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 Où les géants et les imbéciles vont s'étendre

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MessageSujet: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Jeu 24 Avr - 22:48

- Prologue -

La chambre était vaste et sombre. Une odeur aigre vous prenait à la  gorge en entrant. Les murs qui devaient être ou avoir été marrons étaient marqués de taches de moisissure, les rideaux verts émeraude étaient presque clos (un rai de lumière marquait le passage du temps en balayant la pièce comme l'aiguille d'un improbable cadran solaire), le sol en carreaux de grès était patiné d'une couche de saleté anthracite.

Les meubles semblaient eux aussi patinés par une humide crasse. Un grand lit en bois, un bureau encombré de livres et d'instruments divers (pour quelle monstrueuse chirurgie ou quelle inquiétante cérémonie ésotérique?) , de nombreuses caisses de bois ouvertes étaient empilées le long des murs, une petite table où gisait le plateau repas, et à coté d'un étrange guéridon sur lequel était posé une lampe hors d'age à la lumière tremblotante se tenait Otto.

Enfin... se tenait... façon de parler, tant l'homme semblait s'être écroulé sur lui même, comme privé de colonne vertébrale, la tête elle même semblait se fondre sur cet effondrement humain, les oreilles au niveau des épaules , la peau si distendue que le visage pouvait passer pour de la cire fondue.

Une main longue et décharnée s'était extraite de ce tas humain, cetet main, bien que marquée par l'age elle aussi, ne tremblait pas et faisait tourner inlassablement une petite toupie en laiton sur le guéridon.

Le visiteur s'approcha d'Otto et se racla la gorge pour se faire entendre.

- Monsieur Clark... vous voila revenu, dit Otto. Vous avez été absent longtemps cette fois.
- Monsieur Gloop, salua le visiteur,  vous connaissez les administrations mieux que moi, vous savez comme c'est fastidieux et répétitif. J'ai du faire plusieurs rapports, auditions et dépositions...
- Avez vous trouvé le grimoire où je vous l'avais indiqué?
- Oui, comme vous l'aviez dit... à part les quelques... désagréments que vous aviez "oublié" de nous signaler et qui ont coûté la vie  à trois de nos agents.
- Ach... vous n'avez aucun sens de l'aventure ni du romantisme "agent" Clark, si je vous racontais tout... où serait le plaisir de la découverte?

Clark se tut... regardant ses chaussures. Il détestait Arkham, il détestait cette pièce, il détestait ce vieil autrichien vicieux et odorant qui semblait s'amuser avec l'agence comme une araignée jouant avec une grosse mouche prise dans sa toile. Otto distillait à son gré de précieuses informations, des vérités incroyables ou des mensonges tout aussi incroyables qui faisaient courir les 20  hommes de l'unité de recherche ésotérique gouvernementale tout autour de la planète, douze mois par an.
Otto était vieux, très vieux et ne semblait avoir aucune intention ni aucune velléité de mourir, l'agence ne voulait pas le lâcher espérant qu'un remord tardif ou l'approche de la faucheuse lui ferait livrer les quelques secrets importants, mais depuis 4 ans que Clark le visitait, il n'avait jamais observé de moment de faiblesse du vieil homme.

- Asseyez vous monsieur Clark, reprit Otto.
Une nurse d'une cinquantaine d'années les cheveux gris tirés en chignon, le nez tordu et la bouche exagérément peinte sorti de l'obscurité en amenant une chaise. Clark s'assit. En repartant, elle pris le plateau repas. Clark remarqua qu'elle marchait comme une star du cinéma des années 50, une démarche très exagérée qui la faisait onduler étrangement. Il s'assit.

- "Et bien, agent Clark... où en étions nous resté de notre récit?"
- Je pense que vous me racontiez que l'archiduc en personne était venu vous voir à votre domicile pour vous remettre un paquet...
- ach... oui... l'archiduc... sa visite était très mystérieuse, en dehors de toute habitude, chez moi... il m'a remis ce paquet entouré de papier kraft en me disant... j'aimerai beaucoup que vous enquêtiez là dessus... discrètement. Le paquet contenait les livres de lewis Carroll... j'avais entendu parler bien sûr... mais à ce moment là... je me suis vraiment demandé ce qu'il voulait que je fasse de ça...
- il vous a dit pourquoi il voulait que vous enquêtiez là dessus?
- Vous savez agent, les hommes de pouvoir sont très prévisibles et à cette époque encore plus. L'archiduc voulait encore plus de pouvoir, et ce pouvoir passait par la force militaire... Il ne me l'a jamais dit ouvertement mais je pense que certains des éléments décrits dans les livres Alice aurait pu devenir des armes redoutables... imaginez une armée qui grandit ou un espion qui rapetisse jusqu'à pouvoir passer par les serrures...

Otto soupira... la nurse revint avec un plateau qu'elle posa sur le guéridon. Le rituel semblait immuable. Sur le plateau, la théière fumante. Elle servait deux tasses de thé qu'elle posait sur le guéridon ni lait ni sucre n'était envisagé. Elle posait ensuite entre les deux tasses une soucoupe contenant 4 gâteaux secs (dont la consommation pour une bouche humaine était visiblement impossible... une mâchoire de requin eut sans doute pu les entamer... celle de Clark avait abandonné par KO et perte d'une incisive).

- "Agent Clark... je vais donc vous raconter comment j'ai donc réussi à entrer et ressortir pour la première fois du pays des merveilles..."

- FIN du PROLOGUE -
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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Dim 27 Avr - 8:59

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Yume

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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Dim 27 Avr - 10:42

J'aime beaucoup ! Très joli !

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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Dim 27 Avr - 12:27

-Je crois que ce fut facile d'entrer dans le pays des merveilles... je veux dire par là qu'il ne nous a pas fallu longtemps pour y parvenir... le premier Alice ne nous apprenait pas grand chose sinon qu'il fallait un passage... mais le portail n'est pas ouvert par Alice. Le passage à travers le miroir par contre était la clef.. nous l'avons compris très vite.  J'avais constitué une équipe de 3 personnes pour cette mission: un professeur de littérature qui travaillait sur le texte, un détective/historien qui travaillait sur la vie de l'auteur et moi. Lorsque il devint clair pour nous qu'il y avait une grande chance que le pays des merveilles existe et que Carroll y soit allé nous ajoutâmes à l'équipe un médecin qui était aussi spirite mais ça n'a pas grande importance. Le talent de Lewis Carroll, son sens de la poésie ne suffisent pas à justifier le passage de l'autre coté du miroir. Absinthe et laudanum  sont un peu les tweedles qui lui ont ouvert la route.
Le médecin était là pour provoquer et superviser les périodes de transe, pour forcer le réveil des voyageurs aussi.
Le premier a essayer le voyage fut le professeur de littérature. Il rêva de sa très petite enfance, de poules avec des cheveux, et de plein d'autres foutaises sans intérêt. Il nous manquait encore quelque chose pour ouvrir les portes de la perception et entamer le voyage... nous avons bloqué là dessus quelques semaines...  et puis, j'ai trouvé. Alice tombe dans un trou sans fond dans le livre... le sentiment de chute que l'on éprouve juste avant de tomber dans le sommeil... c'était ça.

J'étais tellement sûr de mon hypothèse que je la testais moi même dès le lendemain.
Assis sur un fauteuil face à un miroir, le docteur vint me faire l'injection. Je sentais la torpeur m'envahir mais maintenais mon attention à la fois sur le miroir et sur mon état d'éveil.
Quand je sentis la perte de conscience et le sentiment de chute arriver, je fixais le miroir avec intensité. Et c'est là que l'espace et le temps s'étirèrent telle une pâte de guimauve Wonka tout se déformait, se ralentissait de plus en plus, et à force de s'étirer le réel devint si mince qu'il se troua. Là, juste devant moi entre le fauteuil et le miroir qui eux n'avaient pas bougé. Le temps de me demander si je devais aller vers ce trou que le fauteuil y fut entraîné et moi avec.

Je ne vous raconterai pas la chute... si longue qu'on arrive à oublier qu'on tombe, mais c'est là que je croisais pour la première fois des animaux vêtus et doués d'un langage humain ainsi que des objets vivants et bavards eux aussi (Ach... imaginez vous la conversation que vous pourriez avoir avec une chaise?). Je tombais, je tombais, je tombais, avec cette folle impression d'être observé, jugé, comme si cette chute était le long délibéré au tribunal et dont la sentence pourrait marquer la fin.

Je finis donc par m'écraser pesamment dans un pré à l'herbe bleue. Je n'ai pas réussi à établir de géographie du pays des merveilles, je pense même que cela est impossible, mais je me suis toujours demandé si l'endroit où on atterri est lié à l'endroit d'où on part.

L'objectif du voyage était simple et comportait 4 phases:
1-réussir à venir
2- réussir à repartir
3- réussir à prouver la réalité du voyage
4- réussir à ouvrir une porte de communication régulière entre les deux mondes .

De fait en arrivant dans un champ d'herbe au milieu de nulle part je me retrouvai tel Alice lors de son premier voyage complètement désœuvré et  à la merci de ce mode fou. Je restais debout au milieu du pré à regarder autour de moi, mais rien ne semblait se distinguer... j'étais entouré d'herbe et de collines; pas d'arbre, pas de maison, pas de chemin, aucun point de repère... des collines d'herbe tout autour de moi.
Certes il y avait des nuances, la prairie offrait un véritable arc en ciel de couleurs d'herbe, mais là encore, il eut été impossible de se repérer en allant vers l'herbe orange par exemple car celle ci semblait se déplacer sur le pré.

-Votre chapeau est fichu!

Je me retournais. Une taupe d'à peu près 1m20 se tenait à mon coté avec un chapeau tout cabossé à la main. L'animal portait un costume en tweed tout fait élégant d'un motif écossais couleur moutarde et une casquette du même tissus.  Je regardais le chapeau, on eut dit effectivement mon chapeau habituel et même  si je savais parfaitement que mon chapeau ne pouvait pas être au pays des merveilles car je l'avais laissé dans le vestibule du bureau, je demandais à l'animal de me le donner pour l'inspecter.
Le chapeau était effectivement fichu. Outre le fait qu'il soit tout cabossé, il était entaillé largement. Je soupirais, j'aimais beaucoup ce chapeau. c'était un cadeau que m'avait fait ma femme lors de notre séjour à Prague.

-Vous devriez aller voir le chapelier, il saurait vous le réparer ou vous en fournir un autre...!

Le chapelier... j'avais lu Alice, je savais de qui il s'agissait et la perspective de rencontrer cet individu ne m'enchantait guère.
-Oui, c’est ça, allez voir le chapelier! C'est par là, dit la taupe;

Le vent fit frissonner la prairie et je remarquais que les brins d'herbe se courbaient en en endroit bien précis pour dessiner un chemin.
N'ayant pas pas d'autre possibilité, je remerciais la taupe et empruntais le chemin.

Le pays des merveilles se joue des indécis... toujours... et à celui qui est perdu , il propose toujours de le perdre plus encore. c'est l'apprentissage que je fis ce jour là.
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Yume

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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Dim 27 Avr - 13:15

Tu vas voir le chapelier ? Magnifique *^*
*est fan*

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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Dim 27 Avr - 20:24

Merci Yume pour les encouragements!!!  cheers 
Dessin des archives de Otto au dos il est noté  Wünderland 1911

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Yume

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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Dim 27 Avr - 20:44

Oh ! J'avais pas vu la taupe au début ! ^^ De rien, j'ai demandé a quelques personnes du forum, elle apprécient aussi ! Ton talent est reconnu à ta juste valeur !

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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Mar 29 Avr - 12:37

Tu compense ta frustration de ne pas avoir de partenaires de rp avec l'écriture de ce texte très sympathique ? Très bien!  Smile 
Je trouve d'ailleurs que tu es un bon conteur, ton texte est à la fois amusant et imaginatif. Otto me paraît décidément un personnage intéressant, vivement qu'il vienne ajouter sa touche particulière dans l'univers des burtoniens!

En tout cas, je continuerais à suivre son voyage au Pays des merveilles avec attention  What a Face 

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Mon avatar est un cadeau très généreux de la part de la talentueuse artiste qu'est Emily, n'hésitez pas à visiter son deviant art !!
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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Mar 29 Avr - 23:22

Herr Hackbrett, je te remercie pour ce que je pense être le niveau maximum de bienveillance que tu puisses exprimer ici.
Le procédé mis en oeuvre à travers ce récit, n'est ni récent ni original, c'est le cadeau bonux qui donne envie d'acheter (ach ...cette référence doit tomber complètement à plat pour les moins de trente ans, je devrais peut-être la replacer par... en fait non... pas envie).
Le vieil Otto met en place, tu l'as compris, un audacieux et ciblé plan marketing d'autopromotion.

Mais, rassure toi Herr Lockenwickler je ne n'ai pas l'intention de conquérir le monde, ce forum ou ton petit cœur de Rasierschaum, je veux juste glaner quelques points de reconnaissance produit pour améliorer mon taux de pénétration dans le marché du RP.
Quoi qu'il en soit je t'assure prendre beaucoup de plaisir dans cet exercice très narcissique de contemplation de mon propre talent.

Pour terminer cet aparté un peu ennuyeux, j'aimerai citer ce grand philosophe français du début du siècle qui résumait ainsi notre propre vanité dans la société port moderne de consommation immédiate par "Ouf, il reste un kinder bueno..." ... a moins que ce ne soit "Rien ne vaut le choux pour accompagner le choux." ... je ne sais plus trop

Bien à vous Herr Friseur
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Emily
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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Jeu 1 Mai - 10:32

Je dois avouer que ce récit me plait beaucoup !
Je trouve le personnage d’Otto assez spécial, surprenant et atypique. Il doit avoir une très longue histoire qu’il me plairait beaucoup de connaître. Le voyage au pays des Merveilles et certes un thème très exploité, mais il ne  me lasse pas et je suis ravie de le redécouvrir à travers un nouveau point de vue.

Concernant les dessins, le premier me plait, bien que l’étrange filtre ajouté par-dessus m’ait légèrement surprise. Ce n’est qu’après la publication du deuxième dessin, que je trouve véritablement intéressant, que j’ai noté l’effet « dessin ancien sur papier abîmé par l’humidité et l’implacable défilement des années » qui fonctionne redoutablement bien !
Je trouve ça très enrichissant et agréable pour la lecture de joindre à ton histoire quelques petites illustrations Smile

Je t’encourage vraiment à continuer, ton aventure m’intéresse, et j’ai hâte de lire la suite !
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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Jeu 1 Mai - 11:51

Danke schön Fraulein Emily. Et oui, j'ai palié le ratage monstrueux du dessin par des tonnes d'effets... je suis démasqué... mais si ça te plait... tant mieux. On dira que les archives d'Otto ont subi beaucoup d’aléas le long des ans et qu'il fait humide à Arkham...
Je me suis donné pour défi d'illustrer chaque chapitre avec un stylo (sur papier à la base, je n'ai pas l'immense maîtrise dont tu fais preuve sur le numérique) et un style différent, le premier lorgnait ouvertement sur Quentin Blake (comme un clin d’œil à Charlie).

Le voyage au pays des merveilles est une bonne occasion de montrer le potentiel d'Otto à ceux qui ne l'avaient pas encore vu.
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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Ven 2 Mai - 0:34

L'infirmière amena le dîner. Otto s'interrompit.
L'agent Clark se demandait si il devait prendre congé et revenir le lendemain. Otto s'adressa à lui:

- Je vous ai fait préparer un repas, le menu normal, vous m'accompagnez ?

Diable d'homme pensa Clark, toujours un coup d'avance même pour le dîner. Clark accepta l'invitation. Il sortit de la chambre d'Otto pour prévenir son épouse de ne pas l'attendre pour le repas et se laver les mains. Quand il revint, le lustre était allumé, Otto était attablé et semblait s'être redressé dans sa chaise roulante.
Otto se nourrissait exclusivement de légumes crus. Son assiette était composée de feuilles de salades de chou et de haricots verts crus. Clark, quant à lui, eut droit à un copieux cheese burger. L'agent mangeait en silence. Otto reprit son récit.


Ach... où en étais-je? L'arrivée... la taupe... le chemin... ya ya ... je me mis donc en chemin, j'allais au delà des collines, dans une campagne agrémentée de bosquets et de petites fermes colorées. Le chemin d'herbe était devenu sentier, puis route et je cheminai maintenant dans un paysage qui n'avait plus rien à voir avec celui où j'étais tombé. Le pays des merveilles prend parfois l'allure du monde concret, mais en regardant de plus près on trouve dans ce qui peut passer pour un champ de blé des plants de gaufres ou des arbres à perruques. Je suivais seul le chemin mais j'entendais bruisser dans les herbes hautes, les champs, derrière les volets clos des fermes. Je jetais des coup d’œil à la dérobée pour essayer de voir qui me suivait mais je ne réussit à voir personne.

J'arrivais à un carrefour et les panneaux n'indiquaient aucune direction. J'allais continuer tout droit... quand une voix s'éleva derrière moi

-Non pas par là, pas par là, pas par là...
Je vis surgir des cultures trois pantalon animés et qui se dirigeaient vers moi... Dans pantalons... ach ... pouvez-vous imaginer le désarroi d'un homme adulte quand trois pantalons élimés l'encerclent et se mettent à danser autour de lui en chantant?

La chanson faisait quelque chose comme:
sans arrêt mis et défaits,
des cailloux dans nos poches trouées,
genoux élimés, ourlets défaits
loins de la planche à repasser

sans arrêt mis et défaits,
pour aller voir le chapelier
genoux troués, ourlets filés
c'est à droite qu'il faut aller


Puis ils disparurent aussi soudainement qu'ils étaient apparus. Je pris le chemin indiqué, me retournant plusieurs fois abasourdi par cette apparition.

Je ne tardais pas à arriver dans une espèce de petit bourg où l'on reconnaissait sans peine... les descriptions de Lewis Carroll, la table pour le thé, la maison du lapin, et les ruines de l'échoppe du chapelier.  
De l'échoppe il ne restait que la devanture et quelque bout de murs, on devinait aisément qu'elle avait été détruite par le feu. L'enseigne métallique représentant un chapeau ne pendait plus qu'à une seule chaîne. Des traces de suie masquaient la peinture émaillée qui la recouvrait.

Devant l'embrasure de ce qui avait été la porte je me risquais à appeler:
- Monsieur le chapelier?
Mais évidemment personne ne répondit.

Je me dirigeais vers le pré voisin où était la table pour le thé. L'herbe y était haute et on eut pu penser l'endroit abandonné. Il avait visiblement plu sur la table dressée et les tasse contenait pour thé de l'eau de pluie croupie, la nappe était collée à la table et pleine d'auréoles jaunâtres. J'avançais en appelant.
- Monsieur le chapelier?
venue de nulle part un voie inamicale me répondit
- Qui le demande? rentrez chez vous... il n'y a plus de chapelier, plus de bourg qui danse plus de royaume ni de pays des merveilles
- Bonjour, je suis Otto Ferdinand Gloop, je viens de l'autre monde, une... taupe m'envoie vers vous...
- Il n'y a plus d'autre monde...
Il émergea d'un fauteuil qui semblait l'avoir complètement englouti. A n'en point douter c'était le chapelier, les traits tirés et défraichis, il semblait avoir lui aussi subi la pluie et l'outrage du temps.

- Rentrez chez vous bonhomme, il ne se joue plus rien ici, plus de reine, plus de valet, plus de lapin, plus de thé... plus d'Alice
Le chapelier titubait , il maugréait "rien rien rien rien rien"
- Il s'est passé quelque chose ici ? demandais-je, espérant en tirer un nouvel indice qui me permettrait peut être de rentrer chez moi ou de faire réparer mon chapeau.
- Il s'est passé quelque chose ici ? Gnignigni gnigni pauvre bonhomme!!! Oui il s'est passé... il s'est passé... il s'est passé... Alice devait revenir, on attend Alice... Alice devait revenir, Alice ne revient pas. Le lièvre s'est lassé, les fleurs se sont lassées, les invités sont partis, le thé a refroidi, le lait a tourné, les espoirs on fané, mon chapeau... même mon chapeau a vu sa couleur passer... et maintenant voila que des gros bonzhommes en noir débarquent  pour savoir si il s'est passé quelque chose ici!!!

Je calculais rapidement dans ma tête Alice avait au moins 7 ans en 1865 et devrait en toute logique avoir dans notre monde avoir passé la cinquantaine... Je me demandais soudain si le monde du chapelier ne s'était pas arrêté depuis plusieurs dizaines d'années avec le retour d'Alice dans notre monde.  Je tentais une question.
- Vous l'attendez depuis longtemps?
- Si je l'attends depuis longtemps? Au moins 15 minutes... le monde s’écroule il n'y a plus personne, adieu la vie, adieu la danse, on ferme, on plie, on remballe
- Alice est retournée dans son monde... dis-je pour essayer de consoler ce pauvre dément
- Alice? Elle est partie essayer une robe chez la maudite modiste... elle avait dit qu'elle n'en avait pas pour longtemps et moi je l'attends pour le thé!!
- Et vous là, vous êtes qui, vous voulez quoi, vous faites quoi là à me maltraiter avec vos questions?
Je balbutiais
- je m'appelle Otto Ferdinand Gloop et la taupe m'a envoyé vers vous pour...
- Chapeau! Sa main leste avait surgit devant moi. Je lui donnais mon chapeau

- Ce n'est pas un chapeau ça... c'est affreux et d'une qualité très très médiocre... il faut le jeter!
Il déchira violemment le feutre et jeta les morceaux par dessus son épaule. Je tentais de protester mais le chapelier marchait maintenant à grand pas vers la rue en discourant sur les différents types de chapeaux.
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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Ven 2 Mai - 0:36

Extrait des archives d'OFG c'est daté de 1935
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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Sam 3 Mai - 18:46

Tiens, un autre pensionnaire d'Arkham... Quel drôle de personnage. Je le trouve follement sympathique.
Et surtout, j'aime tes dessins ! Surtout le deuxième. L'effet "a séjourné trois mois dans un endroit humide et sombre et lugubre" (que nous appellerons "l'effet Arkham") est remarquable ! (bien qu'il ne soit qu'un artifice pour masquer "le ratage monstrueux du dessin". L'escroquerie, c'est mal.)
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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Sam 3 Mai - 22:45

Cher voisin, c’est un réel plaisir de vous voir ici et vos compliment coulent comme du miel à mes oreilles à moins que ce ne fut-ce du cérumen. Au plaisir de vous recroiser.
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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Sam 3 Mai - 23:52

J'allais ramasser les morceaux du feutre dans les herbes hautes. Le chapeau était irréparable.
Bien que je n'ai attendu nulle compassion ni même nul acte raisonnable de la part du chapelier, la destruction de mon chapeau me semblait odieuse. C'ets donc passablement en colère que je cherchais à le rejoindre. Il était au bord du chemin en train de se gratter le menton quand j'arrivais à sa hauteur.

- ... il y a aussi les chapeaux mous et les chapeaux cloches passés de mode par ici mais qui reviendront par là; les chapeaux arrosoirs, les casques à pointe et les toques léopard ... Il s'interrompit, me regardant.
Avant que j'ai pu lui dire ma façon de penser, il m'interrompit de nouveau
- Un chapeau il lui faut un chapeau!
Il tournait autour de moi en fixant mon crâne nu
- Pas rond, ni carré... non... pas une pyramide, ni une pièce montée... pas de bonnet de béret, de cagoule... sa forme de tête réclame un abat jour... oui un abat jour...
Pas le temps de protester, il me tenait vers les épaules et me poussait droit devant en direction de la route
- J'ai exactement ce qu'il lui faut oui... exactement. Entrez dans la boutique cher monsieur
-Je m'appelle Gloop!
- Entrez là Gloop, répondit-il

J'entrais dans les décombres de l'échoppe du chapelier. En plus de la façade, on pouvait deviner les reste des murs et un bout de ce qui avait dû être un comptoir mais n'était plus qu'un tas calciné.

- Je suis sûr que c’est le bon... il vous ira à merveille.... où l'ai-je mis déja.
Le chapelier semblait chercher dans le fantôme de sa boutique  parmi des étagères pleines de cartons à chapeau, un chapeau particulier. Je me dis à ce moment que cet homme était vraiment fou.

A vrai dire, je ne pensais plus à lui reprocher la destruction de mon chapeau. Il m’entraînait dans sa folie et j'étais intrigué de savoir si il allait trouver un chapeau dans ces ruines et quel serait ce chapeau. Je m'apprêtais mentalement à rugir au moindre bonnet de bouffon qu'il aurait pu me sortir.

- Ah!! le voila!! Il s'accroupit derrière es reste du comptoir et en sortit un carton à chapeau cabossé et poussiéreux. Il ouvrit la boîte précautionneusement, ses yeux fous scintillaient de jubilation. Un abat jour!

Il sortit de la boite un chapeau étrange en forme de tulipe, d'un noir profond. Ce chapeau faisait effectivement penser à un abat jour, mais je voulu plutôt y voir un air de famille avec les casques des bobbies anglais ou des explorateurs coloniaux. Il s'approcha de moi, je baissais la tête comme pour un couronnement et le chapelier posa délicatement le chapeau sur ma tête.

Un voix nasillarde retentit derrière moi
- Hourra pour Gros Coco!
En me retournant je vis le Lièvre de Mars me fixer de son regard haluciné
- le voila il est prêt, il a sa collerette!
Puis il se mit à chanter la comptine anglaise, bientôt rejoint par le chapelier.
"Humpty Dumpty sur un muret perché.
Humpty Dumpty par terre s'est écrasé.
Ni les sujets du Roi, ni ses chevaux
Ne purent jamais recoller les morceaux."


Le lièvre et le chapelier continuaient de chanter, il s'était attrappé les mains et faisaient la ronde en ponctuant leur chanson de "Hourra pour Gros coco" , j'essayais de leur dire que je n'étais pas Humpty Dumpty mais rien ne semblait les atteindre. Il quittèrent l'échoppe ne riant et en me lançant de "au revoir gros Coco fait attention de ne pas tomber!"

Je sortis de l'échoppe, il n'y avait personne autour et je ne savais pas où aller.
J'allais reprendre la route quand mon estomac gargouilla atrocement. J'avais faim.
Je n'ai jamais compris pourquoi  tous nos besoins deviennent impérieux sitôt qu'ils apparaissent au pays de Merveilles. Il fallait que je mange.

Je retournais donc près de la table du thé pour essayer de trouver dans ce banquet abandonné , un peu de nourriture un peu consommable. J'ouvrais les bonbonnières, levais les cloches à dessert mais rien n'apparaissait mangeable. J'avisais, alors que j'arrivais presque au bout de la table, une petite desserte sur laquelle étaient posées des espèces de jarres.  L'une d'elle contenait des gigancakes, une autre des fioles de potion rikiki, un autre contenait du sucre candy. Je m'empiffrait goulûment du sucre et mis des ingrédients magiques dans mes poches avec l'espoir de les ramener dans le monde normal et ainsi de prouver mon voyage.

- Votre chapeau est très joli
C'était l'homme taupe. Je ne l'avais pas entendu arriver mais il se tenait à mon coté.
Je le remerciais et lui demandait, puisqu'il m'avait déja aidé, si il savait comment je pouvais rentrer chez moi et quitter les pays des Merveilles.

- Seul Absolem sait répondre à ce genre de question me dit il
- Je peux vous montrer la route
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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Sam 3 Mai - 23:55

Archives de OFG 1954 - encre de Chine sur partition de Litz
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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Ven 16 Mai - 23:06

L'agent Clark faisait les cent pas dans le couloir. Depuis sa dernière visite, l'état de santé d'Otto semblait s'être soudainement détérioré. Le vieux avait été mis sous assistance respiratoire et interdit de visites pendant plus d'une semaine.
Le supérieur de l'agent Clark lui avait répété la consigne au moins dix fois.. "essayez d'abréger les inepties de ce vieux fou pour savoir où il a caché ses carnets et ses trésors" , Clark de son coté doutait sérieusement que l'heure d'Otto soit venue... dans son enfance on disait que la mauvaise herbe était increvable et pour Clark, Otto était une espèce de liseron bien enroulé autour de la vie.

Quand il put enfin entrer dans la chambre d'Otto, il dut cependant admettre que les branches qui retenaient le vieil homme à la vie étaient maintenant bien minces.
Otto était couché, on entendait ses bronches siffler à chaque respiration qu'on devinait pénible. A la lumière des appareils médicaux le teint très pâle du vieil homme prenait des reflets bleus verts et rouges. Clark se fit la réflexion que assis ou couché , le corps faible d'Otto ressemblait à une masse invertébrée et inerte. Le sifflement de sa respiration disait pourtant que bien que faible il vivait.

Le docteur Sinner avait accepté la visite de l'agent pour un temps limité à 45 minutes et sous le contrôle d'une infirmière. La traditionnelle chaise était posée à coté du lit et l'infirmière habituelle faisait peser tout le poids de sa réprobation dans le regard qui couvrait l'agent Clark.

La main d'Otto bougea et , tremblotant, indiqua la chaise... Clark pensa aux films avec des morts vivants qu'il regardait adolescent et s'assit. A part la main, Otto était entièrement immobile. A part le sifflement de son souffle il n'y avait pas de bruit dans la pièce.

Otto resta silencieux quelque minutes, puis il s'humecta les lèvres du bout de la langue et reprit son récit.

" Il est difficile de raconter un voyage au Pays des merveilles, chaque détour du chemin révèle une nouvelle folie et, comme après un rêve, le souvenir se dissipe au retour et laisse une impression de doute... Ai-je vraiment vécu cela? Alors oui, la taupe m'a emmené voir la chenille... nous avons traversé des villages et des champs, des bois, croisé des créatures insensées sur le chemin... leur image s'efface... une famille de pièces de monnaie, comme une canne avec ses petit, marchant au bord de la route, un troupeau d'escabeaux montés de trophées de chasse, têtes et bois de cerf, courant dans la campagne, des gardes champêtres absurdes refusant de nous laisser entrer dans des villages dont nous voulions sortir, un boucher taillant des steaks dans des livres en latin... tout ça n'a finalement que peu d'importance, sinon la folie qu'ils portent et qui finit par s'installer autour de vous comme la deuxième peau de la normalité.... il devient difficile de distinguer folie et raison, rêve et réalité, intérêt et passion, politesse et amitié.

J'ai surtout l'impression, maintenant que j'y repense, que le pays de merveilles lui même se livrait à une espèce de festival dont le but était de m'empêcher de réfléchir ou de discuter avec mon guide. Chaque minute apportait son étonnement et sa distraction qui occupait entièrement mon attention et je me laissais bercer et berner avec ravissement à tel point que je ne saurais dire combien de temps à duré ce voyage, par où il m'a mené où même le nom de l'homme taupe.

Je crois qu'à l'entrée d'un champ de fleurs, l'homme taupe a touché mon bras et m'a dit:
- Absolem vit ici.... dans cette prairie... C'est une chenille
- Oui, une chenille qui fume le narguilé, j'ai lu les livre de Carroll, répondis-je
- Donc vous comprendrez que je vous laisse ici Otto, Absolem n'aime pas se trouver en présence d'insectivores...
Je pris donc congé de mon guide en le remerciant chaleureusement.
Avant de rebrousser chemin il me dit...
- Si vous désirez trouver Absolem, montrez vous à la hauteur et n'oubliez pas q'une chenille ne mesure que quelques centimètres...

La longue marche m'avait fatigué. Je m'assis dans la prairie pour me reposer un instant. Le vent faisait onduler les hautes herbes et les fleurs, c'était joli et reposant. Je sortis de ma poche un flacon de potion rikiki, l'ouvris et le sentis: ça sentait le médicament.  Je décidais d'attendre un peu avant de le boire, je n'étais, il faut le dire, pas très rassuré à l'idée d'ingérer le contenu de la fiole.

Je m'allongeais dans l'herbe et ne tardais pas à m'assoupir.

Quand je me réveillais, je mis du temps à réaliser que j'tais toujours dans le champ de fleurs... l'endroit était sombre et oppressant et je dus me rendre à l'évidence que potion bue ou non... j'étais désormais réduit à la taille d'une musaraigne.
Dans les différentes expériences de rétrécissement que j'ai pu faire par la suite, je me suis aperçu que les vêtements ne réduisent pas systématiquement avec leur propriétaire et le laissaient quelquefois nu et perdu dans un amas de tissus.
Cette fois ci, mes habits avaient rétréci avec moi et je pus vérifier que le contenu de mes poches aussi. Comme pour me rassurer, je pressais la poche où j'avais mis les gigancakes et constatais qu'ils étaient toujours là.

Un chemin s'ouvrait entre les troncs des gigantesques fleurs devant moi. Bientôt la fumée bleutée fit son apparition devenant plus dense à mesure que j'avançais jusqu'à m'entourer totalement. quand elle se dissipa, je me tenais devant Absolem. Il me regardait en fumant.

- Qui es-tu? Me demanda-t-il
- Je suis Otto Ferdinand Gloop. Je viens de...
- Tu n'es pas gros Coco!!  me coupa-t-il

L'infirmière tapa sur l'épaule de l'agent Clark pour lui signaler que la visite était terminée. L'agent Clark prit congé en songenat que le vieux ne lui avait encore une fois rien raconté d'intéressant.
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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Ven 16 Mai - 23:13

Absolem par Otto F Gloop sur feuille libre sans inscription(estimée vers 1919)

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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Dim 25 Mai - 18:19

Quand l'agent Clark revint quelques jours plus tard, il pensa que le pire était arrivé et qu'Otto avait fini part rendre son âme tordue. La chambre d'habitude obscure et confinée était illuminée d'une belle lumière matinale. On avait tiré les rideaux et même ouvert les fenêtres. Otto se trouvait dans un coin de l'immense pièce. Allongé dans un lit médicalisé, il lisait Hellboy tranquillement.

Clark se racla la gorge pour signaler sa présence; Otto leva les yeux et l'invita à le rejoindre
"Ach Agent Clark, approchez... Votre  directeur est passé ce matin... il m'a apporté des comics et des pastilles à la menthe."
Clark se raidit... il était logiquement seul et entièrement chargé et responsable d'Otto. Que son directeur le cout circuite lui semblait aussi déplacé qu'incongru.
"Nous avons parlé de vous, Clark, reprit Otto. J lui ai suggéré de lever votre niveau d'accréditation afin que nous puissions discuter plus librement."
C'était le comble, voila que le sujet qu'il était sensé étudier discutait de son niveau d'habilitation avec le directeur... serrant les dents de colère, Clark s'assit près du lit.

"Vous n'avez pas accès à mon dossier médical et ne savez pas ce qui m'est arrivé ces derniers jours, agent Clark. Si nous devons travailler ensemble, il faudra pourtant que vous le voyiez et en ayez pleinement connaissance..."
Clark ne dit rien pensant à toutes les informations qu'il n'avait jamais pu obtenir de l'agence au sujet d'Otto.
"Reprenons voulez vous?" proposa Otto. Il posa le livre sur son chevet, l'habituelle infirmière apparu comme sortie de nulle part pour ré arranger les oreillers et redresser un peu le vieil homme.


"Absolem la chenille bleue, est un être vraiment particulier... ça n'a pas beaucoup de sens pour vous probablement mais il est à la fois passé, présent et futur, chenille et papillon... On peut le considérer comme un sage mais moi je sais qu'il ne l'est pas... il sait, c’est tout... mais parce qu'il sait, il est complètement fou... tout se mélange dans son esprit ce qui rend parfois toute conversation avec lui complètement incompréhensible.
"Tu n'es pas gros Coco... pas Humpty Dumpty... on m'avait annoncé gros Coco... maugréa-t-il
Toi je te connais Otto... oh oui je te connais je sais qui tu es et ce que tu vas faire... oui Otto je l'ai vu... l'Oracculum me l'a dévoilé clairement, semeur de mort, ton chapeau abat jour, tes grosses mains sans finesse, ton avidité... je sais tout ça...  Je sais aussi que tu veux rentrer chez toi et que tu es venu me voir pour cela. Je te dirai comment... Je te montrerai aussi l' Oracculum, ton destin et tu verras que si tu n'es peut être pas Humpty Dumpty, tu es peut-être une chenille bleue dans un champ et moi un policier sévère dans une ville d'un autre monde..."

Il se mis à fumer longuement et en silence l'air s'emplissait d'une fumée bleutée et acre. Je me tenais là... devant lui je le regardais en me disant que je n'aurai jamais du venir ici, que ce minuscule vieillard essayerait lui aussi de se jouer de moi et que s'il avait le moyen de me faire rentrer chez moi le prix qui me serait demandé en dépasserait lui aussi certainement le raisonnable.

La fumée s'amassait devant lui et quand elle commença à se dissiper une table était apparue avec un gigantesque rouleau de parchemin dessus: l' Oracculum...
 
"Passé, présent avenir... qui sait ce que dit une prophétie et si ce qu'on annonce est une crainte, une conséquence ou bien la cause... pour Otto Gloop il n'y a qu'un dessin... qu'une prophétie... Otto le preux chevalier terrassant le dragon Absolem dans un champ de cadavres... au moulin de cœur, là où les géants et et les imbéciles vont s'étendre.... et oui cher ami ... vous êtes mon assassin... enfin c'est ce que dit l'Oracculum..."

Je me penchais sur le parchemin... il n'y avait pas de doute à avoir, c'était bien moi en train de transpercer d'une lance un Absolem géant... mais la scène m'apparaissait très différemment qu'à lui...  comme si c'était agi d'une évidence, d'un fait prévisible... Les cadavres au sol n'étaient pas les victimes d'un Absolem devenu fou... c'étaient mes soldats, une escouades d'agents venu prendre avec moi le pays des Merveilles que la chenille tentait de défendre.
J'étais terrifié par cette vision... je sentais le regard de la chenille posé sur moi... faisait-il semblant de masquer le probable ou bien ne voyait il pas en moi le danger d'un poteniel conquérant...

"Je vais te faire renter chez toi Otto Gloop... mais il semble que tu sois destiné à  revenir et à recroiser mon chemin"
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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Dim 25 Mai - 18:24

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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Mer 28 Mai - 23:13

ach je viens de terminer le prochain dessin ... j'ai très très hâte de le publier... Otto the dark knight return!!!
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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Lun 2 Juin - 22:01

Les descriptions qui ont été faites des rencontres d'Alice avec Absolem et les représentations qui en ont été tirées s'accordent sur le caractère solennel du moment, sur l'autorité naturelle de la chenille qui impose sa loi, sa vérité, son interprétation...
Je pense, pour m'être trouvé maintes fois en présence d'Absolem, que toutes ces descriptions ont mis le doigt sur l'élément fondamental du personnage... Absolem n’est et n'a jamais été rien d'autre qu'une toute petite chenille (à part un papillon peut-être) mais tel le magicien d'Oz, sa grosse voix, son emphase, les détours méandreux de son discours vous perdent, vous écrasent, vous laissent à sa merci sans que l'on essaie même de les remettre en cause. C'est un manipulateur habile qui se joue de notre entendement.

Pourtant alors même que je me sentais sous son emprise, lors de cette première rencontre, un élément me permettait de conserver toute ma lucidité. Absolem détenait certes l'Oracculum, il était capable de connaître l'avenir, pourtant il était incapable de le lire correctement.

Le codex montrait une scène classique de chevalier terrassant le dragon mais comment Absolem pouvait-il douter de lui même au point de penser pouvoir devenir une créature maléfique et destructrice? Comment pouvait il penser qu'un étranger était forcément le sauveur et pas l'agresseur du pays des merveilles?

Il continuait de fumer, de parler, non plus de la prophétie mais de qui on est, de qui on croit être, de ce que les autres voient et son discours fumeux emplissait l'air de volutes de vraie fumée et de mystères mais Je ne l'écoutais plus, je sentais sa peur, la peur de la mort, la peur de sa propre folie, de son propre pouvoir destructeur. Je voyais la chenille se débattre entre les doigts du destin... entre mes doigts en l'occurrence.

Que ce soit bien clair. Je n'ai jamais envisagé conquérir de force le pays des Merveilles, je n'ai jamais aspiré à un pouvoir politique quelconque mais à ce moment là face à l'oracculum  le cours des choses s'imposait à moi dans sa logique. Je visitais la pays des merveilles, j'avais ouvert la porte, je pourrai revenir et L'archiduc ne m'avait pas envoyé là pour discourir avec des animaux qui parlent mais bien pour capturer une magie irrationnelle et puissante... Le cours de ma mission m'amenait - même si je ne l'avais pas réalisé jusque là- à revenir, à détruire et à piller, tel un conquistador trouvant l'eldorado.

Je l'interrompis:
- Quand cela doit-il arriver?
Il parut très décontenancé d'être interrompu et -de surprise -il inspira le fil de ses mots et de sa fumée; il s'en étouffa et toussa longuement...
- L'Oracculum ne le dit pas... l'oracculum nous permet juste de savoir que e n'est pas encore arrivé puisque je ne me souviens pas avoir été tué...

Je gardais le silence
- Ne réfléchissez pas... le temps au pays des merveilles n'a pas de rapport avec le votre... vous allez rentrer chez vous et quand vous reviendrez nous serons peut être dans 10 jours ou peut être dans 10 ans... ne cherchez pas... vous ne savez pas.
Je voyais dans ses yeux monter la peur et la colère. Il me regardait fixement comme un gros serpent qui aurait voulu gober sa proie

- Ne cherchez pas , reprit-il, l'Oracculum contient sa propore vérité, il montre ce qu'on voit et pas ce qui est... Qui êtes vous Otto? Un chevalier? Un policier? Un voyageur? Un témoin? Un gros homme avec un chapeau abat jour?
Et moi Otto? Qui suis-je? Suis-je Absolem la chenille? Ou bien un dragon? On bien celui qui doit mourir? Qui le sait?
Peut-être suis Otto et vous Otto êtes vous une chenille? ne cherchez pas... vous ne savez pas.


Ses yeux se plissaient en me regardant et sa voix susurrait. il s'approchait de moi le visage très près du mien....

- Et oui Otto, avez vous pensé que cette prophétie n’annonce pas ma mort mais la votre? Croyez vous que je vais laisser un homme coiffé d'un abat jour mettre fin à ma vie éternelle sans cesse renouvelée, à ma connaissance, à ma sagesse, à ma magie? Le pensez vous Otto? Cherchez otto, vous ne trouverez pas, vous êtes perdu... vous ne savez pas

Il saisit ma tête de ses petites mains et la poussa vers l'arrière, je voulus crier mais dès que ma bouche s'ouvrit il y souffla une épaisse fumée bleue et froide. Il me  répéta que je ne savais pas... Je tombais évanoui.


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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Lun 2 Juin - 23:33

J'ai repris mes esprits dans le bureau face au miroir avec le docteur et le professeur de lettres qui me dévisageaient comme si je revenais d'entre les morts. J'avais le souffle court et le goût de la fumée dans la bouche.
Des trésors dont j'avais empli mes poches, il ne restait évidemment aucune trace. Mon chapeau demeurait introuvable  mais cela ne pouvait constituer une preuve suffisante. Je racontais mon histoire, l'écrivis, fit de nombreux dessins et comptes rendus de mes observations, mais cela était insuffisant, le voyage restait impossible à prouver.

De nouveaux essais de passage du miroir furent tentés pas le professeur de lettre sans résultat. Je commençais à croire que tout cela n'avait été qu'un long délire provoqué par la drogue.
Le médecin m'avait interdit de retenter l'expérience moi même avant plusieurs mois... ma santé s'était brutalement dégradée suite à cette expérience et j’assistais désormais en tant que simple spectateur à des tentatives vaines de traversée du miroir.

L'été approchait et nous avions décidé qu'il serait raisonnable d'arrêter notre recherche avec la fin de l'année scolaire (le professeur de lettre avait obtenu un poste dans une ville importante de l'est du pays pour l'année suivante). Je me résignais à ce qui apparaissait alors comme un échec, à refermer le livre du pays des merveilles.
Le mois de juin était occupé à la rédaction des rapports à destination des archives rapports qui devaient acter l'abandon de nos recherches.
Je pense que c’est inutile de préciser que l'ambiance était morose parmi les membres de notre groupe.

Un matin, on sonna à la porte. Une vieille femme se tenait là, portant un grand cabas.
En s'adressa au médecin en anglais et dit
- je voudrais voir Monsieur Gloop!
Je me présentais et lui demandais dans un mauvais anglais ce que je pouvais faire pour elle
- Le chapelier m'a donné ça pour vous, avec toutes ses excuses

Et elle me tendit mon chapeau... celui qui avait disparu, celui qui s'était déchiré pendant ma chute et avait été mis en pièce par la fureur du chapelier.
je regardais le chapeau, de très discrètes et très fines coutures avaient rassemblé toutes les pièces déchirées... un travail extraordinaire.

La vieille dame ferma son cabas et pris congé malgré mon insistance pour en savoir d'avantage. Tout ce qu'elle me dit c’est que le chapelier lui avait demandé de me l'amener et que maintenant elle devait rentrer chez elle.

Je me suis longtemps demandé si cette vieille femme était Alice.

Quelques jours plus tard, nous reçûmes deux courriers venus. Un venu de France et un autre de Russie de "voyageurs" qui avaient entendu parler de moi pendant leur voyage au pays des merveilles et voulaient entamer une correspondance à visée scientifique. J'appris à cette occasion qu'il existait une société mondiale des voyageurs fondée par Lewis Carroll bien des années auparavant et qui comptait une dizaine de membres actifs autour du monde.

Nous avions enfin la preuve irréfutable de la vérité de mon voyage. J'étais allé là bas et j'en étais revenu. J'avais acquis de plus l'assurance que j'y retournerais et que je parviendrais à ouvrir un portail permettant d'emmener plusieurs hommes.

Les quelques jours restant de ce mois de juin furent plein d'énergie et porteurs d'espoirs nouveaux. Le contenu de nos rapports était différent: oui le pays des merveilles existait et oui nous nous y étions rendu!

Cette expérience de voyage au Pays des merveilles nous permit avec l'aide de l'archiduc de développer un peu plus notre agence. Pour moi, ce fut le premier grand succès dans un monde ésotérique permanent. Et le point de départ de mes aventure dans bien des mondes.
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MessageSujet: Re: Où les géants et les imbéciles vont s'étendre   Lun 2 Juin - 23:35

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