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 Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]

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Yume

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MessageSujet: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Mer 5 Mar - 14:05

Yume s'appuya sur la fontaine, d'une faiblesse remarquable. Cette journée avait surement été la pire de sa vie. Elle descendit de chez elle et se frotta les yeux: tout le monde, tout le monde avait la tête du chapelier, à moins qu'il y avait des chapeliers partout. Hallucination passagère s'était elle dit, mais non. Le restant de la journée, elle n'avait vu que chapelier. Ses camarades de classes professeurs et autres passant n'étaient qu'une seule personne. A bout de nerfs, dès la sortie des classes, elle courut se réfugier dans un endroit désert qui se trouvait être, en l’occurrence, Fleet Street. Elle se regarda dans la fontaine, mais ne vit que le visage souriant de Tarrant. Meurtrie, elle éclaboussa le vide, l'eau se troubla laissant place à son propre reflet. Elle s'asseya un coin du rebord de la fontaine sec, soupirant. Elle croyait que dessiner et coudre des poupées de son chapelier  suffirait à la satisfaire mais visiblement, il lui manquait trop pour que son esprit déraille ainsi. Elle adorerai retourner au Wonderland, mais, ce ne serai pas chose aisée: elle avait dormi pour y aller, elle avait réessayé mais rien ne s'était produit. Une pensée l'effleura: si elle ne pourrai jamais y retourner ? Elle essaya de la chasser mais à présent, elle était encrée en elle. Elle persistait à penser qu'il se souvenait d'elle et pensait à elle mais, ce gout amer dans sa bouche ne s'estompait pas. Était ce ça l'amour ? Souffrances et désespoir ? Elle se passa de l'eau sur le visage. Son mariage approchait à grands pas tout comme ses doutes. Elle s'effondra en larmes dans cette rue déserte, silencieuse et comme figée. Son unique et seul amour était loin et inaccessible... Peut être perdu et surement à sens unique... Jamais elle ne pourrai lui révéler ses sentiments, si elle ne pouvait retourner là bas... Ses pleurs redoublèrent d'ampleur. Elle pleurait de tout son soul. Son pendentif brillait d'une douce lumière comme pour la consoler mais elle ne la voyait pas, rongée par le désespoir. Soudain, elle s'arrêta net. Des bruits de pas résonnaient dans le silence jusqu'à présent comblé par les pleurs de la poupée. Elle releva son visage baigné de larmes. Une jeune femme approchait. Elle ne pleurait pas, mais elle semblait aussi déchirée que Yume. Elle ne la regarda pas en détails mais l'éplorée vit qu'elle était pleine de douceur. Yume voyait en cette femme l'amie qu'elle avait toujours idéalisée. Pleine de gentillesse et de douceur, patiente et compréhensive à son égard. Elle essuya les larmes sur son visage et demanda d'une voix vulnérable:
-Vous êtes triste, vous aussi ?
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Emily
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Mer 5 Mar - 20:51

J’ai passé la journée à ressasser des mots. Enfin, ce n’est pas surprenant, j’ai pris l’habitude de faire cela depuis quelques temps. Cela commence à faire un moment que je suis revenue à Londres, et je commence à retrouver de vieilles manies que j’avais oubliées, cachées dans un coin de mon esprit troublé…
Il ne veut plus me parler. Ils ne veulent plus me parler. Cette indifférence me blesse. Je ne devrais pas y faire attention. Je devrais attendre gentiment, je devrais m’excuser… Je devrais déposer les armes… Je… Bon sang ! Je serais prête à faire n’importe quoi ! N’importe quoi pour prouver mon affection envers lui. N’importe quoi pourvu que je puisse chasser ce mépris qui me crève le cœur. C’en est fini de ma fierté, c’est terminé, je capitule, j’ai perdu.

Complètement chamboulée par mes tortueux problèmes, je m’avance rapidement dans une ruelle déserte sous la lueur du crépuscule. Celle-ci débouche sur une rue plus grande, mais toute aussi vide. A quelques mètres se trouve une fontaine dans laquelle une eau claire coule en produisant un joli clapotis. C’est parfait, j’avais justement besoin de cela !
Alors que je m’avance vers le bassin, j’aperçois une jeune fille assise sur l’un des rebords, secouée par ce qu’il me semble être des sanglots. En m’approchant de plus près je m’aperçois que ses yeux sont bel et bien dégoulinants de larmes, témoins d’un chagrin aussi pur que profond. La pauvre enfant !
Pendant que je m’agenouille puis m’accoude au bord de la fontaine, je l’entends essayer de maîtriser ses pleurs afin de commencer à me parler :

-Vous êtes triste, vous aussi ?

Sans quitter des yeux le fond du bassin, qui m’intrigue de plus en plus et m’hypnotise, je réponds d’une voix presque mécanique :

-Je suis à vous dans une minute.

Et sans réfléchir d’avantage, je plonge ma tête dans l’eau glacée de la fontaine. Le froid est choquant et a vite fait de me remettre les idées en place. Je sens mes joues se glacer et l’eau froide brûle mon nez et mes oreilles. Voilà qui devrait calmer mes blessures morales. Les bruits de l’eau sont doux et apaisants. Après quelques secondes en tête à tête avec les graviers tapissant le fond du bassin, je décide qu’il est grand temps de remonter à la surface et relève me relève brusquement en prenant une grande bouffée d’air frais.

Je me sens mieux à présent, même si je suis partiellement trempée. J’entreprends de m’ébrouer, tout en commençant à observer la jeune demoiselle qui, quelques instant au part avant m’avait posée une question. Elle doit avoir une jolie dizaine d’années, entre 14 et 16 ans. Ses cheveux sont longs et châtains, accompagnés de divers accessoires, et mon regard s’arrête sur la robe qu’elle porte, que je trouve simplement ravissante. Pour ma part, j’avais ce soir délaissée ma robe de mariée classique pour me vêtir d’une robe grise beaucoup plus simple et moins tape-à-l’œil assortie à une veste et des bottines noires.

Alors que je commence à essorer mes longs cheveux au dessus du bassin sous les yeux de mon interlocutrice, je décide de prendre la parole afin de répondre à sa question qui me semblait assez ironique, bien qu’elle ait été prononcée sur le ton le plus innocent qu’il soit :

-Moi, triste ? Non. Non, absolument pas. En vérité, je cherchais plutôt une solution à un problème, et je crois que je l’ai trouvé !

Je n’aime pas me plaindre, c’est un fait. Et j’aime encore moins raconter ma vie et mes préoccupations à des gens en qui je n’ai pas encore confiance. Non vraiment, mes problèmes ne les regardent pas, en plus ils n’intéresseraient personne. Je suis assez grande pour gérer mes traumatismes toute seule, mais merci de vous en soucier !
En revanche, la jeune enfant assise face à moi, dont les larmes continuent de couler à flot, semble avoir plus besoin d’attention que moi. Ses yeux brouillés et son minois de poupée cassée présentent un spectacle déchirant. Sentant mon âme désirant venir en aide à cette jeune personne, je demande d’une voix douce :

-Je ne vous retournerai pas la question, puisque la réponse me semble plutôt… Evidente. Dites-moi, vous voulez peut être en parler ? Peut être que je pourrais vous aider à chasser les poussières qui envahissent votre âme. Chaque problème possède une solution, vous savez !

Je gratifie la jeune fille d’un sourire rassurant. J’aimerai beaucoup l’aider ! Après tout, ce n’est pas tous les jours que l’on rencontre quelqu’un qui ne vous traite pas d’illuminé lorsque vous plongez votre tête dans une fontaine en plein hiver.
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Yume

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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Ven 7 Mar - 18:09

La jeune femme la fixait...Non, c'était le bassin qu'elle fixait. Avait-elle vu le visage de Tarrant ? Ce ne serai pas une hallucination ? Non. Impossible en tout cas, elle fixait le bassin. Elle ne semblait pas l'écouter. Pourtant, elle répondit, d'une voix étrange:

-Je suis à vous dans une minute...

Et, hop ! Elle plongea la tête dans le bassin. Elle devait faire le point, c'est évident. La jeune fille faisait souvent ce genre de choses, comme par exemple la fois où elle s'était jetée dans la fontaine de la reine blanche... La plaie béante de son cœur s'ouvrit plus encore à ce souvenir, laissant place à des larmes plus grosses.

oh, comme elle voudrait arrêter de pleurer ! Elle laissait deviner sa vulnérabilité, sa tristesse mais, non. Les larmes coulaient comme sans fin sur le visage de la poupée. D'un seul coup l'inconnue ressortit sa tête du bassin, son souffle surement à bout.

 Elle se retourna vers Yume, lui laissant le temps de la décrire: la femme portait une robe grise, des bottines et une veste assortie. Sobre. Habituellement, Yume n'aimait pas ce genre de vêtements, mais là, elle trouvait que ça lui allait à merveille, en tout cas, mieux que son cousin. 

L'inconnue essora ses cheveux au dessus de la fontaine avec la grâce d'une nymphe, puis répondit à la question posée, à l'étonnement de la poupée qui croyait qu'elle ne s'était pas fait entendre:

-Moi, triste ? Non. Non, absolument pas. En vérité, je cherchais plutôt une solution à un problème, et je crois que je l’ai trouvé !

Vraiment ? Elle se serait donc trompée ? Elle avait l'air tellement mélancolique tout à l'heure, pourtant. Par simple curiosité, elle voudrait bien savoir quel est son problème, mais ce serai très impoli de demander. Elle se rendit compte seulement à ce moment là que contrairement aux autres, son visage n'était pas brouillé par ses hallucinations.

 Le visage du magnifique sourire de son chapelier adoré lui revint en mémoire provoquant un autre excès de larmes. Si seulement elle pouvait être auprès de lui... La voix douce de son interlocutrice parvint telle une jolie ritournelle à ses oreilles, la tirant de sa demi-torpeur dans laquelle elle plongeait:

-Je ne vous retournerai pas la question, puisque la réponse me semble plutôt… Evidente. Dites-moi, vous voulez peut être en parler ? Peut être que je pourrais vous aider à chasser les poussières qui envahissent votre âme. Chaque problème possède une solution, vous savez !

En parler ? Il est vrai que dans la situation actuelle, cela ne lui ferai pas de mal. Une lueur d'espoir apparu dans l'interminable noirceur de l’âme de Yume. Une solution ? Pourquoi pas ? Dans ce cas, cela paraissait insensé, vu que le  Wonderland n'est quasiment pas accessible mais... L'espoir fait vivre non ?

-Eh bien... La vie n'a pas été généreuse avec moi. Pourtant je ne l'avais pas mal commencée à la base... Famille heureuse, vous voyez ? Et puis... A partir d'une nuit, j'ai commencé à voir des choses....étranges. Des fantômes. Mon père ne m'a pas cru mais ma mère, c'est montrée très douce. Puis elle est morte. A l'école, je me faisais maltraiter mais, avec le temps, maintenant ça ne fait ni chaud ni froid.


 Un jour, sans raison m'a présenté mon cousin et deviner quoi ? Il nous à fiancer ! Je le déteste, un odieux personnage ! Aucune imagination, sévère, hypocrite, snob, la totale ! Puis....Le soleil de ma vie. Vous voyez ce que je veux dire ? Je me suis retrouvée au Wonderland, vous devez en avoir entendu parler. Tout le monde m'aimait bien, j'y ai même rencontré un chapelier formidable ! Gentil, amusant et.....fou ! Nous avons passé énormément de temps ensemble, se créeant des liens. 
J'ai malheureusement du repartir et ce n'est seulement qu'une fois chez moi, que je me suis aperçu que je l'aimais. 


J'ai voulu y retourner mais....sans succès. Je le dessinait, créait des poupées à son effigie, croyant que ça comblerai l'attente mais, maintenant, je commence à délirer, je le vois partout ! Est ce ça l'amour ? Souffrances, déception et torture ? Si seulement je pouvais y retourner rien qu'une fois, je....je....

Parler lui faisait un bien fou. Elle s'était dévoilée mais cela l'aidait à se sentir mieux. Ne trouvant pas les mots elle éclata de rire et en sanglots.Les deux à la fois. La femme l'avait écoutée attentivement jusqu'au bout. La croyait elle folle ? Peut-être, surement. A vrai dire, la folie était elle mauvaise ou bénéfique ? Tout dépend du point de vue. Trouver une solution lui semblait impossible, même pour cette femme mais elle demanda quand même:


-Avez vous une idée de solution, Mademoiselle ?

Elle avait hésité à employer madame mais elle semblait jeune et, une dame non mariée peut se vexée que l'on dise qu'elle est mariée, et pas l'inverse. Elle ne voulait pas prendre de risques, surtout déjà qu'elle n'était pas sûre qu'elle ai la moindre confiance en elle, mieux vaut ne pas se faire mal voir...
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Dim 9 Mar - 21:50

Mon interlocutrice a décidé de parler... Et elle ne s’arrête pas !  Elle continue, continue, et déverse un flot incroyable de mots et de douleurs, me donnant l’impression d’avoir endossé un costume de psychologue. Une enfance difficile, un mariage forcé, un amour impossible… Et tant d’autres choses peu réjouissantes. Sa situation a l’air d’être triste, certes, mais elle est bien loin d’être désespérée !

La jeune fille continue néanmoins de pleurer, espérant peut être ainsi réussir à faire déborder la fontaine en l’inondant de ses larmes. On dirait qu’elle vient de se rendre compte de la dureté du monde ! Je trouve cela légèrement naïf, et j’aurais presque envie de l’attraper par le col pour la secouer un bon coup et lui apprendre à se relever. Mais elle semble jeune, c’est de son âge, elle doit être en plein dans cette curieuse période, celle où l’on perd sa charmante et précieuse innocence. Me souvenant moi-même du moment où je traversais cette pénible époque, je ne peux m’empêcher de ressentir de la compassion pour cette enfant, et abandonne donc la méthode dure.

Abordant un sourire aimable, je tends à la demoiselle un mouchoir afin de l’aider à se calmer. Je suis certaine que notre discussion sera plus facile si elle n’est pas sans cesse interrompue par des sanglots ! Alors que l’inconnue sèche ses larmes, je déclare :

-Voyons, voyons, Mademoiselle, votre problème est compliqué, certes, mais loin d’être insoluble. Concernant, votre passé, je ne peux qu’être désolée pour vous, mais apparemment, vous avez réussi à surmonter cela. Intéressons-nous plutôt à votre problème sentimental…

Je m’interromps un moment, essayant de me rappeler la nature exact de ses tourments. Elle a évoqué un mariage arrangé et un amour impossible avec une tierce personne venant d’un autre monde... Mon cœur se serre un instant, mais je me reprends très vite. Ainsi, elle aurait rencontré un homme à un endroit où elle ne pourrait plus retourner. C’est assez embêtant, en effet, mais ça ne suffit pas à déclarer la situation définitive et à officialiser les deux tourtereaux comme des amants maudits. Du moins, pas pour l’instant. Si elle a déjà réussi à aller à cet endroit, je suis certaine qu’elle pourra y retourner.
Je sais qu’avec de la persévérance et de la détermination, on peut se sortir des situations les plus coriaces. Ça ne sert à rien de se morfondre sur son sort, ce qu’il faut, c’est agir, il n’y a que comme cela que l’on peut espérer changer les choses ! Et puis, si ces sentiments sont sincères, ça ne devrait que renforcer sa motivation.

-Premièrement, annonçais-je, ne cédez jamais à votre père à propos du mariage. Personnellement, je ne trouve rien de plus abject que les unions forcées. C’est un crime immonde, une profanation des lois de l’amour les plus primordiales ! A quoi rime une vie fondée sur des regrets ? Non, vous avez bien raison d’écouter votre cœur et de vous rebeller ainsi.

Mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? Non mais je suis une inconsciente… Je suis en train d’implanter dans la tête de cette enfant des idées dangereuses et complètement imprudentes ! Pour sa sécurité, je ne devrais pas… mais c’est plus fort que moi, j’ai horreur des mariages arrangés et je ne les tolèrerai jamais. Même si ma situation de damnée peut sembler affligeante, je préfère de loin ce que je suis plutôt ce que je serais devenue si j’avais écouté mes parents.
Le regard dur mais enrobé de compassion, je regarde la jeune fille avant laisser mes yeux vagabonder sur les toits de Londres. Sait-on jamais. La Lune a commencé sa douce ascension dans le ciel d’un noir d’encre, mais les lumières de la ville m’empêchent de discerner clairement les étoiles. Soupirant un peu, je me reconcentre sur mon interlocutrice pour continuer à lui prodiguer mes pseudo-conseils :

-Ensuite, concernant l’élu de votre cœur, voulez-vous bien me raconter où vous l’avez rencontré ? Et pourquoi ne pouvez-vous pas y retourner ? Ça n’a pas de sens ! Je suis certaine que vous allez le revoir. Ce serait bien cruel de la part du destin de ne pas vous accorder le droit de vous retrouver.

Je prononce ces mots avec douceur en espérant sincèrement que mes paroles répareront son cœur brisé. Mais moi, je ne suis pas convaincue par mon discours. Après tout, qui suis-je pour parler ou rassurer autrui en matière d’amour ? Mes histoires se sont toutes terminées de manière tragique. Mon premier amant m’a assassiné, mon second m’a délaissé pour une vraie vivante... Non, décidément, ma vie sentimentale n’est qu’une triste charade se résolvant par le mot « solitude ».
Bien que la mélancolie profite de ces déprimantes réflexions pour m’envahir, je ne laisse rien transparaître, et résiste à la délicieuse tentation de replonger une nouvelle fois ma tête dans la fontaine. J’ai trop froid.
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Yume

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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Mer 12 Mar - 18:12

Yume pleurait, encore une fois. Elle avait réussi à se calmer, puis reprit ses sanglots. Elle se sentait vulnérable, elle avait pitié d'elle même,  mais pourquoi n'arrêtait elle pas de pleurer ? 

-Allez, debout ! Relèves toi et souris ! Oh ! C'est pas la fin du monde ! La dame va t'aider, O.K ?

Qui pouvait donc lui parler ? Elle se croyait seule avec cette inconnue ! Pourtant cette voix lui paraissait familière. Elle releva la tête et se retrouva nez à nez avec....Elle même. 

La "Yume 2" était penchée sur elle, les poings sur les hanches, accompagné d'une moue boudeuse lui donnant un petit air insolent. C'était la véritable elle. "Encore une de mes hallucinations." soupira intérieurement l'originale. Pourtant, cette hallucination ne la faisait pas souffrir bien au contraire, elle était agréable. 

- Allez ! Tu vas pas passer ton temps à te morfondre, si ? Où est passée la Yume qui faisait tout pour redonner le sourire au gens ? Celle qui est tombée amoureuse de Chapelier ?
-Je...
-Je me mœurs Yume, je me mœurs ! A petit feu je faiblis ! Rappelles toi qui tu es ! Ne m'oublies pas....

Son dernier mot ne fut qu'un souffle, elle avait disparu. Cette vision lui avait remis les choses au clair. Il fallait qu'elle se batte, coûte que coûte ! La femme, cette fois bien réelle qui se tenait près d'elle, prit la parole. Avait elle une solution à son problème ?


-Voyons, voyons, Mademoiselle, votre problème est compliqué, certes, mais loin d’être insoluble. Concernant, votre passé, je ne peux qu’être désolée pour vous, mais apparemment, vous avez réussi à surmonter cela. Intéressons-nous plutôt à votre problème sentimental…

L'espoir grandit, elle écoutait.  Serai une illusion ? Etait ce bien la douleur qu'elle avait juste le temps d'apercevoir sur le visage de sa sauveuse ? Après tout, elle n'avait surement pas eu le pire passé, mais comment une jeune fille qui ignorait tout des souffrances de la vrai vie pouvait elle savoir ?


-Premièrement,  ne cédez jamais à votre père à propos du mariage. Personnellement, je ne trouve rien de plus abject que les unions forcées. C’est un crime immonde, une profanation des lois de l’amour les plus primordiales ! A quoi rime une vie fondée sur des regrets ? Non, vous avez bien raison d’écouter votre cœur et de vous rebeller ainsi.

La poupée buvait ses paroles comme du petit lait pendant qu'une vague de joie la remplissait enfin quelqu'un qui la comprenait ! Une autre personne lui aurait dit que céder aurait été la chose la plus raisonnable mais non. Pas cette femme.

Ses fossettes se levaient légèrement, faisait un peu souffrir la poupée. Depuis combien de temps n'avait elle pas sourit ? Aucune importance, ce temps était révolu !

 -Ensuite, concernant l’élu de votre cœur, voulez-vous bien me raconter où vous l’avez rencontré ? Et pourquoi ne pouvez-vous pas y retourner ? Ça n’a pas de sens ! Je suis certaine que vous allez le revoir. Ce serait bien cruel de la part du destin de ne pas vous accorder le droit de vous retrouver.

Où elle l'avait rencontré ? Si elle voulait toute l'histoire alors....

-C'était un soir comme les autres. Vraiment. Mon père voulait m'emmener à une soirée mondaine et ça avait encore tourné à la dispute. Je me suis endormie. Je me suis réveillée pas dans ma chambre, où étais je ? A ce moment je l'ignorais mais cet endroit qui allait se révéler merveilleux se prénommait "Wonderland". 


J'étais libre ! Plus de contraintes ! J'avais rencontrer des fleurs qui parlent. Si vous êtes étonnée alors, ce n'est qu'un début. Par contre, ayant erré seule je commençais à m'ennuyer d'être seule. J'ai rencontrée une fille, odeur pastèque appelée Suika. Elle venait d'une planète volante pastèque et ne savait non plus comment elle était arrivée. Nous avons décidé de faire le chemin ensemble.


Puis, une série événements. Les fleurs me paraissaient géantes, mais c'est nous qui étaient minuscules. Un dangereux pervers m'ayant prise pour une fleur m'a enlevé. Avec l'aide de Suika je me suis enfuie. Ils nous poursuivaient. Nous sommes arrivées dans une sorte de "tea party" en plein air. Je me suis réfugiée dans une théière où une peste avait déjà élu domicile, je l'ai finalement chasser, elle m'énervait trop. Bien sûr cette petite peste a vendu la mèche mais j'ai réussi à les faire s'enfuir en les persuadant que j'étais cannibale.


Puis j'ai rencontré le propriétaire de cette théière. Tellement gentil, tellement.... Elle préféra passer, sinon elle allais prendre toute la journée. Il voulait nous mettre en sécurité chez une reine qui se révélait psycopathe. Mais il ne le savait pas, enfin, pas encore.


Arès avoir découvert sa salle de torture la reine qui se faisait passer pour "pure" nous a envoyée régler des différents avec sa sœur, avec qui nous avons commencé de mauvais pied puisque qu'elle était avec ce dangereux voyeur. Notre vie était en jeu, alors on y est allé, renforçant nos liens. Nous formions un trio d'enfer.


Le plan du chapelier était le suivant, quoi je ne vous ai pas dit qu'il était chapelier ? Monsieur théière est le plus magnifique et doué des chapeliers de tout les temps, il a d'ailleurs un chapeau magnifique... Bref, son plan: nous faire introduire dans le château en profitant du bal. 


Ayant envoyé Suika en reconnaissance, Chapelier tenta de m'apprendre la valse, enfin je dis bien tenta: je suis médiocre, le pauvre, je lui écrasait sans arrêt les pieds ! Elle sentit ses joues s'empourprer au souvenir de la danse avec le chapelier. Ensuite, après avoir été obligée de danser avec le pervers mais danser la macarena, oui la macarena, nous sommes rentrés ayant accomplis notre mission.


Ensuite, on m'a prise pour quelqu'un que je ne suis pas et on m'a demandé de tuer un dragon. C'est Suika qui l'a tuer. Heureusement. Moi et Suika sommes allés aux terres du néant vu que la reine ne voulait de nous chez elle. Finalement on a fait le tour et on s'est retrouvés dans un bar dans le jardin de la reine. Le chapelier y était et.....

Elle s'arrêta net. Elle rougit jusqu'au oreilles. Elle se mordit la lèvre. Finalement d'une petite voix elle continua, comme une enfant prise en faute:

Etant inconnue à l'alcool, j'ai un peu forcer la dose, j'ai fait n'importe quoi, dont embrasser le chapelier. C'était dit. Bien sûr, le lendemain je ne me souvenais de rien et je ne comprenais pas pourquoi il me fuyais. Je l'ai appris et....Je me suis enfermée dans ma chambre. A cause, ou plutôt, grâce à Suika nous nous sommes réconciliés, elle lui avait fait croire que je m'étais suicidée. Et encore à cause d'elle, je suis partie du Wonderland, ayant préparé à manger le dragon dont le sang pouvait exaucer les voeux.....Je vous laisses deviner qui voulais que je parte....La reine.....

Je me suis réveillée, dans ma chambre.  Je me suis rendu compte que j'aimais le fou à la théière. Tarrant. J'ai cru que c'était un rêve mais.... 

Elle saisit son pendentif. Elle lui montra, déclarant de l'air le plus sérieux du monde:

Ceci, est le pendentif que le chapelier m'a offert avant d'aller aux terres du néant. Suika a le même. Au cas ou nous nous perdions. Nous nous sommes retrouvées une fois d'ailleurs. A Londres même. Avec un habitant du Wonderland. Mais pas lui. Comme vous l'imaginez, j'ai tout essayer. De me rendormir, de traverser un miroir, un jour, j'ai même cru que cette fontaine était un portail magique, du coup je me suis jetée dedans. Vous auriez vu la tête des passants !

Elle se laissa glisser le long de la fontaine. Elle éclata d'un rire nerveux:

-Comme vous le voyez cet amour est caché et surement non réciproque. Peut-être m'a t-il oublié ?

Elle se laissa au cours de ses pensées. Elle murmura:

-Pourquoi un corbeau ressemble à un bureau ?

Voyant la mine déconfite de son interlocutrice, elle dit tristement:


-Laissez tomber. De toutes façon, ni moi, ni son créateur ne connaissons la réponse.

Après toutes ces confessions, elle devait surement deviner qui en était le créateur. Tarrant.
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Ven 14 Mar - 20:21

Le récit de ma nouvelle amie est long… Long, mais néanmoins surprenant. Alors qu’elle raconte son incroyable histoire, j’aperçois un violon, un pauvre petit violon trainant par terre. Surprenant, me diriez-vous, mais les gens ont parfois tendance à oublier ou délaisser leurs affaires. Tout en écoutant soigneusement la jeune fille évoquer ses incroyables périples, je saisis l’instrument pour faire quelques accords : il semble en bon état ! De mon vivant, j’avais appris à jouer de ce magnifique objet ! Ainsi, je ne puis résister à l’envie d’accompagner la tragique et folle histoire de cette enfant avec une musique à la fois mélancolique aux accords légèrement anarchiques. Trop absorbée dans ses souvenirs, elle ne semble même pas le remarquer !

Alors qu’elle termine son récit par une question étrange, qu’elle trouve elle-même illogique, la jeune fille se laisse tomber sur le sol contre la fontaine, apparemment tremblante de nervosité et de tristesse. Je m’arrête de jouer dans un grincement d’archer, tout en la regardant. Afin qu’elle soit certaine que j’ai absolument écouté toute son histoire, ce qui est la moindre des politesses, j’entreprends d’en faire un bref résumé :

-Alors, autrement dit, vous avez trouvé un moyen de vous rendre dans un pays où la folie est reine. Là-bas vous y avez rencontré l’homme de votre vie, et vous n’êtes pas sûre que ses sentiments soient aussi profonds que les votre. De plus, vous ne trouvez aucun moyen d’y retourner pour pouvoir enfin lui avouer votre amour – Et ainsi tenter de mettre un terme à cette odieuse torture qu’est l’attente incertaine.

Je conclu ma déclaration par un nouvel accord. Ah, décidément, j’adore sentir les ondes des notes de musiques s’échapper de l’instrument pour courir dans les airs ! Mais l’heure n’est plus à la mélodie. Séparant le violon de ma clavicule, je me reconcentre sur mon interlocutrice et son problème. Comme je la comprends, la pauvre. Mais ce n’est pas une raison pour pleurer toutes les larmes de son frêle petit corps sur le parvis d’une fontaine, voyons ! Ce ne sont pas des façons !
Jouant avec l’archer dans les mains, je m’interroge sur le monde dont elle avait parlé, ce fameux « Wonderland ». Je n’ai jamais entendu parler d’un tel pays, mais pourtant, tout ce qu’elle a évoqué semblait réel, et légèrement familier. Peut-être en ai-je déjà entendu parler, finalement, dans un livre… Quoiqu’il en soit, le récit me parait trop grand et trop détaillé pour avoir été inventé de toute pièce, à moins que j’ai affaire à une mythomane compulsive, une théorie qui n’est pas à exclure. Réfléchissant sur le cas de ma nouvelle camarade, je me rends compte que je ne connais même pas son nom ! Après tant de confidences en si peu de temps, il me semble essentiel de faire les présentations !

-Ravie de vous rencontrer, en tout cas ! Déclarai-je le sourire aux lèvres, Je m’appelle Emily. Et vous, quel est votre nom ?

La nuit est bel et bien tombée, il se fait tard, et rester dans une ruelle sombre et déserte à partir d’une certaine heure n’est pas conseillée. Consciente que l’heure des loups ne va pas tarder à arriver, je continue :

-Au fait, nous ne devrions pas trainer ici trop longtemps, ça pourrait devenir dangereux pour vous comme pour moi. Qu’en diriez-vous si je vous raccompagnais jusqu’à votre maison?

La demoiselle n’ayant ni sac ni valise sur elle, j’en conclu donc qu’elle ne doit pas habiter très loin, mais je préfère tout de même l’accompagner sur le chemin du retour, on ne sait jamais. Je ne supporterai pas de voir son visage demain à la Une du Times, proclamée en tant que nouvelle victime de je ne sais quel tueur série psychopathe. Mais contrairement à mes attentes, la jeune fille secoue la tête de gauche à droite, comme pour refuser mon offre. Apparemment elle n’est pas pressée de rentrer ! Mais je comprends, parfois à son âge, la maison familial est le dernier endroit où l’on souhaiterait se trouver. D’un air doux et calme, je demande :

-Dans ce cas, si vous ne voulez pas rentrer chez vous ce soir, où voulez-vous donc aller ?

Je repose le violon là où je l’avais trouvé, contre l’un des rebords de la fontaine. Quelqu’un sera sans doute heureux de le retrouver après l’avoir tant chercher dans tous les coins et les recoins de la ville !
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Ven 14 Mar - 20:59

Yume remarqua qu'une mélodie de violon accompagnais son récit. Son interlocutrice en jouait mais où diable l'avait elle trouvé ? La question n'était pas là.

-Alors, autrement dit, vous avez trouvé un moyen de vous rendre dans un pays où la folie est reine. Là-bas vous y avez rencontré l’homme de votre vie, et vous n’êtes pas sûre que ses sentiments soient aussi profonds que les votre. De plus, vous ne trouvez aucun moyen d’y retourner pour pouvoir enfin lui avouer votre amour – Et ainsi tenter de mettre un terme à cette odieuse torture qu’est l’attente incertaine.

L'inconnue avait très bien résumé la situation. Parfaitement bien. Elle semblait la comprendre. Avait elle aussi connu la souffrance de la torture appelée amour ? Surement. Elle reposa son violon. Ou, peut-être n'est il pas à elle ?


-Ravie de vous rencontrer, en tout cas !  Je m’appelle Emily. Et vous, quel est votre nom ?

Emily....Quel nom magnifique, si gracieux et fragile ! Elle aurait bien aimée s’appeler comme ça Yume... Un nom dont la plupart des personnes trouvent bizarre, peut-être en ignorent ils le sens.


-Au fait, nous ne devrions pas trainer ici trop longtemps, ça pourrait devenir dangereux pour vous comme pour moi. Qu’en diriez-vous si je vous raccompagnais jusqu’à votre maison?
 
A sa maison ? Le dernier endroit où elle aurait envie d'aller. Avec Emily, il lui semblait oublier la souffrance avec son réconfort. Là bas, elle n'aurait que les remarques de son père, toutes ses contraintes... Et la solitude. Non ! Elle n'irai pas ! Elle secoua vigoureusement la tête. L'air d'Emily se radoucit et elle demanda doucement:

-Dans ce cas, si vous ne voulez pas rentrer chez vous ce soir, où voulez-vous donc aller ? Sur ces mots, elle reposa son violon.

-Je m'appelle Yume. Enchantée moi aussi.  Pas question de rentrer. La maison n'est surement pas le bon terme, je ne m'y sent pas chez moi. Eh bien, habituellement, je me promène seule dans la nuit et...

Elle fut coupée par une petite musique, ritournelle joyeuse, semblable à celle d'un cirque. Une carriole bariolée. Elle traversait la rue vide, laissant sur son passage un prospectus rouge. La poupée s'approcha et le prit. Dessus on pouvait lire:

"Ce soir, festival de la nuit ! Venez nombreux ! Stands, spectacles et distractions en tout genre ! Allez y avec tout vos amis ! Plongez dans le monde fabuleux de la nuit ! Un voyage plein de surprises ..."


Et en dessous, l'adresse. Ce n'était pas très loin. Ça avait l'air amusant ! Et si... Elle rejoignit Emily. Elle lui montra le prospectus, la femme le regardant d'un air curieux. Puis, avec un grand sourire elle lui demanda:


-Et pourquoi ne pas y aller ensemble ? Ça serai amusant ! La nuit ne fait que commencer, et puis ça me changera les idées ! S'il vous plaît...

Elle avait prononcé sa dernière phrase d'un ton suppliant. Elle espérait que "Emy" accepterai, qui sait, elle pourrai peut-être trouver la solution à son problème ? Ou même devenir amie avec la femme ? En tout cas, ça sera plus distrayant que de rentrer chez elle. Habituellement, elle se rendait seule à ce genre de fête, contemplant avec envie les groupes d'amies qui s'amusaient... Mais, là, un espoir d'y aller accompagnée !  

_________________

Une petite poupée dans un monde d'adulte
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Emily
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Sam 15 Mar - 17:33

Yume. La demoiselle s’appelle Yume. C’est très joli comme nom, et certainement pas aussi courant qu’Emily ! J’apprécie beaucoup les noms rares, c’est un fait. Ah, mais il parait que l’humain n’est jamais content de ce qu’il a, ça aussi, c’est un fait !
Alors que la jeune fille qui répond donc au nom de Yume m’explique qu’elle passe la plupart de ses nuits à ce promener dehors, quelque chose vient interrompre son discours. Une drôle de musique. La mélodie se rapproche de plus en plus, jusqu’à ce qu’une petite carriole flamboyante apparaisse à un coin de la rue. Interpellée, je la regarde passer, secouée par les pavés abîmés de la rue de Fleet street qui rendent sa progression chaotique. A l’arrière, un homme vêtu de noir de la tête aux pieds tenant une pile de prospectus en laisse un s’échapper de ses mains, qui virevolte dans les airs avant de s’échouer sur le sol. Puis la carriole disparaît comme elle était apparue, la musique s’évanouissant petit à petit.

J’aperçois alors Yume se précipiter vers le prospectus abandonné pour le ramasser puis le lire. Un sourire se dessine sur son visage alors qu’elle découvre ce qui y est inscrit. Je me demande bien ce qui peut lui plaire autant ! Rayonnante, elle revient vers moi et me tend le bout de papier qui apparemment, allait enjoliver sa soirée. Je le regarde soigneusement : il s’agit d’un prospectus de couleur pourpre teinté d’arabesques dorées sur lequel il est inscrit :

"Ce soir, festival de la nuit ! Venez nombreux ! Stands, spectacles et distractions en tout genre ! Allez y avec tout vos amis ! Plongez dans le monde fabuleux de la nuit ! Un voyage plein de surprises ..."


Ah ! Un festival, bien entendu ! Les enfants raffolent de ce genre de manifestation, et Yume ne doit pas être une exception à cette règle. Pour ma part, je suis assez septique. Ce que je pense de ce genre d’endroit est assez mitigé. On peut y voir des choses intéressantes, certes, mais le fait que ces lieux de fêtes soient souvent blindés de monde me rebute souvent. Je ne suis pas à l’aise au milieu de la foule, à vrai dire, j’ai même horreur de ça. Alors que je relève les yeux du prospectus, je tombe sur le visage de Yume, qui me regarde avec la même intensité qu’un chaton regarderait un bol de lait. Oh oh… Je sens bien que ça ne va pas louper…

-Et pourquoi ne pas y aller ensemble ? Ça serai amusant ! La nuit ne fait que commencer, et puis ça me changera les idées ! S'il vous plaît...

Ah, j’ai vu juste. Je ferme les yeux un instant pour faire le point. La jeune fille insiste ! Me rendre à cet endroit ne me dit vraiment rien, en plus, j’avais d’autres projets pour ce soir. Mais d’un autre côté, c’est peut être l’occasion où jamais de mieux découvrir ce genre d’univers, et au moins, grâce au point de vue de Yume, je pourrait comprendre pourquoi certains humains sont si attirés par ces phénomènes ambulants. Ce pourrait être intéressant !
Avec une mine pensive, j’ouvre les yeux et remarque ma nouvelle amie toujours accompagnée de son minois implorant. L’air enjoué, mais toujours septique, je déclare donc :

- Mhmmm… C’est d’accord, je veux bien vous accompagner dans cet… Endroit. Mais pas longtemps alors, juste l’affaire d’une heure ou deux. Cela vous va ?


Je regarde une nouvelle fois le prospectus afin de trouver l’adresse de ce fameux festival. Il n’a lieu qu’à quelques pas d’ici : c’est parfait ! Tentant légèrement de coiffer mes cheveux complètement en bataille, je me relève de là où j’étais assise et défroisse ma robe. Je me sens plutôt de bonne humeur ! La présence de Yume m’aide à oublier mes nombreux soucis, je serai heureuse de rester à ses côtés plus longtemps. D’un air solennel, je clame en souriant :

- Après vous, très chère. En route pour le festival de la nuit !
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Dim 16 Mar - 5:51

- Mhmmm… C’est d’accord, je veux bien vous accompagner dans cet… Endroit. Mais pas longtemps alors, juste l’affaire d’une heure ou deux. Cela vous va ?

Chic ! Elle avait accepté ! C'était déjà ça ! Elle se sentait excitée à l'idée de sa première sortie "entre amies." Qu'est ce que ce que ce festival peut bien lui réserver ? Malgré ce prospectus tout a fait ordinaire, Yume sait que ce festival dégage une aura particulière, tout comme ce lieu. Allons y !

- Après vous, très chère. En route pour le festival de la nuit !


Plus elles marchaient plus la musique se rapprochait. Puis.....un grand rideau ? Peu commun pour un festival habituellement. Derrière ce rideau il y avait un village, ou bien l'illusion paraissait si...réelle ! Les maisons biscornues dont des ombres faisait penser à des corbeaux avaient ouvert de divers stands.

 Yume sourit. Si elle devait vivre quelque part dans Londres, ce serait ici ! Tout les "habitants" portaient le même genre de tenue: canne, veste longue, pantalon stricte, chaussures parfaitement cirées et...des chapeaux haut-de-forme. Elle détourna les yeux aussitôt. Pas question d'y repenser alors qu'elle allait s'amuser. Elle préféra détailler les stands et attractions. Voyons voir.... Une forêt pour tester son courage... Les chats de minuit ( aucune idée de ce ça peut être ), une buvette.... Un vieux train qui s'enfonce je ne sais où et un cirque d'où provenait la musique de tour à l'heure. Par où commencer ? 

Elle alla se renseigner avec un passant pour qu'il la conseille:

-Excusez moi monsieur mais, avez vous une idée par où nous pourrions commencer ?
-La boutique. Si vous voulez faire quoi que ce soit ici, habillez vous comme tout le monde. Ça ne coûte pas grand chose et après, tout ici vous sera accessible et gratuit !
-Euh..Merci ?

Sur le chemin de cette boutique, la poupée se demandait si elle n'avait pas entraîner Emily dans une sorte de secte. Mais non, c'était juste elle qui avait un esprit tordu. Elles n'avaient qu'a se prêter au jeu après tout. Une fois habillées en haut et du forme, les jeunes filles se rendirent sur la place principale avait une fontaine hors service, qui renforçait le côté glauque du lieu pour renouveler leurs choix. N'arrivant pas à se décider, Yume se tourna vers son amie pour lui demander son avis:


-Alors ? Par où on commence ?
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Ven 21 Mar - 21:06

Je suis donc Yume, qui me conduit jusqu’à l’adresse notée sur le prospectus que nous avons trouvé quelques minutes auparavant. Et voilà que nous arrivons devant un rideau. Et c’est le plus grand rideau que j’ai vu de toute ma vie !! Assez grand pour dissimuler l’entrée de tout un village ! Et pas n’importe quel village : une sorte de hameau aux allures gothiques qui me rappelle ma ville natale ! J’ignorais qu’il existait pareil endroit à Londres, cette ville est décidément pleine de surprises !
Alors que nous faisons nos premiers pas dans ce nouvel endroit, je remarque que tout le  monde porte le même accoutrement, une sorte d’habit de chapelier, ou quelque chose du genre. Une  coutume locale, je présume.
Tandis que j’inspecte ce qui me semble être un stand de confiserie, je distingue du coin de l’œil Yume qui s’éloigne pour demander conseil à un passant. Apparemment, celui-ci  lui répond que nous devrions nous vêtir comme tout le monde afin de pouvoir profiter convenablement des festivités. Je soupire : ben voyons, fondons-nous dans la masse, dans ce joli petit uniforme qui semble beaucoup plaire à mon amie, en tout cas ! Sans râler d’avantage, un léger sourire aux lèvres je laisse la jeune demoiselle me conduire dans la boutique de vêtement la plus proche.

Veste longue, pantalon noir, canne et chapeau… Je suppose que cet accoutrement me donne plus l’air d’une sorcière vaudoue qu’autre chose, en réalité. Enfin, ce n’est pas tous les jours qu’on a  l’occasion de déambulé costumée comme si de rien n’était – une bien curieuse réaction de la part de celle qui sort en robe de mariée un jour sur deux, j’en conviens !
Une fois sorties de la boutique, Yume et moi nous dirigeons vers la place principale, carrefour entre tous les choix d’attractions disponibles. Je distingue une grande roue qui grince un peu trop à mon goût, une sorte de train fantôme, une forêt mystérieusement sombre à explorer, un bâtiments sur lequel il est écrit « Les Chats de Minuit »…

-Alors ? Par où on commence ? Me demande Yume, d’un ton plein de joie et d’impatience.

La mystérieuse forêt m’intéresse beaucoup ! J’ai envie de tester le courage de ma nouvelle amie ! Voyons un peu ce qu’elle a dans le ventre. Je ne la trouve pas peureuse, elle qui apparemment ne craint pas le fait de sortir seule la nuit quand le danger, certes invisible, rode. Mais voyons comment elle réagirait dans une forêt où tout semble être menaçant, une dose de danger soigneusement pesée calmerait peut être son imprudence.
Je souris tout en élaborant cette théorie : pourquoi n’appliquais-je jamais les mesures de sécurité que je souhaitais imposer aux autres ? Sans doute parce que je ne risque jamais grand-chose, après tout, je suis déjà morte une fois.

-La forêt ! Allons donc dans cette forêt ! J’adore les forêts, déclarais-je d’un ton enjoué et innocent.

En plus, c’est véridique : j’adore les forêts. De jour, de nuit, l’été ou l’hiver, je trouve toujours ces endroits pleins de charme, bien qu’ils ressemblent parfois à des théâtres d’horreur inimaginables. Mais bon, là tout de suite, je ne suis pas du tout apeurée, mais ma sérénité est sans doute due en partie à l’ambiance festive qui nous entoure encore. Quoiqu’il en soit, je ne pense pas ces bois capables de ma flanquer la terreur de ma vie : la pire des forêt, la plus sombre et la plus cruelle, je l’ai déjà connue, et cet amas d’arbres sombres n’est rien comparé à elle. Mais je fais attention tout de même à ne pas trop sous-estimer le potentiel angoissant que possède ce lieu.
Bien, je suis parfaitement prête pour me perdre un moment dans cette obscurité végétale !

J’entraîne donc Yume à me suivre alors que nous nous dirigeons vers cette mystérieuse forêt. Peu de gens semblent avoir voulu tenter d’explorer ces lieux. L’entrée est déserte, signalée par deux lampadaires de style ancien produisant une faible lueur. Ah ! Une ambiance lugubre digne du cimetière dans lequel j’ai reposé un moment, rien de tel pour me rendre vaguement nostalgique. La canne sous le bras, je passe à la hauteur du premier arbre sans frémir. Certains pourraient trouver ma détermination semblable à du courage, mais il n’en est rien, car le courage n’existe pas sans peur. Et en l’occurrence, je n’ai pas du tout peur. Pour l’instant.
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Sam 22 Mar - 8:57

-La forêt ! Allons donc dans cette forêt ! J’adore les forêts. 

Bon, elle avait l'air de s'amuser, c'était au moins ça de fait. Personnellement, Yume n'avait pas peur des forêts. Au contraire, elles les trouvaient plus paisibles qu'autres choses. Après tout, elle avait déjà traversé pour son plus grand plaisir la pire des forêts: celle du Wonderland. Pour la plupart des gens, elle était terrifiante et un véritable labyrinthe où l'on ne pouvait espérer sortir, mais pour la poupée, elle était plus rassurante qu'autre chose, et elle connaissait le chemin, suivre son cœur et...l'odeur du thé. Depuis son retour dans le monde réel, elle se rendait parfois dans une forêts pour méditer, y réfléchir.

Les deux nouvelles amies dépassèrent les deux lampadaire d'où provenait une faible lueur, laissant place à une immense et sombre forêt. Les arbres étaient imposants, parfois morts, d'autres biscornus. Les fougères qui envahissaient le bord du petit chemin semblaient si immenses par rapports aux deux frêles jeunes femmes... Cet endroit ressemblait décidément beaucoup aux merveilles... Un endroit de bon souvenirs, nostalgie... Nouveau pincement au cœur. Mais pas trop désagréable. Elle visionnait ces souvenirs heureux avec plaisir.

Après une marche plutôt tranquille, le silence comblé par des bruits étranges, parfois non-identifiable, Yume sortit son porte bonheur. Une photographie. Enfin, ça avait l'air d'une photographie. C'était en réalité un dessin, colorié avec tant de minutie, fait avec tant de précision que n'importe qui mis à part sa créatrice s'y méprenait. La poupée avait mis tant de temps à le faire et refaire, jusqu'à ce qu'elle obtienne le portrait parfait de son chapelier. Sa mère l'ayant initié aux arts dès son plus jeune âge, avant de rejoindre les cieux, ce ne fut pas trop ardu de dessiner trait pour trait. Elle l'avait conçu dans le but de se souvenir, exactement a quoi il ressemblait, dans les moindres détails. Pas question de se contenter d'un simple souvenir flou qui s'estompe. Non, il fallait bien s'en souvenir. Il ne la quittait jamais comme ça.

Elle sentait qu'Emily regardait par dessus son épaule, simple curiosité sans doutes. Elle ne dit qu'une seule phrase, brève, avant de ranger l'objet:

-C'est lui.

Et la marche reprit, cette fois animée par la chansonnette du chapelier interprétée par la douce et mélodieuse voix de Yume, brisant le silence qui commençait à devenir oppressant:


 Scintille petite chauve-souris, que fais tu en ces temps maudits ? Tu voles dans la vallée, telle une jolie tasse de thé. Scintilles, scintilles.... ♫

La forêt était vraiment belle et dangereuse à la fois ? Pourquoi la fuir ? Pourquoi la détruire ? Elle n'avait pas de réponse. Tout ce qu'elle savait, c'est que ces tests de courages sont habituellement exploités par les précieuses de sa classe, elle y emmenaient des garçons qui leurs plaisaient et se cramponnaient à eux toute la traversée. Les garçons venaient juste pour jouer les grands protecteurs... Quel gâchis.... Quoique, c'est quand même bien trouvé comme technique... Emily semblait un peu surprise que Yume était si décontractée dans un endroit pareil, si sombre, si lugubre... Mais si beau... Des lucioles ! Une petit groupe tourna autour d'elles, comme par curiosité puis repartit.


-Quel spectacle....Magique ! Décidément, je ne regrette pas d'être venue ! Vous savez, ce n'est pas une forêt qui va me faire peur, j'ai déjà affronter un Jabberwocky, un Bandersnatch, deux reines psychopathes et....

Elle n'eu pas le temps de finir sa phrase qu'une lame de guillotine passa juste devant son nez. A un millimètre près. Un pas de plus, elle serai morte. Elle ouvrit de grands yeux surpris. Ne criant pas. Pauvre gosses déjà passés ici ! Elle commençait à regretter d'avoir mis les pieds dans cette forêt. Mais il fallait continuer. Emily voulait le faire, alors il fallait le faire.


-Ouf ! C'était quoi ce truc ? Il va falloir faire attention, quelque chose ou quelqu'un veux notre mort ici.... Si ce n'est pas juste l'attraction. Mais ça me paraît....trop réel.
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Mer 26 Mar - 19:16

Yume et moi marchons depuis un petit moment dans cette sombre forêt, sans rien croiser d’anormal, ni d’inquiétant. Les branches craquent sous nos pieds, un hululement de chouette se fait entendre de temps à autre et de petites bêtes tapies dans les fourrés se faufilent en nous sentant approcher. Cette forêt semble vraiment inoffensive. En vérité, il suffit juste de réussir à contrôler son imagination, pour ne pas craindre de voir des bras menaçants dans les branches tordues, ou des croquemitaines dans les ombres disproportionnées.

Mon regard se pose à présent sur Yume, et je vois qu’elle tient dans sa main quelque chose ressemblant à une photographie, sur laquelle on peut distinguer le visage d’un homme. Curieux portrait, ma foi ! Des cheveux oranges, un teint blafard, de grands yeux jaunes et un étrange chapeau haute-forme surmontant son visage original ! J’avais rarement vu des personnes aussi excentriques.

-C'est lui. murmure la jeune fille avant de vite ranger l’image dans la poche de sa veste.

D’accord. Je suppose qu’il s’agit de ce mystérieux homme qu’elle a rencontré dans ces Merveilles, et qu’elle conserve cette photographie sur elle quoiqu’il arrive, afin de ne jamais oublier ses traits, et d’avoir l’impression qu’il l’accompagne où qu’elle aille. On se rassure comme on peut, je comprends. Tandis que Yume commence à marcher d’une façon plus décontractée en chantonnant une comptine, je me contente d’avancer les yeux fixés sur l’herbe émeraude baignée par la lumière de la Lune.
Je suis interrompue dans mes rêveries par la voix enjouée de mon amie, s’extasiant sur les innombrables merveilles de la forêt :

-Quel spectacle....Magique ! Décidément, je ne regrette pas d'être venue ! Vous savez, ce n'est pas une forêt qui va me faire peur, j'ai déjà affronter un Jabberwocky, un Bandersnatch, deux reines psychopathes et....

Et SCHLAAAK !...

J’étouffe un cri de surprise : ce bruit effrayant n’annonce rien de bon ! Je relève la tête et aperçoit la jeune fille, quelques mètres devant moi, immobile, figée de terreur. A ces pieds, une grande lame à présent fichée dans la terre, luisant sous la faible lueur de la nuit.
Une fois l’état de choc passé, j’attrape vivement Yume par le bras, la plaçant derrière moi. S’il y a bel et bien de véritables dangers dans cette forêt, ils ne sont pas pour elle. Déjà parce qu’en premier lieu, c’est moi qui ai choisi cette « attraction ». Ensuite parce que, naturellement, je suis déjà morte et que mourir une seconde fois pour sauver la vie d’une innocente, que j’ai entraînée vraisemblablement dans un piège, serai la moindre des choses. Même si cette perspective ne m’enchante guère, je suis prête à courir le risque pour sauver la vie de mon amie.
Après avoir levé les yeux vers le ciel pour vérifier que rien d’autre de néfaste ne pourrait nous tomber dessus, je me penche sur la lame de la guillotine pour l’inspecter. C’est une véritable lame, lourde et parfaitement aiguisée, comme au temps de la révolution française. Quel parc d’attraction prendrait autant de risque en la faisant tomber à un cheveu d’un visiteur ? Le danger est bien trop réel pour être considéré comme une simple blague, et je pense pourtant être plutôt ouverte d’esprit en ce qui concerne l’humour. Mais tout de même !

Serait-ce réellement une forêt hantée ou maudite ? Allons-nous véritablement risquer de tomber sur une sorcière, Slenderman ou je ne sais quels autres monstres ? Je sens l’inquiétude grimper insidieusement dans mon esprit, tout ce qui nous entoure devient si facilement menaçant ici… Non ! Il ne faut pas céder à la panique. J’ai la responsabilité de Yume, je dois faire face, je dois nous sortir de là.
Tout d’abord, si nous devons avoir affaire à d’autres pièges ici, autant les repérer avant qu’ils nous tombent dessus. A ma droite, j’aperçois une lanterne éteinte, à moitié cassée, suspendue aux branches d’un arbre, assez basse pour me permettre de l’atteindre. Je l’attrape : une bougie à moitié fondue se trouve encore à l’intérieur. Avec mille précautions, je l’allume grâce au briquet que je gardais dans ma poche – j’avais dû brûler quelques papiers chez moi, avant de sortir pour ma promenade nocturne, et je l’avais conservé, j’avais bien fait !
Déterminée, je porte la lanterne à bout de bras pour vérifier que rien de menaçant ne nous entoure, tout en tentant de garder mon sang-froid. Je me tourne ensuite vers mon amie, qui semble toujours un peu sous le choc :

- Yume, ça va ? Ecoute-moi bien, maintenant, il va falloir décider quelque chose : soit nous essayons de sortir de cette forêt accompagnée de cette lumière - tout en risquant de nous faire repérer et attaquer par ce qui rode dans le coin -, soit nous choisissons d’avancer discrètement, dans l’ombre, mais en prenant le risque de tomber sous les dangereux pièges disposés par ici. Quoiqu’il en soit, s’il te plait, ne me lâche pas d’une semelle et écoute ce que je te dis. Et surtout, ne t’inquiète pas, ça va aller !

Sans m’en rendre compte, j’étais passé au tutoiement ! Mon sens des priorités a sans doutes choisi de se concentrer un peu plus sur la survie que sur les convenances. Enfin, après être passée à un cheveu de perdre la tête, ma chère Yume doit sans doutes se moquer de ces familiarités précipitées !
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Sam 29 Mar - 19:37

Emily tira le bras de la poupée, presque affolée. Tout comme elle, elle cherchait d'autres pièges du regard, c'en était presque paranoïaque ! Mais  en vu  de la situation... Prenant son courage à deux mains, "Emy" saisit une bougie du lampadaire le plus proche, cassé. Problème: elle était éteinte. Pas de problème pour la jeune fille ! Elle sortit un briquet de nulle part, et... Quoi ? Depuis quand elle avait un briquet ? Comment elle l'a eu ? Un violon, un briquet.... Elle avait les poches de Marie-Poppins ou quoi ? L'ayant une fois allumée, "Madame-aux-poches-de-marie-poppins" se tourna et dit d'une voix un peu tremblante à Yume, qui n'avait pas bougé depuis.

- Yume, ça va ? Ecoute-moi bien, maintenant, il va falloir décider quelque chose : soit nous essayons de sortir de cette forêt accompagnée de cette lumière - tout en risquant de nous faire repérer et attaquer par ce qui rode dans le coin -, soit nous choisissons d’avancer discrètement, dans l’ombre, mais en prenant le risque de tomber sous les dangereux pièges disposés par ici. Quoiqu’il en soit, s’il te plait, ne me lâche pas d’une semelle et écoute ce que je te dis. Et surtout, ne t’inquiète pas, ça va aller !

La poupée déglutit en acquiesçant doucement. En vérité, elle était morte de peur. Elle se sentait si faible, si vulnérable... C'était un véritable combat pour tenir sur ces deux jambes. Tiens ? Elle la tutoyait désormais ? Ce détail pourtant sans importance interpella celle qui avait de justesse échappé à la mort. Peut-être était ce justement pour ça... Rebrousser chemin était la meilleur chose à faire. Elle se retourna.

Le chemin avait disparu.


Derrière elles, juste une barrière d'arbres sombres et noirs, tellement serrés que même une souris peinerait à traverser. Une seule solution: continuer.

Elles marchaient à pas prudents, mal assurés. Yume se cramponnait au bras de sa compagne. Son comportement lui rappelait un peu celui du chapelier: la protéger, la rassurer... A cette comparaison, une esquisse de sourire apparu sur le visage tétanisé de la poupée. Mais qui disparu aussitôt. La lune éclairait leur chemin à présent, ce qui n'était, en soit, pas plus rassurant. 


*Oh, c'est glauque.... AAAAAH ! C'est quoi ce bruit ? Ah, juste le vent, juste le vent... Chapelier au secours ! Bon, la lame de guillotine c'était un classique. Qu'est ce qui pourrai bien avoir d'autre ? Réfléchis Yume, réfléchis ! Lames qui se croises, araignées géantes, flèches empoisonnées... Flèches empoisonnées ?*

Elle s'arrêta net, s'étant détachée de l'étreinte qui la liait jusqu'à présent de son amie. Sur cet arbre, un étrange mécanisme,  comme celui des flèches empoisonnées. Elle remonta du regard l'invention. Il s'enclenchait grâce... au fil sur lequel Emily marchait !

-ATTENTION !

Elle eu à peine le temps de se jeter sur elle que les flèches jallissèrent. Elle atterrirent au sol, soulevant un épais nuage de poussière. Yume, étant asmatique, toussa un peu avant de constater avec soulagement que celle qu'elle venait de sauve n'avait rien.

-Ouf ! Faut faire gaffe !


Elle l'aida à se relever, se sentant un peu plus courageuse. Un peu plus loin, le dilemme: la route se divisait en deux chemins: l'un à gauche l'un à droite. Où aller ? C'était peut-être un test voir si elles se disputeraient à choisir le chemin... Attentive, Yume se tourna vers Emily:


-On prend lequel ? A droite comme à gauche, je te suivrai jusqu'au bout ! 
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Ven 11 Avr - 20:21

Que préfère donc mon amie ? La lumière risquée ou les ténèbres effrayants ? Apparemment, ni l’un, ni l’autre, puisqu’elle ne répond pas à ma question. La jeune fille, visiblement terrorisée ne lâche pas un mot et tremble comme une feuille. Je souris en espérant ainsi  la rassurer un peu et décide de garder la lumière allumée, quand bien même cela serait imprudent. Pas la peine d’augmenter son stress et sa peur en la plongeant de nouveau dans le noir total.
Alors que Yume se retourne doucement pour rebrousser chemin, je fais à mon tour volte-face et avance mon bras muni de la lanterne vers notre nouvelle direction.
Et je ne m’attendais pas à me retrouver nez à nez avec un énorme buisson, dont la largeur semble s’étendre sur des kilomètres et des kilomètres, telle une redoutable haie de labyrinthe ! C’est exactement comme si la forêt s’était refermée après notre passage. Ce n’est pas logique. M’attrapant par le bras, ma jeune amie commence donc à marcher de l’autre côté. Visiblement, nous n’avons pas le choix, il faut continuer à déambuler là où le veux cette « forêt ».

Alors que nous nous déplaçons dans ces bois à pas prudents, je ne peux m’empêcher de ressasser l’inexplicable phénomène qui s’est déroulé sous mes yeux il y a quelques instants. Ce n’est pas normal… Ca ne devrait pas être comme ça ! Comment est-ce possible ? Serait-ce l’œuvre d’un être aux pouvoirs surnaturels vivant dans ces lieux ? La forêt elle-même est-elle douée d’intelligence pure et d’un libre arbitre ? Je ne comprends pas. Je ne comprends pas et ça m’énerve ! Et ça m’énerve tellement que je n’arrive pas à penser à autre chose. Je me sens piégée par quelque chose qui m’échappe, que je ne comprends pas, et mon intuition est prise au dépourvue. Et ces réflexions occupent tellement mon esprit que…

- ATTENTION !

…Que j’en avais oublié la dangereuse situation dans laquelle nous nous trouvions.
D’un coup, Yume se jette sur moi, me faisant tomber brusquement le nez dans l’herbe, coupée en plein vol dans mes intenses pensées, lâchant la lanterne qui tombe sur le sol en s’éteignant.  Je comprends son geste une fraction seconde plus tard, en entendant un bruit strident et rapide filer dans l’air au dessus de nos têtes. J’avais du déclencher un piège ! Quelle idiote ! Quand comprendrais-je que s’interroger sur le sens et le pourquoi des choses n’est pas une bonne idée lorsque l’on s’aventure dans une forêt parsemée de danger ?? Sans doute jamais, c’est bien plus fort que moi.

Néanmoins en colère contre moi-même pour ne pas avoir su éviter un piège aussi grossier, je me relève péniblement. Mon amie, après une quinte de toux légèrement inquiétante, viet me soutenir. Elle a l’air d’être indemne et cela me rassure beaucoup ! Mon regard est a présent attiré vers l’arbre près duquel nous sommes tombées et je constate de curieuses choses semblant être greffées dessus. Je m’en approche : des aiguillons, ou plutôt de petites flèches sont solidement plantées dans son tronc. C’était donc ça, le piège dont m’avais sauvé Yume. C’est vrai que ça aurait un peu piqué. Je ne fais pas trop de soucis pour ça, et je n’ai pas l’impression d’avoir échapper à un sort aussi horrible que la guillotine, mais tout de même ! Peut être ces fléchettes étaient-elles empoisonnées. Yume aurait pu en recevoir une en me reversant, et les conséquences auraient sans doute été plus désastreuses que si j’avais moi-même été touchée ! C’est à moi de la protéger, pas à elle.

Cet incident me fais réfléchir : devrais-je en dévoiler un peu plus à ma camarade au sujet de ma véritable identité ? Elle semble avoir une âme héroïque, mais je voudrais qu’elle comprenne que ce ne serait en aucun cas la peine de se sacrifier ou de prendre n’importe quel risque pour moi. Sa vie, encore intacte, est cent fois plus précieuse à préserver que la mienne.
Enfin, c’est un sujet relativement compliqué à aborder, et je préfère éviter de traumatiser un peu plus ma nouvelle amie avec une histoire de mort-vivant, de malédiction, et compagnie. En attendant, je tâche de prendre en main mon cerveau indiscipliné afin d’essayer de lui inculquer la prudence, au moins pour un moment, pour Yume.

Remerciant grandement ma sauveuse pour cet acte de bravoure, je ramasse la lanterne tombée au sol et décide de la rallumer pour continuer notre chemin. Nous reprenons donc la route. Nous marchons encore un moment, sans désagréable surprise cette fois. Après quelques minutes, nous approchons d’une intersection : le chemin que nous suivions se divise en deux partie presque symétriques. Je regarde mon amie, qui, après avoir contempler ces deux routes un bref instant déclare :

-On prend lequel ? A droite comme à gauche, je te suivrais jusqu’au bout !

Mhmmm… Un choix. Voilà qui me laisse perplexe.  Mais pas pour longtemps ! Après tout, pourquoi se torturer à savoir quel est le bon ? Si cela se trouve, ils conduisent tous les deux au même sort. Il n’y a visiblement aucun moyen de savoir si l’un d’eux nous emmènera à l’extérieur de cette forêt, ou si l’autre nous conduira vers les ténèbres et encore les ténèbres… A quoi bon se torturer indéfiniment ? Dans ce cas de dilemme, je choisis toujours de manière impulsive et rapide, et ma décision se porte sur… Le chemin de gauche !

-Allons à gauche, Yume. Je ne saurais te dire pourquoi ce chemin plutôt que l’autre, mais disons que j’agis de manière purement instinctive, ce soir.

Nous partons donc vers la gauche, mon amie ne semble nullement gênée par ce choix. La forêt est immense,  tous les arbres se ressemblent, et je ne saurais dire si nous nous rapprochons ou bien nous éloignons de la sortie de cet endroit maudit.
Soudain, il me semble entendre un bruit. Un bruit, bizarre, anormal, mauvais… Le genre de bruit que l’on ne veut surtout pas entendre quand on est dans une forêt la nuit. Le grognement terrifiant du « monstre de la Forêt ». Prise de panique, je perd soudain quelque peu mon sang-froid, souffle brusquement sur la bougie de la lanterne et me plaque contre l’arbre le plus proche, invitant Yume à faire de même. Une fois la jeune fille à côté de moi, je murmure :

-Je crois qu’il y a quelque chose qui rode, pas loin… Ca grogne. S’il te plait, reste là et ne bouge pas. Au moins le temps qu’il s’éloigne…

J’espère de tout mon cœur, pour moi, mais surtout pour Yume, que notre odeur ne nous trahira pas. Et j’espère également que ma jeune et trépidante amie ne va pas jouer les héroïnes et courir à la rencontre de cette bête dans l’espoir de la vaincre, ou pire de l’approcher pour l’apprivoiser comme un gentil chaton !
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Sam 12 Avr - 19:09

-Allons à gauche, Yume. Je ne saurais te dire pourquoi ce chemin plutôt que l’autre, mais disons que j’agis de manière purement instinctive, ce soir.

A gauche ? Pas de problèmes ! Agir par l’instinct était la meilleure chose à faire, c'était généralement bon signe. Le chemin paraissait infini, long... Tellement long... D'un ennui... Elle avait tellement mal aux pieds... Soudain, un bruit... inquiétant... Genre le monstre de la forêt, terrifiant. Emily souffla sa bougie, plongeant le lieu dans l'obscurité la plus complète. Se plaquant contre un arbre, les deux jeunes filles retinrent leur souffle. Dans un élan de courage, Emily lança:

-Je crois qu’il y a quelque chose qui rode, pas loin… Ça grogne. S’il te plait, reste là et ne bouge pas. Au moins le temps qu’il s’éloigne…

Elle avait bien l'intention de rester à son arbre ! Elle ne voulait pas mourir, pas aussi jeune ! Le grognement s'intensifia. La jeune poupée sentait désormais la présence de la bête, tout près. Avait elle détecté leur odeur ? En tout cas, elle s'approchait dangereusement de la cachette. A deux pas à peine, la bête grogna. Elles étaient repérées. Elles allaient mourir ainsi. Non !

Dans la panique, Yume se remémora que ferait le héros d'un roman dans un telle situation: il prendrait un caillou, le jetterai loin, détournant ainsi l'attention et en profiterait pour s'enfuir ! Elle se baissa sans bruits, et se saisit du premier projectile qui lui tombait sous la main. Elle le lança de toute ses forces, il atterrit dans un buisson et la bête se jeta dessus.

Il ne fallait pas lui dire deux fois: elle saisit la main d'Emily et s'enfuit en courant le plus vite possible ! La bête s’aperçut bien  vite de la supercherie et se lança à leur poursuite. Ce qu'elle avait fait était parfaitement inutile: elle avait juste gâché une maigre chance de s'en sortir. Les larmes lui picotait pendant que le monstre gagnait plus de terrain. Impulsivement, elle sauta avec son amie dans un arbre à leur portée, bien que petit, fragile et biscornu. Elle se positionna devant sa compagne: pas question que cette chose lui fasse du mal, c'était sa première vraie amie à Londres, elle ne voulait pas la perdre si facilement !

Le monstre massif était sur ses deux pattes, de toute sa hauteur son visage et celui de Yume étaient face à face. Celle ci sentait son, souffle putride, voyait ses grosses dents, elle avait peur. Essayant de garder son calme, elle se dit que tout n'était pas perdu: elle avait bien apprivoisé le Bandersnatch, pourquoi pas lui ? Elle fit d'une voix douce et cajoleuse, faisant fondre même un coeur de pierre:

-OOOh ! Il est adorable ! Qui c'est le monstrounet ? Soyons amis !


Celui ci répondit par un horrible cri tellement puissant que tout les cheveux de la jeune fille se dressèrent. Ok, ce monstre n'avait pas d'âme. Si la technique reine blanche ne marchait pas, il fallait essayer celle de la reine rouge. Elle se mit à crier sur le monstre. Celui ci surpris, cria encore plus fort.

-Oh, tu sais je ne perd jamais à ce jeu là !


Après ceci s'ensuivit un concours de cris plus féroces et plus forts à chaque fois. D'un coup, Yume rassembla toute la force, toute la haine, toute la détermination en elle et poussa un cri si grand que toute la forêt en trembla. Le monstre les oreilles rabattues (si c'était des oreilles) le regard apeuré détala:

-OUAIS C'EST CA, VA T'EN ! OUSTE ! ZOU ! DU BALAI !

Fatiguée et a bout de souffle, elle se laissa retomber sur la branche et murmura:

-Argh....J'ai plus de voix.....

_________________

Une petite poupée dans un monde d'adulte
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Mer 30 Avr - 16:35

Je pense que l’espace d’un instant, Yume et moi avons cessé de respirer. La panique est immense, quasiment palpable. Je ferme les yeux, essayant de me calmer quand soudain, j’entends un bruit, suivit d’un monstrueux rugissement. Je n’ai pas le temps de rouvrir les yeux que je sens la main de Yume saisir la mienne et m’entraîner dans une course effrénée.

Le cœur battant à toute allure, nous courrons dans les bois, nous faufilant entre les arbres et sautant au dessus des buissons. Si les courses-poursuites ne me sont plus vraiment inconnues, je n’ai pourtant jamais eu la sensation de ressembler autant à un lapin pris en chasse ! Si mon amie et moi sommes pourtant rapides, le monstre, lui, est immense et notre course ne suffit pas à le semer. C’est affreux, il ne veut pas nous lâcher ! Je pousse alors un râle de rage et de désespoir avant de redoubler de vitesse aux côtés de Yume.
Soudain, la jeune fille opère un radical changement de direction, que je suis immédiatement, avant de grimper dans un arbre. Je la talonne avec l’agilité d’un écureuil, accompagnée par l’adrénaline qui décuple ma rapidité.

Une fois fragilement installée sur les branches qui nous offrent un sursis assez précaire, je constate que la situation semble tout de même très compromise… Je dois avouer la vérité à Yume, pour qu’elle puisse me laisser descendre de cet arbre afin que le monstre me poursuive et qu’elle parvienne à s’échapper. Alors que je suis sur le point de tout lui dire, la jeune demoiselle se place devant moi sans me laisser le temps de m’exprimer. Je la vois faire face au monstre, à présent dressé sur ses pattes arrières, sa taille avoisinant les 2m50 et sa gueule ouverte, pleine de crocs faits pour déchiqueter la chaire humaine. Et c’est alors que je l’entendant prononcer d’une voix aussi sucrée que le miel :

-OOOh ! Il est adorable ! Qui c'est le monstrounet ? Soyons amis !

… Sérieusement ? Pendant une seconde, je regarde Yume avec un air extrêmement perplexe.  Elle ose parler à cette machine à tuer comme à son animal de compagnie ! Elle en a de l’espoir, mais même moi qui possède une naïveté plutôt développée, je ne crois pas une seule seconde au fonctionnement de ce stratagème ! Non, c’est un miracle qui existe uniquement dans les contes de fées dégoulinant de bonnes intentions et de morales à trois sous.
En effet, le monstre doit être du même avis que moi, vu le cri effroyable qu’il retourne à la courageuse demoiselle ! Alors que je pense vraiment que cette bestiole ne va faire qu’une seule bouché de nous deux, j’entends Yume hurler à son tour. Mais ce n’est pas un hurlement de peur ou de douleur, mais juste un hurlement à la hauteur de celui de la bête.
Etonnée je regarde la jeune fille et le monstre crier chacun leur tour, de plus en plus fort. Mes tympans sont au supplice, mais étant donné l’efficacité de la méthode de mon amie, je n’émets aucune objection !
Lors d’un ultime cri, Yume réussi bel et bien à faire filer la bestiole ventre à terre. C’est incroyable ! Si l’on m’avait conté une telle histoire, je n’y aurai jamais cru, c’est certain ! Il faut croire que l’impossible est réalisable, finalement. La jeune poupée se retourne alors vers moi, l’air épuisée et vidée de son souffle :

-Argh....J'ai plus de voix.....soupire-t-elle

-Peux-tu répéter, s’il te plait ? Je crois que j’ai perdu un bon pourcentage d’audition ! répondis-je avec le sourire.

Alors que nous descendons de l’arbre, je la remercie généreusement du courage dont elle a fait preuve. C’est vrai, je ne connais que très peu de gens qui auraient eu le cran de tenir tête face à une bête pareille ! Ma nouvelle amie est décidemment très impressionnante, malgré son aspect enfantin et innocent. Je suis ravie de l’avoir rencontrée, elle me parait de plus en plus sympathique !
Yume et moi nous retrouvons au pied de l’arbre, soulagées après les horribles instants de frayeur que nous avons du vivre. Nous éclatons d’un rire nerveux, sans doute lié à l’euphorie d’avoir échappé au massacre qui avait faillit nous tomber dessus : le pire est derrière nous, à présent !
Ou peut être pas. La brusque réalité revient assez vite, nous sommes tout de même dans une forêt dangereuse, truffée de pièges et de monstres. Il faut vite sortir d’ici !

Attrapant mon amie par la main, nous reprenons notre chemin au fond des bois maudits. Nous marchons dans les ténèbres, car dans la panique de la course contre le monstre, j’avais abandonné la seule lanterne que nous possédions. Se repérer est donc d’une grande difficulté et je redoute le fait de me perdre à nouveau, bien que nous nous sommes tout de même grandement égarées en fuyant le danger précédant.
Privée de toutes lueurs, même de celles des étoiles ou de la Lune tellement de feuillage de cette forêt est dense, Yume et moi peinons à retrouver le sentier. Soudain, en relevant la tête, j’aperçois une lueur qui se dessine entre les arbres : il y a de la lumière ! Je décide de guider mon amie dans cette direction, consciente qu’il faut rester extrêmement prudente : une telle lumière dans le labyrinthe de la nuit peut paraître si providentielle que l’on en oublierait qu’il pourrait s’agir d’un piège grossier – et je suis bien placée pour le savoir !
Alors que nous nous approchons à pas discrets de la source lumineuse, je fais signe à Yume de rester en retrait tandis que je m’approche un peu plus. Alors que je m’avance, je constate que cette lumière est en vérité un lampadaire fixé au mur d’une petite maison perdue dans les bois. Sous cette lumière est fixé un écriteau, et sous cet écriteau se trouve une porte. Je fais quelques pas de plus, vérifiant bien que rien ne bouge aux alentours, afin de pouvoir lire ce qu’il est écrit sur le panneau : « Maison de la moitié ».

Mhmmm… De la moitié. Mais la moitié de quoi ? De la forêt ? Du chemin qu’il reste à parcourir ? Du temps ? Je réfléchis. Et s’il s’agissait d’une partie de l’attraction – et j’entends par là la véritable attraction, celle destinée à amuser les visiteurs, et non à les tuer ! Cela voudrait dire que la sortie de la forêt est toute proche ! Je fais le tour de la maisonnette, guettant le moindre mouvement suspect. Les environs ont l’air plutôt tranquilles, la seule chose qui m’inquiète, ce sont tous les papillons de nuit, s’agglutinant sans réfléchir sur la lumière, incapable de s’en détacher… Tsss, ce ne sont que des insectes, après tout.

Je retourne vers Yume, lui faisant signe de venir vers moi, abordant un sourire rassurant pour qu’elle comprenne qu’il n’y a aucun danger. La jeune fille s’avance dans la lumière, et je constate qu’elle a l’air exténuée. La pauvre, c’est vrai que cela fait un moment que nous errons dans cette forêt, et pour son âge elle a eu quota d’horreur démentiel, elle mérite vraiment un répit. Le regard plein d’attention, je me place devant elle en déclarant :

-Ecoute, Yume, je ne sais pas si c’est une très bonne idée, mais je vais frapper à cette porte pour essayer d’obtenir de l’aide. Nous en avons besoin. Quoiqu’il en soit, je veux que tu me promettes que si quelque chose de néfaste attend derrière cette porte, tu t’enfuiras. Ne t’inquiète pas pour moi, je t’assure que je n’ai rien à craindre.

Après un hochement de tête assez réticent de la part de la jeune demoiselle, je me retourne et monte les quelques marches devant la porte avant de la frapper avec mon poing. Pas de réponses. Je retente une nouvelle fois avant de me retourner vers Yume, ne sachant pas trop quoi penser de ce silence pesant.
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Jeu 1 Mai - 14:01

A son grand étonnement, après cette énorme frayeur, Emily sourit en plaisantant:

-Peux-tu répéter, s’il te plait ? Je crois que j’ai perdu un bon pourcentage d’audition !

Yume sourit à son tour. Garder son sens de l'humour après tout....... ça ! Et pourtant. Et pourtant.... Elles descendirent de l'arbre, s'aidant mutuellement. Tout ce périple les avaient épuisées aussi bien l'une que l'autre. Elles éclatèrent de rire, en coeur: quel soulagement ! Elles avaient failli y passer ! Mais Yume se sentait un peu coupable, un poids écrasait son coeur: c'était elle qui avait proposé d'aller à ce festival...  Bien sûr, elle ne s'attendait pas du tout à se retrouver là.... Emily devait aussi ressentir ce sentiment de culpabilité: elle avait choisit la fenêtre. Elle était quittes. En tout cas, la poupée devrait trouver une bonne excuse pour son père quand elle rentrerait. Si elle rentrait.

Ne pas avoir des pensées négatives ! Mais pourtant, elles ne savaient pas du tout où elles se trouvaient dans ce labyrinthe qui servait de forêt, et en plus, elles étaient en terrain miné. Le feuillage cachait la lune. Ou le soleil. Impossible à dire. Ceci étant, elles continuaient d'avancer dans l'obscurité, main dans la main.

Une lueur sortit la jeune fille de la semi-torpeur dans laquelle elle se trouvait. Faible lueur, mais lueur tout de même. Même réaction: les deux jeunes filles coururent vers elle. La sortie ? Pitié, que ce soit la sortie ! Une maison. Juste une maison. Non, c'est "la maison de la moitié".

Maison étrange. Maison biscornue. Maison d'Hansel et Gretel. Pas en bonbons. Mais la route du danger. Ça ne lui disait rien qui vaille. Mais c'était peut-être leur seule et unique solution. Non. Ça l'était. Emily fit le tour de la maisonnette. Elle voulait l'accompagner. Mais elle ne pouvait pas. Elle tenait à peine debout. Tellement fatiguée... Finalement, son amie pensait qu'il n'y avait aucun danger. Elle lui faisait confiance. Un lien puissant mais indéfinissable s'était tissé entre les deux jeunes filles, au cours de cette fuite dans cet antre du diable. Elle la rejoint en traînant des pieds, comme si  un boulet lui retenait le pied.

Si c'était la moitié, il y avait encore du chemin. Elle se reposerait volontiers dans cette maisonnette si celle ci était vide. Tout soupçon l'avait abandonnée, elle était si fatiguée... Ce qui était quasiment suicidaire dans ce piège vivant, mais elle ne se rendait pas compte.

-Ecoute, Yume, je ne sais pas si c’est une très bonne idée, mais je vais frapper à cette porte pour essayer d’obtenir de l’aide. Nous en avons besoin. Quoiqu’il en soit, je veux que tu me promettes que si quelque chose de néfaste attend derrière cette porte, tu t’enfuiras. Ne t’inquiète pas pour moi, je t’assure que je n’ai rien à craindre.


Elle n'a rien à craindre ? Pourquoi disait elle cela ? Pour la rassurer ? Pourtant elle savait que c'était aussi dangereux pour elle ou quelqu'un d'autre... Elle en restait septique. Très septique. Emily grimpait les marches, Yume bailla. Son amie frappa quelques coups à la porte. Aucune réponse. Elle regarda l'enfant fatiguée, attendant. Finalement, elle tourna le dos à la porte, prête à aller chercher son amie, quand... la porte s'ouvrit en une fraction de seconde et quelque chose frappa Emily qui s'évanouit.

Yume était paniquée. Elle réfléchis, quelques secondes à peine sur ce qu'elle devait faire: devait elle s'enfuir en courant et laisser Emily ici ? Elle lui avait demander... Elle s'en voudrait toute sa vie, si elle ne faisait rien ! D'accord... Elle s'enfuirai et reviendrait la sauver en douce, profitant de l'effet de surprise !

Ce n'était que quelques secondes de réflexion, mais des secondes en trop. Avant même qu'elle n'ai le temps d'ébaucher la moindre fuite. Elle reçut un choc à la tête et sombra dans l'inconscience...
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Ven 27 Juin - 14:38

J’ai mal au crâne…
Et comme à chaque fois que j’ai mal à la tête, je suis d’une humeur massacrante. Mes yeux sont clos, mais malgré cela, je devine qu’il y a de la lumière autour de moi, je ne suis donc plus dans les ténèbres de la forêt maudite. Continuant à garder les yeux fermés, je me concentre à présent sur ce que j’entends : il me semble distinguer le crépitement d’un feu, mais surtout quelques chants d’oiseaux ! Les oiseaux ! Cela veut dire que le jour approche ! Je suis restée inconsciente un certain moment, en fin de compte, mais ce n’est pas plus mal.
Discrètement, j’entre ouvre une paupière afin d’inspecter les lieux : je suis donc dans une maison – celle devant laquelle je me suis faite lâchement assommer, je présume -, assise contre un mur. A ma gauche, je distingue Yume, inconsciente, sans doute toujours endormie, tandis qu’à ma droite se trouve une autre personne que je ne connais pas, assise elle aussi contre le mur, dans un profil parfait, baignant dans une marre de sang.
Très bien, le ton est donné !

A peine anxieuse et plutôt furieuse d’avoir été traitée de la sorte, je me tourne vers Yume dans le but de la réveiller et de lui parler. Mais dès que je commence à tendre la main vers elle, je prends soudain conscience que mes poignets sont accrochés par une chaîne soudée au mur, le long de mon buste. Ultime outrage. Je ne sais pas qui est à l’origine de tout cela, mais il va payer, c’est certain. Ce dernier détail achève de me mettre hors de moi, et je fulmine en silence un instant, observant plus attentivement la pièce en face de nous.
Il s’agit d’un salon, qui aurait sans doute été très agréable s’il n’avait pas été recouvert de toutes ses taches de sang, quelques unes allaient même jusqu’au plafond. Mhmmm… Tout cela doit sans doute être dû à la gigantesque scie circulaire qui se trouvait dans le fond de la pièce, près de la cheminée… Oui c’est sûrement cela !
La panique et la colère me rendent plus cynique que jamais. Essayant de me calmer et de retrouver une capacité d’observation efficace, je réalise soudainement que la plupart des meubles de cette pièce sont coupés en deux, privés de leur moitié. Un demi fauteuil, une demi lampe, une demi table et, oh non… Horrifiée et désabusée, je regarde de nouveau vers la droite, ou se trouve la personne inconnue, gisant dans le sang, avance légèrement la tête afin de tenter de l’apercevoir de face.
Je retiens un cri d’effroi en confirmant ma théorie. La personne, qui auparavant était sans doute un adolescent victime de cet endroit n’est plus que la moitié de lui-même, si proprement coupé en deux dans le sens de la longueur que, vue de profil, l’illusion était parfaite !

Il ne faut absolument pas que Yume voit cela ! Elle serait terrifiée ! Même moi, qui ai pourtant été habituée à ce genre de situation – et pour cause, l’un de mes amis du royaume des morts avait tragiquement perdu la vie lors d’un tel accident de scie circulaire -, j’avais du mal à lutter contre le dégoût et la panique que m’offrait cette scène. La jeune demoiselle commence pourtant à remuer et à montrer des signes de reprise de conscience. Il fallait que je lui parle, doucement, que je lui intime de ne pas paniquer, et surtout de ne pas hurler, que je jour approchait, que j’allai bientôt pouvoir la sauver.

Mais soudain, des pas se font entendre depuis le fond de la pièce. Je me fige en tentant d’apercevoir ce qui arrive vers nous. C’est un homme, plutôt grand et fort, vêtu de noir, portant un masque de tissu tel un bourreau sur son visage. Arrivé à notre hauteur, il se met à rigoler d’un air sombre et caverneux – alors que je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de drôle -. La situation m’insupportant au plus haut point, je ne prends même pas la peine afficher un air paniqué sur mon visage, bien trop concentrée à réfléchir sur ma vengeance prochaine. Je sens l’adrénaline me consumer peu à peu et me transformer en furie.

Le bourreau s’agenouille alors au près de nous et attrape le menton de la pauvre Yume. Alors que je m’apprêtais à le traiter de tous les noms en espérant détourner son attention, je remarque qu’il ne fait que sortir un feutre pour tracer des pointillés sur toute la longueur du visage de mon amie, comme s’il avait réellement besoin d’un repère de pré découpage ! Encore un malade qui doit considérer sa manière de trucider les gens comme une sorte d’art incroyablement raffiné ! Pour ma part, je trouve cette méthode beaucoup trop primaire pour être admirable.
Lorsque viens mon tour, je ne tente même pas de me débattre, bien trop occupée à fixer la montre à gousset qui dépasse de l’une des poches de sa veste. Elle doit être d’une grande valeur, certes, mais ce n’est pas cela qui m’intéresse, mais plutôt, l’heure qu’elle indique. Alors que je me fais peindre en noir de façon peu courtoise, je constate donc qu’il est presque six heures du matin. L’aube arrive à grands pas, c’est certain. Bientôt, enfin, je retrouverai mon apparence de cadavre invulnérable et là, la situation s’inversera.

Après avoir fini sa besogne, le tueur-de-la-moitié, se relève et s’en va, probablement pour aller affûter ses instruments avant de nous les présenter. J’en profite pour me pencher vers Yume, visiblement tremblante et terrifiée. Pauvre enfant, j’espère vraiment ne pas la traumatiser d’avantage, quand elle m’apercevra tel un cadavre animé. D’une voix rassurante, je murmure à son oreille :

-« Ne crains rien, Yume, ça va aller. Tu vas sortir d’ici vivante et indemne, je te le garantie. Par contre, je te demanderai de bien vouloir fermer les yeux, et de les rouvrir uniquement lorsque je te le dirais. Je sais que ce sera difficile pour toi, mais je te demande au moins d’essayer. »

Je suis presque certaine qu’elle ne m’obéira pas, mais je la comprends. Moi aussi, à sa place j’aurai eu du mal à me plier à de telles consignes, mais je voulais au moins tenter de préserver ses yeux des scènes qui suivront, à commencer par ma transformation.

-« Tu peux fermer les yeux. »

Une larme vient poindre sur ma joue alors que les premières lueurs du soleil effleurent la forêt. J’aurai aimé que cela ne se déroule autrement, mais le destin en avait décidé ainsi. Alors, je sens ma chair disparaître petit à petit à certains endroits, tandis ma sensibilité globale diminue considérablement. J’aperçois mes mèches de cheveux devenir bleues et sens un vide immense au niveau de mes entrailles. Mais ma mélancolie n’est pas totale : d’un vif mouvement du poignet gauche, je déboîte ma main, désormais osseuse, qui s’en va gambader toute seule, me permettant ainsi de me libérer et de m’occuper de mon bras droit. Des chaînes ! Quelle odieuse assurance d’avoir cru que cela suffirait m’arrêter.

Je me relève d’un pas vif. Je ne jette pas de coups d’œil à Yume, j’ai peur de tomber nez à nez avec son regard affolé, et espère vivement qu’elle garde toujours les yeux fermés. Remettant ma main gauche à sa place, je m’avance vers la porte d’où surgira d’une minute à l’autre le tueur, et me plaque contre le mur sur le côté, bien décidée à l’attendre car c’est l’heure. L’heure ou les victimes deviennent le pire cauchemar de leurs bourreaux. Je l’attends, anxieuse, car tout cela est nouveau pour moi. Pour me calmer, je tente de fredonner à voix basse la première partie de l’Inverno, d’Antonio Vivaldi.

Il ne me fait pas attendre trop longtemps, ce qui est parfait. J’entends soudain ses pas se rapprocher dangereusement. Je suis fin prête. Je le vois franchir la porte et je le vois s’arrêter net, étonné que l’une de ses proies ait soudainement disparut.

Je suis là !

Bondissant de derrière la porte, ayant avec moi l’effet de surprise comme arme supplémentaire, je cogne de toute mes force sur la tête de mon ennemi avec mon poing, l’envoyant sur la semi armoire d’à côté ! Trop énervée pour m’arrêter là, j’attrape sa tête sonnée pour l’écraser de nouveau sur la demi vaisselle. Aux bruits des craquements liées à la porcelaine et au cartilage brisé, j’ai sans doute dû lui casser le nez – j’ai eu un excellent professeur -. Mais l’homme est robuste, et d’un revers du bras, il me dégage rapidement, pour tenter de se remettre de ses émotions.
L’observant, je remarque qu’il titube beaucoup, j’ai du être assez efficace ! Plutôt fière de ma prestation, j’attrape un demi tableau accroché au mur – représentant une carcasse d’animal tranchée en deux, soit dit en passant ! -, prévoyant de l’assommer définitivement avec cela. Alors que je m’apprête à lui donner le coup de grâce, le bourreau fond sur moi en premier, couteau en main, pour me poignarder. Ce qu’il réussi très bien. En effet, me revoici une nouvelle fois avec une lame entre les côtes. Sauf que je m’en fiche. Je relève la tête pour voir celle du tueur : il a enlevé sa cagoule et sa figure est maculée de sang, son nez est déformé et dans ses yeux se mêlent de la rage et de l’incompréhension. Ah oui, pardon ! Il s’attendait sans doute à se que je me mette à pousser des râles de douleurs et d’agonie. Désolée, mais je n’ai vraiment pas envie de simuler pour lui faire ce plaisir. Je profite de sa consternation pour lui retourner deux claques monumentales ainsi qu’un nouveau coup de poing dans la mâchoire et un autre dans les poumons qui le met à terre. Tout en marchant vers lui, j’essaye de comprendre pourquoi certains criminels aiment tuer et blesser. J’ai beau me forcer, je ne trouve aucun plaisir dans cette activité, mis à part peut être ce sentiment de vengeance au goût assez exquis.

L’homme se met à gesticuler étrangement, il doit commencer à paniquer sérieusement, me voyant sans doute comme une espèce de punition divine, venant châtier tous ses crimes. Oh, j’aurai été tellement plus impressionnante et intimidante avec ma robe de mariée blessée, mais bon tant pis ! La prochaine fois peut être ♥
Hum-hum, je commence à faire et à penser n’importe quoi ! Bref, finissons-en. Yume, doit être assez paniquée comme cela, il me faut lui garantir sa sécurité. Alors que je suis sur le point de neutraliser totalement ce nuisible, le voilà qui se relève, me repoussant brutalement en me faisant tomber avant de se diriger vers la sortie. Au moins, il a compris que ça ne valait plus la peine de s’acharner sur moi ! Mais je ne le laisserai pas s’enfuir ainsi dans la nature, c’est hors de question. Toujours à terre, j’arrache ma main gauche de mon poignet et la lance sur ce vaurien. Ma fidèle petite main osseuse, toutes griffes dehors, se réceptionne parfaitement sur l’épaule de l’homme, plantant cruellement ses doigts dans sa chair. Ignorant les hurlements de l’individu, elle continue, se déplaçant ainsi jusqu’à son cou, qu’elle serre de plus en plus fort.
Alors que Mr Moitié, s’effondre à terre en suffoquant, tentant de décrocher ma main qui l’aggripe telle une tique, je m’approche de lui, tentant de savourer chaque seconde de cette « victoire » imminente. C’est vrai que c’est assez appréciable, en effet ! D’un air dur et supérieur, je me penche vers celui que j’ai battu :

-« Rassure-toi, je ne vais pas te tuer, bien que je pense que tu le mérite amplement. Non, je vais envoyer les forces de l’ordre ici. Je connais à Londres un inspecteur brillant qui se fera un plaisir de mettre la main sur toi, et un Juge qui se délectera de t’envoyer moisir dans une demi geôle pour le restant de ta misérable existence. ».

Son visage étant à présent bleu et vide de toute expression faciale, je laisse donc ma main lâcher prise et rejoindre mon poignet gauche. Oui, c’est bon, il est réellement hors service pour un moment.

Je me précipite alors vers Yume, tremblante car l’adrénaline m’a quitté et fait donc ressurgir toutes les émotions que j’avais alors refoulé. Mon amie à les yeux fermés, mais je ne suis pas sûre qu’elle les ait gardé clos pendant toute la durée du combat… La libérant de ses chaînes, je lui dis d’une voix calme :

-« Tu peux ouvrir les yeux, Yume… Est-ce que ça va ? »
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Ven 27 Juin - 18:39

Yume était dans une salle de bal. Mais que faisait elle là ? Elle était avec Emily dans la forêt et.... et...... Tout est flou, trop flou. Bientôt, plus d'Emily dans sa tête de petite poupée tourmentée. Tout est effacé, comme si la marée avait tout balayé. Les première notes de musique s'élèvent. Danser. Il faut danser. Sa longue robe dorée glissait sur le carrelage scintillant pendant qu'elle rejoignait la piste de danse. Elle leva les yeux vers son partenaire. Son père. Ni haine ni cri. Simplement de l'affection. De l'affection d'une fille à son père. Pourquoi ? Celle ci était partie depuis longtemps... Mais elle ne se pose pas cette question. Elle continue juste de danser. Encore et encore. Tourner. Elle ne danse plus avec son père, non. Elle danse avec Charles-Henri. Là non plus, ce n'est qu'affection. Tout au long de la musique, ils défilent tous: Stayne, Cheshire, Willy Wonka, Joker... Toutes ses rencontres masculines. Un partenaire, plusieurs visages. Les dernières notes s’éteignirent pendant que Yume regardait son chapelier. Il était là. Près d'elle. Elle se sépara de lui. Même pas de tristesse. Juste le vide. Le vide et....une odeur de sang.  

Yume submergea peu à peu de son rêve, tandis que ses souvenirs lui revinrent. Où était elle ? Que faisait elle ici...? La maison de la moitié, hein... Et cette odeur de sang....Cette terrible odeur de sang... Elle ouvrit un oeil et se retint de crier. Quelqu'un baignait sans son propre sang... Son propre sang... Elle sentit sa tête lui tourner....Elle allait s'évanouir... Déjà que ce coup n'avait pas été docile.... Elle déglutit et regarda autour d'elle: La maison de la moitié.... Tout dans cette maison était coupé en deux...A la moitié... La maison de la moitié....Tout sauf cette scie, là bas près de la cheminée... Oh mon dieu ! Aurait elle affaire à un fou dangereux dont l'obsession était la moitié ? Surement. Mauvaise folie, très mauvaise folie, comme dirait son cher chapelier... Yume était peut-être illuminée mais du bon côté. Elle faisait tout son possible pour aider les gens.... Mais ça... La goutte de trop fut quand elle remarqua ce corps de profil, découpé en deux. Ce garçon était plus jeune qu'elle...Et découpé en deux, bientôt, elle serait comme lui...Elle voulut pleurer, mais elle n'en avait même pas la force. *Pitoyable...Voilà ce que tu es Yume Wilson, tu es pitoyable...* faisait la petite voix dans sa tête. Jamais dans toute son existence, elle n'avait prononcé ce nom de famille qui la répugnait. C'est qu'elle était proche de la mort tout comme....Emily ? Oh non ! Elle avait peur: et si son amie était, elle aussi....

Elle voulut tourner la tête pour la voir, mais... A ce moment précis, des bruits de pas. Tap tap tap... La mort était proche. Elle tremblait. Elle n'aurai même pas vu voir le visage de son amie Emily avant de...Oui, à ce moment précis, elle ne pensait pas à l'amour de sa vie mais à son amie. Emily, sa nouvelle amie, sa grande amie. Unique et dernière preuve que pour elle l'amitié emporte sur l'amour... Tap tap tap...Une ombre. Elle se rapprochait, tout comme l'abominable odeur. La mort...La mort est là...Elle vit sa vie défiler sous ses yeux: sa mère et son odeur de roses fanées.... l'enfance de persécution....la tristesse de l'abandon....La rencontre avec Charles-Henri....D'ailleurs, si cet abruti aurait été là, elle l'aurait serré dans ses bras. Elle avait beau dire le haïr, il restait son cousin. La révolture de savoir son père décider son avenir à sa place... La descente aux merveilles....La remontée aux enfers....La période de bêtises et d'amusements....Celle de tristesse... Si cette vie aurait été à refaire, elle aurait moins pris les choses à la légère, peut-être aurait elle été plus raisonnable ? Si c'était à refaire.... Mais on ne peut pas revenir en arrière. Emily....L'odeur de roses fanées....Le sourire de sa mère...

"-Je t'aime ma chérie !"

Son bourreau la prit par le menton... C'était la fin....*Moi aussi, je t'aime maman...*

Et il....QUOI ? Ce n'était pas logique ! Il lui dessinait sur le visage ? Mais....Pourquoi ? Ce n'était pas normal ! Il voulait l’humilier une dernière fois ou... Elle commença à comprendre: il lui faisait une ligne de traits pile au milieu de son visage, pour bien savoir où couper pour faire la moitié. A cette pensée, elle voulut fermer les yeux. Ne plus rien voir. Retourner dans son monde de rêve. Elle....Ou alors qu'il le fasse maintenant ! Elle était désespérée au point de penser à mourir le plus vite possible. En tout les cas, elle ne put pas les fermer. Elle était paralysée. Il la quitta pour à côté. En un ultime effort, pleine de tremblements, elle jeta un coup d'oeil...Emily ! Elle fut tiraillée entre le soulagement et la tristesse: d'un côté, elle était en vie ! D'un autre, ce n'était que temporaire. Elle aussi subirait son sort. Et si jamais, elle était forcée à regarder ? Leur kidnappeur les laissa seules, seules avec leurs démons, seules avec leur peur. Yume commença à essayer doucement de tirer sur les chaines, bien qu'elle sache que ceci était inutile. Elle voulait au moins se battre ! Mais....Mais....Elle ne s'était jamais sentie aussi mal de sa vie. La salle de torture de la reine blanche semblait être le bac à sable maintenant ! Sous son jupon il y avait des armes, des épingles....Mais elle ne pouvait l'atteindre, quelle frustration ! Finalement, elle se laissa tomber molle comme une poupée de chiffon sur le mur, attendant comme tout à l'heure son triste destin... Elle allait se laisser aux larmes, mais...

Quelque chose se pencha sur elle. Mais ce n'était pas une présence terrifiante, bien au contraire. C'était plutôt rassurant, protecteur... Elle n'eut pas grand mal, à déceler, dans cette pièce habitée principalement par des cadavres de qui il s'agissait. Emily. Doucement, elle se retourna vers elle, en remarquant que ses tremblements ne l'avaient pas quittée. Celle ci, lui chuchota d'un air aussi sérieux que rassurant, ces mots qui firent basculer Yume dans la plus grande des confusions:

-« Ne crains rien, Yume, ça va aller. Tu vas sortir d’ici vivante et indemne, je te le garantie.*Et toi ? Vas tu en sortir vivante ? Qu'essayes tu de me dire ?*

Par contre, je te demanderai de bien vouloir fermer les yeux, et de les rouvrir uniquement lorsque je te le dirais. Je sais que ce sera difficile pour toi, mais je te demande au moins d’essayer. »

F....Fermer les yeux ? Mais pourquoi ? Elle....Qu'allait elle faire ? Une vague d’inquiétude submergea le petit être fragile qu'est Yume. Elle ne comprenait pas, elle ne comprenais plus. A ce moment précis, elle devait ressembler à un de ces écureuil qui à entendu un coup de feu. Mais elle ne sut pas pourquoi, mais elle accepta. Sans broncher. Le signal. Elle ferma ses paupières. Des bruits. L'attente. La peur. Elle patientait, son cœur battait à tout rompre tandis qu'elle s'imaginait les pires scénarios. Sa vie, en une seule nuit avait pris les allures du pire thriller qui soit. Comment était ce possible ? Comment était ce arrivé ? Elle n'avait rien senti venir ! Elle continuait de souffrir, de s'horrifier et de se faire peur en silence. Elle se dit qu'elle aurait dut profiter plus des autres....Elle se trouvait un peu égoïste....Même beaucoup....Plus qu'égoïste....L'attente était si longue....Si pénible....

Les bruits de pas. Il arrivait. Un grand frisson lui parcourait l'échine. Emily. Elle ne pensait qu'a ça. Oh, comme c'était tentant d'ouvrir les yeux ! Elle le voulait, elle voulait voir comment elle s'en sortait, comment... Non ! Elle voulait suivre les ordres. Ses yeux restèrent donc clos. Des bruits plus forts, cette fois ! Elle se mordit la lèvre. Mais qu'est ce qui se passait. Elle ne tenait plus. Elle désobéit. Elle ouvrit les yeux.

Ce qu'elle vit la fit hoqueter de surprise. Le bourreau a terre, sur son armoire.... ( plutôt sa demi-armoire ) et un cadavre en position d'attaque ! Euh, ce qu'elle voulait dire, c'est qu'un cadavre animé en position d'attaque, pas un de ses cadavres sur lui ! Mais qui était ce cadavre ? Une de ses victimes venue se venger ? Ou.... Mais elle le reconnut vite. Ce cadavre, c'était Emily. Pas de doutes possibles. Malgré sa main, sa jambe squelettique, et le manque de chair a certains endroits, elle était reconnaissable. Mais elle ne fut pas horrifiée. Elle avait vu tellement de choses étonnantes dans sa vie... Elle fut juste surprise, même si cela expliquait beaucoup de choses.... Elle resta bouche bée, à regarder, spectatrice, l'étrange combat qui se déroulait devant elle. Elle avait envie de l'encourager, vu que la tournure était quand même (il faut le reconnaitre) assez amusante, mais elle était censée fermer les yeux, elle restait silencieuse.

Puis, Emily lança sa main sur le pauvre homme qui tentait de fuir. Encore ça allait. Mais la main commença à l'étrangler. Yume n'en croyait pas ses yeux. Elle allait finir par le tuer ! Emily, sa douce amie Emily une meurtrière ? Elle ne pouvait y croire. Non ! Non ! Non ! Elle ne voulait pas voir ça ! Elle referma aussitôt ses yeux en se bouchant les oreilles, essayant de ne pas entendre les cris de l'homme qui s'étouffait. Des larmes perlaient aux coin de ses yeux. Elle ne pouvait pas....Elle ne pouvait pas... Elle ne pouvait pas...

-« Rassure-toi, je ne vais pas te tuer, bien que je pense que tu le mérite amplement. Non, je vais envoyer les forces de l’ordre ici. Je connais à Londres un inspecteur brillant qui se fera un plaisir de mettre la main sur toi, et un Juge qui se délectera de t’envoyer moisir dans une demi geôle pour le restant de ta misérable existence. ».


Elle entendit ses paroles et se déboucha les oreilles. Elle était tellement soulagée ! Elle n'était pas une meurtrière ! Elle ne l'avait pas tué ! Elle se retint de rire nerveusement. Elle avait envie de crier de joie: Emily ne l'avait pas tué et toutes les deux étaient maintenant hors de danger. Elle sentit la présence de son amie auprès d'elle et les chaines à ses poignets tombèrent lourdement sur le sol dans un bruit métallique. Elle était libre ! Elle ouvrit les yeux et vit sur elle, penché sur elle, le visage calme et serein de la morte, malgré tout ce qui venait de se passer:

-« Tu peux ouvrir les yeux, Yume… Est-ce que ça va ? »


Est ce que ça allait...?...... Oui ! Mais non ! Elle ne savait plus...En unique réponse, Yume se jeta dans les bras d'Emily en pleurant. Pleurer de tout. Tout ce qui s'était passé. La peur. Le sang. La mort .La surprise. L'euphorie. Tout cela à la fois. Tandis qu'elle pleurait, tout ça partait. Elle prit le temps de se calmer puis demanda à sa sauveuse:

-Oh Emily ! Pourquoi ne m'as tu rien dit ?

Elle était morte. Et alors ? Cela ne dérangeait absolument pas Yume. Pourquoi...? Pourquoi ? Et elle se demandait aussi si c'était lié à une malédiction ou autre. Le soleil traversait la fenêtre, illuminant la pièce. Le danger était passé.

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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Lun 16 Fév - 16:41

Après m'ettre convenablement occupé de mon adversaire, et alors que je me remets un peu laborieusement de la bagarre qui a eu lieu il y quelques minutes, Yume me saute au cou, me faisant presque perdre l’équilibre. On dirait vraiment un happy end digne des contes les plus aberrants. Je dois en même temps avouer que c’était ma première occasion de sauver ainsi la vie de quelqu’un ! Mais le danger est fini, tout est passé, ce ne seront plus que des souvenirs, juste un nouveau prétexte pour que de nombreux cauchemars viennent hanter mes nuits, et celles de mon amie.

- Oh Emily ! Pourquoi tu ne m’as rien dit ?

Amusante question, vraiment ! Inconsciemment, elle connaît surement la réponse évidente, mais je mets cette confusion sur le compte du bouleversement émotionnel que cette jeune fille vient de subir. Calmement, je réponds :

- Et bien, il s’agit des choses que j’évite de divulguer. Curieusement, même dans la société actuelle, les morts-vivant n’ont pas trop de succès auprès des humains !

Sur cette phrase, je me défais de l’étreinte de Yume et lui attrape la main, la conduisant vers la sortie de cette maison infernale. De jour, la forêt semble moins agressive, et s’y repérer semble plus facile. Les arbres sont plus rassurants et les oiseaux chanteurs nous accueillent avec leur douce symphonie. Que faire à présent ? Je jette un œil à mon amie : elle est exténuée, de plus elle a sans doute une famille, inquiète de sa disparition qui l’attend impatiemment. Elle doit rentrer chez elle.

- Je vais te ramener chez toi, Yume, cette escapade a duré beaucoup plus longtemps qu’elle n’aurait dû. Trouvons d’abord la sortie de ce dédale naturel.

Et nous reprenons la route, en silence. Tout d’abord parce que ces dernières heures ne nous ont pas laissées beaucoup de répit et que nous avons besoin de repos, autant physique que psychologique, et ensuite parce que j’essaye de repérer quelques indications sur la civilisation grâce à l’ouïe, me rapprochant de plus en plus de ce qui ressemble à une ambiance de fête foraine. Bon choix donc.
Pendant que nous marchons, je médite sur les prochaines heures à venir. Je ne pourrais surement pas sortir de cette forêt tout de suite, même si j’en découvre la fin. Réapparaître en pleine ville sous cette apparence peu commune ne me tente guère ! Non, je devrai sans doute rester ici cachée, à attendre les premiers rayons de la Lune. Mais je n’en ai pas envie non plus.
Enfin, nous arrivons à la lisière de la forêt ! Quel soulagement ! Alors que je m’apprête à faire mes adieux à Yume, la priant de rentrer chez elle et de me laisser ici, une idée germe dans ma tête. Regardant tout autour de moi, au sein de cette foire assez étrange et horrifique. Et si… Oui, cela pourrait être tout à fait probable ! Tout en marchant, je souffle discrètement à l’oreille de mon amie :

- Surtout, reste naturelle, et n’oublie pas de t’extasier sur mon exceptionnel maquillage !

J’espère qu’elle comprend mon plan, loin d’être subtil, mais néanmoins assez tordu. Mais Yume est intelligente, je n’en doute pas. Au moment même où nous franchissons la grande arche nous ramenant dans la foire, elle commence à s’ébahir sur la complexité des détails de mon nouveau déguisement, et sur le fait que je ressemble à un cadavre plus vrai que nature ! Elle en fait presque des tonnes lorsqu’elle commence à louer le talent des maquilleuses et des ingénieurs ayant conçu mes membres mécaniques osseux, comparant leur travail à du pur génie sous les yeux amusés voir émerveillées des autres passants ! Le festival de la nuit se prolongeait et beaucoup d’entre eux étaient également vêtus de déguisements, tels des « freaks », mais je dois avouer que j’étais de loin la plus convaincante !
A la fois amusée et gênée par cette situation saugrenue, je n’esquisse que de faibles sourires aux passants, pressant Yume pour nous rendre aux vestiaires afin de quitter cet endroit à la fois magique et dérangeant. Une fois arrivée au comptoir pour récupérer mes affaires, je croise le regard du valet préposé à ce poste qui me regard d’un air suspicieux. Agacée d’être dévisagée ainsi, je lance  d’un ton d’une fausse assurance, mais d’une véritable lassitude :

- C’est magnifique, tous ces progrès qu’ils font, n’est-ce pas ? Moi-même je ne me reconnais pas !

L’homme n’insiste pas et me rend mes vêtements originaux. Après m’être changée rapidement. Je retrouve Yume, elle aussi a retrouvé sa charmante petite robe. D’un pas rapide, nous quittons ce festival, dont nous avons un moment cru ne jamais pouvoir en sortir – plus ou moins – vivantes. Londres nous tend les bras. Je me tourne vers ma nouvelle amie depuis peu, déclarant :

- Ma très chère Yume, je tenais à te dire que j’ai réellement été ravie de te rencontrer. Maintenant,  nos chemins se séparent, mais sois sans crainte, je suis certaine que nous nous retrouveront très bientôt ! Rentre chez toi, et à l’avenir, sois très prudente !

Après m’être assurée de sa promesse, je tourne les talons et m’évanouie dans la ville. Je disparaîs, furtive. Mais je ne vais pas loin. Longeant le mur qui entoure l’endroit où s’est établit le festival maudit, je tombe sur ce que j’espérais trouver depuis un moment : un membre de l’autorité policière. L’abordant avec sérieux et calme, je prends néanmoins soin de dissimuler légèrement mon visage et mon « étrangeté » :

- Monsieur, je vous prierai de contacter l’officier le plus compétent de cette ville et de lui remettre ce message : il y a, dans la forêt de ce cirque ambulant, le responsable de certains meurtres ou disparitions sans doute jamais élucidées à votre disposition, soigneusement attaché à sa scie circulaire – si vous voyez ce que je veux dire ! -. Merci, mon brave !

Et je m’enfuis. Je sais qu’il m’interpelle, mais je ne me retourne pas, j’espère seulement qu’il me croira et fera ce que je lui ai demandé ! Voilà ma première activité en tant que justicière "masquée" effectuée.
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Mar 17 Fév - 12:07

- Et bien, il s’agit des choses que j’évite de divulguer. Curieusement, même dans la société actuelle, les morts-vivant n’ont pas trop de succès auprès des humains !

Evidemment... C'était pourtant évident.... Mais le cerveau de Yume n'était pas décidé à se remettre et ne semblait plus vouloir fonctionner correctement pour le moment. Elle côtoyait le danger depuis longtemps déjà mais jamais elle n'en avait été aussi proche. Elle avait failli mourir ! Mais elle s'en était sortie grâce à Emily, sa nouvelle amie morte-vivante. Beaucoup pour une seule soirée ! Elle fut tout de même capable de lui donner un faible sourire, en bégayant, la langue anormalement pâteuse:

-Eh bien... Ils ont tort...!


Sa nouvelle amie se desserra de son étreinte et la fit sortir de cette maison de l'enfer. Yume avait du mal à la suivre, elle était tellement fatiguée... Les nuits blanches n'étaient pas exceptionnelles pour elle, mais jamais de toute sa vie, elle n'avait vécu quelque chose de si éprouvant et riche en action. Au moins, elle savait quoi raconter à Charles-Henri pour Halloween... Bien qu'il allait à coup sûr la traiter de menteuse. Ce garçon était vraiment désespérant. Sa famille lui manquait.... Bien qu'elle voulait rester avec Emily avant que celle ci ne s'évanouisse dans la nature pour toujours. Elle ne savait vraiment pas ce qu'elle voulait, cette Yume !

- Je vais te ramener chez toi, Yume, cette escapade a duré beaucoup plus longtemps qu’elle n’aurait dû. Trouvons d’abord la sortie de ce dédale naturel.

Elle fut triste de ses paroles. Bien qu'elle sache que c'était la meilleure chose à faire, elle faisait un caprice d'enfant. Elle voulait s'accrocher à son bras et lui demander de rester avec elle. De plus, elle avait la meilleure excuse de tout les temps: traumatisée par un serial killeur ! Mais elle n'en avait pas la force: elle utilisait toute son énergie disponible pour mettre son pied devant l'autre et ne fit que baisser les yeux et opiner silencieusement. La forêt en plein jour, avait perdu son aspect effrayant. Ce n'était plus qu'une charmante balade, bercée par la musique des oiseaux chanteurs venus annoncer le lever du soleil. Au bout de quelques minutes, l'orée se fit apercevoir. Les filles s’arrêtèrent: elles avaient un véritable problème. Comment traverser cette foule avec l'apparence cadavérique d'Emily ? Pendant que Yume essayait sans succès de faire marcher ses neurones, le visage d'Emily s'illumina; Avait-elle une idée ? La poupée releva avec espérance son visage fatigué vers elle. En effet, celle ci la prit par la main et se dirigea vers la foule en lui murmurant:

-Surtout, reste naturelle, et n’oublie pas de t’extasier sur mon exceptionnel maquillage !


Yume sourit: voilà une mission qui était faite pour elle ! Elle avait beau être une jeune fille adorable, c'était une belle petite menteuse ! Elle mentait aussi aisément qu'elle respirait, depuis toute jeune, toute cette expérience rendait ses mensonges aussi vrai que nature ! C'est donc sans le moindre effort qu'elle débitait tout haut les incroyables progrès technologiques des ingénieurs, le maquillage époustouflant, les plus infimes détails du costume... Elle s'amusait même a en faire trop, sous le regard amusé des passants. Cependant, Emily la pressait, n'ayant pas compris que dans un tel état de fatigue on ne pouvait faire qu'une seule chose à la fois. Une fois arrivées, aux vestiaires, elles furent arrêtées par un valet suspicieux. Emily repondit d'un ton sec à une telle œillade:

- C’est magnifique, tous ces progrès qu’ils font, n’est-ce pas ? Moi-même je ne me reconnais pas !


Sans insister, il les laissa passer. Yume se retourna et lui fit un pied de nez ! Paf, dans ses dents ! Yume abandonna sa tenue d'un soir et enfila sa robe, dans laquelle elle se sentait tout de même bien plus à l'aise. Ensemble, elles rentrèrent ensemble jusqu'au grand domicile de la plus jeune: éreintées par une telle aventure pour dire quoique ce soit, elles firent le chemin en silence. Une fois arrivées a destinations, elle se firent face:

- Ma très chère Yume, je tenais à te dire que j’ai réellement été ravie de te rencontrer. Maintenant,  nos chemins se séparent, mais sois sans crainte, je suis certaine que nous nous retrouveront très bientôt ! Rentre chez toi, et à l’avenir, sois très prudente !
fit Emily

Yume, était triste de la quitter, mais elle aussi était persuadée que leurs chemins se croiseraient de nouveau. Après tout, elle était beaucoup plus simple a retrouver qu'un chapelier d'un autre monde ! Elle lui donna une dernière étreinte et lui fit la promesse sincère de faire plus attention a elle à l'avenir. Puis, les deux jeunes femmes se quittèrent et continuèrent toutes deux leurs routes respectives. A bout de force, la poupée poussa le portail en fer forgé et entra dans sa résidence. Ses paupières commençaient a lentement se fermer quand elle sonna à sa propre porte. On lui ouvrit immédiatement. Personne n'eut le temps de lui poser la moindre question, puisqu'elle tomba raide endormie dans les bras de son cousin mort d’inquiétude.

                                                                                        ***

Quand elle se réveilla, Yume était confortablement installée dans son très grand lit, Charles-Henri à ses côtés. Les événements de la veille li revinrent vite en mémoire et elle décida, pour une fois, de tolérer cette présence intruse dans son espace sacré. Elle s'étira: ses membres lui faisaient encore atrocement mal. Son fiancé, alerté par son réveil, se pencha sur elle et lui demanda avec une grande douceur, contrairement à ses sèches paroles habituelles:

"-Tu es enfin réveillée ! Où étais tu ? Je t'ai fait cherchée toute la nuit dernière... Ta robe était couverte de sang quand tu es arrivée ! Que s'est-il passé ?"


Elle le fixa quelques minutes, un sourire malicieux accroché aux lèvres, avant de lui répondre, avec mystère:

"-J'aurais une histoire à te raconter...."



HRP: Ce rp est terminé Sweeney !

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Une petite poupée dans un monde d'adulte
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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   Mer 18 Fév - 12:24


Je clôture donc cet excellent rp ! Continuez comme cela, demoiselles.


Récompenses :


- 50 points de folie chacun. Et c'est entièrement mérité.
- 150 points d'expérience chacun.
- Si tu continue avec tes bonnes actions, Emily, tu auras le droit à des dialogues spécifiques avec les Vertueux que tu croiseras.



Classification :

Acte I - Londres (2)

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MessageSujet: Re: Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]   

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Malheur + Malheur = Bonheur [Londres N°2]
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