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 Au reflet de mon couteau _ Yume, Emily

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Arya

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MessageSujet: Au reflet de mon couteau _ Yume, Emily   Mar 30 Juin - 14:44

Les secondes s'écoulaient les unes après les autres, dans un insupportable mouvement de vagues paisibles et répétées, vagues que l'on ne peut arrêter. Ces gens remarquent-ils seulement que chaque fois que l'une d'entre elle s'en va, c'est un obstacle de moins avant la fin? Parfois, je me dis que la mort n'est pas aussi terrifiante qu'elle en a l'air, alors que la vie, elle, est un enchevêtrement de douleurs et de mensonges. Oui, finalement, je suis heureuse d'être décédée; ainsi, le monde n'a plus aucune importance pour moi, et mes regrets sont quasiment inexistants, si ce n'est celui de ne pas avoir encore éradiqué tout les êtres vivants de cette terre.
Aucune cible en vue. Il y a bien quelques jolies jeunes filles qui passent, mais aujourd'hui je cherche la perle des perles. Un diamant parmi les rubis. La lune cachée dans les nuages.
Sauf que la pluie n'encourage guère les belles du monde à se montrer, et que je n'en peux plus d'attendre; je sens mon couteau qui s'impatiente, quémande une victime, a soif de sang. Pitié, que le diamant arrive au plus vite, sinon ma collection devra se contenter d'une proie médiocre; mais ce ne sont que des hommes d'affaires et quelques femmes emmitouflées dans leur manteau de velours qui marchent devant le banc où j'observe les passants.
C'est là que je la vois; une véritable poupée traverse les rues pluvieuses, tache de couleur au milieu des ombres de Londres. Je l'observe un instant; ses longs cheveux châtains encadrent un regard émeraude innocent, regard qui me marque aussitôt par sa malice et  sa beauté. Certes, elle est petite. Mais elle fera l'affaire.
Je me lève du banc et la prend discrètement en chasse. Elle marche vite, et je dois jouer des coudes dans la foule pour ne pas la perdre de vue; comment l'approcher? Depuis le temps que je mène cette activité, j'ai déniché de nombreuses méthodes pour tromper jusqu'aux plus méfiantes. La moins risquée, c'est de demander son chemin. Sinon, appeler à l'aide en prétextant par exemple un ami coincé dans un incendie un peu plus loin, mais il faut être sur de tomber sur une personne courageuse. Qu'est-ce qui serait le plus efficace avec elle? Difficile de le deviner rien qu'en la regardant marcher.
Après réflexion, je me porte à sa hauteur et m'apprête à utiliser la première technique lorsque je trébuche sur un pavé et m'écroule de tout mon long devant elle, projetant un curieux mélange de boue et de poussière sur sa robe...
Mince, c'est mal parti. Tentant de rattraper les dégâts, je me lève et la regarde timidement, pénétrant de tout mon être dans mon personnage de jeune fille innocente et trop gentille, prenant même la peine de bégayer pour en rajouter une couche.

-Je suis... vrai... vraiment dé... dé...désolée. J'ai... glissé. Oh votre robe! Mademoiselle, je... je ne sais pas quoi vous dire...
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Yume

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MessageSujet: Re: Au reflet de mon couteau _ Yume, Emily   Mar 30 Juin - 18:21

Ce jour là, il pleuvait à torrent, à tel point qu'un rideau s'était formé sur tout Londres. Les gens étaient devenus des formes, des ombres et personne n'avait la garanti de leurs existences. Durant ces périodes là, la meilleure chose à faire était de rester chez soi, devant la cheminée, sous des couvertures avec un bon chocolat chaud et un polar prenant, ou bien de rendre visite à sa famille pour passer un moment privilégié avec eux, à l'abri de la pluie. C'était ce que la plupart des gens avait fait, Yume également. Elle passait du temps avec sa famille. Seulement, elle n'était pas protégée de la pluie, mais par la pluie. Avec douceur, elle s'agenouilla au pied de la pierre tombale, en haut de la petite colline qui dominait le cimetière. Là, à l'écart de tout et de tous, même des autres tombes, elle pouvait passer un moment privilégié avec la défunte.

Du bout de ses doigts, elle caressa l'inscription "A Notre Regrettée Esmeralda Wilson, Mere et Femme Aimante", avec un sourire triste au coin des lèvres. Puis, elle sortit de son panier des lys blancs, qu'elle posa dans la petite niche prévue à cet effet. Elle avait fermé son parapluie et l'avait rangé. L'eau se déversait sur elle avec une telle rage qu'il lui semblait que des milliers d'aiguilles transperçaient sa peau nue, mais cette fois, elle s'en moquait. Dans leurs rendez vous, aucune barrière ne devait entraver leur échange. Avec les récents évènements, elle n'avait pas trouvé le temps libre pour venir ici, sans avoir la certitude de ne pas être dérangée. Deux mois sans se voir. Cela faisait trop longtemps. Dès qu'elle franchissait le portail de ce cimetière, un sentiment d'une profonde sérénité mêlée à une accablante tristesse  contradictoire s'emparaient d'elle et balayaient immédiatement les autres émotions de la journée. C'était sacré. Avant de parler, elle saisit le cadre du portrait qui reposait au bord de la pierre dressée et enleva la tâche de poussière qui s'était collée sur le beau visage de la femme représentée.

"-Bonjour Maman... Comment vas tu aujourd'hui ? Oui, je sais que ça fait longtemps, excuse moi... Mais regarde, pour me faire pardonner, j'ai apporté des lys ! Nos fleurs préférées !"

Et elle continua de lui parler, sans personne pour la stopper dans sa lancée. Elle lui raconta sa vie, de ce qui s'était passé après leur dernière entrevue. De comment elle avait rencontré et passé une nuit avec sa nouvelle amie, la merveilleuse défunte Emily, de son retour aux merveilles avec le beau et mystérieux A.K, de -Oh- comment Charles-Henri la désespérait parfois par sa stupidité, et des malins tours qu'elle lui jouait. Elle lui expliqua en détail comment elle parvenait à s'échapper la nuit ou à semer ses gardes du corps dans les avenues bondées, elle lui énonça les lieux magiques qu'elle avait découvert et qui lui plairait sûrement, les nouvelles recettes qu'elle avait apprises et des commentaires stupides des gens du monde sur ses toiles. Puis, comme toujours, elle lui conta un de leurs plus beau moment passé ensemble, quand elle était encore en vie, pour finir à prier avec le plus de ferveur possible pour elle, jusqu'à ce que, malgré la pluie, elle s'endorme.

***

Ne sentant plus la moindre goutte l'atteindre, à son réveil, elle crut que la pluie s'était arrêtée de tomber. Puis, entendant le bruit assourdissant à ses côtés, elle écarta cette option. Qu'est ce qui pouvait bien la protéger ? Encore mal réveillée, elle tenta de se redresser, mais son crâne ne cogna violemment contre quelque chose. En levant les yeux, elle comprit alors que quelqu'un d'attentionné avait positionné un parapluie au dessus d'elle pour éviter qu'elle prenne froid. Qui donc ? Elle se leva, le parapluie en main, et scruta les alentours. Personne. C'était peut-être le vigile du cimetière, il s'était habitué à sa présence régulière, et il se pouvait qu'il l'appréciait. En reprenant son panier, elle devina que le parapluie qu'elle avait en main ne lui appartenait pas: le sien était resté sagement dedans. Zut ! Il fallait donc lui rendre ! Avant de partir, elle fit un baiser volant au portrait qui semblait lui sourire:

"-A bientôt maman."

Elle descendit de la colline jusqu'au portail: Vide. Elle alla se renseigner auprès du gardien qui s'occupait de l'entrée. Il lui apprit que le vigile était malade et n'était pas venu travailler aujourd'hui, et que lui n'avait pas quitté son poste. Qui était donc son ange gardien mystère ? Il ne put lui en apprendre plus, car il lui avoua, honteux, qu'il s'était assoupi durant l'après-midi. Elle sortit donc, sans réponses, et d'une humeur excellente, sous le parapluie de cet inconnu mystère. A la fin de chacune de ses rencontres avec sa mère, elle en ressortait souriante. Dans ces moments, elle avait l'impression que celle ci l'avait écoutée. Non, elle en était même certaine. Et cette idée la remplissait d'une énergie nouvelle. La pluie s'était un peu calmée, mais était toujours présente. Où allait elle à présent ? Chez Gino prendre un chocolat ? Ou rentrait elle directement à la maison ? Charles-Henri n'y était pas, elle pourrait donc s'y prélasser en toute tranquillité. Ses pensées furent arrêtées net: Une jeune fille venait de trébucher et de s'étaler de tout son long, et ce à ses pieds. Elle sursauta de surprise. Aussitôt, elle se précipita pour aller l'aider à se relever, mais l'inconnue était plus rapide et était déjà debout. La pauvre, semblait désolée et très timide, elle bégaya:

-Je suis... vrai... vraiment dé... dé...désolée. J'ai... glissé. Oh votre robe! Mademoiselle, je... je ne sais pas quoi vous dire...
"-Ma robe ? Mais ce n'est pas grave, je m'en fiche, ça se lave une robe ! Dis moi plutôt: Est ce que ça va ? Tu ne t'es pas fait mal au moins ?" Elle inspecta vite fait pour voir s'il y avait des dégâts "Oh ! On dirait que tu t'es égratigné le coude ! Il faut désinfecter ça ! "


Elle paniquait. Elle était blessée ! Satanée pluie ! Ce n'était pas grand chose, ça aurait été elle, elle ne l'aurait même pas remarqué, mais le voir sur quelqu'un d'autre, et surtout sur cette fille qui semblait si adorable, ça la mettait dans tout ses états. Elle n'aimait pas voir les innocents blessés. Pourquoi ça n'avait pas été Charles-Henri à sa place ? Elle aurait rit au moins ! Elle se rendit soudain compte que la fille n'avait pas de parapluie, alors son premier réflexe fut de mettre le parapluie de l'inconnu dans ses mains. Qu'est ce qu'elle était pâle d'ailleurs, un vrai fantôme !

"-Tiens, tu es trempée ! De toutes façons, j'en ai deux !"

Elle s'arrêta un instant pour la regarder un peu plus en détail. Elle était un peu plus grande qu'elle en taille, bien qu'elle ne semblait avoir que seize ans... Puis Yume se rappela qu'elle faisait sûrement plus jeune, même si elle avait dix neuf ans. Des cheveux corbeaux, la peau blanche, les traits délicats.... Elle était magnifique ! La poupée ouvrit légèrement la bouche, ne pouvant dissimuler son admiration. Elle était presque aussi jolie qu'Emily, bien que leurs charmes étaient totalement différents. Puis son regard se posa sur la robe de la jeune femme. Elle mit la main sur sa bouche pour ne pas crier: La robe blanche était pleine de terre et de boue, en plus s'être trempée !

"-Oh ! Comment peux tu dire que tu es désolée pour ma robe ! La tienne est toute salie ! Satanée pluie ! Euh... Viens chez moi, tu vas attraper froid comme ça ! On a pas le même gabarit, mais les robes de ma mère t'iront sûrement ! Je pourrai même t'en donner quelques unes, pour une personne aussi gentille que toi, je suis sûre qu'elle voudrait que tu les ai si elle était encore..."

Elle fit une pause, le regard dans le vide, ne terminant pas sa phrase. Elle avait presque oublié...

"Bref ! Pendant ce temps, on pourra laver la tienne ! Si on s'y prend vite, on pourra encore la sauver !
Oh ! Mais suis je bête ! On ne va pas chez quelqu'un sans connaître son nom ! Soit !
Je m'appelle Yume, et toi ?
Et ne t'inquiètes pas pour les regards indiscrets, mon cousin est de sortie alors on ne sera que toutes les deux !  "


Elle lui tendit la main, un sourire angélique et sincère aux lèvres. Elle espérait ne pas lui avoir fait peur, la fille semblait toute timide, elle serait peut-être intimidée ?

_________________

Une petite poupée dans un monde d'adulte
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Emily
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MessageSujet: Re: Au reflet de mon couteau _ Yume, Emily   Mer 1 Juil - 12:06

Il faisait vraiment un sale temps. Mais ce n’était pas pour me déplaire. En effet, en cette fin d’après-midi, j’avais l’impression que la pluie chassait plus rapidement le soleil que d’accoutumé, et le moment où je reprendrai mon apparence de vivante arriverait peut être plus rapidement que prévu. J’allais enfin pouvoir sortir, me promener un peu sous l’averse, une activité que j’appréciais particulièrement. J’errerai surement du côté de diverses rues qui me tiennent à cœur, me procurant les journaux du jour, traquant les rares choses captivantes qui se passaient en ville.
Alors que je me sentais petit à petit reprendre vie, je saisissais un grand manteau noir, plutôt cintré mais très confortable, ainsi qu’un parapluie du même noir corbeau et quittai mon antre. Faisant mes premiers pas sur les pavés londoniens, j’ouvris mon bouclier à l’épreuve de la tristesse du ciel et commençai à arpenter la grande ville.

Londres est une ville très différente lorsqu’il pleut. Plutôt similaire à une fourmilière lorsque le soleil est éclatant dans le ciel, elle peut soudainement devenir déserte quand la pluie la recouvre. Le peu de personnes que je croisais marchaient d’un pas très pressé, et ceux qui n’avaient pas la chance d’avoir de meilleure protection que le Times courraient d’abris  en abris. La plupart des humains ne supporte pas la sensation de l’eau ruisselant partout, s’infiltrant même sous les vêtements ou dans les chaussures. Je peux comprendre. Pour ma part, j’apprécie beaucoup la pluie. Même si j’avais décidé de m’en protéger grâce à mon fidèle parapluie, j’inclinais un peu ce dernier afin de laisser une partie de mon front recueillir les gouttelettes qui tombaient du ciel. C’est une impression amusante que de sentir une goutte d’eau glisser tout le long de son visage, un peu comme une larme de la Lune.

Soudain, je me crispe, tous mes sens en alerte. Alors que j’étais si paisible, je venais soudain de le remarquer : je n’étais pas la seule revenante dans les parages. Certains fantômes ou autres esprits défunts sont capables de sentir la présence de ceux qui ont subi la même malédiction qu’eux. Je me mis alors à observer de tous les côtés, traquant l’endroit d’où pouvait se trouver cette autre personne. Pour une meilleure visibilité, je fermai mon parapluie et m’en servi comme d’une canne de façon à marcher plus rapidement et élégamment. L’aura du nouveau revenant se faisait de plus en plus forte. Je ne savais pas spécialement ce que je ferai lorsque je l’aurai démasqué, mais s’il y avait un autre fantôme que moi dans ce quartier, je devais le savoir !

Soudain, au détour d’une rue, je l’aperçu. Une jeune fille, plus pâle que les autres. La différence tirant vers le macabre est quasiment imperceptible pour les vivants, mais pas pour moi qui ne connais que trop bien ce léger hâle bleuté qui va si bien à la mort. Alors que je venais de repérer celle que je cherchais, cette dernière se leva brusquement et commença à marcher furtivement dans une direction opposée. Mince, m’avait-elle repérée ? Discrètement, toujours assez loin et guidée par l’aura qu’elle dégageait, je continuais de la suivre. Puis je me rendis compte qu’elle suivait une autre jeune fille, mais impossible de voir le visage de celle-ci, j’étais bien trop loin. C’est alors que la défunte rattrapa sa cible, avec de s’étaler devant elle, chutant sur un pavé. Ca ce n’était pas de chance ! C’était également un comportement étrange. Alors qu’elle commençait à se relever, la jeune fille qu’elle suivait vint à son secours et ce retourne et… Il s’agissait Yume. Décidemment ! Quelle soirée étrange.

J’observais la situation de loin et commençais à éprouver un mauvais pressentiment quant à la défunte. Elle ne me plaisait pas. Faisait-elle partie des esprits vengeurs qui restent dans ce monde uniquement pour assouvir leur colère ou était-ce simplement une âme perdue en quête de rédemption ? Autant rester prudent. Alors que je remarquai Yume toute guillerette qui commençait à entamer une discussion avec l’autre demoiselle, je décidai d’intervenir. Quitte à passer pour une rabat-joie, je préférai prendre toute les précautions possibles.

Oh ! Mais suis je bête ! On ne va pas chez quelqu'un sans connaître son nom ! Soit !
Je m'appelle Yume, et toi ?
Et ne t'inquiètes pas pour les regards indiscrets, mon cousin est de sortie alors on ne sera que toutes les deux !


Bien sûr, Yume, pensais-je, tu connais cette fille depuis moins de cinq minutes et tu lui propose déjà de venir seule chez toi. J’avais confiance en la sécurité du manoir Wilson, mais tout de même ! Il semblerait que notre dernière escapade ne lui ai rien appris. Alors que la jeune aristocrate tendit la main afin d’achever sa présentation, j’arrivai près d’elle et tapai assez doucement mais fermement avec mon parapluie sa main délicate pour l’inciter à la baisser :

- Mademoiselle, puis-je vous rappeler que l’on vous a déjà fortement déconseillé d’inviter des inconnus au manoir, même ceux dont l’apparence ne dégage qu’une pure innocence ?

A ces mots, je lâchais un regard plutôt septique à l’égard de la demoiselle assurément déjà morte. Si ses intentions sont pacifiques, elle devrait trouver ma réaction plutôt normale, sinon, tant pis pour elle, je ne la laisserai pas abuser de la naïveté de Yume.

- Je suis la Majordome de Mademoiselle Yume, je ne la quitte jamais vraiment d’une semelle, mais rassurez-vous je sais me rendre invisible lorsqu’il le faut.

Et j’achevais cette déclaration d’un sourire. Si cette déclaration pouvait assurer un peu plus de protection à la jeune fille, cela n’en serait que bénéfique. A tous les coups, cette dernière allait me sermonner, me dire que j’étais devenue comme son cousin, voire pire. Mais la défunte m’intriguait, je me demandais d’ailleurs si elle aussi elle m’avait percée à jour. J’étais donc décidée à ne pas lâcher les jeunes filles d’une semelle.
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Arya

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MessageSujet: Re: Au reflet de mon couteau _ Yume, Emily   Mer 26 Aoû - 18:47

"-Ma robe ? Mais ce n'est pas grave, je m'en fiche, ça se lave une robe ! Dis moi plutôt: Est ce que ça va ? Tu ne t'es pas fait mal au moins ?" Elle inspecta vite fait pour voir s'il y avait des dégâts "Oh ! On dirait que tu t'es égratigné le coude ! Il faut désinfecter ça ! "

Je regardai mon interlocutrice d'un œil abasourdi, interloquée devant tant de gentillesse et d'indulgence. Il y avait de quoi. Tout chez cette jeune fille, que ce soit ses habits luxueux et raffinés ou son visage de porcelaine m'évoquait une représentante de la haute société, et en tant que telle, une personne sans doute prétentieuse et méprisante envers tout ceux qu'elle considérait en-dessous d'elle, c'est à dire ne pouvant s'affubler de cette attitude fière et hautaine qu'est celle des aristocrates. Mon attitude maladroite et timide aurait donc dû attirer son mépris, que j'aurais pu en quelques minutes métamorphoser en pitié, voir en compassion.
Et bien je m'étais trompée; cette demoiselle me semblait tout ce qu'il y a de plus innocent et sympathique qui soit. Une vraie petite fée étincelante de bienveillance; sauf que j'étais bien placée pour savoir que ce genre de  personnage n'était bien souvent que des masques.
Il fallait me reprendre avant qu'elle ne remarque ma surprise; je me glissai de nouveau dans mon rôle,  et constatai que, effectivement, mon coude saignait légèrement. Rien de grave, j'avais vu bien pire, mais la jeune fille semblait sincèrement inquiète pour moi. Alors que je n'étais qu'une inconnue pour elle. Etonnée, je ne voyais que deux explications; soit cette poupée était décidément un ange soit une beauté n'égalait que sa gentillesse... et sa naïveté.
Je réprimai tant bien que mal une exclamation de surprise lorsqu'elle plaça le parapluie dans mes mains; j'étais si empêtrée dans mon personnage de gentille fille timide et innocente que je tentais machinalement de le lui rendre, geste qu'elle ne sembla pas remarquer;

"-Tiens, tu es trempée ! De toutes façons, j'en ai deux !"
ajouta-t-elle.

Comment pouvait-on faire preuve d'une telle générosité envers une inconnue? Mystère. Mais plutôt que de réfléchir à cette énigme, je bénissais ma chance; ma cible était visiblement naïve, bien trop gentille et complètement dupée par ma petite comédie.Une cible aussi jolie que facile. Et après on disait que les roses avaient des épines.
C'est alors que son regard se posa sur moi et m'observa; c'était discret, respectueux, et aucune personne normale ne l'aurait remarqué. Sauf que je n'étais pas normale. Et j'avais une bonne raison de détester qu'on m'observe; même si j'avais déjà pu remarquer un million de fois que la blancheur ne pouvait qu'intriguer - et encore dans le pire des cas - , il suffisait qu'un œil se pose sur moi pour que je me sente mal,  comme si on allait me percer à jour et crier "Au secours, un fantôme!". Mais son regard se détourna tandis que je réprimai un soupir de soulagement.
C'est alors qu'elle poussa un petit cri.

"-Oh ! Comment peux tu dire que tu es désolée pour ma robe ! La tienne est toute salie ! Satanée pluie ! Euh... Viens chez moi, tu vas attraper froid comme ça ! On a pas le même gabarit, mais les robes de ma mère t'iront sûrement ! Je pourrai même t'en donner quelques unes, pour une personne aussi gentille que toi, je suis sûre qu'elle voudrait que tu les ai si elle était encore..."


Effectivement, jetant un coup d’œil à mes habits, je remarquais avec indifférence que la boue semblait les avoir réduit à l'état de haillon. Mais mon apparence ne m'intéressait plus depuis fort longtemps.


"Bref ! Pendant ce temps, on pourra laver la tienne ! Si on s'y prend vite, on pourra encore la sauver !
Oh ! Mais suis je bête ! On ne va pas chez quelqu'un sans connaître son nom ! Soit !
Je m'appelle Yume, et toi ?
Et ne t'inquiètes pas pour les regards indiscrets, mon cousin est de sortie alors on ne sera que toutes les deux !  "


Victoire! Et si vite en plus! Je n'en croyais pas mes oreilles. Cela ne pouvait être si facile, un coup de malchance allait venir pour tout briser, j'en étais sure et certaine.
C'est alors qu'une fille derrière elle la poussa à baisser sa main à l'aide de son parapluie.

Mademoiselle, puis-je vous rappeler que l’on vous a déjà fortement déconseillé d’inviter des inconnus au manoir, même ceux dont l’apparence ne dégage qu’une pure innocence ?

J'aurais du me douter que cela portait malheur d'imaginer le pire quand la vie vous offre le meilleur. L'inconnue m'observa, et quelque chose me sembla étrange chez elle, quelque chose d'indéfinissable sur lequel je ne pouvait mettre de nom. Et son regard n'augurait rien de bon. Il était sceptique, peut-être même méfiant. Mais elle ne pouvait m'avoir démasqué; peut-être était-ce la sœur de Yume, ce qui expliquerait cette attitude assez moralisatrice envers la jolie jeune fille. En ce cas, son arrivée n'était pas forcément négative. Elle était aussi belle que Yume, quoique de façon différente, et et l'affaire un peu trop simple jusqu'ici reprenait un peu de piment.

- Je suis la Majordome de Mademoiselle Yume, je ne la quitte jamais vraiment d’une semelle, mais rassurez-vous je sais me rendre invisible lorsqu’il le faut.

Elle m'adressa un sourire; finalement, j'en venais à apprécier sa présence. Deux visages à taillader, c'était un peu une sorte de cadeau de Noël en retard, non? Mais je ne pouvais m'empêcher de me méfier d'elle, sans doute parce qu'elle m'avait interrompu alors que je gagnai ma plus belle prise du mois. Et surtout parce que mon instinct me dictait qu'elle n'était pas normale, sans pouvoir plus me donner d'information.
Mais ces demoiselles attendaient que je leur donne une réponse. Alors arborant une timidité presque enfantine, je lançai;

" Je... Je suis vraiment désolée. Je ne voudrais pas vous déranger, je ne faisais que passer, et si ma présence risque de vous importuner...

Je ne pouvais m'arrêter là, elles pourraient me prendre au mot; je faisais mine d'hésiter, réfléchissant sur la meilleure attitude à adopter. Je me doutais que je devais sembler stupide ou puérile à cet instant, mais tant mieux si je voulais distiller la méfiance de cette nouvelle arrivante envers moi.

Mais dans tout les cas, je vous remercie, Yume. Et moi, c'est Arya. En tout cas, si votre proposition tient toujours, j'accepterai volontiers, mon père ne supporterait pas que je rentre chez lui ainsi vêtue...

J'affectai une certaine frayeur, comme si je redoutais la réaction de mon horrible paternel violent, espérant qu'une telle fragilité les attendrirait. Mais derrière cette attitude, j'observai attentivement la majordome de quelques coups d’œils discrets. Elle était décidément jolie, mais pas seulement... Elle me semblait aussi très protectrice envers Yume. Pas seulement comme un majordome, mais aussi comme une personne réellement inquiète envers son amie. Ou bien une personne ayant une raison tangible de se méfier et de se transformer en garde du corps. M'aurait-elle percée  jour? Peut-être en avais-je trop fait, instillant moi-même des soupçons chez elle. Pourtant, d'habitude, mon jeu était sans défaut, et personne n'y voyait que du feu! A moins que je ne me fasse des idées, qu'elle soit simplement de nature un peu méfiante. Dans tout les cas, il me fallait parfaire encore ma comédie, de façon à ce qu'aucun doute ne soit permis pour ces charmantes demoiselles. Je devais réussir, car mon couteau, camouflé dans un pan de ma robe, réclamait son dû, le sang et la douleur versé en vengeance de toutes les souffrances que j'avais du subir. Non, je ne pouvais me permettre d'échouer. J'ajoutais donc;

Mais je suis pressée, et de plus, je ne voudrais surtout pas vous déranger, je veux dire... Enfin, je ne sais pas... Je comprendrais tout à fait, nous ne nous connaissons pas après tout...

Et ce disant je baissais les yeux, faisant mine de reculer timidement pour m'écarter d'une situation sans doute trop gênante pour la jeune fille timide que j'incarnais. Un spectacle sans doute pathétique, mais au moins avait-il le mérite de vanter mon innocence imaginaire.
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MessageSujet: Re: Au reflet de mon couteau _ Yume, Emily   Ven 28 Aoû - 16:17

Au moment où ses paroles franchirent la barrière de ses lèvres, elle sentit une petite pression sur la main qu'elle tendait, la dégageant doucement. Qui pouvait bien faire cela ? Un petit sourire au lèvres, elle tenta de deviner son identité. Il n'y avait bien que Charles-Henri pour faire une telle chose... Il essayait toujours de la protéger de tout le monde, surtout des "gueuses", comme il les appelait. Il ne se rendait pas compte qu'a force, il l'étouffait. Cette vision des choses ne lui plaisait guère. Il avait l'esprit aussi fermé qu'une huître, ce qui enclenchait parfois chez elle l'envie de lui coller son poing dans le nez, aussi peu féminin soit cette action, pour lui ouvrir les yeux pour de bon. Cependant l'attention en elle même ne la laissait pas totalement indifférente et elle était de très bonne humeur. Malicieuse, elle allait se retourner pour lui lancer un petit pique taquin quand la voix qui s'éleva derrière elle la fit vite changer d'avis sur la question:

Mademoiselle, puis-je vous rappeler que l’on vous a déjà fortement déconseillé d’inviter des inconnus au manoir, même ceux dont l’apparence ne dégage qu’une pure innocence ?


Cette voix, elle la reconnaîtrait entre mille: Emily ! C'était tellement mieux ! Sans prendre la peine de dissimuler sa joie, elle se retourna vers son amie. Elle avait opté pour une tenue discrète, un grand manteau sombre. Elle allait lui sauter dans les bras quand elle se souvint du sens des paroles de celle ci. C'était étrange, on aurait dit Charles-Henri lui même qui parlait. Qu'est ce qui lui arrivait ? Elle savait bien qu'elle n'était pas comme lui, cette nuit en sa compagnie l'avait prouvé, elle avait le sens du danger et.... Elle s'inquiétait. Yume fronça légèrement les sourcils: Emily se s’inquiétait jamais pour rien, se pouvait il que cette adorable inconnue ne soit justement, pas si adorable que cela ? La connaissait elle ? Elle décida alors d'instaurer une petite barrière de méfiance. Cela lui faisait mal au coeur, cette fille semblait tellement innocente, mais elle préférait faire confiance a Emily. De plus qu'il était vrai que suite a ses entrevues avec sa mère, elle baissait complètement sa garde. Mauvais. Cependant, elle n'avait pas renoncé a son idée: elles iraient au manoir, et Emily viendrait avec elles ! Elle pouvait se faire plaisir tout en restant méfiante, non ?

- Je suis la Majordome de Mademoiselle Yume, je ne la quitte jamais vraiment d’une semelle, mais rassurez-vous je sais me rendre invisible lorsqu’il le faut.


La voilà son excuse ! Pas mal pour une improvisation ! Si seulement c'était vrai... Ça serait beaucoup plus amusant de parler avec une amie que de devoir endurer le silence de ces gorilles. Elle se demandait si elle serait intéressée.. Aussitôt, elle chassa cette idée de son esprit: son apparence de défunte poserait problème, et c'était trop égoïste: elle devait avoir autre chose a faire que de la surveiller. Dans tout les cas, cette excuse l'arrangeait: elle pourrait rester avec elles et la poupée n'avait pas besoin d'inventer une excuse. Parfait ! Cependant, jouer ce rôle se révélera difficile, son enthousiasme et la joie des retrouvailles, ça serait visiblement pour plus tard. Qu'est ce que ...ma nouvelle amie répliquera a cela ? Serait elle gênée ? Elle avait vraiment du mal a croire que ses intentions soient mauvaises.

" Je... Je suis vraiment désolée. Je ne voudrais pas vous déranger, je ne faisais que passer, et si ma présence risque de vous importuner...Mais dans tout les cas, je vous remercie, Yume. Et moi, c'est Arya. En tout cas, si votre proposition tient toujours, j'accepterai volontiers, mon père ne supporterait pas que je rentre chez lui ainsi vêtue...


Elle était décidément adorable. Et visiblement très peu sûre d'elle. Elle avait hâte de faire sa connaissance, et... Ne pas s'emballer, ne pas s'emballer. Prudeeence. Il y avait bien une raison derrière cette méfiance, mais elle ne savait pas encore laquelle. Ça la frustrait un peu. Elle fronça également les sourcils quand elle évoqua un père, visiblement violent. Un père pouvait il encore se permettre de toucher a sa fille ? Elle détestait le sien, mais en cet instant, bien qu'il la délaisse totalement et ne serve d'elle que pour attirer les regards de la presse vers lui, elle en avait une meilleure opinion. Pauvre fille... Elle en fut presque tentée de laisser tomber ses défenses, sauf qu'elle remarqua le regard sceptique et incrédule dissimulée de sa nouvelle garde du corps.Comme si elle ne la croyait pas du tout...Son hypothèse sur le fait qu'Emily la connaisse se renforça davantage. Mais alors qui était réellement Arya ? Ce n'était pas une mythomane, si ?

-Mais je suis pressée, et de plus, je ne voudrais surtout pas vous déranger, je veux dire... Enfin, je ne sais pas... Je comprendrais tout à fait, nous ne nous connaissons pas après tout...


Yume se retourna un instant vers Emily, adoptant son rôle tout en restant elle même:

"-Ah tu es là ! Je croyais t'avoir semée ! Mais tu es plus forte que moi, comme toujours, héhé."

Ensuite, elle se tourna vers Arya en s'exclamant:

"-Tu es pressée ? Alors nous ferons vite ! Si tu l'acceptes, alors allons y ! Ce n'est pas très loin, on ne peut pas le rater ! Et ma garde du corps n'a aucune raison de s'inquiéter, après tout, tant qu'elle reste auprès de moi, rien ne peut m'arriver ! "


Elle tourna brièvement la tête vers son amie,derrière elle:

"-N'est ce pas ?"


Elles emboîtèrent alors le pas vers la battisse Wilson, plus ou moins gaiement, sous la pluie. Elle se tint aux côtés d'Arya a deux pas de distance pendant une grande partie du chemin, lui parlant de tout et de rien, de son ennuyeux cousin et de restaurants délicieux méconnus du grand public. Puis, elle s'écarta en s'excusant pour rejoindre Emily un peu à l'écart quelques instants et d'un air très sérieux, comme si elle lui donnait des ordres (pour ne pas éveiller de soupçons), elle chuchota tout bas a peine audible, même pour sa camarade:

"-Je suis tellement heureuse de te revoir ! Mais...Qu'est ce qui se passe Emily ? Cette fille à l'air gentille, pourtant! Tu la connais ? Est ce qu'il serait possible qu'elle ne soit pas si pure qu'elle le parait ?"

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MessageSujet: Re: Au reflet de mon couteau _ Yume, Emily   Sam 29 Aoû - 21:19

Alors que je sens les yeux de Yume pétiller en m’apercevant, je ne perds néanmoins pas de vue l’inconnue, à peine contrariée par mon arrivée. L’air embarrassé, elle se met à balbutier maladroitement :

" Je... Je suis vraiment désolée. Je ne voudrais pas vous déranger, je ne faisais que passer, et si ma présence risque de vous importuner...Mais dans tout les cas, je vous remercie, Yume. Et moi, c'est Arya. En tout cas, si votre proposition tient toujours, j'accepterai volontiers, mon père ne supporterait pas que je rentre chez lui ainsi vêtue...

Mes yeux sifflent, à défaut de ma langue, que je dois garder silencieuse, et un soupire d’exaspération à peine dissimulé m’échappe. Menteuse, triple menteuse. L’avantage d’être un défunt, c’est que nous n’avons généralement de compte à rendre à personne. Quelle famille se soucis de l’apparence de sa progéniture lorsque celle-ci n’est plus ? A moins qu’il s’agisse d’une famille entièrement constituée de revenants, mais je pense que s’il existait tel rassemblement, cela ne m’aurait guère échappé.
La jeune fille me parrait de plus en plus suspecte, puisqu’il devient évident qu’elle ment. Ce n’était donc pas un hasard si elle était tombée aux pieds de Yume. S’introduire dans le manoir Wilson est visiblement son but.

"-Ah tu es là ! Je croyais t'avoir semée ! Mais tu es plus forte que moi, comme toujours, héhé."

- Il n’y aurait pas pire déshonneur que de manquer à mon devoir, Mlle Yume. C’est pourquoi je m’efforce de retrouver votre trace lorsque d’imprudentes fantaisies vous viennent en tête.

Je ris intérieurement. Ce rôle est tout nouveau pour moi, mais jouer les majordomes maniérés et irréprochables m’amuse beaucoup, je sens que cette soirée sera distrayante ! Surtout que j’ai l’intime l’impression qu’Arya ne m’a pas démasqué, ce qui me permet de garder un avantage confortable sur elle.

"-Tu es pressée ? Alors nous ferons vite ! Si tu l'acceptes, alors allons y ! Ce n'est pas très loin, on ne peut pas le rater ! Et ma garde du corps n'a aucune raison de s'inquiéter, après tout, tant qu'elle reste auprès de moi, rien ne peut m'arriver ! N’est ce pas ?"

J’acquiesce. J’apprécie le fait que Yume insiste sur mon efficacité, cela découragera peut être notre invitée à accomplir son sombre dessein. D’ailleurs, lequel pourrait-il être ? Cheminant vers la résidence, je me mets à réfléchir à la question. Arya est donc une revenante mythomane qui cherche à s’introduire dans de riches demeures. La raison la plus évidente serait pour voler les nombreux objets précieux qui y résident. Pourtant croyez-moi, lorsque l’on a déjà été victimes de la mort, l’argent n’a plus aucune importance. Recherche-t-elle un objet en particulier ? Quelque chose à la valeur sentimentale telle qu’il pourrait l’apaiser. Je suis perplexe.
Alors que je me noie peu à peu dans mes réflexions et suspicions, Yume, qui cheminais près de sa nouvelle amie vient à ma hauteur. Tout en fronçant ses petits sourcils, elle me demande d’une voix très douce et plutôt joviale :

"-Je suis tellement heureuse de te revoir ! Mais...Qu'est ce qui se passe Emily ? Cette fille à l'air gentille, pourtant! Tu la connais ? Est ce qu'il serait possible qu'elle ne soit pas si pure qu'elle le parait ?"

- Yume, sais-tu que les pires criminels sont ceux qui possèdent le don du camouflage ? Je tique légèrement, marmonnant presque. Repenser à mes erreurs est pesant. Cette jeune fille n’est pas ce qu’elle prétend être, elle n’est surement pas tombée devant toi ce soir par hasard, aussi je te demanderai la surveiller autant que moi. Mais sois discrète, je ne veux pas qu’elle se sache percée à jour. Elle m’intrigue… Oh, et donne-moi les clés, s’il te plait, je suis sensée être responsable de cette maison !

Puis je saisi le trousseau qu’elle me tend discrètement. Arrivée devant les grilles du manoir Wilson, je fais jouer la clé dans la serrure et ouvre le portail de la propriété aux demoiselles. Heureusement que j’avais eu l’occasion de visiter la propriété quelques jours plus tôt ! J’aurai eu l’air malin s’il s’agissait mes premiers pas dans la demeure de Yume !
Le manoir à l’air désert, ce qui m’étonne. Charles-Henri aurait-il vraiment été capable de laisser sa cousine seule en son absence ? J’ai beau observer, il ne semble pas y avoir un vigile à l’horizon. Peut-être sont-ils devenus des as dans l’art du camouflage ?
Alors que j’ouvre la porte d’entrée, le silence qui nous accueille à l’intérieur du manoir est absolument majestueux, les domestiques sont bien silencieux aujourd’hui, tels des ombres. Je fais entrer les deux jeunes filles et prend soin de bien refermer la porte derrière moi. Discrètement, je fais même un tour de clé, par précaution, au cas où ma potentielle voleuse voudrait prendre la fuite avec son butin.

Je conduis les jeunes filles dans la salle à manger, aussi vaste que le salon. Il est 17h passé, mais il fait déjà si sombre, le ciel couvert a banni absolument toute luminosité. Allumant les lumières, je remarque une magnifique corbeille de fruits posée sur la table. Cela fait germer en mon esprit quelques idées ! Me tournant vers Yume, je déclare :

- Nous voilà donc à la maison ! Miss Yume, si vous alliez explorer votre penderie à la recherche d’une tenue de substitution pour votre nouvelle amie ? Elle pourrait en essayer plusieurs, ce serait tout à fait charmant ! En attendant, je me chargerai de lui servir un encas fruité, si elle le désire.

Hors de question de laisser la mystérieuse fille seule avec l’héritière des Wilson, c’est certain ! Inspectant les meubles les plus proches, je me procure un couteau tranchant. Mais ne trouvant pas d’assiette, je me contente de saisir discrètement une céramique d’apparat, coûtant surement une fortune, pour m’en servir de coupelle.
Alors que Yume se faufile hors de la pièce, j’attrape un ananas et le tranche vivement, jetant un regard peu subtil à Arya, lui décochant un sourire. Entre mortes-vivantes, on peut surement se permettre un peu moins de cachoteries, n’est-ce pas ? Mais pour le moment, je tache de ménager un peu le suspense. Néanmoins, j'aimerais qu'elle sache. Qu'elle sache que je sais. Poursuivant la découpe de mon fruit avec expertise, j’engage la conversation :

- Alors Arya, racontez moi… Vivez-vous à Londres depuis longtemps, où n’êtes-vous que de passage ? Cette ville a un certain charme pour qui sait l’exploiter convenablement, vous ne trouvez pas ? Cela dit, je suis sure qu’il existe d’autre endroit charmant dans le monde, pourvu qu’on ait eu le temps d’y faire quelques détours.

Oh, mon discours mettrait la puce à n’importe quel escroc, c’est certain ! Mais pour quelqu’un d’honnête, en revanche, je suis simplement une majordome dévouée, voulant mettre à l’aise mon invitée et préparant une succulente salade de fruits… Avec précision.
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MessageSujet: Re: Au reflet de mon couteau _ Yume, Emily   Dim 30 Aoû - 19:36

"-Tu es pressée ? Alors nous ferons vite ! Si tu l'acceptes, alors allons y ! Ce n'est pas très loin, on ne peut pas le rater ! Et ma garde du corps n'a aucune raison de s'inquiéter, après tout, tant qu'elle reste auprès de moi, rien ne peut m'arriver ! N’est ce pas ?"

Quelque chose clochait. Ce "N'est-ce pas?" me semblait trop hésitant et insistant. Et mon ouïe me trompait-elle ou avait-elle  bien dit "garde du corps"? Comme si elle se sentait dans le besoin d'avoir un "garde du corps".  Comment l'arrivée de cette fichue majordome avait-elle bien pu en un instant m’ôter la confiance de Yume? Autant je m'amusais de voir cette affaire se compliquer, autant je me sentais en colère contre, comment avait-elle dit qu'elle s'appelait? Ah oui, c'est vrai, elle ne l'avait pas dit. Et bien, quel que soit son nom, elle serait la première à tâter le tranchant de ma lame. Je voulais voir son sang goûter sur le blanc de mon poignard sans attendre. "Non, calme-toi, songeais-je, reste posée". Je ne devais pas me faire démasquer si vite. En espérant que je ne l'étais pas déjà.
Enfin, Yume m'entrainait déjà vers ce fameux manoir, tandis que la mystérieuse arrivante marchait à quelques pas devant nous. Pourtant, j'avais la certitude qu'elle me surveillait du coin de l’œil. Écoutant d'une oreille distraite le babillage incessant de ma future victime, je tentais au passage de glaner des informations sur son amie, en vain. Qui était-elle? Pourquoi se méfier de moi dés le premier regard? J'imaginais toute les théories, sans exception. Peut-être avait-elle des supers-pouvoirs lui permettant de détecter les mensonges? Non, c'était une idée stupide. Mais lorsque je croisais ses yeux, j'avais la certitude qu'elle me savait morte. Alors, comment... serait-il possible qu'elle soit une défunte elle aussi? Non, non, je me faisais des idées. Je n'avais encore jamais croisé d'autres fantômes jusqu'ici, alors pourquoi maintenant?
En une seconde, l'idée que je ne les avais peut-être simplement pas remarqué me traversa l'esprit. Et si... et si il existait d'autres défunts dans cette ville? Des défunts capable de stopper mes actes sanglants? Non, je ne voulais, ne pouvais pas le croire. Cette majordome était simplement paranoïaque, et ma cible lui vouait sans doute une confiance aveugle. Rien de bien inquiétant. Enfin, Yume s'excusa et rejoignit son amie devant moi. Je pensais d'abord me réjouir de pouvoir quelques secondes abandonner cet écœurant rôle de jeune fille angélique, avant de comprendre qu'il s'agissait de messe-basse. Oh que non! Et si la majordome m'avait bel et bien démasqué et prévenait Yume de se méfier de moi? Il fallait que je sache ce qu'elle disait! Heureusement, je possédais depuis la plus tendre enfance une ouïe et une discrétion quasiment inégalable. J'accélérai pour me rapprocher de mes proies, et parvenais à discerner quelques mots;

- ... Cette fille a l'air gentille, pourtant!

La fin de sa phrase fut inaudible, mais j'en déduisais que je pouvais encore conserver sa confiance... A moins que l'autre ne m'achève en déclarant par exemple que j'étais une morte-vivante. Mais comment aurait-elle pu deviner? De la réponse de la majordome, je ne parvins à capter que ces quelques mots;

- Cette jeune fille n'est pas ce qu'elle prétend...

D'accord, elle m'avait clairement démasqué. Mais comment? C'était la première fois qu'on devine mes mauvaises intentions. A moins qu'elle eut tout simplement compris, d'une façon ou d'une autre, que j'était morte. Ou bien l'une de mes victimes étaient de sa famille et lui avait décrit mon visage? Il était de mon devoir de le découvrir, sinon je risquais fort de repartir bredouille.
Nous arrivâmes enfin au manoir. Cette fois-ci, je n'eus pas à feindre la surprise; il était imposant, et silencieux aussi. Je l'aurais bien imaginé hanté par des esprits brisés, âmes errantes et effrayants fantômes. Ah mais suis-je bête! Je suis un fantôme effrayant. La majordome ouvrit la porte et nous guida dans ce qui me sembla être une salle à manger, quoique la pièce était un peu trop vaste pour recevoir un tel nom. Même si du temps de ma vie, je n'avais jamais connu la pauvreté, j'avais rarement vu une maison aussi grande.

- Nous voilà donc à la maison ! Miss Yume, si vous alliez explorer votre penderie à la recherche d’une tenue de substitution pour votre nouvelle amie ? Elle pourrait en essayer plusieurs, ce serait tout à fait charmant ! En attendant, je me chargerai de lui servir un encas fruité, si elle le désire.


Je comprenais aussitôt son but; éloigner Yume de moi. Comme si je pouvais être dangereuse. Enfin, je suis dangereuse, mais comment le savait-elle? J'en venais à la théorie du chasseur de fantôme, précédant celle de l'extraterrestre aux sens ultra-développés;oui, j'en venais surtout à la théorie du n'importe quoi, en fin de compte. Elle attrapa un couteau avec lequel elle trancha un ananas. Son geste fut un peu trop agressif à mon gout, et je n'aimais guère le sourire qu'elle me lança. Elle voulait vraiment se prendre un couteau dans l’œil, cette fille!  Elle m'énervait au plus haut point, car plus les secondes s'écoulaient plus je sentais qu'elle en savait bien trop sur moi. Enfin, elle prit la parole.

- Alors Arya, racontez moi… Vivez-vous à Londres depuis longtemps, où n’êtes-vous que de passage ? Cette ville a un certain charme pour qui sait l’exploiter convenablement, vous ne trouvez pas ? Cela dit, je suis sure qu’il existe d’autre endroit charmant dans le monde, pourvu qu’on ait eu le temps d’y faire quelques détours.


Était-ce moi où avait-elle bien dit "Exploiter"?  Et sa façon de formuler les choses... comme si elle était certaine que j'avais fait le tour du monde. Comme si... comme si elle savait que je l'avais même quitté, ce monde.
J'avais désormais la quasi-certitude qu'elle me savait morte. Mais apparemment, elle ne se doutait pas réellement  de mes intentions, me croyant plutôt voleuse que meurtrière. Voilà au moins un détail qui penchait en ma faveur. Mais néanmoins, elle se méfierait de moi dans tout les cas. Que faire? J'étais dans le manoir avec cette fille dont il était désormais impossible de gagner la confiance.. Je pourrais jouer la comédie; lui avouer que je n'avais pas d'argent, peut-être même révéler mon état de morte-vivante, car c'est en entourant un mensonge de vérité qu'on le rend plus crédible.
Mais j'étais fatiguée de ce rôle ennuyeux et innocent. Et puis, cette "majordome" avait fait une erreur monumentale; certes, Yume était loin, mais son amie était donc seule avec moi. A moins qu'elle ne soit très douée en l'art de se battre, je ne lui donnais pas l'avantage.
Réprimant un petit sourire amusé, je répondais;

-Londre est une ville très belle, en effet, et j'y vis depuis peu de temps... Ma famille et moi étions venus ici pour aller poser des fleurs sur la tombe d'une personne très proche de moi. Morte il y a longtemps dans d'affreuses circonstances. Quand au reste du monde, je n'y connais pas grand-chose, si ce n'est que d'aussi beaux manoirs sont assez rare.

Tout en parlant, je me levais en faisant mine de m'intéresser à la décoration, me rapprochant de la majordome. J'étais maintenant à un ou deux pas d'elle; je devinais qu'elle n'était pas dupe de ma supercherie. Mais je ne comptais pas lui laisser le temps de réagir.

- Excusez -moi, je ne voudrais pas être indiscrète, mais comment vous appelez-vous?

Elle allait répondre quand je franchissais rapidement l'espace nous séparant, balayant au passage l'assiette d'ananas; celle-ci glissa sur la  table, faisant déraper le couteau sur le sol; je devinais qu'elle tenterai de le rattraper, aussi agissais-je dans la seconde; je plaquais une main sur sa bouche et sortais mon poignard des plis de ma robe pour le placer devant sa gorge. Je prenais un léger plaisir à entailler sa chair. Oh, à peine, je ne voulait pas trop l'abimer pour le moment, simplement pour profiter de cette sublime vision qu'est celle des minuscules gouttes de sang perlant sur le fer d'une arme.

-Ne bouge surtout pas, ou bien je te ferai regretter le jour de ta naissance... ou celui du jour où  tu as ressuscité, devrais-je dire?

Peut-être ne comprenait-elle rien à ce que je disais, mais au moins serais-je fixée sur le fait de savoir si elle était vivante ou non. A moins que la théorie du chasseur de fantôme soit la plus proche de la vérité? Enfin, je devais d'abord mettre en œuvre mon plan.
D'un coup de genou, je faisais tomber l'assiette d'ananas sur le sol; la porcelaine se brisa dans un tel bruit qu'elle ne pourrait qu'alerter Yume. Il ne me restait plus qu'à attendre que la jolie demoiselle daigne se montrer.
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MessageSujet: Re: Au reflet de mon couteau _ Yume, Emily   Lun 31 Aoû - 14:52

- Yume, sais-tu que les pires criminels sont ceux qui possèdent le don du camouflage ? Cette jeune fille n’est pas ce qu’elle prétend être, elle n’est surement pas tombée devant toi ce soir par hasard, aussi je te demanderai la surveiller autant que moi. Mais sois discrète, je ne veux pas qu’elle se sache percée à jour. Elle m’intrigue… Oh, et donne-moi les clés, s’il te plait, je suis sensée être responsable de cette maison !

Discrètement et en toute confiance, Yume lui tendit le trousseau de clef. Le fait qu'elle possédait les clefs de son domaine ne la dérangeait en rien, une fois à l'intérieur elle lui proposerait même un double tiens ! Au moins, elle pourrait venir quand elle voulait, et si lui arrivait des problèmes ou qu'elle n'avait nul part où aller, elle pourrait profiter du confort du manoir Wilson ! Malgré la perspective de cette excellente idée, elle devenait très soucieuse, bien plus qu'elle ne s'accordait à le montrer. Emily avait bien dit..."Criminelle" ? Elle en frissonnait a cette idée. Bien que son amie avait les mots pour l'apaiser, elle les avait aussi pour la paniquer. Ne pouvaient elles faire demi tour ? Ou la convaincre de partir ? Non. C'était trop tard, lâche et méchant. Mais elle en venait presque a regretter sa décision. Qu'est ce qu'Arya lui voulait, au juste ? Elle n'avait rien d’intéressant... Si ce n'est sa richesse.

Si elle était une voleuse, elle ne trouverait pas grand chose, a part deux horloges hors de prix, des décorations et ses toiles. Charles-Henri avait en paranoïaque, mis l'argent et les objets vraiment très très précieux dans un coffre fort et ne ressortait ceux ci qu'uniquement en présence d'invités de marque pour les impressionner. Pour dire vrai, elle priait intérieurement pour que ce soit une voleuse. Les autres types de...crime étaient bien trop horribles pour qu'elle se permettre d'y penser. Et puis, on pouvait être amie avec une voleuse, n'est ce pas ? Il fallait qu'elle reste elle même, une petite poupée joyeuse et optimiste, pas question d'éveiller des soupçons, comme disait Emily.

Elles arrivèrent donc au manoir qui était, sans surprises, vide: Charles-Henri avait embarqué les deux vigiles avec lui, bien sûr, quand elle en avait besoin, évidemment, et il ne restait que les domestiques qui, étrangement, semblaient mélancoliques. Quelque chose ici s'était passé.....Et elle n'en savait rien. Une fois cette histoire terminée, elle leur demanderait quoi. Si elle était encore en état de le faire....Non ! Optimisme ! Elle faillit d'ailleurs perdre son sourire candide au lieu de le renforcer, quand elle entendit Emily tourner la clef dans le serrure. Elle les enfermait ici... Si jamais la gentille Arya qu'elle connaissait se transformait en autre chose, quelque chose de dangereux, qu'arriverait il ? Elle secoua la tête. Impossible ! La voilà en train de surinterpréter. Il fallait juste se méfier. Elle se faisait des films comme d'habitude. Rien dans son caractère ne montrait qu'elle était hostile. Après tout, il était possible qu'Emily se trompe, qu'elles essayent des robes ensemble, qu'elles rient avec entrain et qu'Arya reparte le plus normalement possible. Cette idée la rassurait, mais elle avait une foi d'acier en son amie, donc malheureusement, elle estimait que les chances pour que ça se déroule comme cela étaient très minces. Sa triste réflexion fut interrompue par sa nouvelle garde du corps, qui déclara a son attention, d'un ton maniéré qui la fit sourire:

- Nous voilà donc à la maison ! Miss Yume, si vous alliez explorer votre penderie à la recherche d’une tenue de substitution pour votre nouvelle amie ? Elle pourrait en essayer plusieurs, ce serait tout à fait charmant ! En attendant, je me chargerai de lui servir un encas fruité, si elle le désire.


Elle hocha la tête, un faux sourire détendu aux lèvres. Jouer son propre rôle...Quelle ironie. Elle ne voulait pas laisser Emily seule avec Arya, mais avait elle le choix ? Refuser serait très suspect, et briserai toute l'avance que la "criminelle" croyait avoir sur elles. Fichue Emily ! Pourquoi la mettre a l'écart ? Pour la protéger évidemment. Sauf qu'elle ne voulait pas être protégée, elle voulait juste qu'une amie ne soit pas entraînée dans sa bêtise. Que se serait il passé si Emily n'était pas arrivée ? En toute confiance, elle l'aurait laissé faire ce qu'elle avait a faire, aveuglée par la confiance et la sympathie de la perspective d'avoir une nouvelle amie.... Il fallait vraiment qu'on lui apprenne a se méfier des inconnus... Encore un point où elle pouvait donner raison a Charles-Henri. C'était très déplaisant. A contrecœur, elle leur tourna le dos et monta l'escalier menant vers la chambre en trottinant. Une fois en haut, elle tourna la tête discrètement , se sachant a découvert pour contrôler la situation. Par chance, elles ne lui prêtaient plus la moindre attention, la pensant en train de fouiller dans les robes en sifflant avec les oiseaux. La tension montait a chaque seconde. Elle le sentait très mal. Elle était à présent certaine que "ses films" allaient se révéler juste. Emily tranchait le fruit avec une violence a peine dissimulée. C'était clairement de la provocation !

*L'idiote !*

Sans réfléchir une seconde de plus, elle abandonna l'idée de fouiller dans la penderie de sa mère, en attendant que ça se passe. Elle mettait de l'huile sur le feu, ça allait clairement tourner au vinaigre ! Elle ôta rapidement ses ballerines trop grandes et se mit a courir dans le couloir en collants, ses bruits de pas bien plus discrets couverts par le bruit du couteau. Elle ne pouvait pas décemment pas passer par le grand escalier, ça ramènerai toute l'attention et c'est par là qu'on l'attend. Mais l'avantage a avoir passé la plupart de son temps entre ces murs, c'est qu'elle connaissait chaque mètre carré de ce manoir, même les passages cachés au grand public... Au fond du couloir, sur sa droite, elle glissa derrière la commode et dans le passage trompe l’œil pour arriver devant l'escalier des domestiques qui menait dans la cuisine, sûrement derrière Arya. Pourquoi Charles-Henri lui même ne connaissait pas ce passage ? Parce que l'aile droite était presque condamnée, réservée a son père et a sa défunte épouse. Comme un mouton sage, il avait suivit ses ordres et ignoré sa curiosité.

Elle commença a dévaler l'escalier de fer en colimaçon, espérant que celui ci soit suffisamment loin pour ne pas se faire entendre. Au passage elle croisa le cuisinier, étonné de la voir là, en vitesse, elle lui ordonna de faire sortir tout le monde par la porte de derrière et de rentrer chez eux. Pas question qu'ils soient mêles a cette histoire. Elle arriva dans l'arrière cuisine, et entendit des voix. Serait elle arrivée trop tard ? A pas de loups, elle se rapprocha vers l'avant cuisine, ouverte vers le salon. Heureusement un angle du mur la cachait a Emily et Arya, comme prévu était dos a elle. La main tendue vers le plan de travail, elle attendait, tout ses sens à l’affût. La tension était deux fois plus forte qu'a son départ. Arya s'était rapprochée d'Emily, ses yeux se plissèrent et balaya l'ananas de la main. Yume tressaillit. Emily avait raison. D'un coup, d'une rapidité, la criminelle plaqua sa main sur la bouche de la morte vivante et sortit un objet tranchant. La poupée, sans s'en rendre compte avait saisi le couteau du cuisinier. Pas très affûte, certes, mais il ferait l'affaire... Qu'était elle en train de penser ? Arya leva son couteau et entailla légèrement la peau rose de la garde du corps,  du sang perla et quelques gouttes tombèrent.

-Ne bouge surtout pas, ou bien je te ferai regretter le jour de ta naissance... ou celui du jour où  tu as ressuscité, devrais-je dire?


Ne prenant même pas la peine de relever que cette criminelle mythomane connaissait le secret de son amie, elle sentit la haine bouillir en elle. On se touchait pas à ses amies, encore moins a Emily. Et il y avait autre chose...Oh ? Quelque chose de similaire avec cette soirée de flirt avec le Joker...Quelque chose de dangereux...De grisant.... ....Non ! C'était une nuit de faiblesse et d'égarement, elle n'était plus elle même. Elle était au dessus de ça. Pourtant sa poigne sur le manche de l'arme blanche se renforça. Aux armes avec son propre démon, elle regardait impuissante son amie se faire malmener, cachée.  Elle se réveilla quand Arya, donna un coup de genou dans l'assiette qui tomba a terre. La première chose qu'elle pensa fut:

*Arg Charles-Henri va me tuer, il l'a récupérée a une brocante rare a un prix exorbitant !*

La seconde fut qu'elle essayait d'attirer son attention. En effet, elle se tourna vers l'escalier principal. Elle pouvait deviner son sourire. C'était raté ! Il était venu son tour d'entrer en scène !
Sans réfléchir, elle s'élança sur Arya, couteau en avant. En une once de bon sens, elle l'avait retournée avec l'autre bras, face à elle, et n'avait visé que la hanche. Pas question de la tuer, seulement de la blesser et de la ralentir, voir de la dissuader. Elles étaient donc face a face. Elle sourit face a son air de surprise.

"-Tu m'as appelée ? Quel dommage... On aurait pu passer une soirée tellement parfaite ! On aurait pu essayer des robes, manger du flan... Mais tenter d'égorger mes amies n'était pas en option. Tant pis pour la robe !"


Sur ces mots, elle retira avec force le couteau de la plaie. Comme hypnotisée, elle regarda la tache rouge s'élargir. C'était tellement.....Tellement...Etrange ! Grisant même ! Tellement grisant ! Oh, ne l'avait elle pas déjà pensé ? Puis d'un air absente, elle regarda son arme, a présent tachée. Des souvenirs lui revinrent en tête: Un chevelure verte, un sourire rouge, une robe rouge, une tache rouge, le son d'une balle qui partait... Après quelques secondes, elle émergea.

"-Qu'est ce que..."


Elle recula, paniquée.

*Qu'est ce que j'ai fait ? Est ce que je viens de donner un coup de couteau a cette fille ?*


Elle s'était mise a trembler de tout ses membres, mais n'avait pas pu lacher le couteau, elle était perdue. C'était facile, oh ! Si facile de retomber ! Une fois que l'on a goûté aux ténèbres, elles nous laissent toujours un empreinte. Les yeux mouillés, elle recula encore d'un pas. Elle avait du mal a se rendre compte. Elle était a un cheveu de... Faire souffrir comme elle a souffert ! Pour qu'ils comprennent ce que ça fait ! Voir leurs yeux surpris, ils ne s'y attendaient pas ?

"-E...Emily..."


Elle redevenait instable. Elle pouvait faire une crise a tout moment. Autant était il facile de s'en sortir, aussi il était facile de retomber. Elle n'avait jamais ôté la vie a un être humain. C'était la première fois qu'elle poignardait quelqu'un. Elle n'avait non seulement peur de cette criminelle mais a présent, elle avait peur d'elle même. Elle qui était en si bonne voie de guérison... Deux incidents aussi proches, c'en était un peu trop pour elle. A force de reculer, elle était arrivée a la hauteur de son amie. Est ce qu'elle aussi, elle avait peur d'elle ?

*Voyons Yume, lâche ce couteau... Non, en fait, ne le lâche pas, on est toutes a arme égale.*


Elle reprit peu a peu son calme et sur elle. Elle n'avait tué personne et c'était pour protéger Emily ! Il fallait toutefois redoubler de vigilance. Cette fois, quelque chose avait changé: elle n'était pas seule. Si Emily acceptait encore d'être son amie après ça, elle se battrait a ses côtés et l'aiderai a se protéger d'elle même. Sans réfléchir, elle glissa sa main libre dans celle de la morte, et la serra légèrement. Elle n'était plus seule. Elle se mit a réfléchir a toute vitesse.

"-C'est étrange mais cette situation me fait penser a un "jeu" auquel mes camarades aimaient jouer avec moi a l'école élémentaire... Tu dois connaître. Le jeu du loup et le l'agneau ! En l’occurrence, nous sommes deux agneaux et au lieu des cailloux qu'ils me lançaient, c'est des couteaux. Au moins nous sommes a arme égale, c'est moins facile. Mais tu ne dois pas aimer la facilité n'est ce pas ? Sinon, tu m'aurais coincée dans un coin sombre et égorgée comme ça. Tu sais ce qui est différent du chat dans ce jeu ? Quand tu es touché, tu n'es pas attrapé, ce serait trop facile ! Tu te bats justement jusqu'au bout pour échapper au loup. Splendide invention de leur part, n'est ce pas ?"

Sa voix avait légèrement tremblé durant qu'elle divaguait a des souvenirs peu joyeux. Elle en avait profité pour décrocher son cerceau et tous les sacs accrochés avec. Au moins, elle ne serait pas ralentie. Elle repoussa l'ensemble encombrant du bout du pied et lança a son attention:

"-Sers toi, si tu veux, c'est des cookies, avec quelques billets. Mais ça ne t’intéresse pas, ai je raison ?"


Elle recula encore d'un pas et demanda a sa véritable amie d'une voix un peu craintive mais sérieuse:

"-Je ne te demande pas de me protéger de cette fille, mais plutôt du démon qui m'entraîne vers le bas. Je ne peux pas céder a nouveau. Peux tu au moins essayer ?"


C'était vague, certes, mais l'était dans lequel elle se trouvait, elle ne pouvait faire plus clair. Il fallait juste espérer qu'elle avait décelé cette folie tentatrice et s'en méfie un minimum. Puis, elle ajouta sur un ton d'humour:

"-Pour au cas où on s'en sorte, tu veux le double des clefs de la maison ?"

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MessageSujet: Re: Au reflet de mon couteau _ Yume, Emily   Sam 19 Sep - 22:21

Oh, alors comme cela, je ne m'étais pas présentée? C'est vrai que notre invité ignorait jusqu'à mon nom! Posant un instant mon couteau pour examiner un nouveau fruit à ajouter à mon assiette, je commence à déclamer, souriante :

- Je m'appelle Em...

Et tout dérape. Alors que je pensais maîtriser parfaitement la situation, Arya balaye d'un coup vif et précis mon arme hors de ma portée. La fourbe! Cela ne pouvait guère être un geste accidentel. Je me précipite pour le ramasser, mais je ne suis pas assez rapide. Notre hôte d'un soir m'agrippe vivement, plaçant une main sur ma bouche et de l'acier sur ma gorge.

Nous y voilà donc. Pourquoi faut-il toujours en arriver à de telles extrémités ? Le contact de la lame glacée sur ma peau me fait frissonner. Je sens ma concentration s’échapper à une vitesse hallucinante, cédant la place à l’adrénaline, la fureur et la sauvagerie. Je refoule cette envie dévorante de lui mordre la main jusqu’à l’os. Shhhh… Il ne faut pas céder à la panique. Alors qu’un flot de souvenirs acérés et douloureux me revient en tête, je m’oblige à fixer mon attention sur un objet et à le dévisager dans le moindre détail. Là. On se détend. Observons plutôt les magnifiques arabesques de porcelaine de cette merveilleuse assiette. Je peux encore distinguer les traits de pinceaux, c’est un travail très fin, une véritable pièce de collection ! L’art, le véritable, est une chose que j’apprécie énormément. Les ronces arrivent… Je les vois serpenter insidieusement sur ma gauche, elles sont si avides. Concentration, assiette ! Le jaune doré de l’ananas qui contraste parfaitement avec l’indigo des motifs m’apaise un instant, jusqu’à ce les premiers mots dénués d’hypocrisie de mon bourreau résonne derrière ma tête :

-Ne bouge surtout pas, ou bien je te ferai regretter le jour de ta naissance... ou celui du jour où  tu as ressuscité, devrais-je dire?

C’est intéressant ! Ainsi elle sait ! La connexion est donc réciproque. Je note pour la prochaine fois. Je brûle de répondre à cette provocation, tout de suite ! Arrachant d’une main celle qui était collée à ma bouche, je reprends enfin une respiration convenable :

- Yume sait pour moi… Susurrai-je lentement dans un sourire, presque euphorique, elle connaît ma véritable nature, tout comme tu sembles l’avoir déduit. Je ne pense pas que tu sois idiote, tu sais que ta lame ne peut réellement me nuire. Quoique tu fasses, je me relèverai. Alors, dis-moi… Dis-moi ce que tu veux et je te promets que je ne te ferai pas trop souffrir.

Et clinc, elle casse l’assiette devant mes yeux. Mon unique source de lutte contre la démence vient de voler en éclat. Le bruit de la céramique éclatée produit un bruit horrible et je réalise véritablement que cette soirée a viré au cauchemar. Je tremble, me concentre, j’aimerai inverser le temps pour que l’assiette ne se brise pas. Si seulement les morceaux pouvaient se regrouper, se ressouder, inverser le crissement cristallin… L’ananas gît par terre, quel gâchis.
Je suis certaine que le bruit a raisonné dans tout l’immense manoir. Yume ne va pas tarder à arriver, la pauvre, et ne tardera pas non plus à se jeter dans le piège de cette fille machiavélique. Je n’ai pour l’instant aucune idée de comment gérer la situation, ni comment cette dernière va évoluer. Je me contente de reporter mon attention sur mon couteau qui trône sur le carrelage, à quelques mètres de moi. Je sens seulement maintenant quelques gouttes de sang perler le long de ma gorge. C’est insupportable. Tu vas me le payer.

- Et, petit scoop : puisque je suis morte,  je n’ai aucune valeur en tant qu’otage. Ne crois pas que Yume viendra à toi si elle m’aperçoit dans un tel contexte.

A peine ai-je prononcé ces mots que l’étreinte d’Arya se relâche légèrement. Je profite de cette opportunité pour me dégager avec violence de sa lame, et roule avec agilité vers mon couteau pour m’accroupir près de la table. A peine ai-je saisi l’arme, relevé le visage et dégagé mes cheveux que je remarque la cause de la déconcentration de mon agresseur : Yume. Yume avec un couteau. Yume avec un couteau planté dans le flanc d’Arya.
Bon sang, mais à quel moment le train a-t-il déraillé au cours de cette soirée ?

-Tu m'as appelée ? Quel dommage... On aurait pu passer une soirée tellement parfaite ! On aurait pu essayer des robes, manger du flan... Mais tenter d'égorger mes amies n'était pas en option. Tant pis pour la robe !

Je rêve. Yume vient de poignarder quelqu’un. La vision que j’avais d’elle vient de changer brutalement. Je ne l’imaginais absolument pas capable d’un tel acte ! Est-ce la dangereuse nuit que nous avions passée ensemble qui lui avait inspiré tant de violence ? Mais tête recommence à me lancer, et la pièce se met à vriller. Je dois avouer être un peu perdue. Yume aussi à ce que je vois. Elle a cessé tout mouvement et regarde la lame ensanglantée de son couteau, perplexe.
Je me relève, retrouvant un semblant de réactivité et attire ma jeune amie vers moi, alors qu’elle me regarde avec un air larmoyant, gémissant mon nom. La pauvre se rend à peine compte de ce qu’il vient d’arriver, je crois bien. Alors que je commence à retrouver mes esprits et à faire le point sur la situation, je réalise que je suis à la fois reconnaissante, mais aussi en colère. D’une part, elle a su faire preuve de courage et m’a sortie d’une situation assez délicate. Mais je suis enragée, car je constate que Yume, si pure et innocente, cette figure à protéger, s’est laissé corrompre par la violence. J’ai lu la folie et l’attrait du sang dans ses yeux, les même que l’on peut retrouver dans ceux des criminels. Tu joues un jeu dangereux, ma chère.

Alors que je songe que la meilleure chose à faire serait d’assommer à la fois Arya, mais également Yume, pour lui éviter d’être de nouveau confrontée à la violence, cette dernière m’attrape la main et la serre très fort. Allons bon, peut être vais-je mettre pour l’instant son comportement sur la légitime défense. Mais je me promets secrètement de garder un œil sur elle. Je sens bien que sa frontière entre le bien et le « Mal » - si je puis l’appeler ainsi – est très fragile chez elle.

"-C'est étrange mais cette situation me fait penser a un "jeu" auquel mes camarades aimaient jouer avec moi a l'école élémentaire... Tu dois connaître. Le jeu du loup et le l'agneau ! En l’occurrence, nous sommes deux agneaux et au lieu des cailloux qu'ils me lançaient, c'est des couteaux. Au moins nous sommes a arme égale, c'est moins facile. Mais tu ne dois pas aimer la facilité n'est ce pas ? Sinon, tu m'aurais coincée dans un coin sombre et égorgée comme ça. Tu sais ce qui est différent du chat dans ce jeu ? Quand tu es touché, tu n'es pas attrapé, ce serait trop facile ! Tu te bats justement jusqu'au bout pour échapper au loup. Splendide invention de leur part, n'est ce pas ?"

Qu’est-ce que je disais ?... Elle vient de proposer un jeu à cette dangereuse criminelle ? Mais Yume ! Tu perds la tête. Un psychopathe, ça se maîtrise, et le plus rapidement, si possible. Et quand bien même attraper les méchants est une noble mission, ce n’est pas un jeu dans une cour de récréation !

"-Je ne te demande pas de me protéger de cette fille, mais plutôt du démon qui m'entraîne vers le bas. Je ne peux pas céder a nouveau. Peux tu au moins essayer ?"

Je serre mon couteau dans mon poing. Bon sang Yume. Si tu ne veux pas céder à cette violence, cours te cacher, loin ! Je devrais l’enfermer dans sa penderie, ce serait l’idéal, pour sa sécurité physique comme psychologique.

"-Pour au cas où on s'en sorte, tu veux le double des clefs de la maison ?"

J’esquisse un léger sourire ainsi qu’un haussement de sourcils. Il est clair que Yume aura besoin de quelqu’un pour lui indiquer le chemin de la lumière et lui fournir un soutien psychologique une fois que cette histoire sera terminée !

- Seulement si tu me promets de ne plus refaire une telle bêtise, Yume. Et reste hors de portée !

Et sans crier garde, je m’élance. Navrée, mais à ce jeu, je refuse d’être un agneau. Arya, tu voulais de l’acier, du sang ? Et bien tu vas être servie ! Le petit interlude que Yume et moi avons eu lui avait permis de se remettre de la blessure qu’il lui avait été infligée, mais elle n’était pas allée bien loin. Ma lame rencontre la sienne dans un bruit strident. Depuis l’instant où elle avait osé plaquer son couteau contre ma chair, je rêvais du moment où je lui ferais mordre la poussière. Transcendée par l’adrénaline et l’excitation du combat, je n’hésite pas à saisir tout ce qui me passe par la main pour mettre mon adversaire en difficulté, renverse des meubles et lui lance divers objets.

Enfin, j’arrive à la toucher et lui entaille sévèrement la main, la forçant à lâcher son arme. Essouflée, je braque à mon tour mon couteau sous son menton. J’ai dans l’autre main une petite lampe décorative lourdement ouvragée avec laquelle je menace ma proie, l’assommer devrait la calmer si elle tente quoi que ce soit.

- Maintenant, tu vas nous dire gentiment ce que tu es venue faire ici. Si c’est quelqu’un qui t’envoie, je te conseille de vite le balancer. Je n’hésiterai pas à te faire parler par divers moyens – peu agréables, tu t’en doute surement.
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MessageSujet: Re: Au reflet de mon couteau _ Yume, Emily   Sam 3 Oct - 12:08

Je me réjouissais encore de ma victoire, lorsque qu'un couteau se planta dans la chair de ma hanche; on me retourna, et je me retrouvais face à face avec Yume. Je ne pus retenir un hoquet de surprise.


"-Tu m'as appelée ? Quel dommage... On aurait pu passer une soirée tellement parfaite ! On aurait pu essayer des robes, manger du flan... Mais tenter d'égorger mes amies n'était pas en option. Tant pis pour la robe !"


Elle reprit sa lame, et une tache de sang commença à s'élargir sur ma peau... J'étais stupéfaite, complètement perdue; c'était la première fois que quelqu'un me blessait depuis que j'étais morte. Je ne savais même pas que c'était possible... Je ne savais pas que mon sang pouvait encore couler. Comme si il n'avait pas assez coulé. Comme si ma peau n'avait pas été déjà assez martyrisée par larmes et lames.
Je les hait. Toutes les deux. Il ne s'agissait plus simplement d'écorcher leurs petits visages de porcelaines. Je voulais qu'elles souffrent, tout simplement parce qu'à cause d'elle, je ressentais à nouveau le gout amer de la douleur. Et ma vie avait été assez douloureuse comme cela, ma mort n'avait donc pas à l'être.
Alors que je reprenais quelque peu mes esprits, je vis que Yume se noyait dans les méandres d'une folie étrange. Elle proférait des paroles sans sens, appelant au secours son amie... Emily, d'ailleurs. "Et bien, petit ange, cela te fait donc un tel effet que d'enfoncer un couteau dans la hanche d'une personne qui tente de te tuer? Tu ferais une très mauvaise tueuse. " songeais-je.

"-C'est étrange mais cette situation me fait penser a un "jeu" auquel mes camarades aimaient jouer avec moi a l'école élémentaire... Tu dois connaître. Le jeu du loup et le l'agneau ! En l’occurrence, nous sommes deux agneaux et au lieu des cailloux qu'ils me lançaient, c'est des couteaux. Au moins nous sommes a arme égale, c'est moins facile. Mais tu ne dois pas aimer la facilité n'est ce pas ? Sinon, tu m'aurais coincée dans un coin sombre et égorgée comme ça. Tu sais ce qui est différent du chat dans ce jeu ? Quand tu es touché, tu n'es pas attrapé, ce serait trop facile ! Tu te bats justement jusqu'au bout pour échapper au loup. Splendide invention de leur part, n'est ce pas ?"


J'éclatai de rire, et ma souffrance disparut presque  instantanément; un jeu! Et pire, elle croyait qu'elle pourrait m'échapper, en divaguant ainsi! Mais viens plutôt m'enchainer à un mur, une armoire, n'importe quoi qui puisse m'empêcher de te faire du mal!
Il n'émanait plus aucune douleur de ma blessure; sans doute l'avantage d'être morte. Je me levai difficilement, et constatai que, quoi qu’indolore, ma jambe était toujours faible et ne supportait mon poids qu'avec difficulté. J'étais clairement désavantagée.
Yume me regarda, enlevant ses cerceaux encombrants (ce qui n'était pas stupide, mais le laissa le temps de me remettre un peu plus de mon choc), puis elle me lança ses quelques paroles;

"-Sers toi, si tu veux, c'est des cookies, avec quelques billets. Mais ça ne t’intéresse pas, ai je raison ?"

A vrai dire, je n'aurais rien eu contre quelques cookies. Mais je me sentais en pleine forme maintenant, et je voulais surtout obtenir ma dose quotidienne de sang. Elle commença à appeler Emily à l'aide, parlant de démon qui l'entrainait vers le bas... Un démon qui l'entraine vers la bas? Et bien, j'aurais peut-être pu la prendre comme apprentie, si elle ne m'avait pas autant énervée.
J'allais me jeter sur elle, lorsqu'une lame rencontre la mienne; Emily. Elle se bat avec forcce, me lancant des objets au visage et bloquant mes propres attaques avec assurance; de mon coté je rage et tente tout ce qui est en mon pouvoir pour la toucher; je trébuche maladroitement et évite une assiette qui m'aurait peut-être décapitée si j'étais restée plus longtemps ainsi, et parvient à approcher la jambe de mon adversaire... Mais une lame entaille ma main.
La souffrance ne me touche pratiquement pas cette fois-ci, mais je n'ai pas le temps de l'empêcher de braquer un couteau sous ma gorge, avant de menacer mon crâne d'une lampe ornementale.

- Maintenant, tu vas nous dire gentiment ce que tu es venue faire ici. Si c’est quelqu’un qui t’envoie, je te conseille de vite le balancer. Je n’hésiterai pas à te faire parler par divers moyens – peu agréables, tu t’en doute surement.

La haine rongea mon cœur. J'avais envie de l'étriper, de voir son cœur et tout ses organes répandus autour d'elle, et peut-être que je ne pourrai pas la tuer, mais peu importait, ce qui comptait c'était de faire couler assez de son sang pour pouvoir en faire une soupe.
Et puis, j'éclatai de rire; un rire strident, un rire qui montrait à lui seul toute la démence de mon esprit arriéré.
Je sentais la perplexité des deux autres, et n'en riait que de plus belle, avec la sensation que chaque note de ce rire, de mon propre rire, m'écorchait vive, tout comme chacune de mes paroles, pensées, et inutiles respirations m'écorchait vive depuis des années. Depuis que cet imbécile m'avait défoncé le visage à coup de plume tranchante.

"Me faire parler? Mais que voulez vous que je vous dise? Que je suis complètement chtarbée!"

Et je continuais de rire, amusée, hilare même. Elle voulait me faire souffrir? Mais elles pouvaient bien essayer! Je me souviendrais de tout, et elle ne pouvait ni me tuer ni me garder ainsi éternellement. J'étais un cauchemar ambulant et personne ne pouvait m’arrêter.

"Comment pourriez-vous comprendre le désir de sang? Le désir de voir la douleur dans les yeux des autres? Vous avez encore un esprit, vous! Et que crois-tu que représente ce couteau pour moi?"ajoutais-je pour Emily.

Je m'étais souvent demandé ce qui m'arriverait si on me tuait une fois morte. Que pourrais-je bien ressentir? Est-ce que je retournerais dans le monde des morts? Est-ce que je deviendrais... rien du tout? Cela me plairait sans doute beaucoup, de n'être plus rien. D'être en paix. Alors, qu'avais-je à perdre à regarder ce qui se passerait?
Sans laisser le temps à Emily de réagir, je projetai mon propre cou sur son couteau, qui s'enfonça dans ma gorge; je le sentis se coincer au milieu, et malgré la douleur, continuait de m'enfoncer jusqu'à ce que ma tète retombe sur le sol, détachée de mon corps.
Il y eut quelques secondes de noir total et mes paupières se fermèrent d'elle-même.
Mais je les rouvrais aussitôt pour voir les regards horrifiés de mes adversaires; j'étais toujours vivante.
Enfin, au sens macabre du terme...
Je riais aux éclats, ma tète détachée de mon corps tressautant sous le coup de mes ricanements, et mes yeux noirs observant mon propre cadavre se relier de nouveau à mon cou, lentement... Trop lentement.
Elles auraient tout le temps de me massacrer si elles le voulaient, mais peu importait; elle ne pouvait pas m’arrêter.
Et je riais encore et encore...
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MessageSujet: Re: Au reflet de mon couteau _ Yume, Emily   Sam 12 Déc - 21:25

- Seulement si tu me promets de ne plus refaire une telle bêtise, Yume. Et reste hors de portée !

A la fois, Yume était soulagée que son amie la pardonne et ne la renie pas pour l'atrocité qu'elle venait de commettre, mais aussi, il fallait bien l'avouer, un peu contrariée. "Rester hors de portée ?" Seuls des ignorants tels que Charles-Henri proféraient des paroles aussi absurdes. Certes, elle était dans un état assez trouble, l'exposant à une faiblesse évidente, certes, elle venait de poignarder quelqu'un et il ne fallait pas la laisser déraper dans ses émotions, certes, elle faisait preuve d'une vilaine mauvaise foie farouche et évidente.... Mais fallait-il vraiment qu'elle reste à l'écart ? Yume savait se battre, elle pourrait être utile, et si elle avait une amie présente à ses côtés durant la bataille, elle ne saurait que bien se comporter ! Elle se sentait vulnérable, décorative, aussi inutile que le fantôme que son père aimait exposer, tel un vulgaire trophée. Pourtant, elle ne fit que renifler et acquiescer, alors que tout son esprit était entré dans une éruption permanente de souvenirs, d'idées, et d'actions à faire qui se contredisaient les unes aux autres. Que pouvait-elle faire pour être utile ? Que pouvait-elle dire pour aider ? Que pouvait-elle...


Et Rang, et Schlang et Tang !
A peine se perdait-elle dans ses pensées, qu'elles s'étaient toutes deux jetées l'une sur l'autre, telles deux tigresses enragées dont chacune aurait dévoré le nouveau né de l'autre. Ça frappait, parait, ça esquivait dans un concert de tintamarre de sources diverses, qui était aussi beau que déplaisant. Yume était impressionnée: tout cela se déroulait tellement vite, d'un point de vue extérieur ! Pourtant, si elle se jetait dans le tas, elle serait très bien capable de....Non, pas question. Son amie était la voix de la sagesse. Depuis qu'elles se connaissaient, elle avait toujours agi au mieux pour elle. Emily avait une bonne raison de la maintenir à l'écart, n'est ce pas ? N'est ce pas ? N'est-ce.... L'adrénaline montait comme un poison dans ses veines, qu'elle forçait à contenir dans un si petit corps. Elle se mordit la lèvre, essayant de se donner un minimum de contenance. Malgré ces précautions, sa jambe droite s'était mise, de son propre chef, à trembler toute seule. Quelle plaie !
Enfin, Emily, avait récupéré la situation à son avantage, ayant coincée Arya dans une position de faiblesse. Yume eut un petit pincement au cœur. Finalement, on n'avait pas besoin d'elle...  

- Maintenant, tu vas nous dire gentiment ce que tu es venue faire ici. Si c’est quelqu’un qui t’envoie, je te conseille de vite le balancer. Je n’hésiterai pas à te faire parler par divers moyens – peu agréables, tu t’en doutes surement.


La poupée voyait très bien que l'esprit vengeur se retenait de l'étriper. Elle se demandait bien ce qu'elle savait et ce qu'elle allait leur dire. Contrairement à Emily, Yume avait complètement exclu la théorie de l'employeur. Une rage comme celle-ci, ne pouvait avoir de maître. Elle ne travaillait que pour elle même. La question, en revanche, était...Pourquoi ? Pourquoi elle ? Après tout, elle était la victime initiale d'Arya -si c'était son véritable nom- avant qu'Emily ne vole à son secours. Qu'avait-elle de spécial ? L'argent ne devait pas l'intéresser, puisqu'elle semblait complètement morte. Que lui voulait-elle donc ?
La réponse fut des plus particulières et surprenantes. La brune se mit à éclater d'un rire des plus déments. Yume frissonna. Cette figure, ce rire, cette expression... Tout cela se superposait à merveille à un certain personnage yeux rieurs et au sourire figé...Avec la courtoisie en moins. Elle ne voulait pas se rappeler... Tout cela était bien trop douloureux, comme une aiguille enfoncée en permanence dans son cœur. Comme à une poupée vaudou. Encore une fois, on en revenait à la poupée, hein ? Faiblesse, vulnérabilité...De telles choses ne lui seyaient guère au teint. Elle baissa les yeux qui a nouveau s'obscurcirent, et ne put que les fermer très fort, tout en se bouchant les oreilles. Elle ne voulait pas entendre. Elle ne voulait pas voir. Elle ne voulait pas être ici. Elle avait peur, et elle en avait honte. Honte d'être faible, à nouveau. Elle lâcha une plainte aiguë.

"-Me faire parler? Mais que voulez vous que je vous dise? Que je suis complètement chtarbée!Comment pourriez-vous comprendre le désir de sang? Le désir de voir la douleur dans les yeux des autres? Vous avez encore un esprit, vous! Et que crois-tu que représente ce couteau pour moi?"


Un autre son. Un son horrifiant. Des larmes s'écrasèrent sur les marches de l'escalier. Du sang partout, partout, partoouuut....Quand elle osa relever les yeux, la tête d'Arya gisait détachée de son corps, à terre. Son estomac se souleva et elle étouffa un cri. Encore cette odeur insupportable...   Quelle horreur. Quelle horreur. Quelle horreur... Elle avait l'illusion d'être à nouveau dans la maison de la moitié. Odeur de sang, ennemi fou à lier, mais cette fois, immortel. Et il continuait de rire, de rire, de rire, de rire....

-Assez, c'est assez.

Yume avait avancé d'un pas, puis deux. Ses larmes coulaient toujours, certes, mais son ton était posé et son regard brave. Pleurer ne servait à rien, il ne la rendait que plus inutile. Ses cauchemars prenaient vie, soit, elle les affronterait. Elle était toujours terrifiée, mais était déterminée à tenter le diable, si besoin, pour se sentir forte. Elle savait le regard d'Emily posé sur elle. Craignait-elle qu'elle dégénère de nouveau ? C'était justifié. Mais une telle chose n'arriverai pas. N'arriverai plus.

"-Comprendre le désir du sang ? De la douleur d'autrui...? Bien sûr que si nous pouvons comprendre. Autant moi qu'elle. Tous les être humains, autant qu'ils sont, l'ont ressentis plus d'une fois. Certains y cèdent d'autres non. Je l'ai découvert, pour mon cas, à Gotham City. J'étais démolie, il avait besoin d'une distraction et il était charmant. Il m'a pris sous son aile, a fait de moi  sa compagne du soir. Il n'était pas des plus purs, il était craint, il se nommait Joker. C'est lui qui m'a fait découvrir ces horreurs. J'étais une simple spectatrice, jusqu'à ce soir. C'était mal, c'était faible. Plus tard, j'ai rencontré un garçon couvert de sang. J'ai failli mourir de peur, puis quelques heures plus tard, j'en suis tombée amoureuse. Quelle ironie, n'est ce pas ? Il s'est rapproché de moi, m'a laissé espérer, m'a monté au plus haut, pour au final m'abandonner et me laisser retomber. Croire aux paroles d'un tueur à gages de luxe, c'était faible. Tout comme ce que tu fais est signe de faiblesse. Tu as du beaucoup souffrir, mais tu n'es pas le seul cas. Tu as une vie éternelle à présent ! Tu pourrais faire n'importe quoi ! Devenir championne de jokari, avoir des tas d'amants, t'habiller français et à la place que fais tu ? Tu transmets la douleur que tu as ressenti sur des pauvres personnes innocentes qui comme toi auparavant, ne l'ont surement pas mérité. Des humiliations, des amours blessés, des verres brisés, même des meurtres, il y en a tous les jours. Des erreurs, des signes de faiblesse. C'est humain. Mais utiliser sa souffrance comme prétexte pour provoquer celle des autres... C'est... Stupide. Pourtant, tu m'as l'air intelligente. Pourquoi fais tu ça, en vérité Arya ?"

Elle était à présent face à elle, yeux dans les yeux. C'était certes risqué, mais étrangement, elle n'avait plus peur du tout. Emily, elle, avait-elle peur pour sa peau, à sa place ?

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MessageSujet: Re: Au reflet de mon couteau _ Yume, Emily   Dim 13 Déc - 15:05

Eheh. J’étais plutôt fière de ma prestation, sur ce coup-là. Grâce à mes entraînements réguliers, je devenais de plus en plus redoutable en escrime, et c’est un avantage non négligeable dans ce genre de situation.
Arya, quant à elle, éclate soudain d’un rire démentiel qui me fait vriller les oreilles. Un rire de folle, un rire d’aliénée, un rire de quelque chose qui a été complètement cassé.

-Me faire parler? Mais que voulez vous que je vous dise? Que je suis complètement chtarbée! Comment pourriez-vous comprendre le désir de sang? Le désir de voir la douleur dans les yeux des autres? Vous avez encore un esprit, vous! Et que crois-tu que représente ce couteau pour moi?

Et elle se jette sur mon couteau. Le cou en premier.

Croyez-le ou non, je pense que je n’ai jamais vu autant de sang gicler. Mais lors d’un égorgement, c’est plutôt une chose commune. Une fois sectionnée, la jugulaire déverse une grande quantité de liquide vital pendant de longues secondes avant que le flot perde de son intensité, quand le sang trébuche dans sa course de liberté. Mais durant ces instants qui semblent ne pas connaître de fin, je suis littéralement aveuglée, décontenancée et presque apeurée. Mais ma main ne perd pas en fermeté, même lorsque les cervicales se font sentir. Le bruit est insupportable. Pensant à la douleur monstrueuse que cela doit procurer à ma victime, mon unique reflexe est d’insuffler une ultime et puissante pression afin d’achever au plus vite cette… Décapitation.

Lorsque la tête touche le sol, mes oreilles sifflent tellement fort que je n’entends plus le rire dément qui s’échappe de ses lèvres, malgré ses cordes vocales en piteux état. Nous, les revenants, sommes préservés des lois rigides de la logique anatomique, même si nous sommes parfois capable de faire fonctionner certains de nos sens comme avant.
La mort et la douleur sont des choses que je n’ai jamais été capable d’apprécier. Même celle de Barkis, qui n’était que justice, m’avait laissée profondément indifférente. Pas même un soupçon de soulagement. C’est pourquoi me retrouver là, du sang sur les mains et le visage, me rend immobile, figée. Une statue de marbre qui tremble un peu.
Pendant ces instants, je fais totalement abstraction de ce qui m’entoure. J’oublie Yume, le manoir et les gloussements indécents. Côtoyer des morts, ce n’est pas la même chose que de la donner. Lorsque ces pauvres âmes arrivent dans le monde des limbes, leur calvaire et déjà terminé. Certaine gardent des séquelles terribles de leur lente agonie, c’est certain, mais l’acte de mourir est déjà derrière eux.

C’est un fantôme, tout comme moi, elle n’a pas pu mourir. Je fixe la lame de couteau ensanglanté. Tout va bien ! Je ne l’ai pas blessée, elle s’est jeté elle-même sur l’arme. Et quand bien même, c’était un recours à la légitime défense ! Mon regard tombe sur le parquet ensanglanté. Le bruit du couteau me revient en tête. Ce bruit de fer, cette sensation d’acier transperçant la chair ne m’avait rappelé qu’une seule chose : ma propre mort.

Je ne lâche pas le couteau, mais recule un peu, pas après pas. Jusqu’à ce que je heurte un mur, contre lequel je me laisse lentement glisser.

Je me retrouve les yeux plongés dans ceux de l’homme en qui j’avais le plus confiance. Nous nous sourions l’un à l’autre, la nuit chante à nos côtés. Je suis tellement persuadée de vivre l’un des plus beaux soirs de mon existence. La liberté m’ouvre ses bras aériens, je viens de renoncer à tout ce que je possédais pour lui, mais je ne regrette rien. Un sourire étire mes lèvres tandis que je m’approche de mon promis, son air éternellement énigmatique sur le visage. Il pose une main sur ma joue, il va m’embrasser, c’est certain. Ravie, je ferme les yeux, me laissant aller au bruit cristallin des étoiles… Mais soudain, sa main se déplace trop rapidement derrière mon oreille pour attraper ma nuque, tandis qu’une douleur atroce me lacère l’abdomen, à droite. Un gémissement m’échappe tandis que j’essaye de reculer, mais son bras m’enlace trop fort. Mon regard tombe sur le sang coulant sur ma robe blanche, son épée plantée dedans… La douleur est telle que prononcer une phrase intelligible me semble impossible. L’acier quitte mon corps, me faisant basculer en avant, dans les bras de celui qui vient de me faire mal.

« Emily… Emily, surtout, ne prenez pas cela comme une affaire personnelle. Vous avez été parfaite, ce n’est pas de votre faute. » me susurre-t-il tandis que je suffoque sur son épaule, les larmes coulant aussi abondamment que le sang.

« C-comm… Comment pouvez-v..?... Pourquoi ?... » Le gout du sang envahi à présent ma bouche.

Je sens ses mains enlacer mon cou, et ouvrir délicatement le fermoir du collier de cristal véritable que j’abordais depuis toujours. Il défait son étreinte pour mieux le contempler, me laissant tomber à terre, mes forces s’évanouissant. Je vois dans ces yeux la convoitise et la passion avec laquelle je pensais qu’il m’avait toujours regardée, avant de comprendre qu’il n’avait eu de véritable intérêt que pour ce bijou…Quelle trahison. Dévastée, éplorée, je me traine à terre, rampant dans les ronces qui m’écorchent le visage, dans un ultime espoir, je me dis que je peux peut-être m’en sortir, si quelqu’un me trouve, si quelqu’un me sauve !... Mais il n’y a personne. La douleur de mon cœur rivalise sans mal avec la plaie béate sous ma poitrine. Alors, c’est comme cela que tout vas se terminer ?... Mon bien aimé me rattrape sans mal alors que j’agonise entre les racines d’un arbre. Il se penche sur moi, attrapant ma main qu’il regarde avec affection.

« Les affaires sont les affaires, et je suis criblé de dettes, déclare-t-il en me retirant ma bague de diamant que j’avais eu pour mon seizième anniversaire, ne soyez pas si triste, ma Lady. Si vous m’aimez vraiment, dites-vous que votre sacrifice fera ma fortune. Adieux, Emily, en espérant que notre prochaine rencontre aura lieu le plus tard possible. »


Je suis en larmes. En larmes et je tremble de partout. Et je regarde Arya se reconstituer avec horreur. Nous avons vécu les mêmes atrocités, notre histoire n’est peut-être pas si différente. Comment peut-elle être aussi cruelle pour vouloir infliger le pire à des innocents. Comment cela pourrait-il soulager une âme, aussi blessée soit-elle ?...

-Assez, c'est assez.

C’est Yume qui a déclaré ces mots, brisant en un instant l’atmosphère macabre et infernale qui s’était installée dans la pièce. Elle s’avance vers Arya. A cet instant, j’ai très peur que l’esprit malveillant fonde sur elle, et de voir le scénario de ma propre mort se dérouler de nouveau sous mes yeux, impuissante. Mais la jeune fille se lance dans un discours étrange. Elle parle de désir de sang et autres abominations qui causent la folie humaine. Elle dit qu’elle l’a rencontré, une fois. Je ne comprends pas bien tout ce qu’elle raconte, c’est encore le chaos dans mon esprit. Je saisi simplement que Yume semble bel et bien ne pas craindre les choses obscures, et qu’elle a simplement du mal à les domestiquer.
Mon couteau toujours à la main, je guette le moindre des mouvements de la maléfique revenante, prête à me jeter sur elle si cette dernière tente le premier geste agressif. Je n’ai rien à perdre, cela m’est presque égal de prendre un coup, mais mon amie ne doit pas être touchée. Lentement, je me relève et me dirige vers les deux demoiselles, prenant place aux côtés de Yume. C’est vrai que nous sommes deux contre une, nous pourrions l’encercler. Il existe des animaux qui chassent ainsi, en duo, cela leur donne un avantage considérable. Mais je serai tellement déchirée s’il lui arrivait quelque chose…

- Ecoute, je ne sais pas qui a osé te faire ces choses horribles, mais ne crois-tu pas qu’en répétant ses actes, tu lui donne raison ? Regarde, il a fait de toi une machine de mort.

Je marque une pause, empêchant un rictus nerveux de s’installer sur mes lèvres.

- Et tu es revenue de là-bas juste pour tuer. C’est bien dommage, car je ne te permettrais plus de lever la main sur des innocents. Et puisque nous ne pouvons plus mourir, nous sommes vouées, je crois, à nous battre jusqu’à la fin des temps.
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Arya

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MessageSujet: Re: Au reflet de mon couteau _ Yume, Emily   Ven 25 Déc - 20:48

"-Comprendre le désir du sang ? De la douleur d'autrui...? Bien sûr que si nous pouvons comprendre. Autant moi qu'elle. Tous les être humains, autant qu'ils sont, l'ont ressentis plus d'une fois. Certains y cèdent d'autres non. Je l'ai découvert, pour mon cas, à Gotham City. J'étais démolie, il avait besoin d'une distraction et il était charmant. Il m'a pris sous son aile, a fait de moi  sa compagne du soir. Il n'était pas des plus purs, il était craint, il se nommait Joker. C'est lui qui m'a fait découvrir ces horreurs. J'étais une simple spectatrice, jusqu'à ce soir. C'était mal, c'était faible. Plus tard, j'ai rencontré un garçon couvert de sang. J'ai failli mourir de peur, puis quelques heures plus tard, j'en suis tombée amoureuse. Quelle ironie, n'est ce pas ? Il s'est rapproché de moi, m'a laissé espérer, m'a monté au plus haut, pour au final m'abandonner et me laisser retomber. Croire aux paroles d'un tueur à gages de luxe, c'était faible. Tout comme ce que tu fais est signe de faiblesse. Tu as du beaucoup souffrir, mais tu n'es pas le seul cas. Tu as une vie éternelle à présent ! Tu pourrais faire n'importe quoi ! Devenir championne de jokari, avoir des tas d'amants, t'habiller français et à la place que fais tu ? Tu transmets la douleur que tu as ressenti sur des pauvres personnes innocentes qui comme toi auparavant, ne l'ont surement pas mérité. Des humiliations, des amours blessés, des verres brisés, même des meurtres, il y en a tous les jours. Des erreurs, des signes de faiblesse. C'est humain. Mais utiliser sa souffrance comme prétexte pour provoquer celle des autres... C'est... Stupide. Pourtant, tu m'as l'air intelligente. Pourquoi fais tu ça, en vérité Arya ?"

J'arrêtais mes ricanements morbides.
J'avais du mal à réfléchir avec tout ce sang qui s'écoulait autour de moi, mais pourtant ces mots percutaient dans mon esprit. Pourtant, je n'aurais même pas dû y prêter attention. Peut-être que cette fois-ci, j'accordais plus d'importance aux paroles de Yume parce qu'elle avait connu, tout comme moi, le désir de mort... Ou bien parce qu'elle avait parlé de tomber amoureuse, ce qui me rappelait d'atroces souvenirs... Amour, amour, tu n'es qu'un suppôt de Satan. Je sentais une onde de rage me traverser, mais cette fois-ci, elle n'était orientée ni contre Yume ni contre son amie. Elle était orientée contre... Et bien je n'en sais rien. Elle n'avait pas de cible, et c'était peut-être ça qui la rendait encore plus mordante que d'habitude.
Elle me regardait, ses prunelles figées dans les miennes. Elle est folle songeais-je. Il faut être inconscient pour s'approcher à ce point de moi.

- Ecoute, je ne sais pas qui a osé te faire ces choses horribles, mais ne crois-tu pas qu’en répétant ses actes, tu lui donne raison ? Regarde, il a fait de toi une machine de mort. Et tu es revenue de là-bas juste pour tuer. C’est bien dommage, car je ne te permettrais plus de lever la main sur des innocents. Et puisque nous ne pouvons plus mourir, nous sommes vouées, je crois, à nous battre jusqu’à la fin des temps.


Je sursaute en entendant Emily parler à son tour. Machine de mort, machine de mort... ces mots résonnèrent dans mon esprit comme une mélopée funèbre aux accents démoniaques. J'étais sous le choc. Elles ne cherchaient plus à se battre. Elles semblaient presque... tenter de me redonner la raison. Comme si c'était seulement... possible. Et à travers leurs paroles, je croiyais percevoir un brin d'une chose que j'avais perdue depuis longtemps. L'humanité.
Je n'avais aucune idée de ce que je devais répondre. Dire qu'elles avaient raison? Dire que je n'en avais rien à foutre de leurs belles paroles? Jouer à nouveau le rôle de la tueuse complètement folle qui désirait seulement les voir souffrir?
Je me surpris alors à penser à mes parents. Comment me regarderaient-ils en cet instant? Et James, lui, que dirait-il? Aurait-il peur de moi?
Il avait déjà peur de toi autrefois, à partir du moment où il t'as vu mutilée... susurra la voix de ma raison. Que tu le veuilles ou non, tu fais peur. Et lui, il était effrayé, horrifié par ton visage. Tu te souviens de ces mots doux d'amour? Tu te souviens comme ils ont été vite remplacés par de la haine? Tu te souviens de ce que ça fait d'être trahie?.
Je versais une unique larme, qui s'écoula lentement, doucement sur mon visage, telle une caresse glaciale. Et alors, je sentis une métamorphose s'opérer; mon visage s'étira, et je sentis de multiples coupures me taillader le visage. Je ne savais pas d'où elles venaient, mais je savais ce qu'ils se passaient; je reprenais mon véritable visage. Celui que j'avais une fois mutilée. J'étais prête à parier que ma peau était maintenant couverte de coupures rougeâtres. Pourquoi moi et pas les autres? Pourquoi avais-je été condamnée à un tel malheur? Pourquoi?
Mon cou me faisait mal, et mon visage aussi. Mon propre cœur était douloureux. Je crus que j'allais céder. Que j'allais m'agenouiller devant elles, pleurer, et rester là à attendre que quelque chose se passe. Mais une image apparut alors à mon esprit.
Je me vis, parlant avec James. J'étais déjà mutilée. Et lui me regardait avec ses yeux exorbités, terrorisés face à ce qu'il voyait. Je me souvenais quelque peu des mots que j'avais prononcés; "Je t'aime, et je sais que tout ça ne changera rien au fait que tu m'aimes aussi, pas vrai? Pitié, dis-moi que tu ne m'abandonneras pas! Non, tu ne peux pas me délaisser! Tu disais que tu m'aimais". Et alors, le souvenir cuisant de la gifle qu'il m'avait donné autrefois me brula la joue aussi douloureusement que ses mains l'avaient fait des années auparavant. Et toute la rage que j'avais ressentie en cet instant, je la ressentais à nouveau, maintenant. Ma haine n'en était que plus vive.
J'étais en colère, j'étais triste, j'étais désespérée, j'étais perdue, j'étais folle, j'étais noyée dans un océan de sentiments noirs et de pensées morbides qui me faisaient perdre la tète. J'avais seulement envie de les tuer. Pas en les faisant souffrir, pas en leur tailladant le visage, mais en plantant mon couteau dans leur cœur, tout simplement. Parce qu'en les tuant, j'aurais peut-être une chance d'oublier ce qu'elles venaient de me dire. Oublier qu'elles n'avaient fait que dire la vérité.
Mais Emily avait raison. Nous n'allions pas nous battre jusqu'à la fin des temps.
Alors je me relevais, et dit d'un ton que j'espérais digne;

- Ou bien, vous pourriez me laisser partir. Tout ceci ne sert à rien. Laissez moi m'en aller, ou bien je m'enfuirais par la force en vous faisant du mal. Si vous me laissez partir, je ne reviendrais pas vous embêter.

Cette dernière promesse était peut-être un mensonge, ou peut-être pas. J'étais incapable de savoir ce que je comptais faire ou non.
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Yume

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MessageSujet: Re: Au reflet de mon couteau _ Yume, Emily   Mar 9 Fév - 19:38

"- Ecoute, je ne sais pas qui a osé te faire ces choses horribles, mais ne crois-tu pas qu’en répétant ses actes, tu lui donne raison ? Regarde, il a fait de toi une machine de mort. Et tu es revenue de là-bas juste pour tuer. C’est bien dommage, car je ne te permettrais plus de lever la main sur des innocents. Et puisque nous ne pouvons plus mourir, nous sommes vouées, je crois, à nous battre jusqu’à la fin des temps."

Alors qu'elle voyait les prunelles d'Arya s'agiter face aux siennes, la voix d'Emily s'éleva à sa droite. Yume se tourna alors vers son amie, rompant le magnétisme que les yeux noirs de la brune exerçait sur elle, et sourit. Même après toute cette histoire, la blonde ne la laissait pas tomber... Cette pensée lui réchauffa le cœur. Ses soit-disant "amies" qu'elle s'était fait auparavant avaient décampées au premier pépin. Pourtant, Emily restait. Suika, dans cette situation, ne serait sans doutes pas partie, mais pour une toute autre raison: le fun. La pastécopathe était amusante et sympathique, mais elle était encore plus détraquée que l'héritière Wilson. Les dommages collatéraux de son amie, en revanche, la sans-abri ne s'en ferait -à coup sûr- pas soucis. Pouvait-on toutefois comparer ces deux amitiés ? Pas moyen. Elles étaient trop différentes, et uniques à leurs manières. Mais après cet événement aussi tragique qu'effrayant, la poupée pouvait s'assurer d'une chose: rien de pire que cela ne pouvait éloigner la revenante bienveillante de ses côtés. Comme une mère, une grande soeur -ou....une véritable amie ?- le faisait, Emily la protégeait et s'assurait qu'aucun désagrément ne les affecte, l'une comme l'autre. Un frisson d'émotion la parcourut et des petites larmes lui montèrent aux yeux.

Avec surprise, elle remarqua que sa compagne pleurait également. Mais sans doutes pour une autre raison que la sienne. Emily semblait...bouleversée. Comme quoi, même son modèle avait ses faiblesses... Avec douceur, Yume glissa sa petite main dans celle de son amie et la serra doucement. Ce geste ne servait pas à grand chose pour le moment, mais dans la situation encore sous tension, elle ne pouvait se permettre davantage. Fallait-il espérer que ça ne mette -rien qu'un peu- du baume au cœur de la blonde au passé torturé. La Wilson comptait bien la pousser à se confier un jour ou l'autre, pour pouvoir mieux la soutenir, mais elle revenait à la conclusion précédente: le moment ne s'y prêtait pas.

De nouveau, elle planta ses prunelles feuillage dans celles de la beauté fatale, qui, il y a quelques minutes à peine, avait tenté de les tuer. La poupée voulait constater par elle-même l'effet que le renfort d'Emily avait causé. Abasourdie, elle eut un léger mouvement de recul. Arya pleurait. La chose complètement folle qui s'était décapitée en hurlant de rire avait été remplacée par une jeune fille fragile et vulnérable. Yume en eut le souffle coupé. Elle était de nouveau humaine. Le changement ne fut pas que mental: son visage changea dès que la larme glissa sur sa joue, comme un sort rompu. Sa chevelure corbeau devint flamboyante, et dans son minois parfait se découpèrent des coupures barbares. La jeune fille fut horrifiée, dégoûtée. Comment un être humain pouvait-il faire de telles atrocités à ses semblables ? Pauvre Arya ! Ses larmes d'émotions qui commencer à sécher revinrent sous forme de tristesse et de compassion. Comme elle avait dû souffrir ! Subir la cruauté et l'injustice des gens... Yume avait expérimenté ce type d'expérience avec ses chers camarades de classe, mais...personne n'était allé à de telles extrémités, loin de là ! Quels tyrans ou monstres ne pouvaient rien que penser à causer de telles blessures, même sous le coup de la colère ? C'était....inhumain !

Un geste inhumain, pour une âme inhumaine. Selon certaines légendes, les esprits étaient imprégnés de la pensée de leur mort. Était-ce vrai ? Il faudrait qu'elle se renseigne. Dans tous les cas, si ce discours se confirmait, il pourrait les éclairer sur le sombre état d'Arya. Malgré cet objectif possiblement implanté dans la tête des revenants, Yume était persuadée qu'elle était capable de les remettre dans le droit chemin. Il suffisait d'un volonté, de gentillesse et d'amour. Comme dans tous les contes de fées. Transformer les cauchemars en rêves. N'était-ce pas là son objectif ? Rendre les gens heureux autour d'elle ? Cependant, une question la taraudait: En supposant -une fois encore- qu'elle arrivait à convaincre Arya de revenir dans le droit chemin -ce qui signifierait la faire renoncer à son désir de destruction- ne disparaîtrait-elle pas avec son sombre dessein ? Il n'y avait qu'une seule manière de le savoir.

La brune releva la tête, tourmentée. Elle essayait tant bien que mal de dissimuler qu'elle tremblait, mais avec l'attention portée sur elle, c'était peine perdue. Serrant son couteau avec insistance -aussi fort qu'un doudou dans le noir-, elle articula en bégayant, d'un air fier et digne:

- Ou bien, vous pourriez me laisser partir. Tout ceci ne sert à rien. Laissez moi m'en aller, ou bien je m'enfuirais par la force en vous faisant du mal. Si vous me laissez partir, je ne reviendrais pas vous embêter.


Elle voulait partir. Il y avait un très net progrès. S'enfuir, assaillie de toutes parts, harcelée par des paroles véridiques. La poupée ne connaissait que trop bien cette situation. Grâce à elle, elle avait appris qu'à profit de son ego, il fallait mettre sa fierté de côté pour faire face à la réalité, même si c'était difficile. L'aide d'amis ou de proches était toujours un appui, une bouée pour se sortir d'une telle situation déplaisante. Yume n'en savait rien, bien sûr, mais elle ne pouvait s'empêcher d'avancer que comme Arya devait égorger toutes les jeunes filles qu'elle croisait, elle ne devait pas en avoir. Partir n'était pas nécessaire, alors ! Emily et elle étaient deux parfaits exemples d'amies potentielles ! Il suffisait de trouver les mots qu'il fallait. Il était vital après tout, de ne pas oublier que l'âme en peine en position de faiblesse restait armée. Première étape: sourire.

"-En effet. Tu peux partir, t'enfuir loin, très loin d'ici et tenter de tout oublier. Oublier tout ce que nous venons de dire et qui vient de troubler tes convictions. Je comprends, crois moi. Mais bon, si tu acceptes de m'écouter, je crois que j'ai bien mieux à te proposer, et c'est pas une offre valable seulement dans l'immédiat. Donc, tu as deux fois plus à y gagner. Ou peut-être trois. Ou quatre..." Elle se reprit. "Qu'importe ! Tu peux t'enfuir. Ou simplement faire comme si rien ne s'était jamais passé et faire ce pour quoi tu étais venue initialement ! On peut juste être amies, s'amuser, se faire du thé, essayer des robes et tout ranger avant que Charles-Henri n'arrive !"
Elle sentit le regard de la brune se poser sur son alliance, symbole d'une promesse qu'elle ne comptait pas tenir. "A mon avis, en voyant l'état des lieux et tant de couteaux, il risque de faire une crise cardiaque ! Et non, nous ne sommes pas encore mariés, et oui c'est un mariage arrangé. Mais bon, je dois avouer qu'il est plutôt beau garçon, il te plaira peut-être ?" Elle s’avança encore d'un pas et lui prit la main. "Dans ce genre de moments, on cherche la solitude, mais se torturer seul n'est jamais bon. Avoir des amies à ses côtés est un soutien considérable et peut parfois te faire voir le problème dans un autre sens. Nous pouvons jouer ce rôle. Tu as l’éternité pour toi, ne pas en profiter et rester seul, c'est stupide ! Certes, tu me verras vieillir puis mourir, si tu deviens mon amie. A moins qu'à mes 20 ans, je me fasse violemment assassiner, je finirai grand-mère.  Mais....Emily restera là ! Vous pouvez vous tenir compagnie jusqu'à la fin du monde toutes les deux ! Alors pourquoi ne pas tenter ?"

_________________

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