qu'elle n'attendait pas vraiment ma réponse et continuait à marcher. Je la rattrapait, elle se retourna en souriant et me demanda :

-Au fait, Ryuku, comment êtes-vous arrivé ici ? Vous êtes-vous tout simplement perdu ou bien êtes-vous ici à cause de quelque chose de plus complexe ?
-  Amusante question ! Croyez moi ou riez, mais je suis tombé dans un trou et me voilà ici, répondis-je. Et vous ?

J'arrivais à sa hauteur. C'est vrai, comment on fait pour débarquer ici ?
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Emily
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Mar 11 Mar - 21:48

Ruyku me rattrape sans tarder dans ma quête de la source du mystérieux bruit - que je semble être la seule à avoir entendu - et d'un ton enjoué répond à la question que je venais tout juste de lui poser :

-Amusante question ! Croyez moi ou riez, mais je suis tombé dans un trou et me voilà ici, répondis-je. Et vous ?

Tombé dans un trou. Mhmm, voilà qui me semble être une explication plausible, oui, étant donné que j'étais moi-même arrivée ici en suivant le même procédé. Il semblerait que la curiosité en pousse plus d'un à explorer les terriers des lapins -ou des renards, encore une fois, je ne sais plus!- Mais bien entendu, tous les gens curieux n'atterrissent pas ici. Si c'était le cas, il y a aurait beaucoup trop de personnes portées disparues sur terre! Non, je pense que cet endroit, qui a véritablement quelque chose de fantastique et d’irréel, ne se présente qu'à de rares occasions. Et je serais curieuse de savoir pour nous l'avions trouvé, Ryuku et moi.

Enfin, là n'était plus la question! Il me semble qu'à son tour, mon interlocuteur m'a demandé comment j'étais arrivée ici, je me dois de lui répondre! Tout en continuant de marcher vers le bruit d'eau qui se rapproche de plus en plus, je déclare :

-De la même manière que vous! Mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'un coïncidence. Non. Je pense que pour pouvoir arriver ici, tout le monde procède de la même manière. Je pense aussi, qu'en plus, il faut avoir en soi une profonde mélancolie ou un ardent désir de solitude, sinon ce monde n’apparaît pas. Enfin, tout cela n'est encore qu'une théorie...

En effet, cela ne fait que quelques heures que je suis dans ce monde qui m'est totalement étranger, et pourtant, je meure d'envie d'en découvrir les rouages, de comprendre son fonctionnement afin qu'il n'ait plus aucun secret pour moi.
Le bruit de ruissellement est à présent tout proche. Plissant les yeux pour mieux distinguer les formes dans l'obscurité, je crois apercevoir sur le sol de légers mouvements à quelques mètres de nous. Intriguée, je m'approche afin de mieux distinguer ces curieuses ondulations : C'est bel et bien de l'eau. Le ruisseau n'est pas épais, il doit s'agir des méandres d'un fleuve. Le manque de lumière régnant dans ces lieux m'empêche d'évaluer la pureté de l'eau qui les parcours. Étonnée de constater la présence d'une source dans cette univers qui me semblait plutôt aride, je me tourne vers Ryuku pour lui demander son avis :

-De l'eau ici, c'est étrange, vous ne trouvez pas? Vous pensez que ce ruisseau même quelque part?

En attendant sa réponse, je m'abaisse un peu et trempe quelque doigt dans la source, pensant que l'eau serait d'une température plutôt tiède. Mais non : l'eau est gelée! Elle est si glacée que je retire immédiatement ma main de peur que mes doigt gèlent sur place et coulent à pic. Décidément, cet endroit n'a pas finit de me surprendre!
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Mar 11 Mar - 23:44

À ma surprise, elle ne rit pas. Elle sembla plutôt pensive un instant puis elle me répondit, tout en continuant à marcher :

-De la même manière que vous! Mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'un coïncidence. Non. Je pense que pour pouvoir arriver ici, tout le monde procède de la même manière. Je pense aussi, qu'en plus, il faut avoir en soi une profonde mélancolie ou un ardent désir de solitude, sinon ce monde n’apparaît pas. Enfin, tout cela n'est encore qu'une théorie...

Alors elle est arrivée de la même manière que moi ? Eh bien, on dirait que les gens aiment fouiller dans les trous de lapins ou d'un autre animal creusant des terriers. Concernant sa théorie, elle doit certainement avoir raison. Moi même, avant t'atterrir ici, je tentai de me souvenir comment j'en était arriver jusque-là et la seule chose que je souhaitai était que l'on me fiche la paix.
Les nouveautés de ce monde me ranimaient et attisaient ma curiosité, me tenant éveillé. Dans le monde réel, on a des livres pour tout vous expliquer, des règles à respecter -bien que je ne le que fasse rarement voir pas du tout, et tant d'autres choses restreignant notre liberté d'imaginer tant et tant de choses plus colorées que ce monde maussade. Ici, c'est à nous de tout découvrir.
Le bruissement de ce qui semble être de l'eau est de plus en plus clair. On aperçoit maintenant les mouvements de ce liquide ondulant. C'est juste un ruisseau, rien de bien constituant. L'eau a l'air plus ou moins pure, mais mieux vaux remonter en amont, on ne sait jamais. Ma camarade se tourne vers moi et me demande en plongeant sa main dans le ruisseau :

-De l'eau ici, c'est étrange, vous ne trouvez pas? Vous pensez que ce ruisseau mène quelque part ?
- Oui, je voyais ce coin plus aride. Pour savoir s'il mène quelque part, il nous suffit de suivre son cour.

La voyant aussitôt retirer sa main de là où elle l'avait plongé, j'en déduit que l'eau ne devait pas être d'une température très agréable. J'y plongeais moi le bout des doigts puis m'y enfonçait jusqu'au coude, quitte à me mettre à même le sol. L'eau froide me faisait du bien. Un de mes sujets d'observation m'avait fait remarquer que mon corps chauffait tout le temps. Si pour moi, l'eau était froide, elle devait être gelée pour Emily. Sortant mon bras de l'eau, je lui pris la main humide dans la mienne encore sèche et chaude espérant la réchauffer un peu avant de la tirer à ma suite, remontant le cour d'eau.
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Emily
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Jeu 13 Mar - 19:20

Ryuku n’hésite même pas une seconde avant de plonger sa main dans le ruisseau, même après avoir constaté ma réaction fulgurante ! Il immerge son bras jusqu’au coude, sans même sembler ressentir la moindre gène, ce qui m’étonne au plus haut point. De deux choses l’une : soit il cherche à m’impressionner et ignore la morsure du froid, soit il est réellement insensible à la température glacée de cette eau mystérieuse. L’air de rien, il retire tranquillement sa main de la source, alors que mes doigts peinent à se remettre du choc gelé qu’ils ont subi.

Alors que mon ami se relève, mon regard se perd dans le sombre néant du paysage. Il me semble apercevoir des volutes de fumée virevolter dans le lointain, mais ce n’est sans doute qu’une illusion d’optique. Il fait si noir, ça pourrait vite en devenir effrayant, mais cela fait bien longtemps que je ne crains plus l’obscurité.
Soudain, je sens Ryuku m’attraper la main. La sienne est brûlante, j’en conclue que ce n’est pas celle qu’il venait de plonger dans la rivière. Je demeure néanmoins assez gênée : j’ai perdu l’habitude du contact humain. Néanmoins, je ne veux pas risquer de blesser mon ami en arrachant brusquement ma main à son étreinte, persuadée en plus qu’il veut simplement réchauffer mes doigts engourdis par le froid.

Je me mets donc à suivre tranquillement le jeune homme le long du ruisseau. Alors que nous marchons à un rythme calme, je me demande ce que nous allons pouvoir trouver en suivant ce cours d’eau : Un lac ? Une mer ? Un océan ? Ou alors rien du tout. Si ça se trouve il n’y a rien de rien, et ce n’est qu’une rivière sans fin, destinée à rendre fous tous ceux qui chercheraient sa source.
Nous marchons ainsi plusieurs minutes dans un profond silence rythmé par nos bruits de pas et les clapotis du ruisseau. Une silhouette d’arbre se découpe au loin, il me semble que c’est le premier arbre entier que je vois depuis que je suis ici ! Aucune feuille ne pare ses branches, c’est un arbre mort. Bel et bien mort, comme à peu près tout ce qui se trouve ici - Sauf Ryuku, peut-être. D’ailleurs, cela me rappelle que je ne sais strictement rien de celui qui, actuellement,  me tient la main. Émergeant de mes macabres réflexions, je me tourne vers le garçon, lui demandant curieusement :

-Dites, que faisiez-vous avant ? Je veux dire, avant de vous retrouver ici, que faisiez-vous dans le « vrai monde » ?

Je ralenti légèrement la marche. Nous arrivons à la hauteur de l’arbre sombre et j’aimerais l’examiner d’un peu plus près !
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Ven 14 Mar - 22:39

Je sens une désagréable odeur me picoter le nez, vers l'amont du ruisseau. Il semble y avoir quelques âmes, finalement. Le bruissement de l'eau forme une mélodie apaisante, rythmée par nos pas. Dans le monde réel, je n'ai jamais été doué pour suivre un rythme, bien que je joue du piano. D'ailleurs, ce dernier me manque un peu. Je crois que c'est l'un des seuls objets auxquels j'accorde de l'importance.
Une silhouette d'arbre mort se dessine un peu plus loin. Complètement mort et desséché, sans aucune feuille, il fait penser aux arbres d'hiver. J'aime bien les paysages de cette saison. Ah ! Horreur ! Je deviens mélancolique ! J'ai envie de le planter mon couteau dans le bras, pour me réveiller un bon coup. Je remarque que je tiens toujours la main d'Émily. Je me tourne vers elle.

-Dites, que faisiez-vous avant ? Je veux dire, avant de vous retrouver ici, que faisiez-vous dans le « vrai monde » ? me demande-t-elle, une lueur de curiosité dans les yeux.

Que répondre ? Être honnête et répondre "un manipulateur brisant des vies et des cœurs pour rassasier sa soif de connaissance du cerveau humain" ou ne pas l'être et inventer un mensonge de n'importe quel genre ? Compromis.

-Un peu de tout, répondis-je d'un air mystérieux. Et vous, qu'est-ce qui explique cette magnifique robe ?

Cette question comportait un brin d'ironie. Sa tenue était celle d'une mariée mais elle était un peu en lambeaux. Nous arrivions enfin à l'arbre mort, ralentîmes le rythme. Je lui lâchais la main et vins et percher à une branche assez solide dans une position de chauve-souris, la tête en bas, les doigts croisés derrière cette dernière.
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Sam 15 Mar - 22:08


A quelques pas à peine de l'arbre sans âme, un curieux objet attire l'attention d'Emily. Il s'agit d'un élégant rameau piqueté de givre, comme si il venait de surgir d'une tempête enneigée. Le contraste qu'il affiche avec l'arbre inerte, mort depuis des millénaires, est saisissant: le rameau ne provient pas de cet arbre, c'est évident. Alors, que fait-il ici, dans ces terres où seul demeure l'incommensurable néant ?

Au plus profond d'elle-même, Emily sait que cette modeste branche lui est destinée. Elle décèle la singulière beauté de l'objet et son importante signification. Des souvenirs enfouis, souvenirs d’une nuit hivernale avec un personnage mystérieux, lui reviennent en voyant ce rameau qui l'attend paisiblement au milieu de rien. Emily se penche presque timidement pour le saisir. Dès que ses doigts se referment sur le bois étrangement tiède, le reste de ses doutes s'évaporent. Elle n'est plus sûre que d'une seule chose: la branche gelée lui appartient. C'est un présent cher à son coeur, et qui lui sera probablement très utile.


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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Dim 16 Mar - 18:38

Alors que nous ne sommes plus qu'à quelques mètres de l'arbre, Ryuku me répond d'un air mystérieux qu'il fait "un peu de tout". Voilà qui ne m'éclaire pas beaucoup ! Mais je peux comprendre certaine réserve à évoquer sa situation. Tout le monde a des secrets, ou simplement une envie de rester discret sur ses activités. Peut être devrais-je m'en méfier mais... Ce n'est vraiment pas mon genre de faire attention à ma propre sécurité, hélas, surtout depuis mon décès !

- Et vous, qu'est-ce qui explique cette magnifique robe ? Me demande-t-il à son tour, sans doute piqué par la curiosité.

A mon tour, je me trouve embarrassée parce cette question, car la réponse est longue et réveille en moi de pénibles souvenirs. Mais étant donnée le peu de précisions de la réponse précédente de mon interlocuteur, je ne me sens nullement obligée de tout développer en détail.

- Et bien, commençais-je, C'est l'un des seuls souvenirs qu'il me reste de ma vie d'avant... Voyez-vous, mon existence a connu un changement radical il y a quelques temps et...

Je m’interromps. Nous sommes arrivés au pied de l'arbre triste. Alors que Ryuku commence à escalader ses branches, quelques choses entre ses racines attire mon attention. Il s'agit s'un rameau couvert d'une fine couche de glace, que je ne m'attendais pas du tout à trouver ici. Je la ramasse pour l'inspecter de plus près et ainsi confirmer mes pensées.
Effectivement, cette branche givrée me rappelle bien des souvenirs... Et quels souvenirs ! Sur le coup de la surprise, je ne sais pas ce qui me retient de briser cette branche en deux. Sans doute cette curieuse aura qui en émane, j'ai l'impression qu'elle pourra beaucoup, beaucoup me servir. Je décide donc de la garder auprès de moi et la conserve soigneusement dans ma main. J'ai ainsi l'impression d'être une sorcière armée de sa baguette magique - bois de charme gelé, 28 centimètres et demi, avec un mystérieux pouvoir à l'intérieur.

Je me recule un peu de l'arbre pour prendre du recul sur la situation et aperçoit Ryuku suspendu à l'envers sur l'une des branches. Je me souviens que je n'avais même pas fini de répondre à sa question ! Après mon silence de quelques minutes, je continue donc :

- Et voilà  que je me retrouve ici, sans but précis. Que pensez-vous de cet endroit, au fait? Appréciez-vous cette solitude et ce silence? Moi je dois avouer que je commence à le trouver légèrement oppressant.

Après avoir prononcé cette dernière phrase, décide de m’asseoir un peu, histoire de reposer en prévision des longues heures de marche qui nous reste sans doute à accomplir. Les yeux dans le vague, je laisse mon regarde se perdre dans le néant tout en jouant avec mon vieil ami bâton givré.
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Mar 18 Mar - 19:23

À ma question, ma camarade détourna le regard, une main posée sur la poitrine. Nouveau sourire de ma part, j'eu l'impression d'avoir touché un point sensible. Un point douloureux, apparemment. De toutes manières, elle n'est pas obligée d'être précise, je ne l'ai pas été. Finalement, elle se lança : 

- Et bien, c'est l'un des seuls souvenirs qu'il me reste de ma vie d'avant... Voyez-vous, mon existence a connu un changement radical il y a quelques temps et...

Et...rien. Arrivée à l'arbre, elle fixe ses yeux sur ce qui semble être un rameau recouvert d'une couche de glace. La couche de givre est fine et brille de quelques éclats à la faible lumière de ce lieu. Emily la ramassa et la rapproche de ses yeux fascinés afin de mieux l'examiner. Elle observa cette branche comme un enfant qui fête son premier Noël, ce morceau de bois doit être important pour elle. Elle conserve finalement ce dernier dans sa main bien précieusement.
Elle ressemble à une sorcière comme ça. Une sorcière maîtrisant la glace, un peu comme dans le film de Disney sorti il n'y a pas longtemps dans le monde réel. Ou celui "Des cinq Légendes", pour le rameau.
Elle se recule un peu de l'arbre et dirige ses yeux vers moi. N'ayant pas terminer de répondre à ma question, elle poursuit :

- Et voilà  que je me retrouve ici, sans but précis. Que pensez-vous de cet endroit, au fait? Appréciez-vous cette solitude et ce silence? Moi je dois avouer que je commence à le trouver légèrement oppressant. 

Elle s'asseoir finalement et fait tourné son bâton entre les doigts, les yeux dans le vague. Il est vrai que nous devrions nous reposer en prévisions de la marche qui nous attend.
Ce lieu ? Oppressant ? Peut-être... Mon point de vue est souvent différent de la moyenne des gens. Le sang commençant à me monter -ou à me descendre, tout n'étant que question de point de vue- à la tête. Je me redresse et m'assois dos à l'arbre. 

- Ce que j'en pense ? commençais-je, c'est vague. Va falloir être plus précise, Emily. Mais c'est vrai que ce silence me fais un grand bien, et puis j'ai toujours plus ou moins vécu dans la solitude. 

Après ma réponse, le silence se fit maître des lieux. Au fur et à mesure que les secondes passaient, je me demandais si c'était la bonne réponse... Je change souvent vite d'avis sur les chose. Surtout en ce qui concerne la solitude. Finalement, au bout de quelques minutes, nous reprîmes la route.


Dernière édition par Ryuku le Mer 16 Avr - 14:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Dim 23 Mar - 14:50

Je crois que ce qui me manque le plus, depuis mon arrivée dans ce mystérieux lieu, c’est le vent. Ah le vent, rien qu’une brise légère, un souffle dans mes cheveux… Ah, le vent, mais où es-tu ?... J’en regretterai même le blizzard.
Ryuku descend de l’arbre et s’assoit aux pieds de celui, juste en face de moi. Alors que je me demande s’il avait entendu la question que je lui avais posée précédemment, je l’entends me répondre :

- Ce que j'en pense ? C'est vague. Va falloir être plus précise, Emily. Mais c'est vrai que ce silence me fait un grand bien, et puis j'ai toujours plus ou moins vécu dans la solitude.

Vraiment, le silence lui fait plaisir ?... Y a-t-il dans cette phrase, une manière plus ou moins subtile pour me demander d’arrêter de prononcer le moindre mot ? D’un autre côté, il a l’air d’apprécier ma compagnie et me demande même plus de précision dans mes questions, alors mes phrases ne doivent pas être si agaçantes que ça ! Perdue dans mes réflexions et ne sachant trop quoi penser de cette réponse, je reste muette un moment.
Pendant que les minutes s’écoulent dans un silence de glace, je m’interroge sur la poursuite de notre voyage : devrions-nous continuer de suivre le cours d’eau, ou changer complètement de trajectoire ? Le fil de la rivière est rassurant d’un certain côté, il est présent, il est quelque chose dans ce néant infini. Je n’ai pas envie de m’en éloigner, et recommencer à errer dans un vide terrifiant.
Je me relève donc en époussetant ma robe pleine de poussière et de cendres, conservant mon rameau gelé dans la main droite, et me tourne vers Ryuku, décidée à continuer la conversation :

-Je ne sais pas comment l’expliquer, mais ce lieu commence à avoir, à mes yeux, une allure de prison. Il m’étouffe. Ressentez-vous ce sentiment aussi, ou bien êtes vous toujours aussi heureux du calme que vous offre cet endroit ?... Quoiqu’il en soit, nous devrions reprendre la route, nous n’avons toujours pas découvert ce qui se cache en amont de cette source !

Après ce discours, j’esquisse un faible sourire pour l’encourager à me rejoindre. Je n’aimerai pas continuer ma route sans lui. Je crois qu’actuellement, il est la seule chose qui me permet de garder mon calme et de ne pas sombrer dans une folie profonde mêlée à du désespoir. Sans me répondre tout de suite, je vois le jeune homme se relever lentement et me suivre. Nous poursuivons donc notre chemin à travers les brumes, accompagnés par notre seul guide dans cette hostile contrée : le ruisseau.
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Mer 2 Avr - 16:33

Emily semblait perdue dans ses réflexions. Logeant mon menton au creux de ma paume, j'observais le ciel, si on pouvais qu'il y en avais un. Sombre comme tout le reste, aucune étoile, pas même la lune ne décoraient ce firmament sombre. Quelques poignées de minutes s'écoulèrent ainsi, accompagnées par la mélodie du ruisseau. Emily restait muette.
L'aurai-je blessée dans ma réponse ? Je suis vraiment pas douer pour parler aux gens...et ça date pas d'aujourd'hui...
Ma camarade se releva et lissa sa robe de quelques coups. Un nuage de poussières mêlée de cendre en tomba. Elle conserva tout de même son bâton de glace entre ses doigts.

-Je ne sais pas comment l’expliquer, mais ce lieu commence à avoir, à mes yeux, une allure de prison. Il m’étouffe. Ressentez-vous ce sentiment aussi, ou bien êtes vous toujours aussi heureux du calme que vous offre cet endroit ?...

Emily, hein ? Particulière comme fille. Particulière et amusante. La plupart des gens auraient eu une tout autre réaction. Elle voyait ce lieu sombre comme une prison, elle n'avait alors rien vu de la pièce où je passais la plupart de mon temps. Pièce remplie de meubles, de documents en tout genre, totalement close et froide, enfin chauffée par des machines à plein régime. C'était à peine si l'on pouvait poser un pied sur le parquet sans écraser une précieuse information. En résumé, oui, je pensais toujours la même chose de cet endroit.
Elle m'invita à continuer notre route à la découverte de l'amont du cour d'eau. Elle esquissa un faible sourire. Sincère, pas comme le monde de promesses illusoires dont se bercent la moyenne des gens.
Je me levais paresseusement, les mains au fond de mes poches. Emily commença à marcher, je la suivais. Fixant le bout de mes pieds un moment, nous continuons à remonter jusqu'à la source. À trop penser au monde réel, je deviens sérieusement nostalgique ! Quelques voix me tirèrent de mes pensées mélancoliques.

-VOUS AVEZ TENTÉ ME TUER !!! VOUS AVEZ TENTÉ DE ME TUER !!!
-QU'ON ME TUE ! PITIÉ ! QU'ON ME COUPE LA TÊTE !

Quel boucan ! Moi qui me réjouissait du silence...
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Jeu 10 Avr - 0:22

Ryuku ne me répond pas. Il semble vraiment apprécier ce silence, et je ne préfère pas le déranger. Je sais moi-même combien il est désagréable de parler lorsque l’on ne le désire pas. C’est pourquoi je décide de simplement continuer à marcher, le long de mon fameux ruisseau, bercée par la douce mélodie de l’eau, par les silences entres les respirations, par le bruit de mes souliers soulevant la terre…

-VOUS AVEZ TENTÉ DE ME TUER !!! VOUS AVEZ TENTÉ DE ME TUER !!!
-QU’ON ME TUE ! PITIE ! QU’ON ME COUPE LA TÊTE !

La première voix est féminine et plutôt aiguë, assez insupportable même, et ressemble un peu trop aux cris d’un animal que l’on égorge. La seconde, qui hurle également tout en implorant est celle d’un homme, visiblement désespéré. Y aurait-il d’autres esprits maudits par ici ? Les lamentations de ces êtres ressemblent en effet à des cris de damnés, promis à un enfer éternel. Sans doutes sont-ils devenus fous, après des années et des années d’errances ici, sans raisons ni buts ! Je jette un coup d’œil vers Ryuku qui a l’air tout aussi interpellé que moi, en plus d’être visiblement irrité par ce nouveau boucan.

Naturellement, nous nous dirigeons d’un accord tacite vers la source de ce bruit. Etant donné que les deux entités ne cessent de s’époumoner, les repérer n’est pas une épreuve très compliquée. Très vite, mon ami et moi nous retrouvons face à deux silhouettes émergeant de la brume. Celle de gauche est plutôt petite, mais possède néanmoins une tête démesurément grosse, tandis que celle de droite est plutôt grande et svelte. Ryuku et moi continuons de nous approcher, les discernant ainsi plus précisément : il s’agit bel et bien d’un homme et d’une femme, l’un vêtu d’une armure clinquante et rouillée, et l’autre habillée comme un monarque déchu. Quel curieux duo !
Lorsqu’il nous aperçoit émerger du brouillard, après un infime moment de silence, l’homme habillé comme un général de guerre court à notre rencontre avant de se jeter à nos pieds. Je remarque que dans sa course il entraîne péniblement sa compagne, car ils sont tous deux reliés aux poignets par une chaîne coriace. De sa main libre, il empoigne l’un des pans de ma robe traînant par terre avant de hurler à la mort :

-Je vous en supplie ! Je suis condamné à errer pour l’éternité enchaîné à cette femme ! Par pitié, abrégez mes souffrances ! Tuez-moi, tuez-moi !!!

J’écoutais vivement sa supplique tout en lui arrachant le tissu des mains d’un mouvement sec, reculant ensuite de quelques pas. Le tuer ? Et puis quoi encore ?! D’abord, je ne suis pas une tueuse, il est hors de question que je commette un homicide ! Ensuite, je ne suis pas certaine que cela lui rendrait véritablement service : d’après ce que j’avais vu de cet endroit, je serai prête à parier que les éternelles lois de la vie et de la mort n’y sont guère respectées. Dans ces contrés, il ne doit pas être possible de réellement mourir, puisqu’il s’agit apparemment d’un endroit où l’on envoie les criminels purger leur peine. Aucune échappatoire ne doit être envisageable. Mhmmm… Mais il ne s’agit là encore que de pures spéculations.
En tout cas, si je me suis décidée à ne pas ôter la vie de cet homme, je ne suis pas persuadée que Ryuku ait choisi d’en faire autant. Je vois sa main se resserrer sur le manche du couteau qu’il portait à sa ceinture. Il ne pourrait tout de même pas tuer cet homme ici, tout de suite, de sang-froid, juste parce que ce dernier lui demande, si ? Très peu désireuse d’assister à un meurtre – ou suicide assisté, comme vous préférez l’interpréter -, je décide d’engager calmement la conversation. Dans les moments légèrement tendus de la sorte, rien ne vaut les mots !

-Voyons Monsieur, vous ne pouvez pas nous demander de vous tuer ainsi ! Êtes-vous désespéré à ce point ? Si c’est le cas, je vous jure que la mort n’arrangera rien ! – Et vous pouvez me croire sur parole ! Mais peut être pouvons-nous vous aider autrement !

Je m’interromps un moment en me tournant vers Ryuku et le gratifiant d’un sourire complice, en espérant qu’il sera d’accord avec mes propos, et qu’aider ces deux âmes en détresse de l’indispose en aucun cas. Retournant mon visage vers mes nouveaux interlocuteurs, je reprends aimablement.

-Nous nous sommes égarés mon ami et moi. Je ne sais pas depuis combien de temps vous êtes ici, mais peut-être pourriez-vous nous en apprendre plus sur cet endroit…

Mon regard se pose désormais plus précisément sur la femme qui accompagne le guerrier. Depuis qu’elle nous a aperçus, elle s’est tue, comme emmurée dans un silence affligé. Peut-être en a-t-elle assez du comportement peu flatteur de son « compagnon ». Je sens la tristesse m’envahir par compassion, c’est vrai que ce doit être assez dur d’entendre à longueur de journée que quelqu’un préfère mourir plutôt que de rester à vos côtés. Surtout quand ce quelqu’un est celui pour qui bat votre cœur, si je considère avec plus d’attention l’insistance du regard de cette femme envers l’homme enchaîné à elle. Tragique histoire.
Et dire que je me plaignais de ma situation !
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Mer 16 Avr - 18:36

Je fixe la source du bruit, les sourcils froncés et la mâchoire serrée, un brin irrité... Bon, ok. Très irrité.
Les deux damnés hurlaient à la manière d'un cochon qu'on égorge. Une des voix était féminine et aiguë à vous en vriller les tympans comme la craie grinçant sur le tableau. L'autre est une voix masculine qui avait l'air d'avoir la quarantaine. Comment font-ils pour ne pas se déchirer les cordes vocales ? Emily jeta un coup d'œil vers moi.
Nul besoin de mots pour comprendre qu'elle voulait voir ces deux âmes errantes. Pas très compliqué de savoir où elles se trouvaient à l'écoute du vacarme qu'elles font. Assez proches, je les détaillais discrètement. La femme était plutôt petite avec une tête énorme, elle portait une tenue de reine déchue. L'homme à côté d'elle était grand et élancé, portant une vielle armure rouillée.
Lorsque ce dernier nous aperçu, il se précipita sur Emily et attrapa un pan de sa robe. Son "amie" fut entraînée dans le mouvement, tous deux étant reliés par une chaîne à leur poignet. Je reportai mon attention sur l'homme au pied de ma camarade.

-Je vous en supplie ! Je suis condamné à errer pour l’éternité enchaîné à cette femme ! Par pitié, abrégez mes souffrances ! Tuez-moi, tuez-moi !!!

Emily lui arracha sèchement le tissu des mains et recula de quelques pas.
Il voulait qu'on le tue ? Pas de problème ! À cette proposition, un sourire carnassier étira mes lèvres. Ça faisait longtemps que je n'avais pas tuer quelqu'un, j'ai peur d'avoir un peu perdu la main mais ce n'est pas grave. Ma main enserrait déjà d'elle-même le couteau à ma ceinture. Maintenant, on égorge ? Énucle ? Plante ? Vide ? Les yeux, le cœur, les poumons, l'estomac, le cerveau, les boyaux... Y'a plein de façon de mourir pour suicide assisté ! Et encore, je n'ai pas tous mes instruments. Mais une voix m'empêche de continuer ma réflexion.

-Voyons Monsieur, vous ne pouvez pas nous demander de vous tuer ainsi ! Êtes-vous désespéré à ce point ? Si c’est le cas, je vous jure que la mort n’arrangera rien ! – Et vous pouvez me croire sur parole ! Mais peut être pouvons-nous vous aider autrement ! raisonna Emily.

L'espace d'un instant, je l'avais complètement oublié, à partir sur mes innovations meurtrières. Elle m'adresse un sourire complice. Quoi ? Pas le droit de l'aider à mettre fin à ses jours ? Pourtant la mort est une douce délivrance. N'ayant pas envie que la discussion tourne en polémique, je lâche un soupir ainsi que mon couteau, lui accordant mon approbation. Je portais, à la place, mon regard sur celle qui semblait être une reine déchue.
Depuis que nous l'avions vu, elle ne disait plus un mot. Elle devait avoir un sacré caractère pourtant. Elle fixait son compagnon d'exil avec un regard affligé mais aussi teinté d'une profonde tristesse. Elle était certainement amoureuse de lui, et lui préfère mourir au lieu de rester avec elle... Amusante histoire.

-Nous nous sommes égarés mon ami et moi. Je ne sais pas depuis combien de temps vous êtes ici, mais peut-être pourriez-vous nous en apprendre plus sur cet endroit… demanda ma camarade.

"Ami" ? C'est nouveau. C'est rare que l'on s'attache à moi. Son regard s'est posé sur la reine. Une partie de la tristesse qui l'emplissait s'est transformé en compassion. Pourquoi ? C'est amusant de torturer un peu les gens, non ?

-Vous vous trouvez dans un lieu que l'on nomme les Terres du Néant, à Wonderland. On y jette des âmes afin qu'elles expient leur crime, expliqua le général.
-Intéressant... Quels sont vos noms ? Ainsi que vos dits "crimes" ? demandai-je en jouant avec mon couteau.
-Ilosovic Stayne, ainsi qu'Iracebeth de Crims. Les crimes sont multiples et trop nombreux pour les énumérer.

Originales comme noms. Iracebeth se tourna vers nous avec un regard mélancolique. Jetant un coup d'œil à Emily, je lui demandai silencieusement ce que nous allions faire de deux compagnons.
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Jeu 24 Avr - 22:13

L’ambiance de ces lieux est décidément très étrange, et changeante. Elle passe d’oppressante à curieuse, et d’amicale à effrayante. Après un court silence, le chevalier en armure décide de finalement répondre à ma question :

-Vous vous trouvez dans un lieu que l'on nomme les Terres du Néant, à Wonderland. On y jette des âmes afin qu'elles expient leur crime, explique-t-il, l’air dépité.

-Intéressant... Quels sont vos noms ? Ainsi que vos dits "crimes" ? Demande Ryuku en jouant avec son couteau.

-Ilosovic Stayne, ainsi qu'Iracebeth de Crims. Les crimes sont multiples et trop nombreux pour les énumérer.


Des crimes ? Je n’en ai pas à me reprocher. Pas que je sache, en tout cas. Je ne sais donc toujours pas ce que je fais ici. Mais je commence à en avoir assez d’errer, d’errer… D’errer dans cet endroit vide de tout intérêt. Je ne mérite pas cela. Au début, cela me paraissait comme un défi, une sorte d’aventure. Mais là, je commence à être à bout de souffle. Ma résistance envers cet endroit est en train de ployer et je donnerai beaucoup pour pouvoir sortir de là.

Nerveuse, je décide de commencer par me calmer en respirant doucement. Je n’arriverai à rien si je cède à la panique. Je jette un regard vers Ryuku, qui semble interrogatif vis-à-vis de ces deux personnages. Que faire d’eux, à présent ? Je décide de me concentrer sur cette question afin d’oublier mon malaise.
Ce sont des criminels, n’est ce pas ? Et que méritent les criminels ? Un châtiment, il parait. Et qui le leur donnera ? La « loi ». Et je ne suis pas la loi. De plus, leurs soi-disant crimes m’importent vraiment peu. Je ne suis pas d’humeur à parler, parlementer et à me lamenter sur le sort de pauvres ères, qui apparemment ont semé le mal.
Je sens mon cœur se serrer et devenir piquant, comme hérissé de ronces qui, non satisfaites de griffer mon âme, semblent vouloir s’attaquer à tout ce qui m’entoure. Est-ce réellement vrai que la douleur n’engendre que la douleur ? Que les personnes ayant subies de mauvais traitements peuvent devenir irrémédiablement cruelles ? Que la compassion n’est qu’une illusion. Je ne suis plus certaine de rien, mes convictions n’ont jamais été aussi fragiles.

Non, vraiment je ne sais plus rien. D’un mouvement de tête, je me désintéresse des deux personnes condamnées à leur sort et marche dans la direction opposée. Pas très loin. Juste une dizaine de pas, mais c’est le minimum dont j’ai besoin pour réfléchir…
Le vide, la solitude, l’enfer, le néant. La punition éternelle pour ceux qui commettent les fautes les plus graves et impardonnables. Aucun espoir de rédemption, puisque le mal est fait et irréversible. Aucune acceptation non plus : qui serait assez fou pour sourire d’un sort aussi affreux et fatal ?
Perdue dans mes noires divagations, mes pensées me conduisent alors vers Ryuku. Je me demande bien ce qu’il fait ici. A-t-il, lui aussi, commis des atrocités ? Je devrais songer à lui demander, lorsque j’en aurai fini de ressasser le fond de mon esprit, comme je sais si bien le faire !
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Mar 29 Avr - 19:11

N'obtenant aucune réponse de ma camarade, je tourne de nouveau envers les deux enchaînés. Que faire d'eux ?... Les tuer ? Ce serait me priver d'une distraction, au vu de leur souffrance. Les torturer ? Ok, mais plus tard...

- Qu'allez-vous faire de nous ? demande Iracebeth, inquiète.
- Aucune idée..., lâchais-je dans un soupir.

Emily se met à suffoquer, les yeux dans le vague. Je fronce les sourcils... Ce monde lui fait tant de mal que ça ? Mon couteau danse toujours entre mes doigts. De mon autre main, je fouille dans une de mes poches arrières et en sors un morceau de papier ainsi qu'un briquet. Derniers souvenirs d'une rencontre... Il va falloir que je rentre bientôt apparemment... Je range tout ce bazar dans mes poches et plante mon couteau dans un des maillon de la chaîne des deux condamnés assez profondément pour qu'ils ne puissent plus se déplacer.
La respiration de ma camarade s'est calmée et elle s'est éloignée d'une dizaine de pas. Regardant mon bras droit et plus précisément l'emplacement de nos deux noms, je remarque que je n'y ai rien écrit. Et puis tant pis ! On y va au feeling !
Emily finit par se tourner vers moi, le regard empreint de tristesse et de douleur. Je m'approche de quelques pas, suffisamment loin des deux enchaînés pour qu'ils ne nous entendent pas.

- Tu as des choses à me demander, hein ? Et des noires pensées à ressasser, surtout. On risque de passer pas mal de temps ici, que ça nous plaise ou non, alors tu me parlez de ce que tu veux. Tu es certainement la personne la plus intéressante que j'ai connu, alors, même si j'aime le silence, ça me dérange pas de t'écouter, monologuais-je en penchant la tête d'un air innocent, un léger sourire aux lèvres.

C'est ça, allons-y aux sentiments que j'ai oublié
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Mer 30 Avr - 23:09

Perdue dans mes pensées, je me suis assise sur un rocher, qui semble être un ancien morceau de mur effondré, trainant ici, à l’abandon, depuis des lustres. Mon ami arrive avec un air ingénu, et déclare en me regardant :

- Tu as des choses à me demander, hein ? Et de noires pensées à ressasser surtout. On risque de passer pas mal de temps ici, que ça nous plaise ou non, alors tu peux me parler de ce que tu veux. Tu es certainement la personne la plus intéressante que j’ai connu, alors, même si j’aime le silence, ça ne me dérange pas de t’écouter.

Malgré son sourire, Ryuku me semble plus sombre, tout à coup, un petit peu plus inquiétant. Son discours m’a déstabilisée. Déjà parce qu’il est passé sans hésitations au tutoiement – je ne fais pas de manière pour cela, mais ce changement brusque me surprend un peu. Ensuite parce qu’il a immédiatement deviné mes intentions, concernant mes interrogations sur son passé. Une telle aisance pour comprendre ce qui se trame dans mon esprit est surprenante. Normalement, je m’arrange pour dissimuler ce qui m’embarrasse et rester la plus neutre possible, mais il est vrai que cet endroit m’influence beaucoup trop et me fait déraper, me faisant agir de manière encore plus impulsive que d’habitude. Je me sens assez égarée.

Dans son discours, le jeune homme a également glissé un compliment difficilement négligeable. Il a dit qu’il me trouvait… Intéressante ? Sans doute serai-je un excellent sujet d’observation dans la catégorie « loyauté aveugle » ou « désespérément naïve », oui, mais il n’en sait rien pour l’instant, il ne me connaît que depuis quelques heures. Malgré tout, je me sens un peu flattée.
Il m’a également invité à me confier, une chose que je ne ferai pas, du moins, dans l’immédiat. Je suis navrée, Ryuku, mais mes secrets sont gardés en moi comme dans une forteresse, je ne les laisse pas s’échapper comme cela, au premier venu lors du premier moment de faiblesse. De plus, je n’ai pas envie de parler de moi, mais plutôt de lui. Comme il l’avait deviné, j’ai un certain nombre de question à lui poser. Légèrement hésitante, je pose la première de mes interrogations qui me viennent à l’esprit :

-Vous… Tu… Pourquoi les as-tu cloués à ce rocher, Ryuku ? As-tu peur qu’ils s’enfuient ? demandais-je en désignant du menton les deux personnes que nous venions de rencontrer.

Je réalise soudainement que je suis angoissée. Même si je ne connais ce garçon que depuis quelques heures seulement, j’ai tout de même passé du temps avec lui, j’ai accepté de me promener à ses côtés, je lui ai accordé un peu de ma confiance. Mais je ne connais rien de lui, si ça se trouve, il est dangereux, même s’il n’en a pas vraiment l’air ! Il avait quand même un couteau… mais un couteau ne sert pas qu’à tuer les gens ! Perturbée d’avoir peut être passé quelques temps aux côtés d’un tueur en série, je continue en commençant à trembler nerveusement :

-Je me demandais, ils ont parlé de crimes… Fais-tu parti de ces exilés, de ces condamnés ? Si oui, quels genres d’erreurs as-tu commis pour arriver ici ?...

Je laisse ma voix traîner sur le dernier mot. Je ne sais pas si j'ai vraiment envie de connaître la réponse, et espère sincèrement que mon inquiétude n'a pas lieu d'être.
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Jeu 8 Mai - 23:51

Emily s'assit sur un ancien muret effondré. Elle a l'air déstabilisée et désemparée. C'est parce que je suis passer au tutoiement ? Je ne m'en suis même pas rendu compte. C'est ça l'impro ! Ou bien parce que je suis trop direct ? C'est vrai que l'adjectif intéressant n'est pas forcément flatteur mais je n'ai pas envi de sortir le dictionnaire des synonymes.  Désignant du menton les deux cloués, Emily fini par me demander, hésitante :

-Vous… Tu… Pourquoi les as-tu cloués à ce rocher, Ryuku ? As-tu peur qu’ils s’enfuient ?
-Tu penses vraiment que pour les envoyer ici, on les a lancé dans un terrier de lapin ? Ils doivent avoir une idée plus précise que nous de comment sortir ou de ce qu'est cet endroit. Et même s'ils ne savent pas comment sortir, c'est mieux de leur soutirer un maximum d'information, ce qui n'est pas fait, expliquais-je.

Elle doit être vraiment perturbée si elle ne pensait même pas à cette option, elle a toujours été plutôt perspicace depuis les quelques heures où je l'ai rencontré. Elle semble de plus en plus craintive et angoissée. Elle vient de se rendre compte que j'ai un couteau et que je pouvais tuer ou quoi ? Alors que je continuais de la fixer, me demandant si elle avait poser toutes ses questions, elle demanda :

-Je me demandais, ils ont parlé de crimes… Fais-tu parti de ces exilés, de ces condamnés ? Si oui, quels genres d’erreurs as-tu commis pour arriver ici ?...

Alors là ! Je suis un peu perdu. Non pas que je ne m'attendais pas à cette question, vu la nature de l'endroit, ce doit être la première que l'on se pose. Mais je ne sais vraiment pas quoi dire... Je ne sais même pas pourquoi je garde ce couteau. Quand je regarde dans le passé, je ne vois qu'un énorme vide. Non pas que je sois amnésique, mais tout est tellement flou... Je me laisse tomber à terre. Assis, à fixer mes pieds d'un air las, un sourire triste étirant mes lèvres. Si seulement les étoiles étaient là pour m'aider, j'aurais même accepter le sourire moqueur de la lune.je reste un moment comme ça, à regarder dans le vide, essayant de me rappeler. A chaque fois la même chose, rien. Juste un enfant seul dans une pièce close et froide, sans même un compagnon.
Cet endroit me rend vraiment nostalgique. Il me vraiment penser au passé que j'ai oublié. Mais ce n'est pas pour autant positif. J'ai l'impression de comprendre un peu mieux le sentiment d'Émily maintenant.

-Je ne sais plus.

Tout ce temps, juste pour ça. Ce n'est pas "je ne sais pas" mais "je ne sais plus". Oui, j'ai su... Juste quatre mots qui ne semblent rien vouloir dire mais qui pour moi, signifiait tout.
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Jeu 19 Fév - 16:01

Assise sur mon rocher, alors que je sentais toute vivacité, énergie ou optimisme me lâcher, je me force à penser ce à quoi je crois le plus. L’honnêteté, la noblesse, le courage, toutes ces valeurs qui me semblent s’évanouir en un claquement de doigt. Je ne sais pas ce qui me et dans ce tel état, mais il faut que cela cesse. Immédiatement.

- Je ne sais plus.

Moi, je sais. Je sais que c’est cet endroit. Apparemment, c’est une prison, un châtiment d’une catégorie supérieure à ce qui existe dans le monde « normal ». Il faut sortir d’ici. Je relève la tête avant de la pencher sur le côté, mes yeux sans doute plus inexpressifs que des billes de verre, mon regard se fixant sur les deux individus que nous venions de rencontrer. Ryuku a sans doute raison, eux, ils savent quel est cet endroit, ils savent pourquoi ils sont là, et ils savent dans quand et comment ils auront le droit d’en sortir. Les questions, je ne les posais pas aux bonnes personnes. Une petite séance d’interrogatoire s’impose, c’est parfait.
Je me lève, brusquement, invitant Ryuku à me suivre tout en déclarant.

- C’est parfois regrettable de ne pas savoir. Heureusement, il existe toujours des moyens de trouver la vérité. Mais je crains que pour l’instant il soit nécessaire de s’occuper une autre histoire, celle de quitter cet endroit !

Ilosovic Stayne et Iracebeth de Crims, donc. Plus je m’approche d’eux, plus ma grande compassion s’amoindrie. Utilisant le tronc d’arbre mort en face d’eux en guise de nouveau siège, je m’y assois calmement, plutôt sereine malgré l’agacement que je sens poindre en moi. Je déteste les meurtriers, je les hais sincèrement, car je suis plutôt rancunière, voyez-vous. Et je devine le sang sur les mains du couple qui se trouve en face de moi. Et à cette pensée précise, je m’efforce de ne pas penser au cas de Ryuku. J’esquisse donc un sourire avant de commencer mon discours :

- Messieurs Dame, j’aimerais que nous repartions sur de bonnes bases tous les quatre. En effet, nos présentations ont été bâclées, et on ne salue pas quelqu’un en s’accrochant à sa robe, il me semble… Lâchais-je en regardant l’homme avec un air réprobateur. Alors, tout d'abord, je m'appelle Emily, et voici mon ami, Ryuku. Je viens d’avoir une petite discussion avec lui et voilà ce qu’il va se passer : je vais vous poser gentiment des questions à propos de cet endroit, de ce pourquoi nous sommes ici et comment en échapper. Votre travail consistera simplement à nous répondre clairement et sincèrement – jusque-là, ce n’est pas très compliqué, n’est-ce pas ?

Tous les deux acquiescent d’un hochement de la tête. Je jette un coup œil à Ryuku, qui semble attendre la suite de mon discours de manière assez perplexe. J’espère qu’il ne sera pas déçu.

- Excellent. J’espère vraiment que vous serez coopératif. Il en va de votre intérêt, parce que, voyez-vous, si je décèle la moindre étincelle de mensonges ou d’agressivité dans vos propos, je m’en irai un peu plus loin, vous laissant avec mon camarade ici présent. Et j’ai le sentiment que sa patience est un peu plus légère que la mienne…

Dans le vrai monde, on appelle cela la technique du gentil et du méchant policier, mais j’imagine qu’ils doivent être relativement étrangers à ce genre de façon de procéder ! Enfin, je suis persuadée que Ryuku sera à la hauteur de son rôle. Après m’être raclée la gorge, je continue :

- Par contre, si vos explications sont utiles, je vous promets que nous briserons cette chaîne. Si vous avez tout compris, alors c’est parti ! Première question : quels étaient vos rôles et fonctions - et vos crimes, mais sans rentrer dans les détails -.

- Je… Commence la femme à la grosse tête.

- Elle, c’était la Reine du Royaume des Merveilles ! La coupe immédiatement son compagnon, Un vrai tyran ! Elle a fait tuer des centaines et des centaines de ses sujets pour étancher sa soif de pouvoir et de contrôle total. Et puis sa sœur l’a détrônée au cours de notre dernière bataille, nous envoyant en exil ici, par la suite ! Et moi… J’étais son fidèle serviteur, dans le temps.

Et bien. Des despotes, donc. D’un seul coup, cet endroit me semble justifié. S’ils ont été écartés du pouvoir, et sans doute à juste titre, ils ont à présent une dette à payer. Et même sans être une personne foncièrement cruelle, je trouve cela juste qu’ils dépensent ici une partie de leur existence. L’homme aux cheveux bruns continue.

- Mais… Moi, finalement, je suis sa principale victime. C’est vrai, c’est elle, qui m’a forcé à la servir. Je n’avais pas le choix… Quand je repense à toutes ces monstrueuses choses que j’ai dû faire, si vous saviez… Gémit-il pitoyablement, essayant avec sa main libre d’attraper la mienne.

Je recule avec dédain. Quelle lâcheté, elle se sent aussi bien dans ses yeux que dans le ton de sa voix raillée, mais c’est surtout dans le regard consterné de la Reine qu’elle se décèle le plus. Menteur. Levant un regard faussement perplexe vers Ryuku, je lui demande :

- Alors, qu’en penses-tu ?
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Mer 25 Fév - 22:18

Sans un mot, Emily jette un regard inexpressif vers les deux cloués –plantés serait plus exact mais passons-. Cependant, dans cette absence de sentiment, je sens poindre une infime volonté qu’elle semblait avoir perdu, une volonté tout autre que celle qui crée la curiosité, une volonté qui te dit simplement « je vais m’en sortir, c’est obligé ». Pourtant, ça ne suffit pas à me faire bouger. Alors elle se lève brusquement et, m’invitant à faire de même, me lance :

- C’est parfois regrettable de ne pas savoir. Heureusement, il existe toujours des moyens de trouver la vérité. Mais je crains que pour l’instant il soit nécessaire de s’occuper une autre histoire, celle de quitter cet endroit !

Ça, je ne te le fais pas dire, chère demoiselle ! Je me redresse lestement et la suis vers nos deux compagnons. Pas à pas, la compassion qu’elle semblait éprouver il y a quelques minutes se fane, sa fermeté grandissante. Arrivée à un tronc d’arbre mort, elle s’y assoie, sereine malgré une pointe d’agacement et un léger doute que je ne m’explique pas. Je me poste derrière elle. Dans un sourire, elle prend la parole :

- Messieurs Dame, j’aimerais que nous repartions sur de bonnes bases tous les quatre. En effet, nos présentations ont été bâclées, et on ne salue pas quelqu’un en s’accrochant à sa robe, il me semble… lâcha-t-elle en regardant l’homme avec un air réprobateur.

Cachant mes yeux de quelques mèches de cheveux, je retiens un léger ricanement. Elle n’a pas l’air d’avoir apprécié le coup… Normal, je dirais.

- Alors, tout d'abord, je m'appelle Emily, et voici mon ami, Ryuku. Je viens d’avoir une petite discussion avec lui et voilà ce qu’il va se passer : je vais vous poser gentiment des questions à propos de cet endroit, de ce pourquoi nous sommes ici et comment en échapper. Votre travail consistera simplement à nous répondre clairement et sincèrement – jusque-là, ce n’est pas très compliqué, n’est-ce pas ?

Hochement de tête de nos vis-à-vis. Moi, j’attends la suite, parce que s’il n’y a que ça, ce n’est pas très amusant… Emily me jette un coup d’œil et continu :

- Excellent. J’espère vraiment que vous serez coopératif. Il en va de votre intérêt, parce que, voyez-vous, si je décèle la moindre étincelle de mensonges ou d’agressivité dans vos propos, je m’en irai un peu plus loin, vous laissant avec mon camarade ici présent. Et j’ai le sentiment que sa patience est un peu plus légère que la mienne…

Ah ! Intéressant, là. Même très intéressant. J’espère qu’un des deux va se planter, histoire que je puisse me divertir un peu, surtout qu’ils sont le genre de victimes que je vise. Enfin, Emily m’a très bien compris sur ce point, apparemment. Se raclant la gorge, elle reprend :

- Par contre, si vos explications sont utiles, je vous promets que nous briserons cette chaîne. Si vous avez tout compris, alors c’est parti ! Première question : quels étaient vos rôles et fonctions - et vos crimes, mais sans rentrer dans les détails -.

Mouais… Piiitiiiééé ! Plantez-vous !!

- Je… Commence la femme en rouge.

- Elle, c’était la Reine du Royaume des Merveilles ! La coupe immédiatement son compagnon, Un vrai tyran ! Elle a fait tuer des centaines et des centaines de ses sujets pour étancher sa soif de pouvoir et de contrôle total. Et puis sa sœur l’a détrônée au cours de notre dernière bataille, nous envoyant en exil ici, par la suite ! Et moi… J’étais son fidèle serviteur, dans le temps.

Oui ! Première erreur. On ne coupe pas la parole ! Mais ça ne suffira certainement pas pour que je puisse leur faire quoi que ce soit. Voyons la suite.

- Mais… Moi, finalement, je suis sa principale victime. C’est vrai, c’est elle, qui m’a forcé à la servir. Je n’avais pas le choix… Quand je repense à toutes ces monstrueuses choses que j’ai dû faire, si vous saviez… Gémit-il, essayant avec sa main libre d’attraper celle d’Emily.

De deux et de trois ! Au bonheur, la joie ! Un sourire sombre prend place sur mes lèvres. Emily recule, regardant avec mépris l’homme à ses pieds. La femme à la grosse tête regarde ce dernier, consternée.

- Alors, qu’en penses-tu ? me demande Emily, jouant la perplexité.

Elle a pris l’habitude de me tutoyer, on dirait. Agrandissant mon sourire, je marche à pas lents vers les interrogés. Je suis très mauvais pour créer le suspense, hein, mais tentons tout de même. M’agenouillant devant eux, je passe le bout de mes doigts sur le manche de mon couteau.

- Je suis très bon au lancé de couteau, vous savez ? Même dans le noir, déclarai-je, en relevant la tête pour leur adresser un sourire parfaitement hypocrite avant de tirer mon couteau de terre.

Je crois que le message est clair. Je me dirige alors à la même lenteur vers la demoiselle en robe blanche, jouant avec mon couteau, testant sa pointe, admirant la lame. Je finis par m’asseoir sur le sol à côté d’elle. Calmement, et d’une voix tout juste assez haute pour que tout le monde entende, je reprends sa question :

- Qu’est-ce que j’en pense, hein ?... Eh bien, tout d’abord, que c’est très impoli de couper la parole à une dame. A qui que ce soit d’ailleurs. Ensuite, piètre mensonge et pitoyable menteur, savez-vous que mentir, ça s’apprend ?

Je fais une légère pause pour les libérer de leur chaîne. Emily avait bien dit qu’au moindre mensonge, ça n’irait pas, n’est-ce pas ? Mais vu que la « Reine », elle, ne s’est pas fichue de nous…

- Emily, chère amie, auriez-vous l’amabilité, avec cette chère dame, de vous éloigner un peu ? Je suis sûr qu’après un petit quart d’heure en ma compagnie, Monsieur nous aura livré des informations plus qu’utiles.

J’attends un moment avant de regarder mon vis-à-vis.

- Vous savez… C’est très déplaisant de savoir qu’on se moque de vous… Mais comme je suis… Disons, un brin clément, je vous laisse une seconde chance.

Je m’arrête un moment, passant la lame dans mes cheveux, réfléchissant à quelque chose.

- Chez moi, on m’appelle A.K, vu que je tombe toujours sur la même main au poker. C’est un jeu de cartes, je suis sûr que vous devez connaître un peu, vu votre cache-œil, dis-je désignant ledit objet en forme d’as, on peut y parier de l’argent aussi. Les copains ont tout perdu dans le jeu, du coup, ils ont parié autre chose. Un doigt, un bras, un œil, à tout hasard… Je vous propose quelque chose de similaire, je pose une question, vous y répondez. Simple. Vous avez le droit de mentir, si vous le faîte bien, tant mieux. Si je l’apprends, vous perdez votre tête, littéralement. Ça marche ?

Oui, vous avez le droit de penser que tout ce que je viens de raconter n’a aucun rapport avec ce que je demande, vous avez le droit de penser que c’est complètement illogique, insensé, inhumain, idiot, vous penser ce que vous voulez, mais ne faîtes que penser et taisez-vous. Laissez-moi profiter de cette tête horrifiée. La question n’étant que rhétorique, nous commençons à jouer.

- Alors première question : Comment vous a-t-on amené ici ?

Après avoir fini mon interrogatoire –et avoir laissé la tête de l’interrogé à sa place-, je me m’avance en direction d’Emily et de la despote.

- Monsieur a parlé, on y va ? demandai-je dans un sourire.
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MessageSujet: Re: L'enfer, le silence (PV Ryuku)   Sam 7 Mar - 10:56

Bien essayé, Stayne. Cet homme doit décidément être un genre d’opportuniste, un survivant-né, prêt à tout pour que la situation tourne en sa faveur, quitte à sacrifier ses plus fidèles alliés. Malheureusement pour lui, Ryuku ne semble pas trop apprécier ce petit jeu. Je l’entends approcher un peu plus :

- Je suis très bon au lancé de couteau, vous savez ? Même dans le noir.

Fort bien, voilà qui est une excellente entrée en matière, puisque je vois la figure du valet en face de moi se décomposer. J’ai l’impression que cela va être au tour de mon ami d’entrer en scène. Il s’assoit à mes côtés. Bien que dérangée par la lame de l’objet qu’il fait tournoyer entre ses mains, je garde un visage impassible et froid, fixant toujours nos « prisonniers ». Ryuku continue de jouer avec son couteau tout en déclarant :

- Qu’est-ce que j’en pense, hein ?... Eh bien, tout d’abord, que c’est très impoli de couper la parole à une dame. A qui que ce soit d’ailleurs. Ensuite, piètre mensonge et pitoyable menteur, savez-vous que mentir, ça s’apprend ?

Puis il entreprend presque sereinement de briser la chaine qui retenait les deux individus captifs l’un de l’autre, m’intimant aimablement de me retirer avec la dame. C’est l’heure de la manière forte, alors !

Je m’écarte donc avec Iracebeth, laissant Ryuku seul avec le valet de cœur. Je le regard d’un air confiant avant de m’éloigner. « Ne fais pas de bêtise. » Je sais bien qu’un couteau ne sert pas uniquement à faire joli, mais je ne veux pas qu’il s’en serve aujourd’hui. Au bout de quelques pas sans nous retourner, alors que nous sommes assez loin pour ne plus entendre les deux hommes, je lance à la Reine :

- Au moins, vous savez bien vous entourer, à ce que je vois.

- Il n’a pas toujours été ainsi, commence-t-elle à geindre, Autrefois, il était loyal et droit, enfin, c’est ce que j’ai toujours cru… Comment ai-je pu être aussi aveugle…

Et puis la voilà qui commence à pleurer. Allons bon ! Depuis quand les dictateurs savent-ils pleurer ?... Bien sûr qu’ils pleurent, tous les criminels de ce monde pleurent, peut-être même ont-ils d’excellentes raisons pour laisser couler leurs larmes. Ne sachant pas trop quoi faire, ni sur quel pied danser, je me contente de lever les yeux aux ciels et de soupirer :

- Voilà une chose qui n’épargne personne, les pires comme les meilleurs. Ne vous en faites pas, ça vous passera…

Mais la monarque continue de gémir et d’user ses glandes lacrymales. Cela a le don de m’irriter au plus haut point. Parfois, les gens qui s’apitoient ainsi, sans pudeur, m’énervent ! Remarquez, sa douleur est plutôt légitime, cela ressemblait beaucoup à de la haute-trahison. Ce qui est plutôt intrigant, c’est qu’en théorie, lorsqu’un chef se rend compte de la déloyauté de l’un de ses sous-fifres,  il est très probable qu’il exécute ce dernier vite et bien, sans faire de manières ni de sentiments. Avais-je donc affaire à une dictatrice sentimentale ? Certainement.

Je jette discrètement un œil derrière nous, constatant avec soulagement que l’endroit n’est pas recouvert de sang, du moins, pas encore. Avec un peu de chance, son valet survivra à Ryuku et elle pourra s’expliquer avec lui, ce que je lui souhaite grandement !
Et justement, voici ce dernier qui arrive, un sourire satisfait sur le visage, rangeant son couteau à sa ceinture. Arrivé à ma hauteur, il déclare avec un sourire :

- Monsieur a parlé, on y va ?

Quoi ? Déjà, vraiment ? Je suis à la fois surprise et admirative, il a effectué son travail vite et bien et Stayne semble encore en un seul morceau. Iracebeth l’a remarqué également et nous quitte pour se précipiter vers lui. Je ne saurai dire si elle allait lui déclarer des mots d’amour ou bien le rouer de coup. De toute manière, dès à présent, ce ne sont plus nos affaires.
Ryuku commence déjà à s’éloigner, et je dois m’extirper de mes pensées pour le suivre. Je le rattrape rapidement, beaucoup de questions s’échappant de ma tête :

- Mais qu’est ce qu’il t’a dit ? Tu sais vraiment comment sortir d’ici ?... Tu ne lui as pas fait trop de mal au moins ?
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