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 J'avais toujours pensé que les policiers étaient des incapables....(FMW)

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Yume

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MessageSujet: J'avais toujours pensé que les policiers étaient des incapables....(FMW)   Sam 7 Mar - 12:17

"-Bonne nuit mademoiselle ! "

Sur ces mots, Minnie referma la porte, laissant Yume seule dans son lit immense et dans sa chambre glacée afin qu'elle puisse s'endormir en paix. Mais celle-ci, avait d'autres projets. Elle attendit, l'oreille tendue que les bruits pas de sa gouvernante s'atténuent, puis que finalement, ils disparaissent. Pourtant, elle ne bougea pas d'un poil. Ce n'était pas si facile de détourner la sécurité placée par Charles-Henri. En effet, cinq minutes plus tard, les pas reprirent, puis s'arrêtèrent juste devant sa porte. La jeune femme pouvait deviner sans peine l'œil fatigué et bienveillant d'Edgard se poster dans le petit espace qu'offrait le trou de sa serrure. Après s'être assurée qu'elle était toujours dans son lit, le majordome s'éloigna, satisfait. Et le manège recommença, encore et encore. Les employés de service dans la maisonnée se succédèrent, les uns après les autres. Ce système était plutôt bien pensé, mais cela ne suffisait pas à stopper Yume. Au bout de quelques soirées, elle avait fini par l'assimiler et le contourner facilement, bien qu'il lui fallait être patiente. C'était le prix à payer pour la liberté, alors elle attendit. Quand la dernière soubrette quitta son poste, la prisonnière ne put retenir un petit gloussement d'excitation. Elle sauta de son lit et se précipita vers son immense penderie. Elle s'engouffra dedans, la tête la première, parmi les robes et les jupons qui risquaient de l'étouffer à tout moment, pour arriver finalement, au fond, où un petit espace était libre. Elle y avait caché, son équipement pour ses expéditions nocturnes préparées.

Elle ne perdit pas plus de temps, et enfila la chemise et le pantalon qu'elle avait chipé à son cousin. Comme elle nageait dedans, elle avait prévu des bretelles improvisées avec des lanières de cuivre. Elle se natta les cheveux rapidement et enfonça le tout sous une gavroche noire et rapiécée. Puis pour finir, elle attrapa sa grande sacoche en cuir, et sortit de sa cachette. Elle jeta un coup d'œil a son miroir, éclairé par les rayons de la lune. Elle ressemblait a un coursier très modeste, on pouvait même dire, misérable. Ses traits féminins pouvaient la trahir mais avec l'obscurité, cela passait à merveille. Personne, en la regardant, ne pouvait deviner que c'était une fille, et encore moi une Wilson.  Puis sans plus de cérémonie, elle ouvrit sa fenêtre, la referma derrière elle, et escalada le balcon. Tout était prévu: elle s'agrippa à une branche de l'arbre à proximité, que l'on avait pas encore coupée et finalement, se laissa tomber à terre. La première étape avait été franchie avec succès, mais le plus difficile n'était pas derrière elle. Maintenant fallait-il sortir du jardin en évitant les trois vigiles qui tournait autour du manoir comme des lions en cage.

Comme une ombre, elle se glissa jusqu’à la haie. Elle la longea, un bras occupé a en tâter  la matière. Puis, au bout de quelques instants, son bras, tombant dans un trou, produisant un léger bruit. Son sourire s'agrandit: elle savait que parfois, des lapins trouvaient refuge dans ces immenses buissons, laissant quelques crottes et des trous invisibles à l'œil nu. Elle s'y glissa en essayant d'éviter le plus de bruit possible. Des branches arrachèrent sa chemise à certains endroits. "Tant mieux," se dit elle, "Mon déguisement ne sera que plus crédible. " Toutes ces aubaines, peuvent sembler…"trop" ? Pourtant, rien de tout cela n'était du à la chance. Juste à des jours et des jours de préparation dans l'ombre.  Et maintenant, elle touchait au but. Il suffisait juste d'attendre le bon moment. Le manoir était grand, et pendant quelques minutes, les trois gardiens se croisaient à l'autre bout de la propriété,  lui laissant le champs libre. Elle entendit les pas de l'un passer juste devant elle. Elle ne bougeait pas, et commença son compte à rebours intérieur: 1, 2,3…13, 14, 15….. 26, 27, 28, 29….30 !

Elle rassembla toutes ses forces, et bondit hors de sa cachette provisoire. Puis, elle se mit à courir, le plus vite possible, de peur que ses calculs ne soient erronés. Quand elle fut loin, et assurée qu'on ne la suivait pas, elle ne put s'empêcher de rire tout bas. Elle avait réussi ! Elle ralentit le pas, tout en gardant une cadence rapide et se dirigea vers le parc. Ce soir, elle savait exactement où elle allait. Elle sortit un journal plié de son sac. Il y a de cela, quelques jours, un crime avait été commis au dessus d'une mercerie. L'homme, seul, avait été égorgé. Et la police n'avait encore rien trouvé. Cela n'étonnait pas le moins du monde Yume: c'était connu, que les policiers n'étaient que des incapables ! Et la demoiselle au caractère bien trempé était bien déterminée a mener elle-même l'enquête. Elle remit le papier à sa place et continua de traverser le parc  qui pour une fois, était vide, ce qui lui donnait une atmosphère mystérieuse.

Soudain, dans le silence de la nuit, un coup de feu retentit. La jeune femme manqua de crier et sa gavroche s'envola. Elle la remit à sa place en scrutant les environs, tremblante. Rien, personne. Avait-elle rêvé ? Sans doutes. Elle secoua sa tête de droite à gauche, honteuse, et se remit en route, en courant, cette fois. La mercerie n'était pas très loin de ce parc, elle ne mit donc pas longtemps à arriver à destination. Par stratégie, elle s'arrêta avant et ne fit qu'observer de loin, cachée, les allées et venues des policiers de service, et les entrées possibles. Elle finit par prendre de la hauteur en grimpant dans un arbre. Les policiers étaient peut-être des incapables, mais ils étaient prudents. Chaque issue était gardée par un agent, qui semblait déterminé à rester a sa place. Elle resta de longues minutes, dissimulée dans le feuillage, tout ses sens en alerte, à l'affut de la moindre faille, mais en vain. Elle soupira. Elle aurait du le prévoir… Ce n'était pas son genre d'abandonner, comme ça, mais que faire d'autre ? Et quand elle prit l'initiative de descendre de son perchoir, il y eut des grand bruits. Curieuse, elle resta finalement pour voir ce qui se passait. Au début, un seul policier quitta son poste, pour trouver la source du bruit, mais a peine plus tard, le talkie walkie des agents grésilla et ils se ruèrent tous à la poursuite de leur collègue qui semblait avoir besoin de renfort.

Quels incapables ils étaient, de laisser l'endroit sans surveillance ! Et quelle chance inespérée s'offrait à elle ! Le sourire retrouvé, elle se lança de sa branche vers la fenêtre de l'étage. Elle avait mal calculé son coup, et étant trop loin, elle n'atterrit pas à l'endroit souhaité. Elle pendait dans le vide, accrochée au rebord de la fenêtre. Elle paniqua: les policiers n'allaient pas tarder, ils ne devaient pas la trouver ici ! Alors, après un immense effort pour ses petits bras frêles et abimés, et se hissa sur la maigre plateforme.
Bien sûr, un cadenas bloquait l'entrée, mais ça, elle l'avait anticipé cette fois. Elle sortit huit épingles à cheveux de son sac, et après sept tentatives infructueuses de le crocheter, elle réussit ouvrir la fenêtre. Elle se glissa à l'intérieur et referma les volets derrière elle, tandis qu'elle entendit les policiers revenir.

Elle soupira de soulagement. Combien de lois avait-elle transgressées , ce soir ? Un paquet sûrement, mais on ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs, comme on dit. Et puis, elle imaginait avec délice la mine dégoutée qu'afficherait ces incapables quand elle aurait résolu cette affaire à leur place ! Elle sortit une lampe de poche et observa la pièce sous sa lumière. Lieu qui était, bien que grand, très modeste et poussiéreux. Des bâches recouvraient la plupart des meubles et il lui semblait voir une tâche de sang, au fond. Elle frissonna malgré elle. Elle fit quelques pas dans la pièce. Soudain, des éclats de voix en dessous d'elle. Aurait-on repéré sa présence ? N'avait elle été assez rapide ? Ou faisait-elle trop de bruit ? Aussitôt, elle se glissa sous un petit bureau de bois, qui n'était recouvert d'aucune bâche. Elle arrivait à peine a rentrer dessous. Elle regarda autour d'elle et il lui sembla voir quelque chose… Elle pointa sa lampe torche sous un des pieds du bureau et… elle découvrit un petit poil roux. Ce pouvait être aussi bien un poil de chat, mais elle, était si fière ! Son premier indice ! Avec peine, elle le prit entre ses doigts gantés et le placa dans une petite boite colorée, qu'elle avait récupérée à cet effet. Elle replaça le tout dans son sac, et là….De nouveaux des voix….Puis, des pas dans l'escalier. Elle se recroquevilla sur elle-même et éteignit sa lampe. Elle se força à ne pas crier. Quelqu'un venait ! On allait la trouver ! Elle retint sa respiration quand elle entendit la porte grincer…

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MessageSujet: Re: J'avais toujours pensé que les policiers étaient des incapables....(FMW)   Dim 8 Mar - 11:51

Il faisait frisquet, ce soir, mais j'interdisais le moindre frisson à mon corps discipliné. Trahir ma position était impensable ! Cette raclure allait apprendre qu'elle n'était pas la seule à pouvoir rester immobile pendant des heures. L'inspecteur le plus brillant de Londres est à tes trousses, mon gars, et il est sacrément remonté contre toi ! Bon sang, cela fait déjà pas mal du temps qu'il commets des méfaits sous nos yeux, sous MES yeux !! Un tel criminel n'est pas qu'une injure au droit et à la sécurité des innocents, c'est aussi une insulte à l'efficacité policière. Et oui, la spécialité de ce vaurien était de commettre de véritables massacres, pour ensuite s'enfuir avec une lenteur exagérée : il se fondait littéralement dans le décor, restant parfois figé une journée entière ou se mouvant si peu vivement qu'il ne peut être repéré à l’œil nu. On imagine sans peine l'humiliation de ne pas parvenir à capturer un vandale qui ne quitte même pas la scène du crime à toutes jambes. La presse s'était fait un plaisir de le "glorifier" en lui octroyant un nom, le Phasme, et en déclamant son habituel "Que fais la police ?". Si seulement ils savaient à quel point nous sacrifions nos vies pour eux. Nos esprits se rejoignent pour ne former qu'une volonté collective, déterminée à écarter les dangers frappant les familles et la nation. Les journaux se fichaient pas mal de cet effort colossal ! J'étouffais un juron, au bord des lèvres. J'allais botter les fesses du Phasme, une bonne fois pour toutes.

Abrité sous un porche, je risquais un coup d'oeil vers la façade voisine. La porte vermeille, au lourd heurtoir à tête d'ours, ainsi que les murs proprement entretenus, ne laissaient aucun doute qu'en à la richesse des occupants de la maison. L'insecte que je traquais était quelque-part dans le périmètre, immobile. Depuis bientôt trois jours, je le poursuis sans manger ni boire ni même dormir, intrépide et irréductible. Je suis infatigable lorsqu'il s'agit d'attraper la vermine. M'enfin, je n'aurais pas dit non à une petite goutte de gin... Je baisse la main vers mon revolver, me calquant sur la vitesse supposée de ma cible. Allez, l'insecte, montre-toi. La veille, j'avais failli l'épingler, mais il avait déjouée mon approche sans ciller. Cette fois, je ne le raterais pas.

-*Ma rétine commence à être habituée à ses mouvements... Prudence, Full, prudence. Prends tout ton temps et repère cet enflure. Je crois en tes talents inégalés de tireur d'élite.*

A cet instant, alors que je ne m'y attendais absolument pas, un bras malingre et grêle surgit dans mon champs de vision. Je dégaine, mais mon arme est arrachée de mes mains en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "Fichtre" !!! Je roule au sol, esquivant un violent coup, pour me redresser, prêt à en découdre. Je le vois très bien à présent. C'est un homme décharné, aux traits étirés et grossiers, aux jambes démesurées. Il m'adresse un regard vide de sentiments, puis pointe vers moi mon propre revolver, qu'il a ramassé plus tôt.

-"Ah non... C'est la goutte qui fait déborder la casquette, là. D'abord, tu nous ridiculise, ensuite, tu me prive de ma sieste quotidienne, et enfin, tu t'approprie la seule arme policière à appartenir au grand et magnifique Full Saber. Tu vas trop loin, l'insecte." lui dis-je calmement, toisant la mort et le danger avec dédain.

Le Phasme semble légèrement désarçonné, mais il ne perds pas le nord, le bougre. Il tire un premier coup de feu, abîmant la porte dorée derrière moi, tandis que je manœuvre habilement sur les pavés. Cet imbécile ne doit pas être habitué aux combats ouverts : il n'a même pas tenu compte de la faible luminosité - la nuit semble tout envahir -, et son temps de réaction paraît incroyablement long. Sa lenteur se retourne contre lui ! J'en profite pour lui asséner un de mes fameux coups de pieds secrets, l'envoyant finir sa course contre un mur. Cela ne l'étourdit que quelques secondes, mais c'est suffisant pour récupérer tranquillement mon revolver, le narguant d'un sourire. J'adore défier ces vermines, c'est un peu mon hobby particulier.

Il crachote quelques mots incohérents. Ses yeux soulignés de cernes tressautent dans leurs orbites, on dirait qu'il cherche un échappatoire. Je reste détendu, ne le quittant pas du regard. Je suis plus malin que toi, alors n'essaie pas de me tourner en bourrique. C'est échec et mat, l'insecte. Brusquement, il détale, faisant preuve d'une vitesse que je ne lui soupçonnais même pas d'avoir. Bon sang !!! Il vient de me faire passer pour un crétin ! Je m'empresse de lui courir après. L'air frais du soir me fouette le visage et l'imperméable usé que je porte voltige dans mon sillage.

-"Reviens-là, espèce de lâche ! S'il te plaît ! Je dois te coffrer, c'est très important !"

Mais peu importe ce que je lui hurle, il accélère la cadence, négociant des détours serrés à chaque rue. Nous débouchons sur une grande place dégagée, où trône une statue antipathique - me rappelant désagréablement mon paternel -. Sans hésiter, je fais travailler mon génie de la justice. J'attrape une poubelle publique, murmurant une rapide excuse aux éboueurs, et je la projette sur mon futur prisonnier. Le Phasme se la reçoit en pleine échine dans un bruit retentissant, poussant un cri de douleur inhumain. J'ai entendu pire, notamment le rire sifflant de cet infâme Simili. J'attrape le vaurien par le col, et alors qu'il se débat en continuant à faire un boucan monstrueux, je lui colle mon poing dans la figure. Assommé pour de bon, il titube en arrière, s'échouant sur un étal, qui s'effondre dans un concert de bois et de toiles. J'affiche un sourire satisfait.

-"Voilà une bonne chose de faite. Le Phasme, tu ne feras plus de mal à personne, dorénavant."

Alors que j'époussette mon imperméable et que je remets de l'ordre dans mes cheveux, afin de me rendre un peu plus présentable après trois jours de poursuite acharnée sans pouvoir se faire la moindre toilette, une cohorte des forces de l'ordre se précipite à ma rencontre. Ils ont probablement été alertés par le vacarme. Un officier un peu moins gradé que moi, mais beaucoup plus âgé, m'apostrophe d'une manière menaçante, et tous les autres agents pointent leurs armes sur moi.

-"Doucement, les gars. Je suis de la maison." fis-je dans un soupir, sortant ma plaque. Je désigne la masse informe effondrée parmi les débris : "Lui, en revanche, il a bien besoin que vous vous en occupiez. Et dites au Q.G que le Phasme n'est plus une menace."

J'ai convaincu mon auditoire, mais certains continuent à me jeter des regards méprisants. Ils sont jaloux, c'est évident. Je les comprends. Après tout, malgré mon jeune âge, je suis déjà parmi l'élite de la police, si ce n'est LE meilleur officier dans toute l'histoire de Scotland Yard. Et mon sourire ne doit pas arranger les choses. Je me demande d'où est-ce que tous ces agents viennent... Étaient-ils postés tout prêt ? Confus, l'officier de la troupe, aux cheveux blonds délavés sous sa casquette, me déclare qu'ils étaient en train de garder la scène d'un meurtre banal, dans une mercerie des environs. Je tique sur ces mots. Quels abrutis.

-"Vous êtes en train de me dire que vous êtes tous venus ici, sans laisser le moindre vigile là-bas ? Vous êtes des justiciers, ou de simples épouvantails ? Sérieusement, ce n'est pas du tout professionnel. Vous allez retourner à vos postes illico presto !! Je vous accompagne. Et encore une chose : aucun meurtre n'est banal."

Dépité, les policiers retournent dans la direction dont ils sont venus, sauf trois hommes dévoués qui embarquèrent le Phasme. Je suivais l'officier, qui se révéla s'appeler Gates. Il était visiblement irrité par mon attitude et cela se voyait qu'il tentait de se maîtriser. Curieuse réaction. Je ne faisais que leur rappeler leur devoir. Ce n'est pas comme si je venais de pointer du doigt son incompétence. Gates m'expliqua, à peine courtois, que le meurtre avait été commis dans une pièce résidentielle, au-dessus de la mercerie. La victime, propriétaire des lieux, avait eu la gorge tranchée, probablement par un couteau. L'enquête était toujours en court. Chouette ! Ma nuit n'était pas encore terminée. Je pouvais apporter mon aide à cette enquête qui piétinait vraisemblablement !

Une fois dans la mercerie, je m'assurais que tout le monde était à sa place, prenant officiellement la direction du site, aboyant sur un benêt. Celui-ci m'avait effectivement demandé si il était possible d'instaurer des tours de gardes, pour que certains agents puissent se reposer. Que nenni ! Franchement, les novices de nos jours, ils ignorent tout de la vraie protection. Dormir est un luxe qu'il n'est plus envisageable de se permettre, en ces temps troublés. J'étouffais un bâillement. Bon, faudra tout de même que j'aille piquer un somme, tôt ou tard. Ce Phasme m'a donné du fil à retordre, même si je déteste l'admettre.

-"Monsieur Gates, vous avez placé un garde dans la pièce où le crime a été perpétré, j'ose l'espérer ?"

-"J'ai posté un de mes hommes à la porte de la pièce en question." me répondit-il en haussant un sourcil.

J'étais ébahi par tant d'erreurs. Il prenait son travail si peu au sérieux ? C'était à mon tour de m'efforcer de ne pas fulminer contre mon collègue. Je glissais une main dans une de mes poches, à la recherche de mon briquet fétiche, le saisissant machinalement. N'importe qui pouvait s'introduire dans la pièce pour changer un détail ou effacer les preuves. C'était très grave, comme bavure. Finalement, j'explosais :

-"Bon sang !!! Poster un homme à l'INTERIEUR aurait été plus judicieux. Vous n'imaginez pas le nombre de crimes qui furent restés impossible à élucider parce qu'un abruti ne savait pas faire la différence entre surveiller une porte et surveiller ce qu'il y a au-delà. Vous êtes au courant que la valeur d'une porte est inférieure à l'intérêt général de la société innocente que nous avons juré de protéger ? "

Soudain, je perçus un grincement dans le plancher, juste au-dessus de ma tête. Et voilà ! Qu'est-ce que je disais ! Nous avons déjà un invité indésirable, qui doit sûrement s'en donner à cœur joie avec MES indices. Quelques instants plus tard, moi, Gates et quelques figurants boutonneux - je n'ai jamais eu besoin de renforts, mais je pleure déjà devant la qualité de ceux-ci - grimpèrent les marches vers l'étage. J'étais déterminé à réparer les bourdes de mes confrères. J'ouvrais doucement la porte en bois, pénétrant dans la grande pièce.

L'odeur du sang séché assailli aussitôt mes narines. Délicieusement répugnant. Sans tressaillir, j'allumais mon briquet quelques instants pour faire un peu de lumière dans la pénombre. Derrière moi, Gates eut un reniflement condescendant. Je voyais très bien qu'il n'y avait personne, mais l'intrus pouvait toujours se dissimuler derrière un meuble. J'entrepris de fouiller chaque recoin, dédaignant pour le moment l'immense tâche sombre au fond. Le propriétaire des lieux avait dû être un individu vivant dans la simplicité, un modeste commerçant travaillant dur pour gagner son pain. Quelle injustice ! Son assassin devait être bien cruel, pour trancher la gorge d'un brave homme. Soudain, une policière m'indiqua un bureau, sous lequel on pouvait distinguer une forme recroquevillée.

-"Voilà notre fouineur ! Haut les mains, vous êtes cerné." fis-je sur le ton de la plaisanterie.

De toute évidence, ce n'était pas un adulte, ni quelqu'un de dangereux. J'avais déjà croisé des tueurs implacables à l'apparence d'adolescents chétifs, mais je pouvais sentir l'intention meurtrière émanant de leurs âmes pourries. Je m'accroupissais à la hauteur de l'intrus, habillé comme un enfant des rues. Probablement un garçonnet égaré, venu chercher refuge ici. La nuit était froide, après tout.

-"Gates, allez me chercher quelque-chose à boire ou à grignoter. J'ai une faim de loup. Du café, si vous pouvez. Si vous trouvez du gin, je vous embrasse." ordonnais-je, avant de me tourner vers le garçon. "Que fais-tu là, toi ? Ce n'est pas un endroit pour jouer. Nous sommes en pleine enquête, et cela pourrait être dangereux si tu touche à quoi que ce soit. Dangereux pour toi, pour nous, ou pour autrui."

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Yume

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MessageSujet: Re: J'avais toujours pensé que les policiers étaient des incapables....(FMW)   Dim 8 Mar - 16:54

Silencieuse, Yume serrait son sac contre elle tandis qu'elle entendait les pas parcourir la pièce. Etrangement, ils sonnaient très fort, si fort qu'ils lui donnaient mal à la tête. Elle craignait de faire une crise de panique, voyant à quel point son cœur accélérait, et frappait fort dans ses oreilles. Elle perdrait le contrôle et dieu sait combien cette situation était terrible. Elle serait capable de blesser l'agent de police, voir même le tuer et elle finirait derrière les barreaux jusqu'à la fin de ses jours. Triste avenir qui se profilait à l'horizon. Elle tremblait, silencieusement et avait placée sa tête sur ses genoux. Elle se gardait de faire le moindre bruit, elle surveillait même sa respiration. Avec un peu de chance, il ne la trouverait pas… Au fur et mesure que les secondes passaient, elle avait de plus en plus de mal à rester calme. Qu'avait-elle fait de travers ? Quoi donc ? Les minutes paraissaient des heures et les pas ne s'éloignaient toujours pas. Cette attente la rongeait, la rendait folle, la pire des tortures. Elle finit par se rendre compte, pour son plus grand effroi, qu'ils étaient plusieurs, au moins trois. Les pas se faisaient entendre à tout les coins de la pièce, à moins que ce soit elle qui perde la raison.

Elle fut presque soulagée, quand une policière signala sa présence. Toute la pression retomba, pour se transformer petit a petit en un profond malaise. Les bruits de pas se rapprochaient d'elle et elle avait peur. Les policiers étaient des incapables, mais elle avait peur. Cette peur la frustrait, car elle ne la comprenait pas. Elle pouvait facilement les désarmer et les assommer, puis s'enfuir mais elle n'en fit rien. Ses membres étaient comme paralysés, et Yume n'eut même pas la force de relever la tête vers tous les regards mauvais qui semblaient la scanner au rayon X. D'autres bruits de pas, se rapprochèrent d'elle, mais ils étaient comme…différents.

-"Voilà notre fouineur ! Haut les mains, vous êtes cerné." fit une voix masculine qui semblait plaisanter.

Un brin rassurée par ces paroles non hostiles, elle pivota timidement la tête vers elles, laissant apparaître l'un de ses magnifiques yeux verts forêt. Elle ne l'apercevait pas très bien, voir pas du tout, mais cet agent apparaissait comme…un gentil. "Le" gentil des livres, le good guy par excellence, qui sauvait tout le monde, qui protégeait la veuve et l'orphelin… On le ressentait, rien qu'à l'aura qu'il dégageait.  A cet instant, Yume regretta que ces personnages fantastiques n'existaient que dans les romans. Ou même s'il existait, cet homme posséderait sûrement alors un ego surdimensionné. Pire que Charles-Henri. Donc, en fin de compte, il était très bien là où il était. Dans les livres. Elle se reconcentra sur son objectif présent. Sortir d'ici. Elle ne devait pas se laisser attendrir. Ce type semblait la sous estimer, ce qui était un bon point. Il était vrai que dans la situation actuelle, elle ressemblait surtout à un pauvre faon sans défenses. Autant en tirer profit. Son attention reportée sur cet individu si peu commun, elle en oubliait presque les regards méprisants des collègues de celui-ci, qui ne semblaient pas du tout de son avis. Le "héros", finit par se retourner vers l'un de ses coéquipiers et de lui ordonner poliment:

-"Gates, allez me chercher quelque-chose à boire ou à grignoter. J'ai une faim de loup. Du café, si vous pouvez. Si vous trouvez du gin, je vous embrasse."

C'était une blague…? Yume était très déçue. Ce type était stupide, en fin de compte. Manger sur une scène de crime ! MANGER SUR UNE SCENE DE CRIME ! Au risque de mettre des miettes partout, ou de renverser son café sur le parquet ! C'était la meilleure ! A moins qu'il n'en ai plus rien a faire de cette enquête, il était complétement stupide. C'était bien un policier ! Un incapable ! Mais il pouvait très bien être stupide ET sympathique: l'un n'empêchait pas l'autre. Il finit par reporter son attention sur elle. C'était inévitable.

"Que fais-tu là, toi ? Ce n'est pas un endroit pour jouer. Nous sommes en pleine enquête, et cela pourrait être dangereux si tu touche à quoi que ce soit. Dangereux pour toi, pour nous, ou pour autrui."


Mis à part qu'il la prenait pour une bourrine tout à fait stupide et qu'il lui parlait comme à un enfant de cinq ans, elle avait un véritable problème: elle allait devoir parler ! Ce n'était absolument pas prévu dans ses plans. Comment pouvait-elle conserver sa couverture de garçonnet avec une voix aussi féminine, gracile, et fragile que la sienne ? Elle serait immédiatement démasquée. Mais ne pas parler paraitrait aussi suspect. Elle afficha une mine d'incompréhension pour masque sa réflexion. Elle finit par murmurer -pratique quand on murmure, on a a peu près tous la même voix- d'un air surpris:

"-Vous ne me passez pas les menottes ?"

En vue de la situation, ce murmure était naturel. Mais elle savait qu'elle ne pourrait pas le tenir indéfiniment. Une position provisoire, en attendant d'en trouver une meilleure. Elle se souvint subitement, la réelle panique dissipée, que sa lampe de poche était dans sa main droite, sans doute devenue collante avec la transpiration. Dans un élan de curiosité, elle l'alluma en direction de son interlocuteur, qui fut éblouit. Elle aurait pu fuir, mais il y avait les autres, sur leurs garde. Et là n'était pas le but de cette action. Elle voulait juste savoir a quoi celui-ci ressemblait. Rien de plus, rien de moins. Une action tout a fait innocente, sans aucune arrière pensée. Le chef, surement un inspecteur, était plutôt grand, mais a peine plus vieux qu'elle. De trois quatre ans son ainé, pas plus. Il était très bien fait, assez mignon, mais ce n'était pas ce qui l'intéressa. Non. Un autre détail, bien plus intéressant. Elle sursauta de surprise, manquant de laisser échapper un cri de surprise très féminin. Elle entrouvrit ses yeux et sa bouche de surprise. Quels cheveux !

"-Vous avez….les cheveux verts !" murmura-t-elle de nouveau

Et heureusement, son murmure passa encore. Miracle. Les regards insistants des autres sous fifres policiers méchants la firent redescendre sur terre. Elle n'avait pas répondu à leurs questions. Elle leur adressa une œillade contrite. Pas d'échappatoire. Il lui fallait parler. Elle allait prendre des risques. Et pire, elle devait inventer un mensonge. Dans la panique. Quelle horreur. Mais il fallait tenter. Ils seraient après tout, sûrement faciles a berner. Ils étaient des policiers. Elle ouvrit la bouche, et finit par dire, d'une voix rauque et hésitante:

"-Oh…Vous voulez des réponses…Et bien je…." Elle s'arrêta, le regard rongé par une culpabilité poignante, mais fictive, qui paraissait aussi vraie que nature. "Je….je suis désolé. Je ne peux pas vous dire."

Et, comme aux bords des larmes, elle secoua la tête de droite à gauche. Oh, elle était si bonne comédienne ! Une vilaine petite menteuse, mais si excellente comédienne !  Les regards des méchants se firent très durs, et pendant qu'elle inventait son histoire, elle releva la tête vers eux, un regard rempli d'innocence et à la fois décidé. Elle les fixa quelques instants, comme pour les analyser, puis fit de sa voix improvisée, qui passait pour une mue d'adolescent, d'un air naïf et si pur:

"-….Savez vous ce qu'est la loyauté ? Sans doutes, même moi, je sais ce que ça veut dire. La loyauté…. C'est quelque chose de bien, n'est ce pas ? Alors pourquoi me regardez vous comme cela alors que je fais ce qui est juste ? "

Sur ces mots, elle pencha légèrement la tête sur le côté, d'incompréhension, prenant soin de garder cette peur mal dissimulée dans son regard. Elle pensait chaque mot qu'elle venait de formuler. La loyauté, c'était ce qui était juste. Mais pour l'instant, la seule personne en qui elle était loyale, c'était elle-même.

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MessageSujet: Re: J'avais toujours pensé que les policiers étaient des incapables....(FMW)   Dim 12 Avr - 12:10

Même si il était difficile d'y voir bien dans cette pénombre, je devinais sans peine que notre intrus était nerveux et effrayé, pelotonnée sous le bureau comme si nous étions quelques bêtes sauvages. Tandis que Gates s'éloignait en maugréant, afin de satisfaire ma modeste requête, je souriais au garçon pour le rassurer. C'était un enfant pur et innocent, qui ne ferait sans doute jamais de mal à la moindre libellule. Le symbole même de cette société que je me suis juré de défendre contre la moisissure et les épidémies ! Il était évident qu'il n'avait rien à craindre de moi. Comme pour confirmer mes inquiétudes, le gamin se mit soudainement à murmurer :

- "Vous ne me passez pas les menottes ?"

- "Ce n'est pas au programme, petit gars. A moins que tu ne veuille avouer ici et maintenant qu'un crime odieux souille ton coeur !
Mais, nom d'un pénitencier, je ne tolérerais jamais que l'on enferme une personne qui n'est coupable d'aucun méfaits, et qui ne le sera sans doute jamais. Tu peux me faire confiance."


C'est tout de même incroyable, voir insensé ! Si les civils se mettent à nous craindre, nous ne valons pas mieux que nos adversaires, ces vauriens qui peuplent les cauchemars de la populace. Ceux que nous devons terroriser, ce sont ces chacals. Je me passe une main dans mes cheveux, légèrement décontenancé. Cet enfant a probablement grandit dans les rues, exposé aux violences urbaines, au froid, à la faim, à l'indifférence des policiers les moins dévoués... Je ne suis pas un imbécile candide, j'ai parfaitement conscience que tous mes collègues ne sont pas des archanges. Certains sont rongés par une rare mais insidieuse corruption, d'autres sont trop vieux, trop las, puis d'autres encore se réclament d'une vision étroite et oppressante de la justice. Foutaises. Un protecteur le reste tout au long de sa vie, et son véritable défi est de ne jamais faiblir dans sa résolution. Peu importe si il existe des hommes qui trahissent leur serment, je travaillerais assez dur pour calfeutrer ces trous, pour remplir leurs parts. Je suis Full Saber. Je peux très bien remplacer une centaine d'incapables à moi tout seul ! Ma récompense sera de savoir que plus un seul orphelin des rues ne pensera à redouter le bras bienfaisant de la loi !

Je fus surpris en pleine réflexion glorieuse par un rayon lumineux qui vint éclairer mon visage. Je plissais les yeux, éblouis, mais supportait sans broncher l'examen silencieux auquel se livra l'enfant, armé de sa lampe torche. Un objet étrange, entre les mains d'un enfant sans foyer, mais pourquoi pas ? On trouve de tout, de nos jours, en cherchant suffisamment bien et en faisant preuve d'astuces. L'intrus semblait particulièrement impressionné par mes cheveux. J'haussais un sourcil, sans faire de commentaires. C'était attendu. Personne n'avait jamais su expliquer le phénomène, mais je soupçonnais une anomalie génétique jamais vue auparavant. Le vert émeraude était une couleur unique, même dans un lieu aussi vaste et peuplé que Londres, impératrice des cités justicières. C'était également l'un de mes soucis majeurs, en vérité. Il suffisait que quelqu'un d'assez intelligent face le rapprochement entre moi et un voleur émérite aux cheveux étrangement aussi verdoyants que les miens...

Sans oublier cette plaie de meurtrier. Mais lui, c'était une autre histoire. Vous n'imaginez pas à quel point il est ardu de nettoyer son corps lorsqu'il est poisseux de sang. En plus de se barbouiller de manière à ressembler au rejeton le plus infernal du diable, Moon n'était pas prompt à épargner ceux qui par mégarde croisaient sa route. J'étais partagé entre soulagement et dégoût profond. La répugnance l'emportait largement, croyez-moi. Quoi qu'il en soit, j'étais à la fois béni des cieux et maudit par les entrailles du démon : une chevelure unique pour un être unique.

Et c'est là que l'intrus, visiblement à deux doigts de s'effondrer en larmes, se mit à bafouiller des propos qui avaient très peu de sens à mes yeux. Il était facile de perdre ses moyens face à d'impressionnants inconnus, bien armés et hostiles. Hostiles ? Bon sang ! Je jetais un regard par-dessus mon épaule, m'apercevant que les agents qui m'accompagnaient étaient littéralement en train de condamner sans un mot ce fragile garçonnet. J'avais peut-être eut l'heureuse fortune de naître dans un domaine aisé, où je n'avais jamais eu besoin de quoi que ce soit d'autre que de l'amour d'un parent, mais j'étais loin d'être dénué de compassion. Contenant ma colère de mon mieux, comme à mon habitude, je me levais :

-"Cessez d'assassiner du regard cet enfant, par les neufs enfers !!! Vous ne voyez pas qu'il est terrifié ? DEHORS ! Je gère la situation, alors débarrassez-moi le plancher et allez remplir votre véritable devoir, sinon, vous aurez affaire à mon légendaire froncement de sourcils. Et je vous jure qu'aucune carrière n'y a jamais survécu !! "

J'avais été plutôt calme, même si j'essuyais colère sur colère depuis que j'avais attrapé le Phasme. Ce que je déteste le plus, hormis les criminels, l'échec ou encore la tisane préparée par Laderoute ? L'incompétence. Il n'était donc pas étonnant que je fulmine autant, en tombant sur un nid à tire-au-flancs. C'est intolérable d'être autant de mauvaise foi !! Les fautifs détalèrent aussitôt sans se faire prier, et je me retrouvais seul avec l'intrus. Après un profond soupir, j'allumais machinalement mon briquet, puis l'éteignait. Un vieux tic, nullement les prémices d'une passion pyromane. J'allais m'installer sur une chaise en bois qui traînait là, m'affalant de mon mieux. Moi, épuisé ? Pas du tout. N'allez pas imaginer que quelques jours de poursuite peuvent suffire à stopper ma fièvre justicière. J'ai encore un crime à résoudre, avant de pouvoir dormir sur mes deux oreilles, libéré des pleurs de la veuve et des orphelins de ce brave monsieur.

-"Tu peux sortir de là, mon garçon. C'est entre toi et moi, à présent. Tu vas pouvoir m'expliquer calmement les choses ! La loyauté... Il n'y a pas plus qualifié que ton serviteur ici présent pour savoir ce qu'est la loyauté. Je suis fidèle à cette société qui tousse, je la soigne de mon mieux en combattant ses maladies, et pas un jour ne se passe sans que je réaffirme mon allégeance à la justice. Alors crois-moi sur paroles : la loyauté, c'est le bien, mais seulement si elle sert une juste cause. Mais cela doit être un peu compliqué à comprendre pour toi, c'est très abstrait. Excuse-moi de radoter comme un vieux loup de mer !"

En attendant que mon ''invité'' prenne son courage à deux mains et s'extirpe de sa cachette, une pensée me traversa l'esprit. Etait-il si difficile que cela d'avouer qu'il était venu chercher refuge ici pour la nuit ? Pourquoi ne "pouvait-il rien dire" ? C'était ténu, comme intuition, mais... j'étais peut-être tombé sur un témoin du crime. Ou un proche de la victime, qui sait ? Je préférais ne pas le brusquer. Nombre de témoins étaient terrorisés à l'idée de révéler ce qu'ils avaient vu. Je devais être délicat, le plus possible. Je me raclais la gorge, définitivement sèche. Mon gosier me suppliait de lui verser quelques gouttes de gin en offrande. Mais où donc était passé Gates ?
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MessageSujet: Re: J'avais toujours pensé que les policiers étaient des incapables....(FMW)   Sam 18 Avr - 21:23

Comme attendri, l'inspecteur émeraude la fixa un moment. Elle crut même un instant qu'il l'avait percée à jour, mais ce doute fut vite balayé. Il se retourna brusquement, remarquant enfin l'hostilité de ses confrères à son égard. La jeune fille voyait bien qu'il se retenait se s'énerver. Ce pauvre homme avait du passer une journée difficile. C'était sûr que passer son temps a traquer des criminels, essuyer les critiques des citoyens et être entouré d'incapables, n'était pas de tout repos pour les nerfs. Elle eut presque pitié pour ce "poulet" qui lui semblait moins stupide que les autres. Mais elle déterminée à ne pas se faire attendrir si facilement, et travaillait son texte du mieux qu'elle le pouvait dans cette situation de stress et en sachant qu'i lui restait peu de temps. Pendant que Yume faisait fonctionner ses neurones à la vitesse de l'éclair, le gentil policier congédia les autres, élevant un peu la voix:

-"Cessez d'assassiner du regard cet enfant, par les neufs enfers !!! Vous ne voyez pas qu'il est terrifié ? DEHORS ! Je gère la situation, alors débarrassez-moi le plancher et allez remplir votre véritable devoir, sinon, vous aurez affaire à mon légendaire froncement de sourcils. Et je vous jure qu'aucune carrière n'y a jamais survécu !! "

Elle se mordit la lèvre inférieure pour ne pas pouffer. Amusante, cette histoire de sourcil ! Au moins, il possédait un sens de l'humour, ce qui ne semblait pas être le cas de ces imbéciles aigris et sûrement corrompus pour la moitié. Elle imaginait sans peine ce policier grassouillet à la moue hautaine et dédaigneuse s'offrir les services des filles de joies dans les sombres quartiers de Whitechapel… Un brin dégoutée par cette vision, elle plissa le nez. Sous des grommellements jaloux, tous quittèrent la pièce à pas lourds, laissant l'inspecteur seul avec la noble dissimulée et cette horrible odeur de sang. Après avoir allumé son briquet pour l'éteindre aussitôt, l'homme prit une vielle chaise en bois qui trainait et s'écroula littéralement dessus. L'hypothèse de l'excentrique se confirma: il était épuisé. Un sourire malin se profila sur les lèvres rosées de Yume. S'enfuir était devenu tellement simple… Il lui laissait un échappatoire digne de ce nom.

-"Tu peux sortir de là, mon garçon. C'est entre toi et moi, à présent. Tu vas pouvoir m'expliquer calmement les choses ! La loyauté... Il n'y a pas plus qualifié que ton serviteur ici présent pour savoir ce qu'est la loyauté. Je suis fidèle à cette société qui tousse, je la soigne de mon mieux en combattant ses maladies, et pas un jour ne se passe sans que je réaffirme mon allégeance à la justice. Alors crois-moi sur paroles : la loyauté, c'est le bien, mais seulement si elle sert une juste cause. Mais cela doit être un peu compliqué à comprendre pour toi, c'est très abstrait. Excuse-moi de radoter comme un vieux loup de mer !"

…Cependant…. Après ces paroles, Yume fut bien tentée de rester et de "s'expliquer". Cela faisait si longtemps qu'elle ne s'était pas amusée de la sorte ! Et puis, si les choses tournaient au vinaigre, la fenêtre n'était pas fermée… Vaincue, elle s'extirpa de sa cachette en répétant une dernière fois son plan. Elle avait même trouvé une manière de ne pas mentir plus. Juste… De modifier la réalité….Légèrement. Une de ses connaissances peu fréquentable, Zack avait déjà menti à la police et l'avait payé cher. Quelques semaines en prison… Bien qu'elle savait bien que son cousin payerai sa caution si elle échouait, elle le faisait aussi pour elle. Mentir… C'était bien à petites doses seulement.

Une fois debout, elle épousseta machinalement la poussière sur son pantalon, un des seuls réflexes de lady qu'on avait réussi à lui faire adopter. Elle tremblait encore légèrement, se sentant vulnérable en n'étant plus protégée par son bureau. Sans celui-ci, son appartenance à la gente féminine était bien plus visible. Elle ne passait plus pour quelqu'un de chétif…. Sa silhouette était formée par des lignes délicates et fragiles. Du visage au bout de ses doigts la beauté féminine était présente. Ses seuls alliés à présent étaient l'obscurité et les vêtements larges de Charles-Henri. Autrement dit, pas grand-chose. Il fallait espérer que ce soit suffisant.
Après avoir reprit son inspiration, elle s'avança vers le policier, le dos légèrement vouté et la tête baissée pour ne pas laisser son visage à découvert. Elle avait pris position en face de lui, tout en s'étant rapprochée de la fenêtre, de manière discrète et presque imperceptible.

Elle allait ouvrir la bouche pour s'expliquer, quand l'officier appelé Gates arriva les bras chargés de pain et une deux bouteilles de gin à la main. Pendant qu'il remettait le saint-graal au roi Arthur, Yume alluma une seconde fois sa lampe de poche en direction cette fois, de l'officier en charge du bâtiment.  Leurs regards se croisèrent.  Avec étonnement, elle reconnut un des policiers qui s'était chargé de sa protection lors d'une de ses sorties officielles. Elle retint son souffle, craignant d'être reconnue. Après s'être rapidement remis de son éblouissement, il agrandit ses yeux ébahis et entrouvrit la bouche, et elle ne sut pas si c'était pour l'absurdité de l'idée d'une telle femme dans ces vêtements, ou parce qu'à leur dernière rencontre, il avait montré quelques signes pour signifier qu'ellel ne lui était pas indifférent. Après quelques secondes, il secoua vivement la tête pour chasser de rapprochement absurde de son esprit et s'en alla en grommelant, sous un sourire le plus dissimulé possible de Yume.
Puis, elle se racla la gorge, pour attirer l'attention de l'inspecteur qui semblait plonger dans la confusion de ses pensées. Elle lui fit un petit sourire innocent avant de commencer son discours:

"-Vous ne paraissez pas me vouloir du mal, vous… Et vous m'avez dit de vous faire confiance. Je vous crois. Je suis prêt à vous donner la mienne. Et bien… " elle reprit son souffle. "Et bien, je vis chez mon cousin… Il m'accueille chez lui et on partage nos repas, vous voyez ? Et il y a quelques jours… Je l'ai surpris en train de parler avec un type louche que je n'avais jamais vu. Ils chuchotaient mais ils parlaient de cet endroit… et d'un objet qui leur appartenait. Alors… je suis venu… je dois me montrer reconnaissant avec tout ce qu'il fait pour moi." Elle jeta un regard mouillé vers le vert "Vous n'allez pas le mettre en prison…? Il est la seule véritable famille que j'ai…"

Tout cela, grâce à un papotage entre deux hommes d'affaires. En effet, elle avait surpris Charles-Henri parler de cet incident avec un inconnu, un peu après qu'elle se soit sérieusement intéressée à l'affaire. Aussi d'un objet lui appartenant, juste après, mais sans aucun lien entre les deux. Et en considérant qu'il était "l'homme de la maison", la maison lui revenant malheureusement de droit et elle était obligée de partager en effet chacun de ses repas quand il était là… Un fois encore, son fiancé lui rendait service sans le savoir. Juste une question d'interprétation qui la sauverait. En attendant d'une quelconque réaction de son ainé, la jeune femme passait d'un pied à l'autre et se tordait les doigts. Après l'intervention de Gates, une seule question se posait: la croirait il ?

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MessageSujet: Re: J'avais toujours pensé que les policiers étaient des incapables....(FMW)   Mer 23 Déc - 19:11

Diantre ! Au fur et à mesure que l'enfant se glissait hors de son refuge obscur et se redressait, je m'apercevais qu'il n'était pas aussi juvénile que je le pensais au premier abord. Le garçonnet se révélait être un adolescent, d'après ce que mes yeux d'aigle pouvaient discerner dans la pénombre du soir. Et plutôt efféminé, avec ça ! Je pouvais au moins attribuer ma méprise à sa frêle stature et à la délicatesse dessinant son visage. Ou je me faisais vieux, tout simplement. Il fut un temps où j'étais capable de demeurer des jours sous les intempéries, endurant toutes les calamités que m'envoyaient les cieux. La pluie ne noyait jamais le feu de ma détermination, pas plus que la neige n'engourdissait mes sens ! Voilà qu'aujourd'hui, après une seule course-poursuite, aussi intrépide soit-elle, je suis incapable d'identifier correctement l'âge d'un individu. Reprends-toi, Full, mon grand ! Il te reste encore quarante ans avant la retraite - et encore, serais-je un jour capable de refuser à un monde aussi gangrené que la nôtre ma bienveillante protection ? - !! Je suis submergé temporairement par la honte, avant de pousser un soupir à fendre un concombre en deux et de me recadrer sur ma mission actuelle : découvrir ce que mon jeune interlocuteur sait réellement à propos de l'abominable crime qui fut impunément commis en ces lieux.

-"Tu vois, ce n'était pas si difficile. Personne ne peut t'atteindre, tant que tu reste avec moi. Parole d'inspecteur !" lui dis-je en souriant. J'essayais de prendre un ton moins décousu et simplet, maintenant que je prenais conscience qu'il n'était pas un môme. Sans succès, visiblement !

Je voyais bien qu'il ne se sentait pas en sécurité. Son langage corporel était étrange, comme si le garçon se recroquevillait sur lui-même. J'étais donc loin d'avoir gagné sa confiance, mais il paraissait résolu à demeurer ici. C'était un bon début ! Et suffisant pour un interrogatoire de circonstances. Soudain, la porte s'ouvrit sur Gates, qui se ramenait avec les victuailles. Par miracle, le brave homme avait déniché du gin ! Aussitôt, je révisais mon jugement sur l'officier pataud. C'était peut-être un gardien de la paix inefficace, mais il ferait merveille en tant que commis de salle dans un restaurant chic, un de ces grands bâtiments huppés embellissant les rues de Londres et les estomacs de ses citoyens. Je lui avais promis une embrassade si il me dégotait l'ambroisie, mais étrangement, c'est en de telles situations que l'on réalise à quel point certains serments ne valent guère la peine d'être tenu. Alors que je remerciais Gates d'un hochement de tête extrêmement viril, un rayon de lumière fusa pour nous éclairer tous les deux. Notre jeune ami appréciait décidément d'user de sa lampe-torche.

-"Vous pouvez reprendre votre poste, Gates. Je me charge du reste."
fis-je distraitement. Le gin scintillait de mille feux sous la lampe-torche. "Je trinquerais à votre santé !"

Sans un regard pour l'officier, j'abreuvais mon gosier d'une rasade bien méritée, directement à la bouteille. L'alcool était habituellement l'ennemi du justicier, puisqu'il abrutissait facilement son homme. Cependant, j'avais appris, au fil de nombreuses affaires, à faire confiance à ce breuvage pour réchauffer mon coeur et adoucir mon palais, sans tomber dans l'excès. Un bon remontant pouvait faire toute la différence entre la vie et la mort. J'exagère à peine, nom d'un genévrier ! Il n'empêche que je fus un instant plongé dans une réflexion tout à fait perturbante : la vision d'un policier emblématique sifflant une bouteille de gin n'allait-elle pas provoquer une méfiance vis-à-vis des forces de l'ordre ? Pendant le service, en plus. Mhmmm. J'aurais dû réfléchir à deux fois avant de me laisser séduire par ce maudit goulot.

Tant pis ! Ce qui est fait est fait, j'aviserais par la suite. Un raclement de gorge me fit lever la tête vers le garçon, qui était prêt à me fournir des explications. J'étais toute ouïe !


"-Vous ne paraissez pas me vouloir du mal, vous… Et vous m'avez dit de vous faire confiance. Je vous crois. Je suis prêt à vous donner la mienne. Et bien... je vis chez mon cousin… Il m'accueille chez lui et on partage nos repas, vous voyez ? Et il y a quelques jours… Je l'ai surpris en train de parler avec un type louche que je n'avais jamais vu. Ils chuchotaient mais ils parlaient de cet endroit… et d'un objet qui leur appartenait. Alors… je suis venu… je dois me montrer reconnaissant avec tout ce qu'il fait pour moi."


Plus il s'exprimait, plus je décelais dans sa voix rauque une intonation cristalline. Ce n'était qu'un détail minuscule, mais j'avais cette détestable manie de retenir les petites choses, même les plus inutiles et anodines. Si si. Tenez, à quoi cela me sert de savoir que Gates porte en réalité une perruque blonde - mal nettoyée, qui plus est - ? C'était un tic fâcheux. En ce qui concerne l'histoire de l'adolescent, j'étais déçu d'apprendre qu'il n'avait pas assisté à l'acte criminel. Néanmoins, il me fournissait un début de piste et une information précieuse. Cette discussion qu'il avait surprise pouvait se révéler la clé du meurtre. Peut-être son cousin avait-il eu besoin de récupérer un objet détenu par le propriétaire de la mercerie, et qu'il avait alors fait appel à des individus peu recommandables ? J'avais besoin de plus de précisions pour me faire une idée de ce que tout cela voulait dire. Il était aisé de se méprendre, le secret étant de faire le tri et d'interpréter correctement les informations que l'on obtenait.

"Vous n'allez pas le mettre en prison…? Il est la seule véritable famille que j'ai…"


Le pauvre était au bord des pleurs. Il devait beaucoup tenir à son cousin ! Mais je me devais de faire régner la justice, et si cet homme était le commanditaire du meurtre, je serais forcé de le coffrer. Il m'était donc impossible de garantir quoi que ce soit à ce garçon des rues. J'optais pour la prudence et la douceur.

-"Je comprends. D'après ce que tu me dis, ton cousin n'a pas l'air d'avoir un mauvais fonds, mais je dois faire mon boulot, qui est, approximativement, de botter les fesses des méchants, de faire respecter les lois établies pour notre sécurité, et d'aider les gens dans le besoin. Le meurtrier de ce pauvre commerçant, c'est lui, le méchant, de même que tous ceux qui ont trempés de près ou de loin dans ce vil assassinat. J'irais jusqu'au bout de l'univers pour les attraper, et j'espère sincèrement que ton cousin n'est pas l'un d'entre eux. Pour en être sûr, tu dois répondre à mes questions sans rien omettre. Cela rendra un fier service à ton cousin, si tu le pense innocent !"


Brusquement, mon ventre gargouilla. Et bien. Trois jours sans manger, cela creuse. J'eus un rire léger, essayant de mettre à l'aise mon interlocuteur, puis je rompis un morceau de pain que j'engloutissais sans plus tarder. C'était tellement bon ! Divin. Et dire que les criminels se plaignent de ce pain-là ! Les meilleurs boulangers de Londres préparent les rations pour la prison, et j'y veille. L'enfermement est déjà suffisant, comme punition, inutile d'affamer les bêtes. La bouche pleine, j'essais d'articuler quelques mots, et j'y renonce après quelques borborygmes incohérents. J'avale calmement.

-"Alors, en premier lieu, quel est ton nom ? Tu dois bien en avoir un ! Moi, c'est Full Saber, terreur des vauriens, grand protecteur des innocents, mais ne m'appelle pas monsieur Saber, on pourrait me confondre avec mon vénérable père. Full, cela ira. Ensuite..."


Je me redressais sur ma chaise, prenant un air plus sérieux. Le visage de l'enquêteur, le plus impénétrable possible. Maintenant que j'avais donné mon nom, il me fallait être à la hauteur de mon immense réputation ! Je suis le bouclier qui affiche fièrement ses armoiries, l'insubmersible, l'insurmontable, l'incorruptible. Alors que je me répète soigneusement ce mantra en boucle dans mon esprit, afin de me donner courage et force, je déchaîne mes questions :

-"A quoi ressemblait ce type louche ? Tu peux m'en faire la description ? C'est tout ce que tu as entendu de leur conversation ? Quel est le nom complet de ton cousin ? Te souviens-tu quand cette discussion as-t-elle eu lieu ? Avant ou après le crime perpétré dans cette mercerie ? Pourquoi ton cousin ne te prête-t-il pas des vêtements plus présentables ?"


Je le reconnais, ma dernière question était davantage le fruit de ma curiosité que l'expression de mon professionnalisme. Je n'avais aucune certitude que ce cousin était riche, mais si il pouvait accueillir un membre de sa famille et partager ses repas avec lui, il pouvait s'offrir de meilleurs habits que ceux-ci. Une tenue si misérable et abîmée était tout ce que pouvait s'offrir un pauvre coursier, mais si la générosité de ce cousin était à la hauteur de ce qu'il me racontait, il lui aurait moins prêté des vêtements propres. Encore une fois, un petit détail sans importance qui me turlupine. J'étais très doué pour m'embarrasser des fioritures. Précipitamment, je balbutiais :

-"Non pas que cette question importe. Pardonne-moi cet égarement, mon garçon. Tu veux grignoter un bout ?"


Je lui tendis un morceau de pain en souriant, toujours dans l'espoir qu'il se détende.
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MessageSujet: Re: J'avais toujours pensé que les policiers étaient des incapables....(FMW)   Lun 25 Jan - 23:35

-"Je comprends. D'après ce que tu me dis, ton cousin n'a pas l'air d'avoir un mauvais fond, mais je dois faire mon boulot, qui est, approximativement, de botter les fesses des méchants, de faire respecter les lois établies pour notre sécurité, et d'aider les gens dans le besoin. Le meurtrier de ce pauvre commerçant, c'est lui, le méchant, de même que tous ceux qui ont trempés de près ou de loin dans ce vil assassinat. J'irais jusqu'au bout de l'univers pour les attraper, et j'espère sincèrement que ton cousin n'est pas l'un d'entre eux. Pour en être sûr, tu dois répondre à mes questions sans rien omettre. Cela rendra un fier service à ton cousin, si tu le pense innocent !"

Yume dissimula une moue contrariée: La voilà qu'elle était de nouveau partagée. Après ses paroles, elle ne l'appréciait que davantage: il avait pris la douceur d'un agneau et ces mots la confortait dans l'idée qu'il était un "vrai gentil". Mais d'un autre côté, il continuait de s'adresser à elle comme on parle à une enfant de six ans, et lui énonçait des faits qu'elle connaissait déjà par cœur. Être prise pour une ignorante était une des situations les plus désagréables qui pouvaient être. Elle réfléchit un instant: Mais après tout, à qui la faute ?

-"Alors, en premier lieu, quel est ton nom ? Tu dois bien en avoir un ! Moi, c'est Full Saber, terreur des vauriens, grand protecteur des innocents, mais ne m'appelle pas monsieur Saber, on pourrait me confondre avec mon vénérable père. Full, cela ira. Ensuite..."


Étrangement, son cœur s'emplit d'une douce chaleur quand il lui demanda son nom. Ce n'était pas grand chose, un petit rien, mais ces paroles la touchèrent particulièrement par leur simplicité. Il faisait partie des individus d'exception, qui, comme Emily, n'avait pas de dessein caché à son propos et ne tentait pas de s'attirer ses bonnes grâces pour son argent ou tout simplement obtenir une entrevue avec son cousin. Certes, son déguisement y était un peu pour quelque chose, et son attitude pourrait s'en retrouver changée s'il savait qui elle était réellement, mais, avec le semblant de conversation qu'ils avaient entretenu, elle était persuadée que ce ne serait pas le cas. La poupée cachée eut un semblant de pincement au cœur en pensant qu'elle jouait la comédie devant lui. Ce n'était pas un mensonge, en soi, mais cela s'en rapprochait assez pour lui déplaire. Lui qui semblait si honnête et gentil...

L'inspecteur, s’apprêtant à poser ses questions, prit une mine sérieuse et impénétrable, voire un peu impressionnante. Elle ne put réprimer le frisson d'admiration qui la parcourut à la vue de ce vif changement d'état. Elle qui se montrait très sceptique à propos de son professionnalisme, elle avait changé de position. Un policier étant aussi à cœur sur un interrogatoire bien fait, devait être un des meilleurs. Forcément. Elle se reprit soudainement: elle était dans une position délicate, elle n'allait pas lui manger dans la main non plus !

-"A quoi ressemblait ce type louche ? Tu peux m'en faire la description ? C'est tout ce que tu as entendu de leur conversation ? Quel est le nom complet de ton cousin ? Te souviens-tu quand cette discussion as-t-elle eu lieu ? Avant ou après le crime perpétré dans cette mercerie ? Pourquoi ton cousin ne te prête-t-il pas des vêtements plus présentables ?" Il semblait que cette question était d'ordre de curiosité, puisque le policier balbutia aussitôt " Non pas que cette question importe. Pardonne-moi cet égarement, mon garçon. Tu veux grignoter un bout ?"


Elle eut un léger mouvement de recul face à ce tsunami de questions. Elle n'était même pas sûre d'en avoir retenu la moitié. Elle en aurait été contrariée ou ennuyée en temps normal, mais cette fois ci, ce ne fut pas le cas. Peut-être à cause de la dernière ? Voir un homme aussi assuré perdre un instant ses moyens l'avait fait sourire. Ça le rendait attendrissant, d'une certaine façon. Sûrement pour l'aider à digérer ses demandes soudaines et un peu brutales, Full l'avait invité à partager son encas, avec un sourire rassurant. Le pincement au cœur, à nouveau. A cet instant, il croyait naïvement qu'elle n'était qu'un garnement qui mourrait de faim dans les rues et qui se jetait sur tout ce qui était comestible...

Cette fois, la douleur persistait et Yume en fut sûre: ce sentiment était bel et bien une profonde culpabilité. Celle-ci n'était pas seulement provoquée par le fait qu'elle lui mentait alors qu'il était tout simplement adorable et qu'il prenait sa défense depuis le début.... Mais aussi par l'horrible vérité qu'elle se voyait profiter d'une générosité à la place de gens qui eux, en avaient réellement besoin. Elle ne put s'empêcher de se tordre les doigts nerveusement derrière son dos. Pouvait-elle réellement continuer ainsi ? Son subterfuge serait découvert à un moment ou à un autre, et il perdrait toute sympathie à son égard, alors qu'elle, l'appréciait plus chaque minute. De plus, elle ne se voyait pas se montrer plus égoïste uniquement pour sauver sa couverture. Il fallait faire un choix, et vite.

Étrangement, elle lui faisait déjà confiance. Était-ce parce qu'il faisait parti des forces de l'ordre et qu'il semblait bon ? Parce qu'il avait pris sa défense alors qu'il ne savait rien d'elle alors avait commis un délit passable de quelques jours en prison ? Ou simplement qu'il était gentil avec elle ? Charles-Henri lui avait toujours répété qu'elle avait tort et qu'elle faisait trop facilement confiance aux inconnus. Elle savait qu'il avait raison. Pourtant...

Elle ne fit pas attendre plus longtemps le bras tendu vers elle et avec une nonchalance qui ne seyait pas à son personnage timide et effrayé, elle se rapprocha de lui. La jeune fille posa sa main sur la nourriture que lui tendait l'inspecteur comme pour la prendre, mais s'arrêta net, pour relever la tête et rencontrer son regard, son visage n'étant plus qu'à quelques centimètres. Elle souleva gracieusement le coin de ses lèvres en sourire franc et doux qui contrairement à ses faux airs paniqués, avait tout de sincère.

"-J'admire et je remercie votre générosité à mon égard, inspecteur. Mais je décline. Gardez le pour quelqu'un qui en a réellement besoin. Je ne veux pas être une profiteuse."


Et pour la première fois de la soirée, elle n'avait pas forcé sur sa voix. Elle était restée naturelle, féminine et mélodieuse. L'originale. Puis doucement, elle s'était écartée et d'un mouvement léger et décontracté, elle avait ôté sa gavroche retenant sa chevelure et dissimulant son visage. Ses nattes s'étaient défaites, alors ses cheveux lâches et rebelles s'étaient étalés à leur guise sur ses épaules. Elle continuait de sourire à la vue de son air légèrement déconfit et commença d'une voix assez basse pour ne pas alarmer les policiers en bas:

"-Si vous le voulez bien, je répondrai à vos questions et je prendrai le soin de fournir des explications sur des interrogations que vous n'avez pas encore formulé. Je vous le dois bien. Et avant de commencer: Ne soyez pas fâché... Je ne vous ai pas menti !  Enfin... Je vous ai laissé interpréter des mots à double sens en réarrangeant mes formulations et omis certains détails, mais... Peut-être qu'après ce numéro vous serez méfiant, mais je vous promets que je vais tout vous dire. Seulement, n’appelez pas vos collègues, en bas. Ils savent qui je suis et si vous me livrez immédiatement à eux, ils feront la chose la plus stupide qui soit. Ils le font tout le temps. A croire que vous soyez le seul policier avec un peu de jugeote."
Elle soupira. "Pour répondre à votre première question -si vous ne m'avez pas reconnue- je me nomme Yume Wilson, et je suis l'héritière de la plus grosse fortune d'Angleterre, et une grande aventurière soit dit en passant. Avant que je vous fournisse un grand blabla interminable et un peu long, avez vous des questions primordiales auxquelles vous voulez une réponse immédiate ?"

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J'avais toujours pensé que les policiers étaient des incapables....(FMW)
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